Je me suis dit que pour une fois, je pouvais jouer l’adéquation avec le calendrier et revendiquer un peu de fun. Après tout, ces chroniques devenaient bien trop sérieuses et académiques, et un peu de légèreté ne faisant jamais de mal, autant anticiper les festivités de fin de mois d’octobre qui nous attendent. Oui, car bientôt, nul ne l’ignore, c’est Halloween, ou le Samhain selon vos origines celtiques, l’occasion de se déguiser et de fêter le jour où la frontière entre les vivants et les morts est la plus mince. Non que je vous propose de vous travestir en Frank-N-Furter pour aller jouer le Rocky Horror Picture Show dans un cinéma du coin, ni d’arborer un make-up de zombie pour faire peur à des gosses qui s’en cognent depuis la première saison de Walking Dead, mais je vous offre la possibilité de découvrir un combo pur Hard-Punk qui saura à n’en point douter rythmer votre soirée. Et puis c’est marrant d’aller taxer des bonbons chez ses voisins avant de rejoindre la party la plus dingue de la ville, voire de déguster les dites sucreries en se tapant un marathon de l’horreur en DVD. Ou mieux, en VHS tiens…Le film pour les oreilles que je vous propose de découvrir nous en vient du Canada, du New Brunswick pour être plus précis, et n’est pas une nouveauté à proprement parler, puisque ce premier LP est sorti dans les chaleurs de l’été, en plein mois de juillet. Quelle date mal adaptée pour une rondelle capable de réconcilier l’esprit des CRAMPS et des DAMNED, et qui joue la franchise et la simplicité horrifique, tout en manipulant quelques références de son nom et de son son. Quatre musiciens, deux hommes, deux femmes, la parité la plus totale pour une rondelle qui fait du bien au cœur et qui n’économise pas sa sueur, abordant le Rock via son versant le plus abrupt, sans artifices, et sans filet pour se retenir en cas de chute.

Pas beaucoup d’informations à vous prodiguer sur les WHICH WITCH IS WHICH, plutôt avares de tuyaux sur leur page Facebook et leur Bandcamp. La toile n’est pas plus bavarde à leur sujet, entre une interview succincte et une review n’étant pas plus riche, soit une absence totale de repères factuels pour juger du passé et du présent de nos amis du jour. Mais nonobstant ce silence plutôt péjoratif, ce premier album éponyme fait suffisamment de bruit pour parler de lui-même, et les douze compositions qui le constellent sont du genre direct et compact, sans fioritures, mais qui carburent. Et avec un patronyme faisant directement référence à un fameux épisode de Scooby-Doo, la barre est placée sur le terrain du cartoon pour les tympans, avec trip en mystery bus pour découvrir les plans les plus dingues d’un Canada décidément terriblement brumeux. Mais si l’iconographie renvoie aux plus grandes heures du Doom vintage et si les allusions se placent sur le terrain du délire, la musique elle prône un certain détachement des contraintes techniques et stylistiques, et se veut aussi simple et directe qu’une grosse fiesta organisée par les RAMONES et les RUNAWAYS. En choisissant les ingrédients les plus simples et percutants de leur optique, les WHICH WITCH IS WHICH ne se compliquent pas la vie et facilitent la nôtre, en se lâchant sur un binaire rudimentaire, qui aurait pu prétendre dans les seventies représenter un avenir du Rock ultra radicalisé. On retrouve donc sur les pistes de ce premier LP l’immédiateté estampillée « one, two, three, four » des faux-frères RAMONES, la fausse sensualité en moue boudeuse des RUNAWAYS, mais aussi l’énergie en distorsion du père Lemmy, le tout secoué dans un shaker de juvénilité exacerbée, pour s’adapter à une époque un peu trop sinistre aux entournures.

Ici, tout est simple et direct, sans chercher à se compliquer l’existence, mais sans non plus tenter de nous refiler douze fois la même tambouille. Si la recette autrefois appliquée par Joey, Dee Dee et les autres trouve ici une nouvelle illustration teintée de féminité arrogante et puissante, l’ensemble sonne comme un démarquage sommaire des MAID OF ACE et autres purs combos de Punk remis au goût du jour, tout en gardant une saveur particulière venue du passé. Des riffs massifs et accrocheurs, une rythmique qui se bloque sur un up tempo qui donne des suées dans le dos, et surtout, pas de chichis, et rien qui ne s’éternise au-delà des sacro-saintes trois minutes. Production parfaitement adaptée au style, enchaînement sans temps mort, et quelques pépites en tête de mort, comme ce lapidaire « Silverball Mania », qui en dit long sur les obsessions teenage et sur les fascinations. On imagine très bien le combo sur ses terres natales, jouant live comme en répétition, les amplis à fond et la mine provocante, enjoignant le public à s’approcher de la scène pour ressentir le souffle originel d’un Punk Rock essentiel. C’est certes très basique, et entendu déjà des centaines de fois, mais c’est joué avec les tripes et chanté d’une voix castratrice, histoire d’ajouter à la légende quelques modèles de Riot grrrls, dont les BIKINI KILL ou L7. Mais même en version Rock assumée, les WHICH WITCH IS WHICH restent totalement Punk, mais pas trop Hardcore, et gardent les décibels bien au chaud, pour nous pondre des hymnes légers mais costauds, à l’image de ce « Sit », qui donne plus envie de pogoter que de s’asseoir. On se croirait vraiment revenu à l’époque velue des Rocket To Russia, avec une petite touche de trash CRAMPS, sans les lunettes de soleil et la culture Z, mais avec une rage au bide qui fait l’affaire.

Dès lors, le fan éventuel fera lui-même son marché dans les costumes proposés, et pourra se satisfaire de la fausse mélodie DESCENDENTS de « Get A Load of Me », ou de l’épaisseur renouvelée de l’injonction « Copy/Paste That », qui en dit plus long qu’il n’en faudrait sur les motivations du quatuor qui s’amuse beaucoup à reproduire le modèle de ses aînés. Bien sûr, les plus pénibles nous diront que les RAMONES ont déjà joué ça toute leur vie, sans chercher à dévier d’une trajectoire Punk bien tracée, que Wendy O. Williams a montré ses tétons en diluant le même barouf sur scène, que les DONNAS se sont maquillées en écoutant le même genre de binaire assoiffé, mais qui s’en soucie au final ? Moi j’affirme que le premier LP des WHICH WITCH IS WHICH est la bande-son parfaite pour une soirée d’Halloween bien arrosée, et qu’un bon Punk-Rock sommaire mais en éclair sera toujours adapté à une époque où le plaisir devient de moins en moins bon marché. Vous prenez ?


Titres de l'album :

                         1.Shot Down

                         2.SilverBall Mania

                         3.Sit

                         4.Heart Discarded

                         5.Get A Load of Me

                         6.Your Fault

                         7.Hack The Bone

                         8.Her Party's Over

                         9.Copy/Paste That

                         10.Intervention

                         11.You Get What Anybody Gets

                         12.Phone Patrol

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par mortne2001 le 28/11/2018 à 16:18
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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