The Savage Sword

Nemedian Chronicles

23/02/2024

No Remorse Records

Difficile d’être plus franc que ce premier longue-durée de NEMEDIAN CHRONICLES. Dès la vision de la pochette, l’univers se dessine, et les éléments se mettent en place. Et rien ne viendra entraver le bon déroulement des évènements, cette célébration d’un Power Metal larger than life, inspiré par la scène italienne et grecque, mais aussi par quelques preux chevaliers français comme NIGHTMARE. On savait les toulousains capables de grandes choses, en voici aujourd’hui la démonstration, et quelle démonstration. Un blockbuster bourré d’effets spéciaux, un hommage rendu à l’Heroic-fantasy, un salut de la main vers MANOWAR, et une bande-dessinée pour les oreilles aux héros torse-nu et aux pauvres créatures pourchassées par des démons.

On entre en The Savage Sword comme on rentre dans les ordres. Il n’est guère étonnant que les grecs de No Remorse se soient adjoint les services de nos sudistes, leur optique correspondant parfaitement à l’éthique True Metal du célèbre label hellène. Et dès les premières mesures de l’intro, très influencée par Ramin Djawadi, le monde change, les murs s’éloignent, la pièce devient le théâtre de batailles menées contre le mal, et le terrain de jeu de soldats de la foi qui maîtrisent l’art de la grandiloquence et celui de la mélodie qui tue.

Et Dieu, que c’est bon.

C’est pourtant un réfractaire à la cause Power Metal qui vous parle. N’étant que peu porté sur les dragons et autres elfes qui dansent la gigue à la pleine lune, je m’interrogeais sur la pertinence d’un éventuel laïus. Mais une fois emporté par ce tourbillon créatif, l’interrogation n’était plus de mise. Il était évident que le sextet méritait ses louanges, et le travail devenait alors si facile.

David Royer et Thomas Tesseidre (guitares), Guillaume Lefebvre (basse), Joris Blanchard (claviers), Alexandre Duffau (chant), et Guillaume Rodriguez (batterie, ex-ARSENIC, ex-MANIGANCE, ex-STONECAST (live), ex-TITAN (live), ex-MELTEM) entrent donc dans la cour des grands et défient les monarques. Quelque part entre la pugnacité d’un BLIND GUARDIAN et la musculature d’un RHAPSODY, The Savage Sword joue sur la force de persuasion des poncifs, et se joue des clichés, les transformant en qualités indéniables et indispensables pour agencer un album comme on écrit un roman épique.

Epique, le mot est lâché, et les chiens de l’enfer aussi. Avec des intitulés aussi clairs que « Born on a Battlefield », « Tower of the Elephant », « Monsterslayer » ou « The Song of Red Sonja », NEMEDIAN CHRONICLES nous invite aux agapes de Conan, l’armure étincelante et le courage en étendard. Et la formule fonctionne, parce que le groupe n’a pas fait les choses à moitié. Si le premier EP montrait des signes encourageants, rien ne nous préparait à ce déluge biblique, ni à la violence apocalyptique de « Venarium ». Le groupe a donc resserré les boulons, poli les chromes et bichonné l’acier, pour se montrer à la hauteur de ses influences.

Influences qu’il tutoie maintenant avec une belle morgue.

Il faut dire que la qualité rime avec la quantité. Avec pas moins de soixante-et-onze minutes au compteur, The Savage Sword est à prendre comme un cadeau de Saint Valentin un peu tardif, en témoignage d’amour d’un genre qui s’épanouit sous la lumière des grands espaces. En laissant sa fougue s’exprimer sans la brider, le groupe nous attaque sans relâche, tout en aménageant des espaces plus nuancés, une fois le trépidant « The Thing in the Crypt » encaissé.

Deux gros morceaux et d’autres coupés un peu plus fin, voilà le menu des baladins. Et ces gros morceaux justement nous permettent de dévoiler une autre figure de tutelle, celle d’IRON MAIDEN évidemment. D’ailleurs, « Tower of the Elephant » aurait sans conteste pu figurer sur Powerslave ou Piece of Mind, tant sa noblesse rappelle la passion de Steve Harris pour les longues comptines terrestres et marines. Truffé de breaks, de changements de cap, cette composition de près de neuf minutes justifie à elle-seule l’achat de cet album, tant la brillance de NEMEDIAN CHRONICLES nous éblouit comme des épées sous la lumière des étoiles.

