Macho Boys

Macho Boys

30/03/2017

Sabotage Records

Matinée Punk Hardcore, parce que l’underground, j’en veux encore. Alors autant commencer son dimanche du bon pied en se sevrant d’une bonne dose de Hardcore’n’roll dans la plus grande tradition du style, avec un groupe qui n’a pas les 80’s dans sa poche.

En écoutant ce Macho Boys des… MACHO BOYS, le trip nostalgique est à portée de tape, et on imagine bien les étagères de ces défenseurs de la crudité instrumentale remplies d’albums cultes, en version vinyle ou en cassettes enregistrées en réenregistrées jusqu'à plus soif, décorées de graphismes homemade et autres annotations bien vintage.

Mais malgré ce que leur nom semble indiquer, ces mecs machos n’en sont pas totalement, puisqu’on retrouve au sein du line-up de ce quatuor deux musiciennes, Tekiah Elzey au chant et Samantha Gladu à la basse. Elles sont accompagnées de Chris Mason à la guitare et Sam George au kit, ce qui transforme le quatuor en band équilibré, mais pas sûr que le genre même de leur combinaison les intéresse vraiment. Disons que les choses se sont passées de cette façon, et que le hasard fait très bien les choses.

Venant de Portland, Oregon, les MACHO BOYS ont déjà proposé une démo en début d’année 2016, ce qui avait mis la puce à l’oreille de tous les guetteurs de supergroupes, puisqu’ils en sont un quelque part. Venant conjointement des LOW CULTURE et de PISS TEST, ces quatre esthètes d’un Hardcore à grosse tendance Punk ne jouent pas les finauds, et assument l’héritage de la culture des eighties, nous ramenant directement dans le giron temporel de labels légendaires comme SST ou Dischord, avec ce je-ne-sais-quoi de plus les rendant aussi frais qu’un EP inédit des DESCENDENTS découvert dans la cave d’un vieux Punk à la retraite.

Caution crédibilité, agression spontanée, tels sont les ingrédients de ce premier EP qui ne fait pas les choses à moitié, et qui partage son tempo entre furies accélérées et mid tempo assénés, ce qui nous permet de sauter du pogo au slam sans avoir à bousiller notre pantalon déjà salement usé.

Son très cru, médiums qui grésillent, graves en retrait mais pas gommés pour qu’on puisse saisir la pulsation d’une grosse caisse et d’une basse à l’unisson, Macho Boys est l’archétype même de réalisation qui ne révolutionne pas le petit monde du Punk Hardcore, mais qui le fait respirer encore, haleter plus fort, pour proposer une grosse louche de morceaux in your face, qui érigent le Rock’n’Punk au rang de dogme absolu.

On pense évidemment au séminal Milo Goes To College d’Aukerman & co, mais aussi aux NEGATIVE APPROACH, à BLACK FLAG, à la scène de Boston, mais aussi à celle de New-York, lorsque le rythme se stabilise et que Tekiah hurle comme une damnée qui fend la bise. Une petite touche à la NEIGHBORHOOD BRATS, des allusions aux X-RAY SPEX (et pas seulement à cause du chant féminin, rassurez-vous), mais surtout, une énergie incroyable qui fait aussitôt regretter le fait qu’on ne pourra certainement jamais les apercevoir en concert. Ceux-ci doivent être résolument incendiaires eut égard à l’intensité de ce EP, qui ne ménage ni les gros riffs Hardcore propulsés par une rythmique qui ne faiblit jamais, ni les barrés qui maintiennent les BPM à un niveau raisonné.

En gros, une synthèse de tout ce que la scène Hardcore d’il y a trente ans proposait, remis au goût du jour sans dénaturer le son d’origine des pionniers.

Alors si vous aimez les grattes qui n’ont pas oublié de salir leur distorsion, le couplage basse/batterie collé comme un chewing-gum sous un paillasson, et les invectives d’une chanteuse qui se sort les tripes pour de bon, jetez-vous sur ce Macho Boys qui vous arrachera les tétons.

