Chez Metalnews, on adore les Tour-reports. On adore ça, déjà parce que c'est toujours un plaisir de voir des groupes français tourner à l'étranger. Notre scène nationale le mérite largement et c'est aujourd'hui devenu un peu plus régulier pour des grands noms et moins grands noms du Metal français. "Enfin !", j'ai envi de dire ! Mais même si ce n'est plus si rare qu'il fut un temps, ça reste toujours une aventure, des anecdotes, des émotions qui marqueront les groupes en question à jamais... Et c'est d'autant plus un plaisir quand le groupe accepte de nous conter leurs aventures sur la route dans un bon vieux Tour-report !  

Et aujourd'hui c'est le groupe de Death / Black Metal Marseillais ACOD qui vous prend dans ses flightcases à l'occasion de leur tournée en Europe en première partie des anglais de CRADLE OF FILTH ! Les français défendaient à cette occasion leur quatrième album, The Divine Triumph, sorti l'année dernière.

Un Tour-report un peu particulier cependant cette fois-ci : en effet, Raph (batterie), Jérôme (Guitare) et Fred (Vocals), ont laissé la plume à Muche qui ne joue pas dans le groupe mais qui était avec eux sur cette tournée en tant que pote / chauffeur de bus et "merch guys" (le mec qui te prends tes derniers ronds à la fin d'un concert...). Un report "intérieur / extérieur" du point de vue du groupe mais avec un regard... extérieur... Enfin bref, lisez vous comprendrez ! Un grand merci à ACOD et à Muche ! 

Bonne lecture !

Muche :

Nous prenons la route le 24/4 départ de Marseille. Le groupe doit récupérer Matt du côté de Mâcon, l’un de nos deux guitaristes, saltimbanque chez Nightmare / Sangdragon. La faim de poncer les planches des plus grandes salles en ouverture de Cradle of Filth nous fait passer les longs kilomètres qui nous dirigent vers la première date en Allemagne à Karlsruhe (ndlr prononcer « Karlsrou », Karluche pour les intimes). Nous passons récupérer notre copain Cyril de United Rock Nations à Messein où nous passerons la nuit.

Arrivés à la salle, nous croisons pour la première fois les cultissimes Cradle of Filth, groupe qui nous a animés durant notre adolescence. La première impression : wooooow !!! La prise de contact se fait timidement, un rapide salut et quelques accolades craintives pour signifier que nous sommes des fans de la première heure, Dani Filth imprègne de son aura l’ambiance générale. ACOD se met la pression tout seul, il va falloir être à la hauteur.

Première mise en place du backline dans cette salle, le Substage. Cradle a déjà balancé, on pose le matos comme on peut sur la grande scène, on n’a pas trop préparé cette étape, mais ça se passe très bien.

Avant de monter sur scène, on ne sait pas trop ce qui nous attend. Va-t-il y avoir du monde ? S’est-on assez préparés ? Que vont penser les gars de Berceau De Crasse ?

Tout se passe pour le mieux. Quelques hésitations dans les premières secondes, mais le set est bien déroulé. Le son est bon et le public qu’on nous avait annoncé froid ou peu mobile réagit de la meilleure des manières dès les premières notes. Un accueil chaleureux de la part des metalleux venus voir CoF et surpris de la gifle que nous leur mettons.

Et finalement c’est une belle première date qui nous rassure sur le potentiel scénique et surtout qui nous conforte sur le fait que nous avons envie de saisir notre chance et prouver à la tête d’affiche que nous ne sommes pas venus enfiler des perles en suçant les lustres pour ces quelques dates.

25/4 - Direction Paris au son d’un génial blind test organisé par Matt qui nous fait oublier la distance.

Ce jeudi 25 avril doit rester dans les mémoires. On joue à Paris, du monde est venu voir Cradle, mais on joue « à la maison », en France, et du monde a prévu de venir nous voir. Du beau monde puisque notre équipe de Sony a fait le déplacement, un certain Stéphane Buriez (Loudblast entre autres) a décidé de venir assister au show , sans parler des copains de tous bords.

La Machine du Moulin Rouge est située en plein cœur de la capitale, c’est un peu galère pour se faire une place pour décharger. L’équipe de la salle nous aide à décharger et nous entrons dans ce lieu mythique où sont passés les plus grands. Les plus belles femmes ont levé leurs jambes dans ce Moulin Rouge au son qui les a fait frissonner, nous nous devons de les honorer en retour.

