Vol. Threesome

Ravaged

22/11/2016

Autoproduction

Hier je me lève (un peu comme tous les matins), et en buvant mon café, je me sens mal à l’aise. Je chronique quand même, parce que je suis professionnel même lorsque mon esprit est perturbé, mais je me sens gêné aux entournures.

Que pouvait-il bien m’arriver ?

Après ma deuxième tartine, j’huile ma turbine, et je me rends compte que j’ai oublié mon Heavy Metal et mon Hard-Rock dans le placard de ma mémoire. Non que je sois fan absolu, mais c’est quand même sur ce chemin là qu’il y a trente ans mes pas se sont perdus.

Alors, réparation. Non, pas de gros Germain qui tâche, pas de Brésilien qui fâche, mais je cherche le meilleur, celui qui est encore capable de pondre des hymnes imparables, de faire se lever les poings de la table, le nordique, le Suédois, celui qui fait loi et qui réchauffe quand il fait froid.

Alors un petit tour sur la toile après avoir ciré la nappe, à la recherche de retape, et je tombe sur un LP qui frappe, signé par un quatuor de Trollhättan…

RAVAGED, ce sont deux EP pour quatorze ans d’existence, de nombreux problèmes de line-up, mais une foi sans bornes en une approche très personnelle du Metal, tel qu’il est pratiqué dans le nord de l’Europe. Un Metal enrobé dans des hymnes fatals, qui oppose des guitares tranchantes à des mélodies attachantes, une puissance Heavy pour un débit Rock pas du tout réduit, et surtout, des tubes, de gros riffs, et un chant qui s’envole autour d’harmonies qui décollent.

Alors après un Scream it Out qui mettait les pendules à l’heure de la Suède, un Master en 2014, pas plus complaisant mais tout aussi plaisant, Nikki Niel (chant), Rob Gillard (guitare), Roon Don L. (basse) et Claws Druminator (batterie) reviennent pour fêter nos étrennes avec leur premier LP, Vol. Threesome et son titre en forme de pied de nez au politiquement correct et à l’élégance masculine. Mais rassurez-vous, la seule partouze qu’ils vous proposent est musicale,  un genre de fête en Heavy majeur qu’ils aiment eux-mêmes à décrire comme étant du Power Heavy Rock 'N Roll, dont ils se targuent d’ailleurs d’être les seuls représentants.

Pochette au graphisme grossier et au trait qui le l’est pas moins, qui pourrait faire penser à une version enneigée des grotesques STEEL PANTHER, si les RAVAGED n’étaient pas plus malins qu’une moyenne basse de pastiches qui au lieu des crinières habituelles, usent de postiches. Non, ici l’humour est bien évidemment une composante très importante, mais pas plus qu’une musique qui se veut beaucoup plus versatile que son artwork et ses pseudos ne le suggèrent. Car je l’avoue, j’ai été conquis par ces sept morceaux qui se comportent comme autant de hits et de déclarations d’amour à un Heavy Power teinté de Hard-Rock de premier choix. A l’écoute, on pense évidemment à une version plus déchirée de THE DARKNESS, à un clin d’œil aux THE LOCAL BAND sans les reprises méprises, à DRAGONFORCE qui aurait oublié de prendre ses compléments alimentaires douteux, enfin à plein de choses qui finalement, une fois mélangées dans le chaudron de ces allumés, devient une mixture pas vraiment nouvelle, mais de grande qualité.

Ces dingues, outre un niveau instrumental de très haute volée, s’amusent beaucoup à survoler tout ce qui a fait du Heavy un Hard Rock surgonflé et musclé, et passent en revue trois décennies de décibels vomis par des Marshalls bénis.

Ils osent, mais surtout composent. Car leurs chansons, aussi connotées soient-elles, sont de véritables petits bijoux ciselés dans la grande tradition de l’orfèvrerie scandinave, qui n’hésite pas à mélanger la séduction de la Pop à la testostérone du Hard Rock le plus gonflé.

Alors, sept morceaux, et autant de classiques personnels. Et je vous assure que je ne joue pas les rebelles pour remplir du papier ou m’illustrer, mais que je colle à la vérité la plus franche et assumée.

Les RAVAGED avec Vol. Threesome se jouent des clichés pour les transcender, et valsent entre des styles qui s’ils sont proches, restent suffisamment éloignés pour ne pas trop se ressembler.

