Pas toujours facile de s’y retrouver dans la jungle des nouveautés, la forêt cachant avec soin ses arbres les plus précieux au milieu d’une végétation dense, mais pas forcément fertile. Alors, faire quoi, suivre les tendances ? Attendre que l’opportunité se présente sous la forme d’un mail de label ? Le bouche-à-oreille ? Ou la méthode aléatoire de piocher dans le tas en espérant déraciner le bon tronc ? J’ai depuis longtemps cumulé les quatre options, mais c’est la dernière qui m’a mené sur la route des AMBIENT ROAD, et je dois avouer que je remercie le destin pour cette rencontre accidentelle et inopinée. Car justement, loin des modes et des tendances qui prônent une certaine modernité technique ou au contraire une immersion dans le vintage, ce combo trace son chemin sans se préoccuper d’autres lendemains que ceux qui les mènent dans les bars, salles de concert et autre lieux de propagation musicale amicale. Ici, il n’est question que de Hard-Rock, simple d’aspect, mais plus dense qu’il n’y parait, mais surtout, qui sent bon le feeling, l’authenticité, le respect des anciens, mais aussi la versatilité et l’envie de proposer autre chose qu’une rondelle prémâchée que vous n’avez plus qu’à déglutir par les ouïes. Du Hard-Rock donc, celui des 70’s, mais remis au goût du jour, et agrémenté de quelques astuces de compositions variées, couvrant un spectre allant de la Country Rock jusqu’à l’alternatif un peu Pop, pour une balade sur les highways, qui ne sont pas celles des Etats-Unis, mais qui filent direct vers le plaisir et la liberté.

Qui sont donc ces preux chevaliers de la distorsion qui n’hésitent pas à la mettre en sourdine lorsqu’ils souhaitent nous ambiancer ? Des norvégiens, encore, à se demander s’il ne reste plus que les pays nordiques pour nous faire vibrer…D’Oslo plus précisément, la ville Rock par excellence depuis quelques années, années mises à profit pour se forger un répertoire histoire d’agrémenter les sempiternelles reprises de bar-band. Lesquelles ? Des covers au choix de premier choix, ROSE TATTOO, THE FACES, AC/DC, DEEP PURPLE, et certainement des dizaines d’autres puisque la culture de ce sympathique sextet est assez étendue. Six musiciens donc (Fred Henry Olsen - chant, Eivind Staxrud & Matias Aaveren - guitares, Arne Martinussen - claviers, Wegar Molund - basse et Ken Normann - batterie), qui roulent leur bosse et amassent mousse, mais aussi une belle expérience, suffisamment pour nous proposer depuis fin août leur premier LP, sous la forme de cet aguicheur Turn Up The Heat. Faire monter la chaleur ? C’est exactement ce que ces froids norvégiens nous proposent, et ils n’ont pas besoin de pousser leurs amplis jusqu’à onze pour déclencher une fournaise musicale. En dix morceaux la plupart du temps formels, cette bande fait une entrée en matière tonitruante dans le domaine du gros Rock qui fait vibrer, sans en rajouter, mais en épiçant quand même leur recette de base de quelques grains de folie. Un peu/beaucoup AC/DC et STONES sur les bords, pas mal LYNYRD aussi de temps à autres, mais sans oublier Bruce, John Cougar, et l’élite de la scène Country pour un beau quadrille passant par pas mal d’émotions.

