Beyond the Stars

Imperium

25/05/2018

Aor Heaven

Comment expliquer à un auditeur potentiel qu’on vient d’écouter un grand album d’AOR ? Ce style, si prisé, et extrême d’une certaine façon, répondant à des codes très précis, il est relativement ardu d’en défendre des qualités qui sont de toute façon déjà connues des fans. Alors, que faire ? Mettre en avant la beauté des mélodies ? L’excellence de l’interprétation ? La finesse des arrangements et la luxuriance de la production ? Arguer du fait qu’il tient éventuellement la comparaison avec les plus grandes œuvres du genre ? Autant faire la promotion d’une boisson rafraîchissante à quelqu’un qui a soif et qui souhaite se désaltérer…En étant sérieux, le public sait toujours à quoi s’attendre en écoutant un disque qui se réclame de JOURNEY, de REO SPEEDWAGON, et autres légendes du cru, ce qui rend la finalité de notre tâche encore plus dérisoire. Tout au plus pouvons-nous pointer du doigt telle ou telle sortie de manière informative, sans espérer que notre laïus enflammé convaincra quelques brebis Metal égarées…Car non, le second effort d’IMPERIUM ne s’adressera pas au plus grand dénominateur commun du lectorat de Metalnews, ses harmonies étant un peu trop prononcées, son penchant pour la sauvagerie s’articulant surtout autour de riffs de guitare coincés dans le mix, et ses textes étant un peu trop portés sur la romance et un certain manichéisme de surface. Mais comme tout travail mérite salaire, et que Beyond the Stars est sans doute appelé à devenir un modèle du genre, je m’obstinerai donc à fouiller ses arcanes afin de trouver des points forts à distinguer des autres réalisations, ce qui au vu de la qualité du produit en question ne sera pas trop difficile.

Pour l’histoire, signalons qu’IMPERIUM est un projet né en 2016, émanant de la créativité bouillonnante de Mika Brushane, batteur finlandais en poste depuis l’orée des années 80. Composant à l’époque pour son groupe STRIKE, le musicien s’aperçut vite qu’il avait mis au point un matériel trop conséquent, et décida donc de reverser une partie de cette obole musicale à un projet différent. Il faut dire que l’homme ayant un bagage artistique relativement dense, couvrant un spectre allant du Jazz au Metal, l’expérience n’avait rien d’inédit pour lui, et c’est ainsi que Dreamhunter vit le jour il y a deux ans. On y découvrait alors un multi-instrumentiste discipliné, capable de prendre en charge l’écriture, la composition, mais aussi une partie de l’interprétation, rôles qu’il endosse encore aujourd’hui en se chargeant outre des parties de batterie, de claviers, mais aussi des chœurs, et de la basse. Pour transcrire le reste des partitions, l’homme s’est encore entouré d’une fine équipe, qui comprend pas moins de trois guitaristes (Erkka Korhonen, Samuli Federley, et Toni Huovinen), ainsi que quatre chanteurs de gros calibre, Dennis Ward (Gus G, KHYMERA, UNISONIC, PINK CREAM 69, PLACE VENDOME, SUNSTROM), Markku Kuikka (CROW’S FLIGHT, AGONIZER, KENZINER, THE RAGGED SAINTS, STATUS MINOR), Antti Railio (gagnant du télé-crochet The Voice of Finland, Ex-CELESTY, RASKASTA JOULUA), et Rob Lundgren (THE MIDGARD PROJECT, BARQUE OF DANTE), ce qui donne donc à ce projet des allures de all-star cast, bien que chaque intervenant connaisse sa partie et la joue à la perfection, sans avoir besoin de mettre un quelconque CV en avant. Et le tout prend des allures de festival d’AOR de première classe, un peu comme une croisière nous laissant voguer sur une mer de mélodies…

Mélodies appuyées certes, harmonies assénées, mais puissance affirmée, puisque IMPERIUM n’a pas changé de recette en deux ans, et prône toujours un équilibre parfait entre hargne et douceur, ce qui confère donc à toutes les compositions une aura très particulière. La mièvrerie inhérente à tout débordement de romantisme est très intelligemment évitée, en laissant les guitares s’exprimer au même plan que les claviers, et autant dire que le travail vocal accompli est en tout point époustouflant, et surtout, cohérent, malgré la pléthore d’artistes se succédant au micro. Nous aurions pu craindre une trop grande disparité, les vocalistes ayant tous un timbre différent, mais il n’en est rien, et saluons de fait l’excellent boulot accompli par l’équipe de production qui est parvenue à donner à Beyond The Stars une logique et une continuité assez époustouflantes. On retrouve d’ailleurs aux postes-clé de la post-production les noms fameux d’Erkka Korhonen (DARK SARAH, URBAN TALE, NORTHERN KINGS, ARI KOIVUNEN, RASKASTA JOULUA) au mixage, et celui de Mika Jussila (NIGHTWISH, CHILDREN OF BODOM, STRATOVARIUS, HIM) au mastering, et autant dire que les deux ont bien compris quel était leur rôle, faisant briller les chromes et donnant à l’ensemble une patine évoquant à merveille la brillance d’étoiles dans le ciel d’un AOR concret, mais délicatement onirique sur les bords.