De l’autre côté du spectre, et en pénultième position, « The Song of Red Sonja » use aussi d’effets bien sentis, d’harmonies chevaleresques, et de ce dramatisme de fond qui tend vers la chanson de geste. Les gestes sont d’ailleurs précis, et les coups de dague très ciblés, ce qui rend cette musique encore plus dangereuse qu’une passe d’HAMMERFALL. Basé sur un principe de rythmique puissante et de guitares volubiles et saccadées, The Savage Sword flirte parfois avec un Thrash Folk très inspiré, et surtout, très remonté.

Heureusement pour nous, quelques reflets un peu différents viennent déformer le miroir, lorsque le sang de JUDAS PRIEST coule dans les veines de « Tigress of the Black Coast ». Avec un batteur au rendement phénoménal et un vocaliste parfaitement en phase avec son sujet, l’album cumule les victoires, et plante son drapeau en terre impie.

Je vous sens dubitatifs quant à mon euphorie, ce que je peux comprendre si vous n’avez pas encore laissé cet album diffuser sa magie dans votre quotidien. Mais entre la hargne de rottweiler de « Black Lotus / The Curse of Thog », aussi mordu qu’ANNIHILATOR et aussi baveur qu’HELLOWEEN, et l’efficacité lourde de « Monsterslayer » qui taquine les abdos de MANOWAR et de l’écurie Heavy allemande des années 80/90, le bilan est lourd, les victimes nombreuses, et le chaos permanent.

Mais ce chaos est justement bien traité par ces musiciens déchaînés, qui s’ils refusent la moindre concession, n’en acceptent pas moins d’assumer leur part de sensibilité. « Road of the Kings » nous allonge donc en mode repos du guerrier, et panse ses plaies avec virilité, mais sans machisme. Une fois de plus, les superbes mélodies et le contrepoint aux claviers offert par Joris Blanchard peignent un tableau rouge sang, aux oranges prononcés pour rappeler les flammes de la cheminée.

NEMEDIAN CHRONICLES a réussi le tour de force de composer un classique dès son coup d’essai. Les fans de Power Metal du monde entier vont être conquis par cette verve métallique, et cette assurance Heavy. Il y a de quoi s’enthousiasmer pour des mois, et sincèrement, je doute que vous puissiez trouver mieux avant la fin de l’année.

Une chronique admirative pour des chroniques combatives.

 


Titres de l'album :

01. Nemedian Chronicles

02. Born on a Battlefield

03. Venarium

04. The Thing in the Crypt

05. Tower of the Elephant

06. Tigress of the Black Coast

07. The Savage Sword

08. Monsterslayer

09. Black Lotus / The Curse of Thog

10. Stygian Sons of Set

11. The Song of Red Sonja

12. Road of the Kings


Facebook officiel


par mortne2001 le 10/03/2024 à 17:37
90 %    360

Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


LeMoustre
@89.226.39.212
11/03/2024, 14:55:44

Terrible.

Déjà que le EP envoyait sévère dans la veine Wotan, early Blind Guardian ou Manowar, voici l'album !

Achat obligatoire


LeMoustre
@89.226.39.212
11/03/2024, 15:32:55

Commande faite direct au label.

Hâte d'écouter les nouvelles versions de The Song of Red Sonja ou The Thing in the Crypt.

Meilleure nouvelle de la semaine,

Merci pour la chronique en plus hyper favorable 

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Anthems Of Steel VI

Simony 24/05/2024

Live Report

Pessimist + Demiurgon

RBD 14/05/2024

Live Report

Voyage au centre de la scène : ARGILE

Jus de cadavre 12/05/2024

Vidéos

Mercyless + Nervous Decay + Sekator

RBD 08/05/2024

Live Report

Birds in Row + Verdun

RBD 02/05/2024

Live Report

Hexagon Doom Tour

Simony 29/04/2024

Live Report

Midnight + Cyclone + High Command // Paris

Mold_Putrefaction 24/04/2024

Live Report

DIONYSIAQUE + JADE @La Chaouée

Simony 23/04/2024

Live Report
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
DPD

Je vois pas l'homophobie, je réalise les souhaits d'un homosexuel, j'essaye d'aider, tu veux quoi, j'y vais direct au Talmud ?