Le « gros » du merch et notre « front » roadie nous envoient des photos de la file d’attente et de la salle qui se remplit peu à peu. La pression monte tant les fans se sont mobilisés.

A notre arrivée sur scène, nous voyons des visages qui nous sont familiers. Les Sausages, membres parisiens du Hellfest Cult sont venus nous voir nombreux, et nous donnent envie de tout déchirer.

Ce soir le son est puissant. Tryf, notre ingé son, tire le meilleur de ce que propose la salle. Et ça tape fort ! Très fort. Le public se presse sur le devant de la scène et soutien le support de tournée de Cradle. Martin, le batteur de Cradle vient assister à notre presta un peu caché, en retrait de la scène. Il apprécie.

Pour ce que l’on pourra appeler le sleeping, direction la proche banlieue parisienne chez un ami chez qui nous passerons la nuit. Non, on ne parle pas de dormir. Un changement de litière de chat et quelques verres plus tard, on se lance dans un blind test qui nous emmènera jusqu’au grand jour. On dormira sur la route, autant profiter de la soirée. Ce soir a été un pur cliché de la soirée rock’n’roll réussie... #thedirt !

26/4 - Direction la Suisse où nous jouerons le soir-même. Les kilomètres qui s’égrènent de vignettes, tunnels et autres pauses pour faire le plein commencent à se faire longs. On passera sur le stress de certains : « La vignette ? On a pris la vignette ? On est arrivés en Suisse ? Et la douane ? ».

Une fois cette étape passée, nous arrivons sur les routes Suisses. Oui, les routes. Notre driver n’a pas eu la bonne idée de ne pas paramétrer correctement le GPS qui nous fait passer par le pire des trajets qui nous font rallonger le trajet. Arrivée, enfin, au Z7 à Pratteln. Cette salle légendaire où nous avons vu passer pendant tant d’années des groupes légendaires chers à nos cœurs.

L’emplacement nous laisse de marbre par la taille du bâtiment. C’est un hangar dans une zone industrielle un peu à l’écart de la ville. C’est haut de plafond et la scène est immense. L’immense bar sur le côté droit en impose sous ce lustre cristallin qui scintille sous les lights de la scène.

Nous préparons le matériel et le merch se met en place, bien que Cradle soit arrivé tôt et ait pris toute la place. Pousse-toi un peu Silly ! ;)

Dès le début des balances, le son se fait ressentir puissant, vibrant. La jauge décibels n’est pas la même qu’en France visiblement. Ça joue fort en façade, très TRÈS fort par rapport à ce qui est affiché sur le dB mètre. Le public va se faire décoiffer. Le son est exceptionnel. Tout y est. La dynamique, la puissance, Tryf maîtrise et bonifie ce qu’ACOD a de meilleur à montrer.

Malgré une salle pas tout à fait pleine tellement elle est immense, le public cependant nombreux prend sa gifle. ACOD crée une nouvelle fois la surprise et les retours sont extrêmement positifs. Nous, les petits inconnus français, recevons de nombreuses demandes de photos et de signatures après le show. Nous ne boudons pas notre plaisir.

27/4 - Direction Parme, en Italie à la salle Campus Music Industry.

La sortie de Suisse en passant par le tunnel du… du quoi déjà ? Rom, tu dois savoir toi, non ? Le tunnel du Gothard. Ce putain d’orifice anal montagnard où on crève dans le van à descendre les dernières Red Bull ou bières, en espérant que les feux rouges qui en limitent l’accès, disparaissent à tout jamais dans les abysses…  La bonne idée de ces feux rouges pour filtrer le passage de ce tunnel nous met en retard d’une bonne heure.

Avant d’arriver à la salle, le groupe s’organise pour que le déchargement se passe au mieux, sans perte de temps.

Une fois arrivés sur place, nous nous sommes tellement bien préparés que le backline est monté en un quart d’heure, le merch installé en 10 minutes et les balances commencent. Un record jusqu’à présent, et c’est un rythme que nous nous imposerons pour les futures dates.

Les balances se passent au mieux (« Qui veut ? Un, deux… ? ») et nous avons même le temps de dîner rapidement avant que nous partions nous préparer.

