L'avis de Mortne2001 : 78%

Attention, publicité (légèrement) mensongère. En labellisant cet EP sous l’étiquette Sludge, les responsables de la promotion ont pris un grand risque, parce qu’après écoute attentive, je n’ai toujours pas réussi à trouver la moindre trace de Sludge dans le premier mini album des frenchy de FREEHOWLING, mis à part quelques séquences tellement diluées que le style se veut méconnaissable. Alors fans du genre, ne vous laissez pas bluffer, mais ne tombez pas non plus dans le piège du rejet immédiat. Car si la bande n’abuse pas des lourdeurs inhérentes à votre créneau d’affection, ils n’en sont pas moins aussi puissants que n’importe quel groupe du cru, même si leur optique reste résolument plus extrême que Heavy. Après, on va encore me dire que je prends le train en marche, puisque ce A Frightful Piece of Hate est paru en novembre 2017, mais actant du fait que sa version physique ne sera disponible que dans quelques jours, je suis encore largement dans les temps. Et si dans l’étang on trouve des vieux pneus et des bouteilles vides, dans la mare d’inspiration de ce quatuor (Guillaume Nicolas - guitare/chant, Samuel Nicolas - guitare, Nicolas Guerrault - basse et Romain Wilczeck - batterie) on trouve un peu de tout, puisque les musiciens se réclament d’une pluralité effective, citant volontiers le Doom, le Hardcore et plus généralement le Metal extrême comme composantes de sa musique sombre aux propos lucides et réalistes. Fondé par les frangins Nicolas en 2010, mais actif depuis 2015, FREEHOWLING est le genre de groupe assez difficile à cataloguer, ce qui est toujours bon signe au moment de coucher sur papier ses réflexions. Agréable de découvrir un groupe qui échappe à tout carcan, mais difficulté de retranscrire ce qui vous attend, autrement qu’en plaçant l’ensemble sous une chape de plomb Loudcore, classement un peu flou leur allant à merveille…Et dans les faits, la musique de ces quatre-là n’est pas du genre festive, mais plutôt crue et lourde comme une réalité vous tombant sur le coin de la gueule à l’orée d’une vie bientôt terminée.

Hardcore donc ? Oui, mais pas que, un peu comme si la vague NOLA avait fait un détour par les bas-fonds de New-York pour humer un air encore plus vicié que celui de la Nouvelle-Orléans. Musiciens impliqués, et investis dans le multimédia (ou trouve dans leurs centres d’intérêt le cinéma, la bande-dessinée, les jeux vidéo ou la peinture), truffant leurs compositions de citations et effets divers, les FREEHOWLING ne sont pas du genre à céder à la facilité, et traitent de sujets variés, de l’oppression d’une société vous obligeant à rentrer dans le moule, au contrôle de masse à la Orwell, en passant par la véracité de l’information ou des libertés personnelles, dans la plus grande tradition des revendications du Hardcore des années 80, dont les quatre musiciens empruntent une partie des thèmes et du vocable. Un EP beaucoup moins linéaire que le tout-venant donc, et assez difficile d’accès, pas seulement à cause de la pluralité de son inspiration, mais aussi de l’opacité de sa production et de sa versatilité. Le groupe a d’ailleurs l’intelligence de ne pas citer d’influences trop précises pour ne pas se voir raccroché à un quelconque wagon, et c’est la surprise qui domine cette première réalisation, autant que l’aspect massif de ses compos qui provoquent la gravité pour s’extirper des ténèbres de l’anonymat. Et si les cinq premiers morceaux (en dehors de l’intro « Children of Society », efficace et percussive pour planter le décor) jouent l’unité pour dégager un consensus de style, le faux final « Freedom » nous surprend de ses ambitions et nous laisse sur une note un peu amère, conclusion en porte ouverte et porte-à-faux pour un futur qu’on pressent assez fascinant.

Au menu de cette première invitation, des guitares évidemment, noires comme une nuit sans fin, des riffs amples et déliés, parfois méchamment compressés, pour une relecture moderne d’un Hardcore vénéneux, et aussi poisseux qu’un Beatdown maîtrisé pour ne pas lasser. Entre pulsions en mid tempo et soudains ralentissements de conscience, A Frightful Piece of Hate n’est que ressentiment et colère, impression accentuée par le chant vraiment véhément de Guillaume Nicolas qui semble puiser son ire dans le dédale de violence du NYHC. Outre des textes impliqués et concernés, on notera une participation active de la section rythmique, qui offre à l’ensemble une assise solide, permettant toutes les audaces, même si celles-ci prennent souvent la forme de modulations discrètes (un solo un peu thrashy sur « Crushed World » en étant un très bon exemple), plus que d’évidences frappantes. C’est évidemment carré, subtilement psyché sur les bords (l’intro de « Deathline » qui rappelle le MACHINE HEAD de Burn My Eyes), puissant comme un peuple tendant le poing pour manifester son mécontentement, et bien sûr, concentré comme une lucidité acquise à la force de caractère, mais aussi mouvant, sinueux et incroyablement méchant dans l’accroche (le riff gluant et bossu de « Master Of Thought » au sample d’intro menaçant). En gros, une sorte de melting-pot de violence crue, règlement de compte du samedi soir sous des néons urbains blafards. On pourrait même avec un peu de subjectivité y voir le pendant maléfique d’un MASS HYSTERIA débarrassé de ses obsessions électroniques, et plus concentré sur sa soif de liberté que sur ses arrangements synthétiques («La Ligue des Justiciers »). En gros, un peu de tout, mais arrangé à la sauce Hardcore moderne, ce qui ne fait que donner plus d’impact à des compositions souvent bâties sur le même principe, mais qui du haut de leur cohérence s’autorisent quelques menues digressions.

