Les Tambours du Bronx + Mountain Men

Les Tambours Du Bronx, Moutain Men

Foliescénies, Salies-du-salat (France)

du 26/08/2017 au 26/08/2017

Près de mon lieu de vacances au pied des Pyrénées centrales, la petite ville de Salies-du-Salat organisait pour la première fois un festival d'été tous publics sur trois jours. Étonnamment l'affiche du samedi soir était alléchante et n'ayant rien de mieux à faire, j'ai honoré cette occasion imprévue.

La grosse chaleur du jour était encore pesante au crépuscule. Le Metalleux habitué trouvait sans peine ses marques dans le stade de village : les tentes, les jetons de paiement, stands de ravitaillement et autres toilettes sèches. Le public était assez nombreux et familial de tous les âges, local ou pour mieux dire, rural.


Les concerts se tenaient dans un grand chapiteau ovale en forme de gélule, qui gardait hélas une partie de la canicule accablante, avec des gradins en demi-cercle au fond bien garnis mais très éloignés de la scène. Bien que le parterre se remplît à l'approche du premier groupe, la répartition de l'assistance en deux masses largement séparées n'était certainement pas enthousiasmante à voir depuis la scène.


MOUTAIN MEN est à l'origine un duo Grenoblois devenu quartet depuis qu'ils ont inclus l'ancien batteur de Noir Désir en personne, Denis Barthe, et son compère des The Hyènes pour la basse. Tout de suite, on identifiait la bande de quinquas, vétérans de bien des scènes de toutes dimensions (et d'autant d'aventures), qui se contentent à présent de prendre du plaisir avec un style authentique, fondamental, mais qui plaira aussi à toutes sortes de publics. Après une saynète pour introduire le spectacle, il ne s'agira que de Blues Rock gentillet net et bien fait, taillé pour la scène. Le guitariste-chanteur originel assurait l'essentiel de la communication et le spectacle l'était plus par son vieux partenaire harmoniciste en gilet et cravate, qui s'exprimait avec un fort accent anglo-saxon dans un français parfait. Le public de sept à soixante-dix-sept ans se laissa prendre peu à peu par des titres d'une qualité régulière, au long d'un set étiré sur presque une heure et demie et parsemé de petits sketches (et une échappée de l'harmoniciste). Le chant était juste et convaincu même s'il manquait de grain, et l'harmonica épiçait assez brillamment des chansons plaisantes, mais un peu trop aimables. Tout en évitant largement de faire du sous-Johnny (y'avait ce risque !), leur répertoire était en effet bien lumineux et trop souvent optimiste pour le style. Au fond la rédemption est déjà venue pour eux, par la simple joie de jouer ensemble devant un vaste public favorable. Pour les uns c'est une forme de réussite, pour tel autre c'est plutôt une issue après toute l'ample histoire que chacun connaît. Comme la basse, Barthe survolait d'ailleurs à l'aise un répertoire franchement moins exigeant que celui pour lequel il restera immortel.


Je vous passe le mini spectacle d'hypnose en interlude, ainsi que le retard horaire sans conséquence trahissant le festival débutant.


LES TAMBOURS DU BRONX sont un investissement sûr avec leur trentaine d'années d'expérience. Comme toujours, la grosse douzaine de fûts en demi-cercle était surplombée par les claviers et deux rangées de barres sur les côtés. Pour une immersion progressive, le premier morceau était purement acoustique et rythmique, les mailloches seules contre les bidons et les parties bien distinguées pour que le public comprenne le fonctionnement complémentaire de l'orchestre, d'un bord à un autre avec le centre de l'hémicycle jouant aussi son propre rôle. Ensuite vint un titre chanté plus groovy, puis la reprise non annoncée de "Kaiowas" que bien peu de gens ont dû reconnaître à part moi ! Rappelant évidemment l'esprit du live partagé avec Sepultura, c'est le synthé qui suggérait les parties de guitare sèche tandis que la rythmique dominait, bien sûr. La relecture était fidèle tout en transformant substantiellement l'original, illustrant joliment l'une des pistes possibles quand on se lance sur une reprise. La moite touffeur n'ayant pas disparu, le collectif passa alors au torse poil pour le restant du concert.

Les Tambours du Bronx, c'est avant tout un spectacle de percussions rigoureux, où cela paraît très facile et à la portée de tous comme le tennis quand on regarde Federer, grâce au travail qu'il y a derrière. Les chorégraphies simples enrichissent un peu le show pour éviter une trop forte austérité visuelle, plusieurs frappeurs ayant leur moment de bravoure en venant au centre. Quelques rares personnes bougeaient bien, certainement des connaisseurs vues les dégaines, la large majorité préférant apprécier la performance et resta malgré l'heure, l'atmosphère pesante et la relative agressivité du propos.

Les Nivernais ont si bien su ouvrir les frontières de leur style d'origine et leur identité en son sein, qu'on en oublierait qu'il s'agit de Musique Industrielle. C'est la frange mêlée, la plus accessible du style, comme les Swans ou les Young Gods dans leurs propres genres. Et pourtant, quand on attaquait le cœur du set avec ses boucles ou ses basses, un peu de chant parfois, c'était clairement dans les périmètres de Vomito Negro, Fœtus et compagnie, indépendamment de la forte orientation rythmique. Certains titres faisaient plus Big Beat années 90, pour autant.

