Je le fais, mais j’ignore pourquoi. A titre informatif peut-être, et pour battre le rappel du retour ? Car honnêtement, quel intérêt de chroniquer un album des brésiliens d’APOKALYPTIC RAIDS en 2019 alors que leur premier album date de 2001, et que depuis, ils n’ont fait que le reproduire en modulant succinctement leur approche ? Mais pour ceux étant passé complètement à côté de la plaque et de leur carrière, cette notule pourra servir de résumé parfait à une discographie si homogène que chacune de ses entrées semble incarner un chapitre de plus inscrit au grand œuvre noir de la vénération la plus poussée. Pour les néophytes, avec un blaze pareil, pas difficile de deviner qui sont les idoles de ce monolithe de Rio de Janeiro, fondé en 1998, mais actif depuis 2001 sous son nom de baptême officiel. Là encore, peu de différence entre les deux entités, puisque APOKALYPTIC RAIDS a commencé sa carrière en tant que APOCALYPTIC RAIDS, avec un « c », ce qui en dit long sur leur potentiel et envie de mutation, mais musicalement, la fascination était déjà la même. Une obsession pathologique pour les premiers enregistrements de Black Metal européens, tel qu’il se définissait à l’époque, et une vénération excessive des travaux suisses de HELLHAMMER et CELTIC FROST, avec tics, riffs, ambiances, atmosphères et chant complètement calqués sur ceux de leur modèle, à l’instar des WARHAMMER germains qui eux aussi, ne se sont jamais remis des débuts de la bande à Thomas Gabriel Fischer. Par extension, et en tant que finalité, cette chronique n’a donc pour but que de replacer le trio sous les feux de l’actualité, puisque leur dernier longue-durée, Vol. 4 - Phonocopia accuse quand même presque une décennie au compteur, et que ces conteurs de l’horreur commençaient à nous manquer. Ou pas, encore une fois, selon les points de vue.

Pas de surprise, The Pentagram, de sa pochette à ses morceaux continue le travail de prière consciente aux antiques Dieux de l’agression sombre. Distribué en 2018 par le label Hell Music, The Pentagram se voit donc offrir une seconde jeunesse par l’entremise des puristes de Hells Headbangers, trop heureux de contribuer une fois de plus à la gloire de ce groupe unique, sorte de tribute-band indirect qui préfère ses propres compositions aux originaux, compositions qui de toute façon correspondent en tous points aux dits originaux…Le syndrome du serpent qui se mord la queue, la quadrature du cercle, mais toujours cette envie de jouer en mi majeur pour que le public puisse facilement identifier et reproduire les riffs. D’ailleurs, ce nouvel album n’en est pas vraiment un tout en en étant un, puisque les chansons que l’on y trouve ont été composées sur une période de plus de dix ans, certaines datant de 2017 et d’autres de 2008, et il n’est alors guère étonnant de retrouver le groupe dans une de ses configurations les plus mythiques, celle de 2004/2007, avec le trio Leon Manssur "Necromaniac" à la guitare et au chant, Vinicius Canabarro "Hellpreacher" à la basse, et Pedro Moraes Rocha "Skullkrusher" à la batterie. Musicalement, la donne n’a pas changé, des attaques courtes et ténébreuses, qui reprennent tous les codes édictés à l’époque d’Apocalyptic Raids de HELLHAMMER, ces rythmiques qui cavalent modérément, mais assurément, ce chant qui geint comme les plaintes agressives de Tom Warrior, et cet esprit qui va à l’essentiel, épurant toutes les idées pour leur faire épouser des contours nets et barbares. De la gravité donc dans le fond, mais un esprit ludique dans la forme, et une sorte d’exutoire, une façon de faire revivre l’extrême des mid eighties avec foi et entrain, et surtout, la joie de retrouver des thèmes connus et éprouvés qui fonctionnent toujours plus ou moins.

Certes, ne le cachons pas, si d’aventure un jour les APOKALYPTIC RAIDS s’éloignaient de leur route si bien tracée, la surprise n’en serait que plus agréable. Mais il convient de respecter leur choix, et c’est ainsi que « Necromaniac (Is Back) » célèbre le retour sur le devant de la scène underground de Necromaniac, leader de la formation depuis ses débuts et seul membre fondateur encore présent, imposant ce feedback menaçant en intro, avant de reprendre les choses exactement là ou Vol. 4 - Phonocopia les avaient laissées. Tout y est, pas ou presque d’ailleurs, puisque la méthode n’a pas changé, avec ce Blackened Thrash aux allures de souvenir remontant à la surface. Son qui semble daté au carbone 14, guitare qui ne cède toujours pas aux sirènes de la sophistication, textes complètement focalisés sur les mêmes obsessions morbides, et cheminement un peu trop logique pour que les évolutionnistes s’y intéressent de près. Mais ne le cachons pas, et même avec une bonne dose de EP publiés depuis 2010, The Pentagram nous procure la joie de retrouver ce groupe maudit en longue-durée, même si cette durée est occupée par des titres se ressemblant tous, et ressemblant aussi à leurs grands frères depuis 2001. Toujours aussi péremptoire, la grande gueule Leon Manssur a multiplié les déclarations promotionnelles tapageuses, affirmant mépriser les groupes visant « la maturité », et assurant à ses fans que la simplicité a encore été le leitmotiv de cette production. Pour lui, le mieux est l’ennemi du bien, et seule la sobriété a droit de cité, ce qu’on ressent évidemment à l’écoute de « Satan Laughs », qu’on aurait facilement pu trouver sur leur démo de 1999. Mais les quelques breaks inquiétants, quelques coupures un peu moins évidentes que la moyenne, et surtout, un final plus ambitieux que d’ordinaire permettent de se raccrocher à l’illusion de la nouveauté, et c’est avec plaisir que nous dégustons ces neuf hymnes à la débauche paillarde, traitées avec le plus grand des sérieux.    

Avec un peu plus d’ambition, et un panache certain dans l’instauration d’ambiances plus délétères, le trio termine par un épique « The Story of Pope Joan », Heavy en diable, mais plus malin qu’il n’y parait, puisque ses dernières minutes sont en fait une reprise (presque) cachée du classique « Massacra » de HELLHAMMER. Ce qui permet de boucler la boucle avec honnêteté, et c’est à ce moment-là qu’on se rend compte de l’art du mimétisme des brésiliens, qui parviennent à rendre à l’identique ce légendaire titre. Et l’un dans l’autre, de HELLHAMMER à APOKALYPTIC RAIDS, le chemin fut long, mais le parrainage viable, et The Pentagram, à défaut de nous surprendre de son audace nous comblera de son ton salace, et célèbrera avec panache le retour d’un des groupes les plus fidèles à son éthique.

          

   

Titres de l’album :

                        1.Necromaniac (Is Back)

                        2.Satan Laughs

                        3.Victory Beyond Imagination

                        4.The Ghost of the Hammer

                        5.My Triumph

                        6.Occult & Real

                        7.Letter from Lucifer

                        8.Keep My Grave Open

                        9.The Story of Pope Joan

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par mortne2001 le 29/10/2019 à 17:59
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