Depuis 1992, le nom d’UNRULY CHILD est synonyme de Rock mélodique de qualité, cet AOR que seuls les américains étaient capables de produire dans les années 80, et qui a depuis été phagocyté par des nations comme la Suède et la Norvège, l’Italie, et même l’Allemagne dans certains cas précis. 1992 fut en effet marqué par la sortie du premier LP éponyme des originaires de Los Angeles, un classique du genre, annonciateur d’une longue et riche carrière malgré l’époque troublée de son émergence, mais qui finalement fut aussi un point presque final sans que les musiciens ne le sachent. Formé par la triplette Marcie Michelle Free (chant - KING KOBRA, SIGNAL), Bruce Gowdy (guitariste – STONE FURY, WORLD TRADE), et Guy Allison (claviers – LODGIC, WORLD TRADE, DOOBIE BROTHERS), le groupe a donc attendu ensuite deux décennies pour mieux se retrouver sous l’égide du label transalpin Frontiers, éditant l’album du comeback Worlds Collide, signant un nouveau départ pour ce combo béni des Dieux de l’AOR. Depuis, aucun hiatus n’est venu entacher l’avancée, et ce sont deux nouveaux longue-durée qui ont sanctionné ce comeback, Can’t Go Home en 2017 et Down the Rabbit Hole en 2014, tous chez Frontiers évidemment…Et aujourd’hui, deux ans seulement après leur dernier effort, les californiens nous en reviennent avec une nouvelle collection de joyaux harmoniques dans leur plus pure tradition, mélangeant le Hard Rock pointu, le Classic Rock solide et l’AOR smooth, pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Car UNRULY CHILD est finalement plus qu’un groupe, c’est un label de qualité que ce Big Blue World confirme de son professionnalisme et de sa fraîcheur, une fois encore gorgé de lignes vocales pures et de parties de guitare qui saturent, même gentiment.

Il faut dire que durant toutes ces années, les musiciens n’ont pas vraiment chômé. Bruce et Guy ont sorti deux disques sous la bannière UNRULY CHILD sans Free, un LP de WORLD TRADE, mais ont aussi écrit, produit pour des artistes de la trempe de Glenn Hughes (DEEP PURPLE), Bobby Kimball (TOTO), DOOBIE BROTHERS, BOZ SCAGGS, AIR SUPPLY, ou THE MOODY BLUES. Free de son côté a d’abord assuré sa réputation avec un premier effort sous son nom, avant de le changer ainsi que de genre en 1996, avec Tormented, signé Marcie Free, témoignage de sa quête de réelle identité. Pas étonnant dès lors qu’une fois réunis, les trois musiciens aient pu capitaliser sur leurs expériences pour sortir le meilleur album possible, tous animés d’une foi en cette musique historique ne s’étant jamais démentie depuis. Toujours flanqués de Larry Antonino à la basse et de Jay Schellen à la batterie, les trois membres fondateurs ont donc voulu avec Big Blue World continuer sur leur lancée, et proposer la meilleure musique qui soit. D’ailleurs, Guy Allison a été très clair dès le départ, en affirmant que ce nouveau bijou « se devait de combiner les meilleurs aspects du groupe, tout en essayant d’évoluer. Du Rock mélodique, mais avec cette approche typique d’UNRULY CHILD. Difficile pour nous de ne pas nous répéter, mais on ne peut pas non plus s’empêcher d’être nous-mêmes, et je pense qu’il y a un petit quelque chose pour tout le monde sur cet album ». And the Guy was right, puisqu’on trouve de tout sur ce grand monde bleu, du hit estampillé pur Hard Rock saignant et agressif (« The Harder They Will Fall »), au tube légèrement connoté Hair-Metal avec chœurs proéminents et lignes vocales doucereuses (« Dirty Little Girl », beaucoup plus propre et fréquentable que celle d’Elton JOHN), en passant par l’inévitable modulation acoustique/électrique, aux faux airs de ballade, mais à l’émotion tangible et sincère (« Breaking The Chains »). Mais que serait un LP d’UNRULY CHILD sans ces merveilles illuminées d’AOR nous replongeant dans la magie des années 80, celles de Richard MARX, de TOTO, de REO SPEEDWAGON et HEART, et c’est très logiquement donc que cet album débute par un « Living In Someone Else’s Dream » presque trop parfait de ses harmonies vocales et de son équilibre synthés/guitare. Damant le pion à toute cette vague nostalgique scandinave grâce à ses racines fermement implantées dans la terre des origines, le quintet nous offre là l’entame la plus séduisante depuis fort longtemps, au parfum KING KOBRA très prononcé, et pas seulement à cause du timbre de Marcie.         

Marcie est d’ailleurs très en voix sur cet album, modulant pour faire épouser à ses cordes vocales les contours que les chansons dessinent, et passant d’une puissance décoiffante à une caresse à fleur de peau, sans user de trop de vibrato ou sombrer dans le larmoiement le plus pitoyable. Bruce, guitariste incroyablement capable mais à l’humilité remarquable met une fois de plus son talent au service des chansons et non l’inverse, et nous renverse de ses riffs accrocheurs et de ses soli enchanteurs, tandis que la rythmique formée par Schellen et Antonino fait des merveilles, cognant lorsqu’il le faut, pour mieux effleurer lorsque le réclame le tempo. Une osmose toujours patente entre ces cinq musiciens qui sont toujours aussi heureux de jouer ensemble, à tel point qu’ils parviennent à rappeler les plus grandes heures de l’AOR radiophonique d’il y a trente ans tout en multipliant les allusions au plus dur Hard Rock de la même époque. Dosage parfait donc, et à contrario du JOURNEY de l’orée des années 2000 qui avait toujours du mal à trouver le juste milieu entre mielleux et fielleux, Big Blue World sinue entre les deux, et ose des choses appuyées et viriles (« All Over The World »), mais impose aussi le velours d’une touche west-coast qui effleure délicatement les tympans (« Are These Words Enough », plus proche de TOTO que jamais). Et en définitive, on se retrouve à utiliser les mêmes comparaisons, à user des mêmes superlatifs pour parler de ce nouvel album, qui ne dément évidemment pas la qualité des précédents, qui ne bouscule pas la trajectoire, mais qui permet au groupe de continuer sa carrière tranquillement, et sereinement.

Et pour ce faire, ils n’ont pas besoin d’employer la manière forte, même s’ils aiment toujours autant faire exploser les décibels (« The Hard Way »), et appuyer sur un Groove qui surprend de son épaisseur et de sa lourdeur (« Down And Dirty »). Big Blue World est donc une nouvelle preuve probante du talent de ces cinq-là, mais plus concrètement, un disque très solide et varié, qui pourra satisfaire les amateurs de Hard Rock comme les amoureux des sonorités plus tamisées. Un gosse poli peut aussi avoir du caractère et ne pas se laisser faire, et UNRULY CHILD s’en veut la démonstration, ne troquant jamais son whiskey pour un sachet de bonbon, sans oublier d’essuyer ses pieds sur le paillasson.

 

Titres de l’album :

                          1. Living In Someone Else’s Dream

                          2. All Over The World

                          3. Dirty Little Girl

                          4. Breaking The Chains

                          5. Are These Words Enough

                          6. Will We Give Up Today

                          7. Beneath A Steady Rain

                          8. The Harder They Will Fall

                          9. Down And Dirty

                          10. The Hard Way

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par mortne2001 le 18/08/2019 à 18:22
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