Savez-vous situer la ville de Sonsonate sur une carte ? Si oui, bravo, vous êtes super calé en géographie. Sinon, vous êtes comme moi et certainement beaucoup d’autres, et vous allez prendre un petit cours aujourd’hui. Car Sonsonate est une ville du Salvador, située sur le fleuve Sensunapan, dont le nom dérive de l'amérindien Zezontlatl, signifiant « les 400 sources ». Avec ces quelques indications, vous êtes paré pour une interrogation, mais celle-ci sera plutôt musicale, le propos qui nous concerne en premier lieu. Car cette charmante agglomération de plus de cent mille habitants peut s’enorgueillir de compter parmi ses résidents d’ardents défenseurs de la cause Thrash, dont le parcours ne fut pas des plus linéaires. Les SONSOHELL ont donc décidé de rendre hommage à leur ville, d’une façon un peu particulière et en jouant le jeu de mot d’enfer, mais autant dire que leur patronyme claque tout comme leur boucan, qui se nourrit d’influences de la Bay Area pour mieux en détourner les codes à la new-yorkaise. Il s’agit donc bien de Crossover, et plutôt bon d’ailleurs, tirant ses racines des CRUMBSUCKERS, d’EXCEL, mais aussi d’ANTHRAX, de NUCLEAR ASSAULT, et bien évidemment de quelques cadors plus puristes, dont les SLAYER, mais aussi des TOXIK, et quelques chantres de la vague Speed qu’il est inutile de nommer une fois de plus. Evoquons succinctement la carrière des salvadoriens, en précisant d’emblée que le Thrash n’a pas toujours été leur terrain de jeu préféré.

Ces musiciens proviennent en effet de feu le groupe Doom TEARS IN MOONLIGHT, défunt en 2009, combo qu’ils ont laissé mourir de sa belle mort pour se lancer dans des aventures plus rythmées. Passant par le bref intermède patronymique BLEDDING HATE, avant de changer de nom pour de bon, Peter & Edenilson (guitares), Walter (basse/chant) et Joey (baterie) sont d’abord passé par la case single en 2016, avec le titre « Ashes Of Death » (qu’on retrouve ici), puis par celle de la compilation/split en compagnie des collègues d’EMOHRS, SOCIAL S.S., ASSFIXIA, INDEZOQUIXTIA et MALDEK, avant de proposer un premier jet, que l’on peut écouter depuis mars dernier.

Welcome to Sonsohell est donc la première carte de visite sérieuse des originaires de Sonsonate, et se présente sous la forme d’un EP quatre titres plus intro qui a fière allure, et qui sent bon l’underground. Proposant des titres variés et méchamment bien agencés, les salvadoriens jouent la carte de la méchanceté tranquille, et ne dépassent aucune borne, mais savent très bien utiliser à leur profit des ficelles éprouvées pour nous prendre dans leurs filets. Dotés d’un niveau technique tout à fait acceptable, les instrumentistes préfèrent les optiques simples mais efficaces, et se rapprochent même parfois d’un habile mélange entre TOXIK et TESTAMENT (« Room 69 »). Pas de révolution donc à attendre d’un quatuor qui préfère encore sagement la stabilité, mais avouons que dans le domaine du Thrash, l’innovation est souvent un jeu plutôt risqué. Mais entre le classicisme et le culot, il y a une marge dans laquelle les SONSOHELL semblent se situer, ce qui ne les empêche nullement de tenter le coup de l’hymne instantané qui fouette comme une lanière bien serrée. C’est donc avec délice que l’on découvre ce fameux « Welcome To Sonsohell », introduit par un bon grognement et une basse typiquement NYHC, dégénérant soudain en hit Thrash fatal, avec mid tempo de rigueur, qui accélère à la bonne heure, et un phrasé de chant tout à fait mordant. Un peu VIO-LENCE paisible dans l’esprit, un peu RIGOR MORTIS sans le brin de folie, ce morceau représente tout ce que le Crossover peut proposer de meilleur, avec gimmick de refrain et riff d’airain. C’est du très bon boulot, et ça donne envie de savourer le Thrash au goulot.

Le reste ne l’est pas justement, et tient peu ou prou les mêmes standards de qualité, sans forcément les atteindre complètement. Mais on apprécie les variations, même minimes, qui permettent à « Army Of Extinction » de jouer la mélodie, même si dans ces moments plus posés la production révèle ses limites. Mais avec une paire de guitaristes complémentaires et une section rythmique qui fait l’affaire, SONSOHELL avance à bonne allure, nous convaincant de la probité de son futur, même si quelques breaks encore un peu trop grossièrement amenés justifient d’une marge de progression encore assez remarquée. Un peu EXUMER lorsque Walter s’envole dans les aigus, un peu Speed/Thrash lorsque les harmonies se taillent une bonne place, Welcome to Sonsohell se pose comme jolie introduction/conclusion d’un début de carrière à rebondissements, qui a vu les salvadoriens s’inviter sur la scène de quelques festivals et de s’imposer sur les sillons de compilations. Mais en se plaçant dans une très bonne moyenne, le quatuor abat ses cartes avec impatience, et se faufile dans le peloton de tête des groupes locaux à suivre de très près. Gageons qu’un futur longue-durée saura montrer le bout de ses sillons, et espérons que d’ici là, le groupe gommera quelques imperfections qui traînent encore sur le paillasson. Mais en se montrant aussi efficaces que loquaces, les SONSOHELL pourraient bien déchaîner les enfers dans leur ville natale.


Titres de l'album:

  1. Intro
  2. Welcome to Sonsohell
  3. Ashes of Death
  4. Army of Extinction
  5. Room 69

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par mortne2001 le 09/05/2018 à 14:45
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merci pour ton report
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