Et sans vouloir réduire l’effort à sa tranche la plus conséquente, c’est quand même « Freedom » qui marque les esprits, avec ses huit minutes de Metal extrême qui ne fait pas semblant de l’être…Construction en crescendo, structure à tiroir, pour un morceau qui ne manque pas d’ambitions et qui nous colle au plafond d’un lick vraiment grave et carton. On note avec plaisir des éléments de Dub, d’Electro, d’Ambient, qui offrent au final une conclusion étrange et onirique, comme si les PROTON BURST et SIN déambulaient dans les couloirs d’un cauchemar commun sans vraiment chercher la sortie. Notons pour la bonne bouche que cet EP en version physique se termine par un bonus-track, boucherie à la limite du Grind (« I’ll Never ») et jouissif au possible, et que sa version numérique est toujours disponible sur le Bandcamp du groupe. Alors de là, Sludge ou pas, la problématique n’a pas lieu d’être, puisque les FREEHOWLING prouvent avec A Frightful Piece of Hate qu’ils peuvent être plus lourds et méchants que n’importe qui, sauf qu’ils ne se contentent pas de ça. 


L'avis de Simony : 68%

A Frightful Piece Of Hate est le premier EP de FREEHOWLING, un groupe français qui est actif depuis 2015 autour de Samuel et Guillaume Nicolas, les guitaristes de ce combo œuvrant à 4. Un rapide tour d'horizon nous indique que la musique du groupe est traversée par le reggae (bon OK il y a un sample de Bob Marley sur "Master Of Thought), de Rock Psychédélique ou de Darkjazz, là j'ai pas trouvé ce qui ne veut pas dire que ces styles n'influencent pas l'écriture, soit ! Non, en fait, le groupe pratique un bon gros Groove Metal dans la trajectoire de MACHINE HEAD le plus récent, même si l'ambiance générale nous attire inlassablement vers une sorte de Hardcore très métallisé, et les paroles de ce premier EP autour de la dérive de l'Homme amène un sous-entendu social mais lorsque déboule "Master Of Thought", on comprend que ce n'est pas que dans la thématique que FREEHOWLING s'est acoquiné avec le Hardcore. Musicalement également, on se rapproche d'un HATEBREED avec une production très chargée en basse fréquence à la BIOHAZARD mais aussi à la CROWBAR dont certaines réminiscences peuvent être décelées ("Master Of Thought" toujours).

Des parties de jump clairement taillées pour le live se font entendre régulièrement, le groupe a eu l'intelligence de les intégrer pleinement dans la structure des morceaux pour éviter que ça ne débarque comme un cheveu sur la soupe et alors on imagine l'introduction d'un "La Ligue Des Justiciers" sur les planches, la fosse ne devrait pas tarder à bouillir car c'est surtout ça cet EP, l'efficacité et le headbanging !

Côté production, on reconnait bien les codes du Hardcore Metal, la caisse claire est sèche comme une femme prise de sécheresse vaginale continue, et il paraît qu'il existe des bonnes crèmes, très efficaces maintenant... pour la sécheresse bien entendu pas pour la caisse claire. Bref, la guitare est chargée en basse, la basse est bien ronde (ce "La Ligue Des Justiciers" est taillé pour Nicolas Guerrault, le bassiste), la voix clamée ne se fait pas sans un petit écho qui donne l'impression que le groupe joue en bas de la barre d'immeubles de Brooklyn alors que la voix saturée est légèrement sous-mixée. Les éléments les plus extrêmes (quelques riffs typés Death Metal) nous renvoient plus vers SLIPKNOT que DEICIDE, ils sont toujours emprunts d'un groove qui colle bien à la peau du groupe. Et d'ailleurs, si la musique du groupe se veut aussi directe, elle n'en reste pas moins bien mise en œuvre par ce quatuor qui ne surprend pas par son discours musical dans la trajectoire d'un MACHINE HEAD, SOULFLY, SLIPKNOT ou HATEBREED mais dont les parties de chant qui évitent l'écueil du chant clair à la DAGOBA (parce que musicalement, on est pas loin non plus) amènent un plus de brutalité qui donne un côté malsain à cette violence.

L'entrée en matière est des plus honnêtes pour ces français dont le potentiel scénique devrait très vite s'afirmé, que les amateurs de Groove écrasant se penche sur cet EP disponible en digital mais aussi en format physique où le CD contient un très court "I'll Never" pas très représentatif du reste du EP en bonus track !

Track-list :

  1. Children Of Society
  2. Crushed World
  3. Deathline
  4. Master Of Thought
  5. La Ligue Des Justiciers
  6. Extremist Terrorist
  7. Freedom
  8. I'll Never (bonus track)

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par Simony le 27/11/2018 à 07:20
73 %    124

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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


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Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
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Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !


"Mais aussi que Toni Iommi (ex-BLACK SABBATH) apparaissait sur le titre "Astorolus - The Great Octopus" le temps d'un solo".
Si ça c'est pas la grande classe... ... ...