Une fois ces données en tête, dites-vous que le schéma qui vous attend est classique, mais une fois encore appliqué avec soin et passion. Si les plus honnêtes reconnaitront que certains morceaux distillent les mêmes idées en modulant simplement de quelques tons les mélodies, si le spectre de la redite menace donc en plusieurs occurrences la bonne avancée du projet, il faut admettre que les chansons en tant que telles sont d’une perfection troublante, même si parfois, les claviers ont tendance à empiéter sur le reste de l’instrumentation. Nous évoluons donc en terrain très connu, mais toujours apprécié, d’autant plus que Mika a donné consigne à ses solistes de ne pas se brider, et de nous délivrer quelques soli enflammés. Nous pouvons donc parfois déguster le versant le plus Hard de la montagne AOR, qui de temps à autres nous exhibe ses sommets les plus élevés (« Beyond The Stars », « World On Fire »), ou ses zones les plus érodées et accessibles (« Spread You Wings », « All Alone »). L’IMPERIUM ne cache toujours pas sa fascination pour les années 80, qui ont plus ou moins défini avec acuité les figures imposées, et les célèbre donc avec force effets de radio et autres motifs harmoniques et chauds (« Back In ‘85 », son « Summer of 69 » à lui…), et de fil en aiguille, l’homme derrière le projet se découvre comme tout auteur qui désire montrer un autre aspect de sa personnalité, et de ses capacités. Mika Brushane confirme donc avec Beyond the Stars qu’il a une place tout à fait légitime dans le monde de l’AOR, même s’il a parfois tendance à tomber dans la facilité de compositions légèrement calquées les unes sur les autres. Mais comme le moule ayant servi à leur élaboration est d’une forme parfaite, on ne saurait se plaindre de ces quelques similitudes…       

                     

Titres de l’album:

                      1. Beyond the Stars

                      2. Crash and Burn

                      3. Learning How to fly

                      4. Spread you Wings

                      5. Back in '85

                      6. King of the World

                      7. All Alone

                      8. World on Fire

                      9. Just a Dream

                     10. Higher

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par mortne2001 le 15/06/2018 à 14:52
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JérémBVL

Une des claques de l'année!

15/07/2020, 16:55

LeMoustre

Hey voilà un truc intéressant. Un peu court pour juger, mais ça m'a évoqué un peu comme si Primordial faisait du thrash. M'en vais suivre ca se près. Merci

15/07/2020, 11:00

Humungus

LeMoustre + 1.

15/07/2020, 08:29

LeMoustre

La même. Sauf que je préfère le 1er album au second. M'enfin, celui-ci est dans le panier. Bon groupe assez personnel en plus.

14/07/2020, 17:47

LeMoustre

Commande faite en LP et CD. Super label en plus. Hâte...

14/07/2020, 17:45

Gargan

Arkona, ça restera toujours pour ma pomme le groupe d'un premier album, "imperium". De la seconde vague bien foutue qui grésille, avec le petit truc, le charme, l'ambiance, enfin on se comprend...

14/07/2020, 14:02

Jus de cadavre

Mais oui c'est juste excellent ça ! Bien vu pour le coté Dissection, juste terrible !

14/07/2020, 13:59

Jus de cadavre

Boss HM-2 worship ! Excellent !

14/07/2020, 13:42

Saddam Mustaine

Je prefere Vader comme porte drapeau de la Pologne.

14/07/2020, 12:32

Hoover

Je n'aime vraiment pas ce qu'est devenu ce groupe. Perdition city était une évolution osée mais avec un résultat brillant, depuis ça oscille entre le chiant et le sans grand intérêt.

13/07/2020, 19:34

sart

Pas mal du tout.

13/07/2020, 19:28

sart

Meilleur et moins mélodique que le précédent, ce dernier Pocahontas n'en reste pas moins trop polissé, sans âme et s'oublie très vite.

13/07/2020, 19:27

sart

Du metal pompeux dit "'epique" bien raccoleur et de fort mauvais goût auquel sont juxtaposées quelques parties dites folk. A oublier au plus vite...

13/07/2020, 19:23

sart

Ca sonne comme du death suédois sans les fréquences basses.

13/07/2020, 19:21

Saddam Mustaine

Pas si mauvaise la suite, bien que très varié.

13/07/2020, 19:06

Humungus

Bien d'accord avec vous les gars.
... Même si j'ai tout de même une nette préférence pour leur premier album.
Quand au reste de leur discographie, elle m'en touche une sans faire bouger l'autre.

13/07/2020, 13:22

Gargan

Idem, dans mon top 10. Totalement dérouté à l'époque mais je ne m'en suis jamais lassé depuis, riffs et mélodies imparables. T'en écoute un morceau, puis deux puis l'ensemble sans t'en rendre compte. Enfin ce sont surtout les autres qui s'en rendent compte, because air guitar et air drums heh(...)

13/07/2020, 11:51

Saddam Mustaine

Amorphis cet album est sensationnel.

12/07/2020, 14:20

Pomah

Y'a clairement un côté synthwave pas dégeu, à creuser.

11/07/2020, 14:36

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Voilà un groupe et un homme qui m'ont marqué à une époque où je commençais à être blasé. Ce n'est pas toujours facile à suivre d'un album sur l'autre, c'est un vrai fêlé. Mais comme dit le proverbe, ce sont des esprits comme ça qui font entrer la lumière.

10/07/2020, 23:41