Tout à tour bien méchants, séduisants ou marrants, ces Suédois à qui on ne la fait pas, osent tout, et transforment tous les essais pour bien nous plaquer.

Ils commencent leur sarabande avec une bande totalement Hard-Rock, qui propose un riff redondant sur fond de hurlement à la Rob Halford, pour un ballet Heavy Metal total, qui ne freine jamais sans pour autant laisser les mélodies de côté. Arrangements bien troussés et bien placés (ce son de tonnerre pendant que Nikki grogne un « storm !!! » vengeur, c’est miam), refrain d’airain, « Ravagers » place la barre très haute et nous séduit sans avoir recours à divers apôtres autres que ceux d’un Heavy bien produit.

« Heart Of a Hero », joue à fond le jeu de la radiophonie, ose des claviers sans mépris, et déroule des couplets addictifs qui déboulent sur un refrain définitif, dans le style ANGRA/HELLOWEEN décomplexé, mais assumant ses influences à la JOURNEY pour une adaptation d’un Rock mélodique dans un contexte Heavy qui pique.

«Sanity » durcit le ton, et multiplie les ambiances, démarrant sur un Hard-Rock tonitruant aux accords bien méchants, qu’une batterie gonflée fait rebondir de son jeu de grosse caisse bumpé, avant qu’une fois de plus un refrain tonitruant n’occupe toute la place de son séant. Riffs chaloupés à la ZEP, on passe par un solo d’anthologie à la Yngwie, et puis on se finit sur une accélération Power qui fait cramer les BPM tout en laissant Rob soloïser comme un damné et se brûler sur des sextolets pendant que la rythmique fond comme neige en juillet.

« The Parasites » tient le bon bout Hard groovy qui séduit les femmes et leurs maris, avec une fois de plus un refrain à la THE DARKNESS irrésistible, tandis que « I Remember You », se souvient des SKIDS et tente le coup de la ballade acoustique bien sentie. Un peu SCORPIONS, un peu ROW, mais surtout, un vrai talent de composition, qui éclate sur l’immédiat « Call My Name », qui nous ramène aux heures bénies du Sunset et de L.A.

« Hellrider » et son up tempo très chaud termine la party sans faire payer les consos, et achève de nous convaincre que pour un premier album, Vol. Threesome est bien une gigantesque partouze musicale où tout le monde garde son flouze mais prend son pied sans avoir le blues…

Pochette de très mauvais goût, pseudos qui sentent le ragoût, mais musique unique de bout en bout, qui vous donne beaucoup de plaisir et attise votre désir.

 Me voilà donc rabiboché avec mon Heavy délaissé, et encore une fois, grâce à des Suédois. RAVAGED, plus qu’un groupe, est un moment d’euphorie, une chimère bien jolie qui se love au creux du talent de musiciens aguerris. Une petite perle ou une grosse giclée, comme vous voulez. A vous de choisir votre sandwich préféré entre un Heavy mélodisé et un Hard Rock customisé. Et pas besoin de capote, puisque le but est de vous contaminer. De bonne humeur bien sûr…


Titres de l'album:

  1. Ravagers
  2. Heart of a Hero
  3. Sanity
  4. The Parasites
  5. I Remember You
  6. Call my Name
  7. Hellrider

Site officiel


par mortne2001 le 13/12/2016 à 14:03
75 %    629

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Songs For Insects

mortne2001 30/05/2020

Gateways To annihilation

Baxter 29/05/2020

Solstice

mortne2001 28/05/2020

The Triumph Of Steel

JérémBVL 27/05/2020

The Gathering 2006

RBD 26/05/2020

End Of Society's Sanity

mortne2001 25/05/2020

Dusk...And Her Embrace

JérémBVL 25/05/2020

Indecent & Obscene

Baxter 23/05/2020

Programmed

mortne2001 22/05/2020

Sodomizing The Archedangel

JérémBVL 22/05/2020

Concerts à 7 jours
Blue Oyster Cult 02/06 : Le Trianon, Paris (75)
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Gargan

Qu'est ce que c'est que ce groupe ? Merci pour la découverte.

