Des nordiques reprenant à leur compte des recettes moult fois éprouvées des 80's? Quelle surprise, mais pour une fois, les lascars ne s'en viennent pas de Suède, mais bien de Norvège. Et là n'est pas la seule variation qu'ils offrent sur le même thème, puisque les membres de ce quintette, loin d'être de vieux briscards ressembleraient plutôt à de très jeunes passionnés. Semblant à peine sortis d'une adolescence passée à disséquer les œuvres majeures d'une décennie d''honneur pour le Hard-Rock, les WILDNITE jouent crânement leur carte, et la jouent plutôt bien, même si leur musique n'est pas forcément dégagée des obligations contractuelles. Ils l'avouent eux-mêmes, la génération MTV des musiciens peroxydés les a profondément traumatisés, et c'est donc sans aucune gêne qu'ils nous proposent ce premier album qu'on croirait exhumé des caves de Californie durant la grande folie du Cathouse et du Roxy. Mais en choisissant de ne pas choisir entre exubérance typiquement américaine et âpreté européenne, les cinq originaires de Lillestrom dévoilent donc un joli panoramique des modes en vogue il y a trente ans, lorsque les combos US rêvaient d'une crédibilité anglaise, et que les musiciens anglais fantasmaient sur un hold-up des charts d'outre-Atlantique. Ayant travaillé d'arrache-pied ces deux dernières années, la jeune bande a développé de beaux arguments, et nous délivre donc un premier LP éponyme qui ne fait pas tâche dans la production nordique actuelle, et qui s'inscrit même dans une logique tout à fait respectable. Des morceaux simples, aussi emprunts de Glam que de Hard-Rock mélodique, pour quarante-cinq minutes de voyage organisé dans le passé...Mais laissons leur parcours les présenter...

Sigurd Østerbø Søbye (Jizz), Michael Bjerkan (Magic Mick), Marius Tangen (Nikki Starr), Glenn Erik Sandbekkbråten (Eric Rotz) et Karl Fredrik Knutsmoen (Kailey Deville) ont donc le cheveu long et rebelle, le bandana vissé sur le front et les fanfreluches bien accrochées au pantalon. Leur party-music, très crédible dans les faits tapisse donc les murs de photos de leurs influences, qu'ils nomment d'ailleurs sans détour sur leur page Facebook. C'est donc à une énième relecture des aînés de MÖTLEY CRÜE, FIREHOUSE, DOKKEN, GUNS 'N ROSES, WHITESNAKE, RATT, BON JOVI, BADLANDS, AEROSMITH et EXTREME à laquelle nous avons droit, avec ce petit surplus inhérent à une jeunesse pas encore enterrée. L'apprentissage est donc toujours en cours, et autant jouer franc jeu et admettre que les norvégiens n'ont pas encore les épaules de leurs camarades de passion. Ce qui ne les a pas empêché de tourner avec des têtes d'affiche confirmées, dont Chris HOLMES, les ELECTRIC BOYS, les QUIREBOYS, ou Uli John ROTH, et de remporter quelques tremplins leur ayant permis de faire le plein. Alors, cette musique, de quoi parle elle au fait? Des obsessions majeures d'une décade de décadence, des filles donc, de la fête, de l'alcool et autres préoccupation de juvenile delinquent désirant s'affranchir du poids de l'existence via une fête permanente, et c'est sans aucune surprise que nous entendons des lyrics assez légers, mais parfaitement adaptés. Et au demeurant, ce ne sont jamais les textes qui nous ont fascinés, mais plutôt la musique, et de ce côté-là, le quintette est assez bien paré. Difficile d'établir une comparaison fiable avec une entité unique, puisque les WILDNITE bouffent à tous les râteliers, petit-déjeunant Glam pour mieux déjeuner Hard Rock, et goûtant mélodique pour dîner Heavy, dans un désir constant de tremper ses doigts et sa langue dans tous les mets proposés. Si l'ombre du Sleaze californien plane bas au-dessus de leurs hymnes teenage, on sent aussi de méchantes traces du DEF LEPPARD des débuts, mais on aperçoit aussi l'ombre des PRETTY BOY FLOYD, de D.A.D., et même des ENUFF 'Z'NUFF de temps à autres, lorsque le propos se sensibilise et ose jouer la tendresse, toujours de mise (« I Remember You »).

