BLOODY ALCHEMY fait partie de ces jeunes pousses appartenant à une nouvelle vague de la scène française dite extrême. Cette jeune formation représente l'une des possibles routes que pourrait prendre le thrash / death de demain.Fondé en région parisienne à l'initiative de deux cousins, Victor Zambon (guitare-voix) et Lou Zambon (batterie), le groupe se voit très vite rejoint en 2015 par Clément Charrier et Lucas Chereault, respectivement guitariste et bassiste. Un travail acharné de leurs instruments  additionné à une facilité déconcertante pour trouver des combinaisons structurées fidèles à leurs envies leur permettent d'enregistrer un premier EP Insanity Chaos en février 2016, tandis que le groupe sort tout juste de l'adolescence. Repéré par certains médias au sein desquels le groupe se fait de plus en plus présent, BLOODY ALCHEMY n'en demeure pas moins un groupe dont l'ambition est clairement affichée. La scène sera un des piliers du navire sanguin. Quelques dates ponctuent donc ce premier effort tandis que dans la ligne de mire du groupe pointe déjà  son successeur, cette fois-ci bien plus conséquent. Du moins sur le papier.


Globalement le groupe renforce sur ce premier album, Kingdom Of Hatred  paru en octobre dernier, son désir ardent de convaincre une assistance criant ses louanges, la présence du chanteur de BENIGHTED sur un titre consolidant l'espoir que ses pairs et le public semblent placer en lui. Précisons toutefois que les influences de ses membres sont parfois délicates à camoufler. Comment ne pas voir en effet "The Storm" comme un clin d'oeil à ciel ouvert à ARCH ENEMY, après une intro grandiloquente, menaçante mais pas des plus originale et un peu longue ? "The Blood Reign" est quant à lui un hommage à peine voilé au MACHINE HEAD des premiers albums. Impossible de ne pas percevoir le groupe de Robb Flynn derrière ce rythme typique et ces harmoniques artificielles. Il est un peu dommage que ce titre, par ailleurs percussif et accrocheur, n'ait pas été remplacé, ou tout du moins repensé et remodelé,puisqu'il était déjà présent sur Insanity Chaos .Il eut été sans doute plus judicieux de rafraîchir le propos en alignant un nouvelle chanson, permettant ainsi à BLOODY ALCHEMY de s'affranchir un peu de ses influences. Nous sommes  d'ailleurs face à un des deux bémols du disque. Trois des quatre titres du EP se  trouvent sur ce premier album. C'est un peu beaucoup surtout lorsque l'on sait que le quatrième titre de 2016 était déjà (!) une introduction grandiloquente. Certes, la mise en son de l'album lui est largement supérieure mais il faudra à l'avenir faire preuve de davantage de singularité, BLOODY ALCHEMY ne manquant cependant pas de personnalité. Les bons moments ("Kingdom Of Hatred" et son joli couplet sensiblement mélancolique et mélodique) prennent le pas sur les moins bons ("Interlude", aussi inutile qu'impersonnel) tandis que l'on reste toujours un peu gêné aux entournures par cet étrange sentiment d'inachevé. Pour preuve, la participation de Julien Truchan (BENIGHTED) sur le bien bon "A World In Agony" renforce un peu encore l'idée selon laquelle le vocaliste aguerri donnerait une légitimité au groupe de par son intervention sur un album de « p'tits jeunes ». Une sorte de chaperon de luxe, ce dont le groupe n'a assurément pas besoin tant les potentiels techniques et artistiques sont déjà bien là mais pas exploités à leur réelle valeur. Tout juste la présence de Julien donne-t-elle l'impression de voir un grand frère emmenant le petit à l'école le jour de la rentrée des classes. Aucune nécessité à cela tandis que de l'affranchissement, de l'abnégation et de l'audace  seront salutaire au groupe pour arriver à maturité.S'agissant de l'ambition, BLOODY ALCHEMY en déborde et c'est fort aise. Toutefois le bilan semble bien contrasté si on ajoute à tout cela l'étrange agencement pouvant nuire au disque. Une intro, un interlude et une outro associés au fait que trois morceaux de l'album nous sont déjà connus, l'addition paraît un peu juste. Sur les dix titres que compte l'album, seuls quatre d'entre eux demeurent réellement nouveaux. Sans doute une volonté de bien faire (et vite), mais la précipitation n'est que rarement bonne conseillère. 


Le terreau est fertile,l'humus prend forme sous nos yeux mais il manque encore ce petit quelque chose pour que la différence se fasse d'elle-même et sans douleur, permettant ainsi à BLOODY ALCHEMY de sortir de l’œuf, de déployer timidement ses ailes et de prendre le large. Sans doute la jeunesse (et la passion en découlant) accentue-t-elle cette impression un peu mitigée tout au long de l'écoute de cet album mi-figue mi-raisin. Encore une fois, ça joue très bien, c'est propre, c'est beau mais il manque un petit supplément d'âme qui permettrait à ce groupe à fort potentiel de parvenir à gagner ses grades de digne successeur des cadors de la scène hexagonale. A suivre de très près néanmoins.

Titres de l'album

1- Arch Of Hatred

2- The Storm

3- A World In Agony

4- Insanity Chaos

5- Interlude

6- The Blood Reign

7- The Fight

8- Control

9- Kingdom Of Hatred

10- End Of Hatred

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par Alexis Cro-Mags le 26/01/2018 à 13:01
70 %    643

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


JTDP
membre enregistré
30/01/2018 à 17:27:40
J'allais dire que la chronique était sévère mais finalement je suis assez d'accord dans les grandes lignes. Un 1er effort efficace, à confirmer...

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https://www.graspop.be/nl/line-up/schedule/vrijdag/


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