Spüken

Ninjaspy

14/04/2017

Autoproduction

Nous avions les BAD BRAINS dans les années 80 qui trempaient leur Hardcore de DC dans du Reggae roots, ce qui avait le don de surprendre les fans des deux clans.

Les RED HOT eux, se sont fait un plaisir fut un temps de malaxer le Funk de Brown dans du Hardcore made in L.A, et puis la vague est devenue raz de marée avec les FAITH NO MORE, SNOT, 24-7 SPYZ, sans oublier tous les autres qui à un moment donné se sont dit que la fusion était décidément la clé pour s’en tirer.

De quoi ?

De l’apathie générale, du cloisonnement du Metal qui n’en pouvait plus de se mordre la queue. Alors le paroxysme a été poussé jusqu’à des aberrations telles que les IWRESTLEDABEARONCE, mais finalement, même chez les CARNIVAL IN COAL, le coca-cola musical secoué pour vous gicler à la tronche à plutôt bien fonctionné sans la blague et en restant rafraîchissant.

Cool non ?

Alors, on n’est plus vraiment étonné quand on découvre un « nouveau » groupe qui s’ingénie à faire tomber les barrières et briser les carcans.

On l’est plus par contre lorsqu’il le fait avec inspiration et que le résultat est probant.

Ce qui est sans conteste le cas des Canadiens de NINJASPY. Trio d’iconoclastes venu de Port Coquitlam, Colombie Britannique, Canada (Tim Parent – basse, Joel Parent – chant, guitare et Adam Parent – batterie), ces RAMONES de la croisade Reggaecore se fendent la poire et les foules du monde entier depuis 2006, et ont quand même eu le temps d’accoucher aux forceps de quelques singles, EP, et surtout, de deux longues durée, dont ce petit dernier, Spüken, livré pour 15.000 dollars à une horde de fans l’ayant entièrement (ou presque) financé.

Sans connaître les généreux donateurs (ou connaisseurs…) qui ont eu la bonté de confier quelques deniers à ces damnés, je mets ma paye en jeu qu’ils doivent s’en féliciter, puisque ce deuxième né est bourré ras les sillons de morceaux qui passent du coq à l’oignon, du rastafari au Metalcoreux de rallye, et du pit de Hardcore à l’estrade de jammers, basse et congas à la main pour stimuler l’entrain.

Tout ceci vous semble peut-être énigmatique, un peu concentrique dans l’explication, mais il faut avouer que la musque de ces trublions est du genre puzzle éparpillé par le vent et reconstitué en plein océan, ce qui en fait une équation dépendante du bon vouloir de la création et non de la raison.

Mais d’ailleurs, ne le disent-ils pas eux-mêmes ?

« Nous dansons pour détruire les ennemis de la liberté d’expression ».

Dont acte, et wall of death qui gambade sur des chevelures ébouriffées et des jambes épilées. Reggae vs Hardcore ? Non, tout ça serait trop facile et sentirait le réchauffé, puisque la musique des NINJASPY expire de plusieurs pores et transpire dans tous les ports, avec arrêt obligatoire sur les berges du Metalcore, du Thrash, de la Bossa-Nova, du Reggae sans s’y tromper mais aussi du Metal bien torché, ou du Funk salement dosé et corsé.

Le mélange genre pot-pourri vous sied ? Alors justement, levez votre séant, vous avez assez chanté, dansez et hurlez maintenant…

En substance, Spüken est le résultat de dix ans de gestation intellectuelle, et de deux ans d’enregistrement factuel. En attendant le résultat final, le trio a fait patienter les fans avec une performance acoustique en forme de teaser, ce qui a eu pour effet de faire monter la température, prête à exploser. En se référant à des influences aussi diverses, éparses et loufoques que DILLINGER ESCAPE PLAN, POLICE, NIRVANA, STEELY DAN, ou même ce pauvre Tolkien, les trois Canadiens ne placent aucun repère sur leur passage, mais évoquent d’autres bibles musicales, signées par les SKINDRED, 311, CONVERGE, les BAD BRAINS bien sûr, les CinC/6:33 puisque même les Français peuvent s’y mettre, et les IWRESTLEDABEARONCE, FAITH NO MORE, enfin, vous avez compris…

Niveau technique, précisons d’emblée et comme point final que l’album a été produit par le génial Garth Richardson (RAGE AGAINST THE MACHINE, RED HOT CHILI PEPPERS, MUDVAYNE) et Ben Kaplan (ATREYU, HASTE THE DAY), ce qui, mine de rien, vous donne aussi quelques repères musicaux pour juger de la pertinence du propos avant même d’y jeter vos oreilles après une bonne cure de repos.