Tout ça respire l’urgence à plein nez, le truc qu’il faut choper sur le moment avant qu’il ne refroidisse, et des morceaux comme l’ouverture « Victim To Blame » donne le ton, qui ne baissera jamais en intensité tout du long. Chris Mason et sa six-cordes s’ingénient à combiner l’instantanéité sournoise de Greg Ginn et l’attaque ludique et coulée de Stephen Egerton, tandis que le duo Samantha/Sam usine et turbine en arrière-plan sans manquer de jus, pour une osmose générale de battue organisée en pleine forêt de la nostalgie d’une scène qui depuis la fin des années 70 n’en peut plus de revivre à travers la passion de la jeune génération.

Tout ceci sonne comme un cri de révolte adolescent en prise aux affres d’un désespoir de rejet, celui d’une société qui parque ses parias dans un coin oublié, pour que personne ne puisse les entendre ou les retrouver. Cette image s’incarne à merveille dans le format « long » de « Dark Places » qui nous éclabousse d’une atmosphère sombre et glauque à la FLAG/DISCHARGE, mais sait aussi trouer le silence sur quelques fulgurances (« Papa Don’t Preach Pt.2 », pas sûr que Madonna y renouvelle ses vœux, « Pig Sweat », cochon qui couine en contretemps, « Liar », que Rollins ferait bien de croire sur parole).

Mais les mecs ont au moins l’honnêteté d’assumer leur morgue indépendante effrontée, comme le démontre le tonitruant et vilipendant « We Don’t Owe You Anything », crédo Punk par excellence qui refuse les parrainages et autres reconnaissances de paternité, sans toutefois rejeter les enseignements de ses aînés sur un « Class Of 1984 », au moins aussi revêche que le film homonyme.

Des enchaînements pur classe américaine (« Stone Cold », avec une Tekiah qui vous chante dans les yeux et vous regarde dans le micro sans sourciller ni postillonner, « Cockroach » qui court après les cafards, pied au plancher et en brandissant le balai), et final accrocheur qui vous conseille de monter sur scène pour tenter le triple salto arrière en piqué (« Slam », ou comment réconcilier les DESTROY ALL MONSTERS et les STIMULATORS), et voilà donc un premier EP impeccablement troussé qui vous donnera l’impulsion pour vous projeter quelques décennies en arrière histoire de vous rappeler comment tout ça a commencé.

Retenez bien ce nom, les MACHO BOYS. Girls and boys unis dans le même élan de pureté, crachant un Punk Hardcore sans trop d’effet, mais concentré sur l’essentiel, riffs, rythmique, chant qui dans la colère nous émerveille, pour un trip back to reality sans pareil.

Et pas la peine de jouer les gros costauds de coin de ruelle. Avec une équipe pareille, c’est direct dans les burnes à la truelle.


Titres de l'album:

  1. Victim To Blame
  2. Dinosaur
  3. Pig Sweat
  4. Papa Don't Preach Pt. 2
  5. Stop The Hate
  6. Dark Place
  7. We Don't Owe You Anything
  8. Class of 1984
  9. Liar
  10. Stone Cold
  11. Cockroach
  12. Slam

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 30/04/2017 à 14:22
75 %    511

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Mood Swings

mortne2001 02/06/2020

Wintersun

JérémBVL 01/06/2020

Songs For Insects

mortne2001 30/05/2020

Solstice

mortne2001 28/05/2020

The Triumph Of Steel

JérémBVL 27/05/2020

The Gathering 2006

RBD 26/05/2020

End Of Society's Sanity

mortne2001 25/05/2020

Dusk...And Her Embrace

JérémBVL 25/05/2020

Indecent & Obscene

Baxter 23/05/2020

Programmed

mortne2001 22/05/2020

Concerts à 7 jours
Blue Oyster Cult 02/06 : Le Trianon, Paris (75)
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Wildben

Les extraits témoignent effectivement d'uns (grosse) influence Death Angel (période Act III) mais ce n'est pa pour me déplaire.
A suivre...