Si le niveau instrumental ne trahit aucunement une quelconque faiblesse liée à l'âge, si les compositions nous mettent souvent en nage, elles peinent toutefois à nous mettre en transe, le fond restant léger et allusif et la forme encore un peu tendre. Certes, les refrains sont bien troussés, les soli bien flambés, mais la voix du leader est encore un peu fluette pour nous prendre aux tripes, même si parfois le quintette ose l'allusion WHITESNAKE plus que patente. La crédibilité old-school est évidemment indéniable, puisque même la production va piocher du côté des studios californiens des années 80, sans oublier des emprunts qui ressemblent parfois un peu à des plagiats, lorsque les norvégiens n'hésitent pas à citer Nikki Sixx dans le texte, le confrontant au David Coverdale de Slip of The Tongue (« Nitetime », qui déclame du « Same 'Ol Situation » version WHITESNAKE 1990, bien vu, mais encore un peu trop apparent). Mais comme tout est revendiqué et que la passion exagérée est assumée, la pilule passe plutôt bien, surtout lorsque les racines scandinaves prennent le dessus pour suggérer une admiration envers les frangins Binzer (« Back On The Bottle », plus D.A.D. que ça, tu meurs de froid). Révérences, génuflexions, mais aussi attitude frondeuse qui leur permet de faire passer la nostalgie pour une vraie passion tueuse (ce qu'elle est sans conteste), et ce, dès le début de leur LP introductif, qui place sur le chemin un « I'll Be There » au riff bien charnu et aux chœurs bien tenus. En trente ans le principe n'a pas changé, et on se demande même parfois si le Alice Copper le plus perméable au Billboard ne repointe pas le bout de son nez (« Tears 'n Fire » et son faux-air de « Feed My Frankenstein » sur les couplets, qui dérive Desmond Child/BON JOVI sur le refrain), tandis que le Hard N' Sleaze semble même plus frais qu'à l'époque («Rippin' It Up », un peu BLACKRAIN, un peu ZODIAC MINDWARP).

Plus exercice de style que véritable perle qui brille, Wildnite confirme encore plus la domination nordique sur le vintage typique, et n'hésite pas à appuyer sur la pédale des poncifs pour nous en convaincre (« Back For More », plus MÖTLEY CRÜE qu'un slip de Tommy Lee). A tel point qu'une fois passée la surprise, on se prend à attendre autre chose qu'une découpe en calque des albums les plus symptomatiques de l'époque. C'est incontestablement très joli, très bien produit, le look et l'attitude sont là, mais espérons quand même qu'en grandissant les cinq norvégiens apprendront que ce n'est pas toujours en curant le fond des meilleures vieilles peaux qu'on fait les meilleures croûtes. Mais en substance, et en faisant preuve d'un minimum de tolérance, ce premier LP des WILDNITE passe méchamment bien la rampe, pour peu qu'on en oublie qu'il n'est encore qu'un habile sosie.


Titres de l'album:

  1. I'll Be There
  2. Tears 'n Fire
  3. Rippin' It Up
  4. I Remember You
  5. Dr. Pain
  6. Into Your Eyes (2018 Version)
  7. Rock on the Radio
  8. Nitetime
  9. Back on the Bottle
  10. Rock It
  11. Days of No Trust
  12. Back for More

Facebook officiel


par mortne2001 le 11/05/2018 à 18:10
75 %    407

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Tyrant Disciple

Weight Of Oblivion

Cavador

Sin Culto a Los Muertos

Hrobar

Rýchla Smrť

Codex

Ignominia

The Secret

Lux Tenebris

Flayed

Empty Power Parts

Ambient Road

Turn Up The Heat

Everrise

After The Eclipse

Vöödöö

Ashes

I’ll Be Damned

Road to Disorder

Mantar

The Modern Art of Setting Ablaze

Taste

Moral Decay

Pig Destroyer

Head Cage

Beyond The Black

Heart Of The Hurricane

Dark Insides

Netherworld

Ancestor

Lords of Destiny

Raspy Junker

World Of Violence

Elyose

Reconnexion

Clover

The Voyager

Lost Domain

...In the Waiting Room of Death

Sylvain EXOCRINE

youpimatin / 24/09/2018
Technical Death Metal

Apocalyptic Slamming Evisceration European Tour 2018

Livor Mortis / 22/09/2018
Brutal Death Slam Photos

Photo-report MOTOCULTOR 2018 (Par Baptistin Pradeau)