Parce que, comment dire… Spüken puise, épuise et vous vide de votre substance, vous laissant exsangue, la tronche à l’envers et le cœur en paille de fer, limé per les incessants coups de bélier d’une rythmique en mouchoir qui pulse, pousse, repousse, histoire de rester collée à des riffs de damnés qui passent du Metal au Jazz en grattant du Hardcore, au corps à corps, jusqu’à ce fun s’ensuive….

Je vous laisse le soin de parcourir les divers sites officiels du trio qui vous donneront toutes les infos et plus concernant leur carrière, pour maintenant parler du disque en lui-même qui m’a bien raboté le derrière.

J’aurais bien aimé, comme le veut la tradition, mettre quelques morceaux en avant comme des champions, mais tous sont tellement uniques dans leur(s) style(s), qu’il m’est impossible d’en privilégier une poignée au détriment des autres cheveux pendant.

On pourrait à la rigueur aborder le cas du single/vidéo « Speak », qui en sus ouvre les portes de l’album dans un grand courant d’air Reggaecore, et qui en quatre minutes et quarante-quatre secondes synthétise et bat des records. Couple basse/batterie élastique et bien roulé, chant enfumé, guitare à la PRIMUS, murmures, et accélération à la DILLINGER, pour un refrain catapulté comme une mouche Mathcore sur la soupe à pépé.

Je pourrais aussi vous toucher deux mots de l’impressionnant « Brother Man », qui en plus de taper dans le parallèle fraternel du combo, nous fait rebondir sur des percussions de salon, avant de nous bouffer tout cru à la MUDVAYNE, et d’alterner sans relâche les ambiances, partant en couille façon DILLINGER piqué d’une mouche tsé-tsé MUSHROOMHEAD.

Ouille…

A la limite, impossible de passer sous silence le carnage mélodico-core de « What ! » qui joue les crooners façon Patton enfermé dans la sphère concentrique d’un professeur 311, ou de négliger l’apport d’un truc un peu plus apaisé et harmonique comme « Grip The Cage », qui en effet se prend pour le couple Sting et Stewart Copeland égarés dans une BD au trait conjoint des MACHINE HEAD et AVENGED SEVENFOLD.

Ah, et si jamais vous aviez envie d’apprendre aux RAGE AGAINST THE MACHINE à danser le ska autour d’un bon repas BAD BRAINS/24-7 SPYZ, alors servez-vous du très futé et thrashisé « Jump Ya Bones », et pour terminer, si un bon résumé vous sied pour mettre vos invités au parfum adapté, « Slave Vehemence » leur expliquera par A et B que le Thrash, le Jazz, le Reggae, le Metalcore, le Power Metal, le Hardcore et le Mathcore peuvent facilement cohabiter en cinq minutes bien tassées.

Alors, en définitive ?

En définitive, NINJASPY avec Spüken vous explique peu ou prou qu’un disque peut vous caresser la nuque en vous brisant le cou, vous rendant tout mou, mais apte à vous déhancher sur une fusion de fou.

Et que lorsque vous entamez une partie de Jenga avec Bob Marley, Ben Weinman et Mike Patton, quoiqu’il arrive, c’est vous qui faites tomber le tout. Juste une question d’équilibre…mental et métal.


Titres de l'album:

  1. Speak
  2. Shuriken Dance
  3. Brother Man
  4. Dead Duck Dock
  5. Become Nothing
  6. What!!
  7. Jump Ya Bones
  8. Grip the Cage
  9. Azaria
  10. Slave Vehemence

Site officiel


par mortne2001 le 13/04/2017 à 14:53
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