Livraison Thrash du jour, pour continuer sur la lancée et rester sharp comme disent nos amis anglo-saxons. Cette fois-ci, ce sont des italiens qui s’y collent, en spécialistes de la matière, puisqu’on sait depuis quelques années que nos amis transalpins sont les nouveaux maîtres du Metal mondial, faisant preuve d’audace, d’originalité et d’inventivité lorsque l’envie s’en fait sentir. Sauf qu’aujourd’hui, point besoin de ces qualités pour se faire remarquer, puisque nos héros locaux se veulent aussi classiques qu’un break furieux d’Igor Cavalera, et aussi bestiaux qu’une remontée nasale de son frère Max, sans toutefois caler la ligne de leur parti sur celle des SEPULTURA. Non, leurs influences, toutes aussi bestiales que les premiers efforts des deux frangins se veulent quand même un minimum plus carrées, et vont puiser leur essence du côté des essentiels DEMOLITION HAMMER, MORBID SAINT, SADUS, SODOM, KREATOR, NUCLEAR ASSAULT, DEVASTATION, INCUBUS, SOLSTICE, SACRIFICE, RAZOR, SLAUGHTER, SARCOFAGO, MUTILATOR, INVOCATOR, MERCILESS, PROTECTOR, pour n’en citer que quelques-uns, qui restent d’ailleurs très pertinents. Beaucoup de violence donc, de l’exubérance, de la joie de jouer et des attaques sans latence, voici donc le menu par le détail du premier LP des originaires de Côme de CRUENTATOR, qui de leur nom ne trompent personne sur leurs intentions. Lesquelles ? Simple, jouer un Thrash rapide et violent, dans la plus grande tradition des influences avouées et citées, et sous ce point de vue-là, l’opération est une pure réussite puisqu’on s’y croirait, sans avoir les yeux fermés.

Formé en 2015, par Riccardo et Omar, membres du groupe BOWEL STEW, spécialisé dans le gore brutal, ce quintette (Ambro - chant, Omar et Massi FD - guitares, Vanni - basse et Riccardo - batterie) s’est mis en tête de pratiquer un Thrash brutal mais précis, ce qu’il parvient sans peine à faire sur cet Ain't War Hell qui prouve en effet que la guerre c’est l’enfer, surtout celle menée contre le Metal timoré et réchauffé. Ici, c’est la violence qui parle au travers du pouvoir d’instrumentistes sûrs de leur fait, se sentant pousser des ailes en s’inspirant des références les plus cruelles. Difficile de trouver le moindre point faible dans cette réalisation qui aligne les plans cartons, tout au plus pouvons-nous pointer du clavier un chant rauque un peu trop systématique, dont les intonations éraillées ont tendance à infléchir la créativité. Mais niveau vélocité, et jeu carré, rien à redire, ça avance sans médire, et ça tutoie les sommets de brutalité atteints autrefois par les MORBID SAINT et DEMOLITION HAMMER, sans cracher sur un brin de nuance à la EXODUS/SLAYER (« The Nightstalker »). Et sous une jolie pochette signée du trait de l’artiste indonésien Five Miligrams (MORBID SAINT, MASSACRE) se cache donc un album de Thrash féroce et fatal, apte à faire décoller votre perruque à chaque accélération. Et elles sont nombreuses, à tel point que le groupe flirte parfois avec la bestialité sud-américaine, sans toutefois tomber dans le piège du brouet sataniste indigeste, préférant se focaliser sur des lyrics plus volontiers emprunts de tragédies belligérantes et de conflits en outrance, ce qui ne nous éloigne pas trop d’un contexte classique. Il est tout à fait possible de penser à une version un peu plus outrancière d’un KREATOR sevré de bière, sans que les débats ne tournent à l’orgie, puisque l’instrumental reste dans des balises de justesse diabolique. D’ailleurs, les intonations sardoniques d’Ambro suggèrent une mutation entre les organes de Mille et de Clint Bower de HEXX, et gardent donc leurs distances avec les jets de bile brésiliens qui avaient tendance à confondre interprétation et régurgitation.

Le cheminement est classique, mais impeccable, même si la variété ne s’est pas forcément mise à table. Mais on reste admiratif face aux charges menées par des pamphlets sans pitié comme « Marching Into a Minefield », qui sans suggérer le pas hésitant d’un soldat pris au piège d’un terrain miné, évoque avec acuité la violence de combats menés pour ramener la paix. Les guitares saccadent juste comme il faut, la rythmique assure le bon tempo, et les enchaînements sont fluides, découlant parfois sur une gigantesque basse presque Core (« The Shining Hate »), mais c’est surtout cette hystérie générale qui séduit, et qui est patente dès l’entrée en matière de « Merciless Extermination », symptomatique de cette série B US de la fin des années 80, lorsque la cause Thrash était perdue d’avance sous les coups de promotion d’un Death en transe. Alors on apprécie le voyage dans le temps, sans trop faire la fine bouche, d’autant plus que la production apporte ce petit plus qui catapulte des titres déjà bien explosifs dans une dimension encore plus incisive. Le groupe s’autorise parfois de petites agrémentations, et tente le coup du Heavy/Thrash aux mélodies plus en incrustation, pour un Thrash lourd mais agressif, qui joue le jeu du doigt plaqué sur la détente, instaurant la tension avant de porter le coup fatal (« Barbaric Violence »). L’ombre de DARK ANGEL et des RIGOR MORTIS plane aussi dans un ciel chargé, et de breaks enfumés en démarrages inopinés, Ain't War Hell se plaît à nous bousculer pour nous faire retrouver des sensations pas forcément oubliées. Un nouvel album de Thrash vintage à épingler sur le veston, qui mérite largement ses décorations, et qui laisse augurer d’une belle carrière sous les drapeaux du Metal extrême.


Titres de l'album:

  1. Merciless Extermination
  2. Tyrants of the Wasteland
  3. Barbaric Violence
  4. Evil is Prowling Around
  5. The Nightstalker
  6. Marching Into a Minefield
  7. The Shining Hate
  8. Cluster Terror

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par mortne2001 le 07/01/2018 à 17:05
78 %    77

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