Je regrette seulement la communication bêtement arrogante du principal chanteur qui écorchait sciemment le nom de la ville et jugeait la mollesse apparente du public, au lieu de comprendre que dans un nouveau festival campagnard qui cherche encore son identité et drainait une foule d'ignorants complets de ce genre de musiques de tous âges, c'était un beau résultat d'en avoir conservé les trois quarts à minuit et demi passé un soir de canicule. Les autres étaient mieux lunés et il y eut une belle distribution de mailloches et même quelques bidons en fin de concert.


Fuyant "la soirée des jeunes" et son DJ qui allait suivre, à l'instar de la plupart des gens, je rentrai un peu usé mais satisfait vers ma fin de congés. La rentrée, je vous le dis, sera énorme.


par RBD le 29/08/2017 à 14:22
   464

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report

Sélection Metalnews 2020 !

Jus de cadavre 01/01/2021

Interview

Welcome To My Nightmare

mortne2001 26/12/2020

From the past

IXION : entretien avec Julien

JTDP 16/12/2020

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Buck Dancer

Toujours une bonne nouvelle la sortie d'un nouveau Memoriam!!! 

23/01/2021, 15:39

RBD

Ils avaient collaboré avec les Krupps, aussi. À défaut d'être parmi les meilleurs dans un pays où la concurrence était relevée, ils étaient assez passionnés pour se reformer quand le revival Thrash est arrivé.

23/01/2021, 14:57

Moshimosher

La lecture de ces runes ne me semble pas très orthodoxe... pas inintéressant mais ça ne me semble pas si folk que cela... même si ce n'est pas complètement hors-sujet non plus...

23/01/2021, 14:41

Moshimosher

Ah... la douceur d'occire ! Reposons En Guerre avec Memoriam ! \m/

23/01/2021, 14:05

Humungus

Hâte d'entendre tout l'album pour me faire un avis plus éclairé.Quoi qu'il en soit, la voix du Bobby me fout toujours les poils et si la galette est à l'instar de ce titre, achat obligatoire !

23/01/2021, 13:10

Humungus

!!! BOLT THROWER est mort !!!!!! !!! !!! Vive MEMORIAM !!! !!! !!!

23/01/2021, 13:02

Humungus

1) Pardon, en me relisant, je me rend compte que je me suis très mal exprimé :J'adore MOONSPELL jusqu'à "Irreligious" inclus."Sin peccado", quoi que encore écoutable, c'est pour moi le début de la fin.2) Sa(...)

23/01/2021, 13:01

Satan

L'essence même de Moonspell réside selon moi dans le triptyque "Sin/Pecado" / "Darkness and Hope" / "The Antidote", donc bien loin des codes inhérents au bon vieux metooool. Donc cette étrange nostalgie qui consiste à se limiter(...)

23/01/2021, 12:50

Gerggg

Bah c’est du tout bon ca, un bon mid tempo bien lourd

23/01/2021, 10:03

Simony

Ah je n'irais pas jusque là Humungus mais là c'est mon côté gothopouf, je le sais... J'adore Sin / Pecado, je sais que ça n'a plus rien à voir avec le MOONSPELL des débuts mais c'est avec cet album que j'ai décou(...)

23/01/2021, 09:31

metalrunner

Putain c est du bolthrower pur jus j adore  

23/01/2021, 09:28

Humungus

gars*(Hé hé hé... Jolie lapsus...)

23/01/2021, 05:22

Humungus

Je vous rejoins sur tout les gras :- MOONSPELL ne sert plus à rien depuis "Irreligious" (inclus).- APHRODITE'S CHILD est un putain de groupe fort injustement moqué.

23/01/2021, 05:21

Gargan

Demis a quand même sorti un album sobrement intitulé 666 avec les aphrodite's child, donc respect.

22/01/2021, 21:43

asar

Demis Roussos is back.

22/01/2021, 21:07

David

Hé oui ! Et je m'en suis aperçu à quel moment ? après les 17H que la vidéo a pris pour être en ligne !!Disons que je rends hommage aux dyslexiques qui aiment le death metal !!

22/01/2021, 21:05

Invité

Putain Napalm ils signent pas que du bon... Là ça sent le désir de faire une Konvent mais dans le Thrash et pour le moins, on peut dire que c'est loupé !

22/01/2021, 18:35

Moshimosher

Pour ma part, je dois avouer que, n'ayant que le premier mini-album et les deux albums suivants, Moonspell, que j'ai pu apprécier (et apprécie toujours pour ce qui est des albums que j'ai... surtout Wolfheart), n'est pas vraiment resté à porté(...)

22/01/2021, 13:33

Gargan

Un petit côté Hecate Enthroned, le truc qui aurait du sortir vers 97/98.

22/01/2021, 08:04

Simony

C'est triste mais je ne trouve plus rien d'intéressant chez MOONSPELL, cela m'apparaît comme un encéphalogramme plat. Première déception 2021 !

22/01/2021, 07:51