T21, cela dira quelque chose aux moins jeunes et aux Nordistes parmi nous. C'était l'un des fleurons de la Cold Wave française, l'un des rares courants du Rock national qui atteignit une reconnaissance critique à l'étranger. Le groupe des frères Lomprez avait résisté longtemps, jusqu'à un arrêt en 2010, interrompu par la sortie d'un nouvel album l'an dernier.


Dans la grisaille hivernale, le court trajet au Rockstore faisait rejoindre une affluence assez fournie, largement quadragénaire voire plus, restée fidèle à ses souvenirs. Le merchandising proposait beaucoup d'extraits de la longue discographie des Hennuyers.


Nos Montpelliérains de MY GREAT BLUE CADILLAC font parler d'eux depuis quelques années, ne serait-ce que pour avoir été tout de suite signé sur un label étranger, mais sont loin des styles musicaux qu'on présumerait sous ce nom. C'est un couple à la ville qui s'est lancé avec une basse et un petit set de batterie. La ressemblance avec les White Stripes s'arrête là cependant. Peu engagé au départ par l'arrivée du chanteur sous sa capuche illuminée par une guirlande intérieure (!!!) derrière un petit mégaphone, je me suis coulé ensuite peu à peu dans l'échange des deux amants face à face, vêtus de robes noires, leurs visages teints également en noir, lui commençant à la batterie et au chant et elle avec la basse qui fuzzait gravement. Leur Post-Punk glacial aux rythmes ternaires est original, oppressant bien que les vocaux soient placés haut et ne ménagent pas leur puissance déclamatoire. Cela rappelle l'esprit créatif et arty des premiers temps de cette scène. De loin, on pouvait comparer à la théâtralité absurde de Christian Death ou Virgin Prunes, sans l'y affilier strictement. Une pointe d'Industriel est présente, diffuse mais persistante.

Quand ils échangèrent leurs instruments et leurs rôles le temps de deux titres, l'intérêt grandit d'autant que cela ne nuit nullement à la force de la basse comme aux coups de toms. Le fuzz donnait assez d'énergie pour rendre une guitare superflue, cela sans nuire à la clarté des notes des passages plus rapides. Survint un moment étrange où, tout en continuant ses vocalises, lui demanda à l'assistance de se rapprocher en tendant des doigts d'honneur pour prendre une photo. Hanté, inédit, ce duo peut se trouver un public par sa singularité pas tout à fait en rupture avec une certaine tradition.


TRISOMIE 21 se présenta en trio, devant une illustration blanc sur noir qui ne fit que se déplacer lentement tout au long du set. Philippe Lomprez, peu intéressé par les concerts, était vêtu très banalement et se cala devant un lutrin. Son frère avait ses claviers et ordinateurs installés sur l'un des plateaux élevés sur la scène et assurait aussi la basse. Toute la batterie était samplée, y compris les parties originellement jouées sur de vraies peaux.

Qu'il s'agisse d'anciens titres ou d'extraits d'"Elegance Never Dies", leur New Wave entraînante et déprimée montre tous ses charmes avec le son amplifié du live. Les finesses des superpositions de synthétiseurs, la rondeur de la basse restent typiques de cette époque, même si les nouveaux morceaux sont plus dépouillés et cherchent plus l'efficacité directe. La guitare y participe. Tenue par Gregg Anthe en personne, lui-même meneur des mythiques Morthem Vlade Art et plus récemment In Broken English, le line-up actuel a de la gueule ! Autre trait constant, les titres assez brefs pour le style se terminent toujours sèchement, sans effets particuliers pour parachever des compositions de grand talent.

Le timbre nasal et faible de Philippe Lomprez, vont bien avec ce style de musique, en fin de compte, comme son manque de charisme et ses poses de timide qui essaie. À l'instar de Mark Burgess ou Martin Gore, les compositeurs inspirés de la New Wave la plus sombre ont la personnalité introvertie qui va avec, tout est exprimé dans leurs créations. Cela ne l'empêcha pas de faire un peu d'humour. Son frère Hervé disparut soudain en coulisses avant de réapparaître au milieu de l'assistance avec sa basse, pour jouer un titre récent repris en chœur par le public. Inoubliable.

Les grands classiques de T21 étaient tous là, le premier par la sublime ballade Electro en français "Il se noie" (surgissement de portables pour filmer…). Mais aussi le recueillement consensuel et un peu remuant de "Breaking Down", vieux titre parmi les plus simples, ou le fort tube instrumental "la fête triste" par Hervé Lomprez seul sur son piédestal de synthés, un peu charrette sur le tempo cependant (rangez vos téléphones et vivez directement l'instant présent, Bon Dieu !)… Le temps passait sans qu'on s'en rende compte et à l'instar des morceaux cela s'arrêta un peu par surprise, avant de revenir clore la visite par l'attendu et circonstancié "the Last Song" qui fit danser beaucoup de monde avant l'ultime acclamation.

La bonne pluie glacée qui attendait au-dehors une affluence rapidement dispersée semblait commandée exprès pour couronner une soirée aussi mélancolique.

par RBD le 29/01/2018 à 14:13
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