30/05/2020, 22:36

aras

plutôt moyen voire mauvais, Entre 2 eaux à l'image du groupe

30/05/2020, 20:42

KaneIsBack

Je vais la faire courte, et je vais paraphraser le public d'une autre discipline dont je suis fan : BOOOOOOOORIIIIIIIIIIIIING !!!

Nan, mais sans déconner, je me suis un peu - beaucoup - emmerdé en écoutant ce disque. J'avoue m'être mis à Nightwish uniquement à cause de Floor, mais(...)

30/05/2020, 18:20

NecroKosmos

Ah, ce titre me plaît bien ! Je surveille.

30/05/2020, 17:37

Riffing Curiosity

Premier Morbid qui m'ait déçu aussi. UNe moiteur et ds ambiances lourdes, un gros travail sur le son mais j'ai jamais accroché, CD revendu bien vite. Aujourd'hui je regrette et lui donnerais bien une seconde chance.
Et malgré moi, j'y peux rien, Morbid Angel c'est avec David Vincent ou ri(...)

30/05/2020, 15:27

steelvore666

Pfiou c'est intéressant soit, mais pas évident à lire !

30/05/2020, 14:25

grinder92

Le guitariste sur "The Crimson Idol", l'un des albums qui a changé ma vie... une page se tourne...

30/05/2020, 13:26

RBD

Il n'a pas attendu les contestés "H" et "I" pour être assez apprécié, cet album. Parce qu'il reste bien au-dessus de la production lambda de toute la scène. Tucker est un bon growleur et en revenant aux bases, ils ne pouvaient pas se planter.

30/05/2020, 13:10

Saddam Mustaine

RIP

Guitariste de Alice Cooper et WASP surtout je me souviens.

30/05/2020, 12:58

RBD

Reste à voir ce que ce retour en arrière managérial va donner. J'aimais bien la rétrogradation mesurée du dernier vers un Death toujours très technique mais revenu à un certain niveau d'efficacité basique.

30/05/2020, 12:56

MorbidOM

Premier album de MA qui m'ait un peu déçu, non pas qu'il soit mauvais mais il manque un peu de personnalité. À la limite je préfère presque H qui malgré tous ses défauts n'aurait clairement pu être pondu par aucun autre groupe en ce monde.
(il faudrait faire un peu attention à l'orth(...)

30/05/2020, 06:28

MorbidOM

Bizarrement, j'avais vu le groupe à l'époque de Vempire, je les connaissais pratiquement pas et j'avais plutôt une image de poseurs mais j'avais été assez impressioné (et j'étais loin d'être le seul), puis je le ai revus quelques fois et c'était vraiment tout pourri, même à l'époque de C(...)

30/05/2020, 04:25

Humungus

Je confirme la merde en live.
"Tellement inaudible que le groupe en était ridicule sur les planches..."
Mais même sans ça de toutes façons, ils étaient ridicules sur scène !
Je me souviens de gars en échasse au HELLFEST... C'te poilade bordel !!!

29/05/2020, 22:46

quaraz

plastigroup

29/05/2020, 22:14

lolilol

Nez Crotte quel nom ridicule pour un groupe...

29/05/2020, 22:12

JérémBVL

Je les ai vu à Lille pour la tournée de Cryptoriana et j'ai trouvé ça très carré musicalement...bon Dani y'a du mieux mais il est vite à l'agonie rythmiquement.

29/05/2020, 21:39

Living Monstrosity

Alors là, itou ! je ne connaissais que de nom et de très loin.
Ca a l'air d'être vachement bien !!! :-O
Merci pour la chro et le lien youtube qui donnent bien faim, je vais écouter ça attentivement.

(et merci aussi pour les tuyaux, il existe effectivement dans le shop(...)

29/05/2020, 18:55

Lifting Catastrophy

Ah je confirme : l'expression "bouillie sonore" était encore faible.
Dès que le groupe a eu un peu de presse chez nous, les chroniques de concerts ont été très peu flatteuses, mais j'avais quand même tenu à juger sur pièce, eh bien ça m'a littéralement dégoûté de ce groupe. :-( (...)

29/05/2020, 18:46

Smashing Jewelry

YES ! Bourdal dou mardch, ça c'est de la niouze !!

Ca va distribuer des baffes, cette histoire !!
(quoi, j'ai dit une connerie ?)

29/05/2020, 18:38

LeMoustre

Excellente nouvelle !

29/05/2020, 18:34