Le show est une nouvelle fois un succès. Les spectateurs qui bénéficient pourtant d’un vaste espace extérieur avec un patio et un bar se pressent contre les crashs barrières dès les premières notes. Le public italien est chaud : les headbangs commencent leur manège, les bras se lèvent. La communication avec le public surpris par la qualité de notre musique est d’autant plus aisée et nous donnons tout, d’autant que le lendemain est un day off, nous aurons le temps de profiter un peu ce soir.

Une fois le concert terminé, nous profitons un peu des extérieurs où un DJ Metal fait danser les derniers spectateurs venus boire un verre. Grand moment de retrouvailles entre membres, autour de quelques tequilas ou bières. Nous finirons cette journée dans un hôtel « manoir » à la Resident Evil, donnant libre cours à nos divagations nocturnes voir même matinale pour certains…

28/4 - Nous prenons la route le lendemain en direction de la salle Progresja en Pologne. Cette journée sera dédiée à la route exclusivement, nous ne jouons pas le soir. Petite pause à Brno (Rep. Tchèque) pour passer la nuit, puis direction Varsovie. Nous en profiterons pour goûter les spécialités locales et visiter un peu la ville. Par chance un restaurant est encore ouvert à cette heure tardive, nous entrons dans le « U Dreveneho Vlka » dont la déco peinte directement sur les murs nous plonge en pleine forêt entourés de loups. « The forest whispers my name ».

Nous commandons une bière locale, des « wolf balls » dont nous laisserons aux lecteurs choisir la traduction, et chacun choisit son plat, VIANDE. On passera sur la maladresse du nouveau serveur, la chef de salle nous amène nos plats. Absolument divins. La viande est délicieuse, les « wolf balls », sortes de boulettes de viande légèrement épicées servies sur lit de chou rouge sont divines, un triomphe. Romain tu as terminé tes frites ? Ah bah, non, mais merci quand même.

Avant de filer au lit, balade digestive : un petit tour au pieds de la citadelle qui surplombe la ville, quelques photos Black Metal et on file au lit. Même pas besoin de suppo, nous tombons de fatigue, repus.

29/4 – Enfin nous sommes en PO LO GNE, ù !:@ ! En arrivant, nous sommes frappés par l’immensité de la salle où nous accueille une vaste scène.

La vétusté extérieure des bâtiments peut surprendre, mais nous sommes dans un pays d’Europe de l’Est, on sent que le passé historique et politique imprègne encore lourdement le pays. Tout est cependant bien entretenu, l’espace réservé aux artistes en loges un peu vieillissant mais immense. Cradle à un étage, ACOD à un autre. Seul l’espace repas est en commun.

Le Merch est placé dans le hall à l’entrée de la salle où de nombreuses immenses photos d’artistes dédicacées sont exposées. Un peu impressionnant quand on voit les stars qui sont affichées.

Le public est venu nombreux. Visiblement la Pologne n’écoute pas que Batushka ou Behemoth, tant mieux. La salle est quasi comble. Une partie du public déjà bien bien bien bien bien imbibé et malgré ce qui peut être dit sur la froideur de leur tempérament, nous recevons un bel accueil. Excellente ambiance dans cet immense lieu où les titres de The Divine Triumph doivent encore résonner.

30/4 – Sixième et dernière date de cette tournée en Slovaquie à Bratislava au Music Majestic. Étape un peu plus reposante, moins de kilomètres à faire pour rejoindre la salle. Tout le monde est un peu silencieux dans le van. Déjà à cause de la fatigue qui commence à laisser son empreinte et puis certainement un peu de tristesse de voir arriver la fin de ce voyage en compagnie de Cradle.

On galère un peu avant de trouver l’entrée des artistes de la salle. L’équipe du MM nous indique l’accès et le déchargement commence. La salle n’est pas si grande que ça, mais des gradins et des balcons surplombent la fosse et font de ce lieu un véritable chaudron.

Les loges vétustes et à l’hygiène plus que discutable nous permettent de nous poser quelques minutes entre les balances et le repas.

Nous trouvons le temps de retrouver Cradle au complet. Un moment qui restera inoubliable et gravé dans la mémoire de chacun d’entre nous. Une photo, quelques souvenirs et ressentis échangés, de franches accolades et remerciements viennent parfaire cet instant qui est encore aujourd’hui suspendu dans le temps et dans nos cœurs.

Le show se déroule encore une fois parfaitement bien. Durant le set de Cradle, Dani Filth remercie, encourage et félicite ACOD. C’est un grand moment de fierté que nous avons du mal à comprendre sur le moment, tant nous n’espérions pas autant de reconnaissance, mais dont nous prenons la pleine mesure une fois sur la route du retour.