Jus de cadavre / 17/09/2018
Motocultor

Violently Draining Europe / Gorgasm + Cenotaph + Visceral Uprooting

Jus de cadavre / 13/09/2018
Brutal Death Metal

Concerts à 7 jours

Alcest + Celeste + Vampillia

25/09 : La Gaîté Lyrique, Paris (75)

Defenestration + Burial Invocation

26/09 : Bar Hic, Rennes (35)

Alcest + Vampillia

26/09 : La Laiterie, Strasbourg (67)

+ Europe

27/09 : Le Trianon, Paris (75)

Stoned Jesus + Mothership

27/09 : Le Petit Bain, Paris (75)

Batushka

28/09 : Antipode, Rennes (35)

Iron Bastards + Deficiency + Vulcain

29/09 : Salle Des Fêtes, Angres ()

Agressor + Sublime Cadaveric Decomposition + Colossus

29/09 : Le Champilambart, Vallet (44)

Wardruna

29/09 : Château Des Ducs De Bretagne, Nantes (44)

Wintereve + Sors Immanis + Ephialtès

29/09 : Le Riveter, Nancy (54)

Batushka

29/09 : La Laiterie, Strasbourg (67)

Batushka

29/09 : La Laiterie, Strasbourg (67)

Voivod + Bio-cancer

29/09 : Le Petit Bain, Paris (75)

Voivod + Bio-cancer

30/09 : Le Ferrailleur, Nantes (44)

King Dude + Kaelan Mikla + The Dark Red Seed

30/09 : Le Petit Bain, Paris (75)

Photo Stream

Derniers coms

Merci pour cette vidéo d'Anthrax, je m'en vais aller dépoussiérer State of Euphoria, du coup !


Merci pour la diffusion de cette neWs ;-)


Très jolies les photos Livor ! Bienvenue ici mec !


Hiatus discographique, pardon !


Après un hiatus de 5 ans ? Je les ai vu au Chaulnes Metalfest en 2016... et d''après leur site ils ont tourné jusque mars 2017.


Ah je reconnais cette scène du MCP Apache !


la voix ecrase tout dans le mix ..dommage..


Y'a de l'ambition, c'est bon ça ! Non, non c'est pas un gros mots ! C'est selon moi ce manque d'ambition (tellement français et pas seulement en musique !) qui fait que la scène Metal hexagonal n'a pas explosée comme certaines autres scène en Europe...


Félicitations!


Rien à voir avec feu les Provençaux de Kabbal non plus ? Stylistiquement, c'est assez différent comme Death Metal il faut dire.


Toujours aussi original.


Excellente interview ! Ça transpire la passion tout ça !


Le titre en écoute laisse effectivement présager de quelque chose de vraiment pas mal !


Je confirme, ce skeud est excellent, le "mélange" des genres fonctionne à merveille.
La base death est bel et bien présente et parsemée de plans thrash ou black. La prod est nickel (ni trop, ni trop peu), et l'ensemble laisse un gout de reviens-y, ce qui est toujours bon signe. Je suivrai (...)


C'est bon ça !
Torture Throne était déjà excellent, alors affaire à suivre !!!!


"Un peu comme la dernière fille libre de la soirée, vous vous dites, je me la tape, on ne sait jamais, ça peut être surprenant..."

:D tu m'as tué !


Ah merde, la bad news !!!
En plus, un groupe de chez nous.
RIP man...


Pas encore écouté en entier, mais ce que j'ai entendu pour le moment promet un album énorme... Un groupe à part et absolument génial qui, comme le dit très bien la chro, est bien plus que du Sludge. Et sur scène c'est quelque chose aussi. Ça faisait bien longtemps que Nuclear Blast n'avait p(...)


Merci pour la kro!
Le MCD est dispo ici http://nihilistic-webzine-distro.fr


Wow...