Vous connaissez ce grand classique. Vous envoyez un gros pavé par texto à un pote ou à un membre de votre famille, et vous obtenez en réponse un lapidaire « OK », ou un saugrenu « LOL ». Le genre de truc pas du tout frustrant, qui réduit une conversation à néant et qui entame sérieusement votre envie de communication bilatérale. Alors, sachez qu’avec les OXX, l’effet est inverse. Lorsque vous leur demandez simplement comment s’appelle leur nouvel album, ils vous répondent The Skeleton Is Just a Coat Hanger; These Are the Black Strings That Make You Dance. Mais après tout pourquoi pas. Et si vous poussez l’interrogation plus loin en vous enquérant de leur style, ils vous regardent goguenard en arguant d’un improbable « Mathcore expérimental à tendance Sludge, versant Post Hardcore bruitiste avec influences Grind et Free-Jazz ». Là encore, je ne suis pas contre. Mais du coup, à priori, on a un peu peur de se glisser leur dernier album entre les feuilles, par risque de se voir inonder d’informations alors que notre seul questionnement était : « musicalement, ça donne quoi ? »

Un peu tout, pas n’importe quoi, et surtout, un LP intrigant, aussi glauque que bruyant, aussi énergique qu’engluant, aussi fou que rationnel, aussi anti-musical qu’harmonique. Enfin, pour ce dernier point, ça reste à prouver. Dans les faits, ce trio de barges s’est formé en 2012, autour d’acteurs/activistes de la scène Punk/Metal danoise. Venus d’Aarhus, ces trois musiciens étaient plus volontiers habitués à la pratique de divers courants, dont l’Afrobeat, l’avant-garde, et les musiques de films. Décrétant un beau jour qu’un trait d’union entre les trois pratiques se devait d’exister, ils ont donc regroupé leurs forces pour hurler le plus fort possible tout en jouant le plus dissonant possible. Dont acte, et un dernier LP qui a réjoui les américains de Nefarious Industries, assez habitués à tant de bordel.

Notons. Cette œuvre n’est pas pour tout le monde. Pour en prendre la mesure, il faudrait parvenir à imaginer une explosion rayant de la carte les locaux de répétition des NAILS, de DEP, CONVERGE, Mike PATTON, John ZORN, PAINKILLER, CANDIRIA, PRIMITIVE MAN, FULL OF HELL et autres fascinés noisy qui ne se sont jamais inquiétés pour la tranquillité de leurs voisins immédiats. Ou mieux, car plus précis. Faites jouer Calculating Infinity par des fans de CONVERGE s’enfilant du NAKED TRUTH à leurs heures perdues, et vous aurez un bel aperçu de ce qui vous attend sur The Skeleton Is Just a Coat Hanger; These Are the Black Strings That Make You Dance. Car de « Labyrinth (Minotaur Hymn) » à « The Skeleton is Just a Coat Hanger; These Are the Black Strings That Make You Dance », tout n’est que bruit, fureur, mais aussi dextérité, aisance, nuisance, distorsion, discordance, absolu, et absence de limites. On connaît pourtant l’appétit de certains en ce qui concerne les décibels et les BPM, mais la foi des OXX en une forme de violence totale est tout à fait admirable. Abordant le Punk et le Metal comme des styles qui ne supportent aucune contrainte, les trois danois nous font le coup des jazzmen complètement défoncés découvrant les joies de la pratique instrumentale libre. On les imagine très bien d’ailleurs sortir d’un bar à la faune interlope l’œil hagard, se ruant sur le dernier disquaire encore ouvert (oui, car dans les fantasmes, les disquaires existent toujours et restent ouverts jusqu’à des heures indues), pour y fouiner en vinyle des perles comme Guts of a Virgin, Ire Works, Disgrace to the Corpse of Sid, et autres joyeusetés pour fans de Disco sous acide. Point, à la ligne.

Ne pensez pas dans un réflexe de condescendance savoir déjà de quoi je parle, parce qu’il n’en est rien. Moi-même, rompu à l’exercice de la douleur auditive, j’ai eu mal pour mes tympans dont les membranes ont vibré sévère. Et pourtant, le Grind, le Math, le Noise, le Sludge, l’Avant-Garde, sont des univers qui me sont familiers, mais il y a un tel paroxysme dans l’attitude des OXX, qu’ils n’ont pas vraiment d’équivalent actuel sur la scène présente ou passée. A moins de considérer des parties de batterie écrites par Mick Harris mais jouées par Damon Bellorado, des lignes de chant composées par Frank Mullen, mais braillées conjointement par Dimitri Minakakis et ‎Will Rahmer. Des plans de guitare tricotés par Todd Jones et dénoués par Attila Zoller. Soit, le bordel absolu, de quoi y perdre le nord et y laisser sa chemise, mais ressortir de l’expérience lessivé avec un énorme sourire aux lèvres en forme de point d’interrogation. Je ne suis toujours pas sûr de ce que j’ai écouté, mais je sais qu’il y avait des passages très lourds, d’autres hyper rapides, des cris à foutre les jetons à Nadine Morano, et des rythmiques impaires, instables, des riffs se métamorphosant en quelques secondes, et une impression générale de crossover gigantesque entre tous les courants les plus déviants du Punk, du Hardcore et du Metal. Mais, en dépit de ce constat qui pourra sembler affolant même aux plus barrés, le tout reste logique, musical, et surtout, le fruit du travail de véritables instrumentistes doués, sachant parfaitement ce qu’ils faisaient. Et les pires exactions ne sont jamais aussi effrayantes que lorsqu’elles sont commises de sang-froid, par des psychopathes cohérents et intelligents.

Mais pour la blague, envoyez un texto au groupe. Juste pour le fun. Demandez-leur, « mais franchement, à quoi ça rime tout ça ? ».

S’ils vous répondent « LOL », j’en ferai mes nouveaux héros, au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. 

   

Titres de l’album :

                             1.Labyrinth (Minotaur Hymn)

                             2.Screwdriver Hymn

                             3.Birthday Song

                             4.Trespassers

                             5.A Multiplicity of Endings

                             6.Circle

                           7.The Skeleton is Just a Coat Hanger; These Are the Black Strings That Make You Dance

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par mortne2001 le 05/01/2020 à 18:09
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