01/5 - Cette fameuse route qui nous attend… 1750 km pour rejoindre le berceau des abysses marseillaises. Nous prenons la route à 6h du matin et nous arrivons sur les coups de minuit. Les chauffeurs alternent les temps de route par tranches de 2 heures pour optimiser le temps au maximum.

Nous ne résistons pas à une séance photos d’un car de chinois qui nous prend pour AC/DC sur une aire d’autoroute, mais ne perdons pas trop de temps.

Fin de cette tournée. Nous sommes fatigués. Heureux cependant, et nous ne réalisons pas trop que nous venons de partager la scène de salles mythiques européennes en ouverture de Cradle of Filth. Cradle of Filth bordel !!!

Merci au public venu si nombreux sur chacune des dates. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre et nous vous en sommes reconnaissants. Nous ferons tout pour vous emmener toujours plus loin dans les abysses et dans la musique qui nous fait vibrer.

Merci à notre bookeur, notre label, aux organisateurs, salles, et assos qui nous ont permis de jouer sur cette tournée. Merci aux médias qui couvrent les évènements auxquels nous participons, sur scène ou en dehors ainsi qu’aux photographes pour leurs clichés.

Merci aux personnes qui croient en nous, en notre musique et qui nous motivent à aller toujours plus de l’avant.

Et le meilleur pour la fin : encore une fois merci à Cradle of Filth pour ces moments de partage intenses. Nous sommes honorés d’avoir partagé ces quelques dates en votre compagnie, jamais nous aurions pensé cela possible un jour.

par Jus de cadavre le 14/05/2019 à 08:47
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Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


JTDP
membre enregistré
14/05/2019 à 12:09:26
Cool report ! C'est toujours intéressant d'avoir un ressenti "de l'intérieur". Et chouette pour ACOD que Cradle est apprécié, ils le méritent. "The Divine Triumph" est un album vraiment phénoménal, à découvrir de toute urgence !

IAN ANGEL KELLY
@90.118.233.44
10/06/2019 à 15:44:57
Hello les copains, que de chemin parcouru depuis notre rencontre au morrison's au show case de Steel Panther où votre bassiste me dit humblement, je suis le batteur du groupe marseillais ACOD, Ok et la tournée des grands ducs avec un de mes groupes préférés CRADLE OF FILTH que j'écoute depuis le 1er EP. BRAVO, EXCELLENT, FELICITATIONS ET CONTINUER SUR CETTE BELLE LANCEE, BISES METALLIQUES.

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ça tartine toujours aussi gras Guttural Slug ! par contre je viens de me rendre compte que j'ai zappé le 2eme album. BWUUUUUUHHHHHH


le chant est faiblard...


Plutôt inutile cet album. Bien mou et rien d'excitant.60% pour ma part


Un album absolument excellent !


Je ne connaissais même pas de nom. Merci pour cette chro (d'utilité metallique et historique !) qui donne méchamment envie de se pencher sur ce groupe !


Quasi tous les titres du premier album sont rejoués...
Miam miam !


Énorme album de violence musicale ! Merci pour la chro ;)
Ça me rappel un peu Phobia en effet, en plus bourrin encore !
"C’est simple, le tout à des allures de fête paillarde tournant très mal, avec deux mecs pas invités qui viennent pour tout picoler et tout ruiner, et qui lais(...)


"Napalm Death demeure un monument incontournable, qui ne déçoit jamais ses fidèles, ni ses valeurs"
Je pense d'ailleurs n'avoir jamais lu une critique négative vis à vis du groupe...
Et c'est de fait totalement normal !


Plutôt d'accord avec Satan, le prix est abusé et le titre est bon mais assez standard et de la part de 1349, j'en attend un peu plus. Et je dois avouer que le dernier album ne m'a pas emballé plus que ça...


le précédent album est excellent


Ouais... moi qui est un grand fan du groupe, je dois reconnaitre que la pochette est d'une incroyable laideur et que le titre est dans la continuité du (lamentable) précédent album. Qui plus est, le prix de l'objet est du pur foutage de gueule...


Une fois de plus, un excellent concert, joué par des musiciens passionnés malgré des conditions de tournée précaires !
Respect et merci à eux.
On en redemande.


Plaisir partagé cher L'anonyme....