02/06/2020, 11:11

LeMoustre

Vus en première partie de jesaisplusqui, sans doute la tournée de cet album, c'était plutôt bon, la qualité des morceaux aidant bien sûr. Pas dégueulasse du tout, en tous cas. Ce qui est sûr, c'est que la doublette Vempire/Dusk est assez inattaquable.

02/06/2020, 07:16

Pomah

Mouais vraiment pas super emballé, c'est quand même un peu mou du genou. Je passe mon tour.

02/06/2020, 03:41

Pomah

Tres bonne chronique, vraiment, cela donne plus qu'envie de s'y plongé.

02/06/2020, 03:30

Moshimosher

Excellent !!! \m/

01/06/2020, 17:16

Moshimosher

Mais c'est pas mal du tout ! :)

01/06/2020, 16:46

Humungus

Pour ma part, je rejoignais surtout asqer sur le fait que je n'aimais pas le bazar...
Après, j'aurai très bien pu moi aussi utiliser ce genre de phrase fourre tout (c'est d'ailleurs tout à fait mon style) car et d'une j'ai une fâcheuse tendance à amalgamer très facilement Power et Sympho(...)

01/06/2020, 05:58

JTDP

Très content de voir que BOISSON DIVINE a les honneurs de ta plume, mortne2001, tant j'estime ce groupe. Pour moi, ils n'ont pas d'équivalent dans la scène Folk Metal française actuelle (bon faut dire qu'elle est bien sinistrée aussi). "Volentat" était déjà un bijou, celui-ci enfonce le clou(...)

01/06/2020, 01:20

Gargan

Qu'est ce que c'est que ce groupe ? Merci pour la découverte.

30/05/2020, 22:36

aras

plutôt moyen voire mauvais, Entre 2 eaux à l'image du groupe

30/05/2020, 20:42

KaneIsBack

Je vais la faire courte, et je vais paraphraser le public d'une autre discipline dont je suis fan : BOOOOOOOORIIIIIIIIIIIIING !!!

Nan, mais sans déconner, je me suis un peu - beaucoup - emmerdé en écoutant ce disque. J'avoue m'être mis à Nightwish uniquement à cause de Floor, mais(...)

30/05/2020, 18:20

NecroKosmos

Ah, ce titre me plaît bien ! Je surveille.

30/05/2020, 17:37

grinder92

Le guitariste sur "The Crimson Idol", l'un des albums qui a changé ma vie... une page se tourne...

30/05/2020, 13:26

Saddam Mustaine

RIP

Guitariste de Alice Cooper et WASP surtout je me souviens.

30/05/2020, 12:58

RBD

Reste à voir ce que ce retour en arrière managérial va donner. J'aimais bien la rétrogradation mesurée du dernier vers un Death toujours très technique mais revenu à un certain niveau d'efficacité basique.

30/05/2020, 12:56

MorbidOM

Bizarrement, j'avais vu le groupe à l'époque de Vempire, je les connaissais pratiquement pas et j'avais plutôt une image de poseurs mais j'avais été assez impressioné (et j'étais loin d'être le seul), puis je le ai revus quelques fois et c'était vraiment tout pourri, même à l'époque de C(...)

30/05/2020, 04:25

Humungus

Je confirme la merde en live.
"Tellement inaudible que le groupe en était ridicule sur les planches..."
Mais même sans ça de toutes façons, ils étaient ridicules sur scène !
Je me souviens de gars en échasse au HELLFEST... C'te poilade bordel !!!

29/05/2020, 22:46

quaraz

plastigroup

29/05/2020, 22:14

lolilol

Nez Crotte quel nom ridicule pour un groupe...

29/05/2020, 22:12

JérémBVL

Je les ai vu à Lille pour la tournée de Cryptoriana et j'ai trouvé ça très carré musicalement...bon Dani y'a du mieux mais il est vite à l'agonie rythmiquement.

29/05/2020, 21:39