Un son travaillé, profond mais sincère, et surtout, des compos d’enfer. En partant la plupart du temps sur un riff convenu que les frères Young auraient pu nous refourguer sur Powerage/Dirty Deeds Done Dirt Cheap, les AMBIENT ROAD ne se compliquent pas la tâche, mais rendent la mienne et la vôtre beaucoup plus simples. A moi donc de propager leur bonne parole, et à vous d’apprécier cette dizaine de chansons très attachantes, qui renient les modes en acceptant l’universalité de leur propre langage. Ce qui n’empêche nullement ces musiciens d’avoir travaillé leur copie, et de la rendre impeccable de culot, osant même parfois sombrer dans la Country la plus pure pour mieux nous déstabiliser. Classic Rock dans le fond, mais résolument Hard dans la forme, ce qu’un rageur et plombé « The Strutter » nous prouve de sa rythmique martelée et de ses guitares acérées, ou qu‘un introductif et viril « Turn Up The Heat » assène de sa double influence Young/Anderson. Version à peine transfigurée de ces deux références, cet album est une mine de hits à entonner collégialement dans un bar d’Oslo ou de la Nouvelle-Orléans pour se rassurer sur l’état du Rock en 2018, et dodeliner de la tête sans se la prendre.

Pourtant, parfois, les AMBIENT ROAD dévient de leur trajectoire, et se lancent à la poursuite d’un thème un peu moins classique, via un « Show Me » diablement déhanché et sexy comme une rockeuse en pleine transe de danse. Un peu Pop, un poil électronique, groovy mais tantrique, ce morceau qui sent le Robert Palmer à dix mannequins graciles à la ronde est la surprise d’un album qui pose un potentiel assez conséquent sur la table. « Working Class Hero », tout en délicatesse acoustique permet de faire monter la sensibilité d’un cran, alors que le binaire puissant « Whiskey Drinkin' Man » ressuscite l’esprit des rockers des seventies, tout en taquinant le souvenir des STONES, des KIX, de Tom Petty même pourquoi pas, et nous ramène sur les traces d’une Amérique qu’on croyait presque disparue. Quelques petits clins d’œil en gerbes d’acier nous obligent à festoyer, et l’ironique « Redneck Heaven » de multiplier les allusions sur fond de guitares incandescentes et de lignes de chant qui sentent bon l’alcool. Il est d’ailleurs utile de signaler que chaque intervenant est parfaitement à sa place, que les guitaristes assurent autant en solo qu’en osmose, que la voix de Fred Henry Olsen, au gros grain, assure la patine roots indispensable, et que la rythmique assume le boulot en restant solide pendant que le clavier répand ses litanies mutines. Impossible de ne pas penser à un joyeux mélange des STONES de la période Beggars Banquet/Exile On Main Street et du hat trick ROSE TATOO/OUTLAWS/38 SPECIALS, avec cet esprit sudiste abordé avec légèreté, et cette authenticité qui exsude des sillons numériques.

Difficile dès lors de se montrer plus créatif linguistiquement parlant, et de verser dans les métaphores élaborées, puisque la musique des AMBIENT ROAD se veut franche, directe, et osons-le terme, profondément humaine. Pour souligner ce fait, citons le sublime final « Goodbye », ou le festif « Little Johnny » et sa Country déchaînée, et le tableau sera exhaustif. Alors, juste une ultime précision et je vous laisserai en compagnie de ces sympathiques norvégiens, mais si vous aimez votre Hard très Rock, que vous ne crachez pas sur un brin de Country et de délicatesse harmonique, ruez-vous sur ce Turn Up The Heat. Car non seulement il réchauffe les oreilles, mais il réchauffe aussi le cœur. De rockeur bien sûr.   

      

Titres de l'album :

                             1. Turn Up The Heat

                             2. Sweet Little Mary

                             3. Toon Town Babe (feat. Tom Arne Fossheim)

                             4. Redneck Heaven

                             5. Working Class Hero (feat. Andreas Berg)

                             6. Show Me (feat. Simen Andreas Knudsen & Tom Arne Fossheim)

                             7. Little Johnny (feat. Tom Arne Fossheim)

                             8. Whiskey Drinkin' Man (feat. Tom Arne Fossheim)

                             9. The Strutter

                            10. Goodbye (feat. Maria Castellanos & Tom Arne Fossheim)

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par mortne2001 le 19/09/2018 à 19:43
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Pas mal du tout en effet ! Old-school, brutal, bas du front. Combo !


chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


Humungus : +1
Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


KaneIsBack + 1.


Nefarious + 1.


Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !