Tiens, un autre EXECUTIONER américain sur le marché, déjà encombré de quatre autres représentants par le passé. Il est certain que ce patronyme ne fleure pas vraiment la nouveauté, mais musicalement, l’affaire qui nous concerne aujourd’hui se présente sous un jour plus flatteur que cette banalité nominative, puisque ces nouveaux-venus nous proposent d’agiter nos petons et notre chevelure au son abrupt d’un Crossover de grosses brutes. Et lorsque j’utilise le terme de Crossover à leur encontre, croyez bien que je pèse mes mots, le style ayant été méchamment galvaudé ces dernières années. Ici, l’équilibre parfait indispensable à l’utilisation du terme est en effet bien palpable, et ces preux chevaliers du cru n’ont pas fait semblant de scinder en deux parties distinctes leurs influences Thrash et Hardcore pour obtenir le mélange le plus efficace depuis les CRUMBSUCKERS et EXCEL. Légèrement SUICIDAL dans le fond, avec une petite touche de MADBALL et de la clique hargneuse NYHC, ces EXECUTIONER ne manquent pas de talent et le font savoir avec force véhémence et violence, et cet EP qui semble introductif est un petit concentré de haine farouche et de flair de mouche pour repérer des plans d’une gigantesque efficacité. Crossover donc parce que Thrash et Hardcore, mais pas seulement, et pas uniquement dans une optique californienne à la Venice avec le bandana vissé sur le front. Car ces oiseaux-là n’hésitent pas à incorporer à leur musique des éléments extérieurs, légèrement emprunts de Death torride, histoire de la rendre encore plus brutale, sans perdre de vue sa musicalité. C’est donc un premier LP/EP très compétitif qui nous est présenté, et l’heure est justement venue d’effectuer celle de ces musiciens au skate huilé et aux guitares acérées.

Fondé en août 2016, ce quatuor (Jim Castro - chant, Mike Severed - guitare, Dailen Bryce - batterie et Maxwell G - basse) nous en vient donc de San Antonio, Texas, et nous livre donc ses vues sur un Thrash fortement connoté de Hardcore au travers des sept morceaux concis de ce Bone Collector, qui s’il n’a rien à voir avec le film éponyme de Phillip Noyce s’intéresse de près à la violence urbaine. On y retrouve tous les ingrédients d’un album Thrash noyé dans une énergie âpre et Hardcore, et surtout, une belle collection de riffs, d’accélérations fatales et de lignes vocales létales, pour un road-trip de l’enfer, sympathique, mais pas moins cruel pour autant. Se plaçant dans la plus droite lignée des agitateurs historiques du créneau, les quatre texans jouent la carte de la franchise, et développent de très beaux arguments, mis en valeur par une production profonde aux graves éclatants, qui permettent aux guitares de trancher en toute quiétude et au batteur de frapper avec attitude. Celle globale est collégiale, et l’unisson est béton, et s’il est difficile de gloser des heures à propos d’un travail assez formel dans les faits, il est tout à fait possible et justifié de craquer dès les premières mesures évaporées. Car loin de se contenter de figures imposées (qui sont quand même présentes, il ne faut pas rêver), les EXECUTIONER agrémentent leur furie d’une folie très palpable et enthousiasmante, nous lâchant parfois des blasts sortis de nulle part, ou des inserts en Beatdown très crédibles, qui permettent de relancer la machine avec efficience.

Sept morceaux très percutants donc, suffisamment longs pour caser quelques idées sinon novatrices, du moins un peu moins classiques, mais restant dans un cadre bien balisé pour ne pas trop bavarder. Si la plupart répondent à des exigences de vitesse et de cadence, certains n’hésitent pas à la ralentir pour se la jouer Heavy poisseux, à l’image de l’intro houleuse et menaçante de « Wish You Were Here », qui assombrit l’ambiance pour la faire redécoller illico presto. Si le chant est clairement ancré dans une culture Hardcore de la harangue aigue et vitupérant, si la rythmique adopte la position du tireur embusqué, et  si les guitares partagent leur temps entre riffs métalliques et attaques héroïques, l’ensemble dégage une puissance qui mélange le meilleur des EXILE avec la quintessence des SUICIDAL, pour un passage en revue des impératifs du style, qui trouve ici un éclairage plus brutal et moins tamisé. Certes, rien de bien révolutionnaire, mais sept bons kilos d’efficacité, pour une introduction qui risque d’incruster leur nom dans l’inconscient collectif. Leurs pages officielles ne recensant pas d’effort passé, il convient donc de voir en Bone Collector une carte de visite sévèrement burnée, qui donnera quelques suées aux fans de la scène new-yorkaise, dont toutes les réminiscences sont diffusées avec passion, de l’entame franche du collier « Unleash Hell » au final transpiré de « Pit Master », qui risque en effet de déclencher quelques crises de slam et de pogo sur la scène des clubs américains.

Rien à reprocher à une présentation qui ne ménage pas ses efforts, et qui joue fort, travaillant ses couplets pour nous écraser de ses refrains, distillant parfois l’inspiration pour instaurer des atmosphères plus délétères, mais prônant toujours l’esprit d’équipe au détour de chœurs dignes de la génération AGNOSTIC FRONT et NO USE FOR  A NAME. Et si la pochette fort peu discrète de l’effort vous aiguillera sur la piste d’un Thrash implacable ou d’un Death inoxydable, ne vous laissez pas impressionner, puisque le propos réel, lui, est plus volontiers dirigé vers une musicalité dans la brutalité. Chaque titre est indispensable en tant que partie d’un tout, et certains jouent le jeu d’un Thrash plus lapidaire pour faire quelques heureux, à l’image du circulaire « Black Crown » qui navigue à vue et qui tonitrue, même si le chant de Jim Castro est clairement hérité des grands vociférateurs de la scène Core américaine. On pense aux ACROPHET en version beaucoup plus brutale et directe, à la période de transition des D.R.I sans l’esprit paillard qui devient ici plus revanchard, mais entre des à-coups retors, des breaks de la mort, quelques harmonies en saillies et des poussées de testostérone fleuries, « Forever 666 » balance la sauce et nous en met plein la face, avec sa cavalcade mi Thrash mi Core. Comme je le disais, la balance entre un instrumental aux références mélangées et un chant vraiment époumoné, le tout enrobé dans un son à débandaner Mike Muir lui-même, Bone Collector ressemble à une exécution en règle, et surtout, à l’un des plus beaux hommages conjoints aux scènes Metal et Hardcore, et pas seulement celles des années 80, ce qui offre un peu d’inédit à un tableau que tout le monde a déjà admiré en étant toutes ouïes. Classique sans l’être vraiment, EXECUTIONER est une jolie découverte de brutalité intelligente, qui offre au mouvement Crossover une nouvelle identité, et plus prosaïquement, un album de très grande qualité, qui aurait presque mérité de durer. Un peu plus en tout cas. Mais ces trente minutes ou presque ont déjà largement de quoi se faire remarquer.     

  

Titres de l'album :

                         01. Unleash Hell

                         02. Black Crown

                         03. Forever 666

                         04. Oxycodone Blues

                         05. Handshakes With Snakes

                         06. Wish You Were Here

                         07. Pit Master

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par mortne2001 le 17/02/2019 à 14:23
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pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.