27/05/2024, 15:49

Lea

DPD je ne comprends pas du tout pourquoi tu t'acharnes comme ça, on a bien compris tes messages. Tu te fais plaisir à cracher sur tout et n'importe quoi, je vois pas trop le délire, tu t'emmerdes ?

27/05/2024, 12:50

Cämille

Vous pouvez pas virer cette merde homophobe ? Histoire de remonter le niveau. Merci

27/05/2024, 12:19

Gargan

Merci pour ce live report étoffé, va vraiment falloir que je me bouge les miches pour le prochain !

26/05/2024, 21:48

Gargan

Y’a pas de batteur ? J’aurais du mal à comprendre un changement de style..

26/05/2024, 20:55

NecroKosmos

26/05/2024, 19:13

NecroKosmos

J'y étais dès le jeudi et c'était vraiment top !! Mes coups de coeurs sont, dans l'ordre d'apparition, SWAMP LORDZ, WITCHES, VENEFIXION, ABYSMAL GRIEF et SKINFLINT. Quelques déceptions (musicales) mais peu importe. Quel bon festival !! J'ai bie(...)

26/05/2024, 18:59

Humungus

Putain d'affiche c'est clair...Ne serait-ce déjà que pour ABYSMAL GRIEF.Je dois les voir dans un peu plus d'un mois en Belgique... Et ta critique Simony me fout l'eau à la bouche bordel !!!Pis DESTRUCTION... Totalement d'accord av(...)

26/05/2024, 11:02

DPD

J'y peux rien si cette interface de clodo m'empêche d'éditer mes messages, habituellement j'écris très vite je poste et je me relis ensuite.Donc ouais, Bescherelle dans ton cul je sais que t'aimes ça pé(...)

25/05/2024, 16:19

DPD

Je vais te foutre un Bescherelle dans le cul va, ça te rappellera des souvenirs!

25/05/2024, 16:16

Steelvore666

Atrocia (les copains !!!!!), Skelethal, Venefixion... quelle affiche !!!!!!Et dire que j'avais gagné un pass pour m'y rendre...

25/05/2024, 10:30

Humungus

Buck Dancer je t'aime... ... ...

24/05/2024, 21:00

MorbidOM

"si je le ferais ce serait un album culte mais j'ais autre chose à foutre."Consulter un Bescherelle ?

24/05/2024, 03:50

DPD

Ceci dit si je le ferais ce serait un album culte mais j'ais autre chose à foutre.+ metallica c'est de la merde depus longtemps, rien à foutre de Slayer, pareil pour Iron Maiden. Les nostalgiques devraient dégager-

24/05/2024, 01:06

DPD

On aura au moins pu constater que DPD>UPS.

23/05/2024, 10:56

DPD

@UPSJe peux brancher ma guitare avec mon pc jouer avec une boite a rythme et sortir quelque chose de merdique en 1 semaine, est-ce que ça en vaut la peine? tellement de sorties polluent la scène.Je suis absolument contre l'idée que faire quelque (...)

23/05/2024, 10:54

Buck Dancer

Franchement, je ne m'attendais pas à un album aussi bon. Quelques morceaux peuvent vite devenir des classiques et surtout le groupe semble avoir son identité. Bien sûr c'est similaire  à Motley Crue.... euh Slayer, mais c'est pas un simple copi&eacut(...)

22/05/2024, 21:11

fuck the fuck off motherfucker

Calmez-vous les boomers mentaux, Rock Hard va bien vous pondre un article sur AC/DC pour vous contenter.

22/05/2024, 14:36

UPS

Effectivement, ne faisons rien et restons vissés à nos sièges en pleurant sur internet : on aura l'air nettement moins vieux jeu et plus aventureux comme ça. 

22/05/2024, 12:35

Pierrot

Toujours aussi envoûtant, darkthrone combine continuité et qualité 

22/05/2024, 09:14