Burn 'em All

Confess

28/02/2020

Street Symphonies Records

Aller à confesse, moi je veux bien, mais je ne suis pas certain que le prêtre chargé de recueillir mon témoignage de pêcheur puisse assumer tout ce qu’il va entendre. Pensez donc, à bientôt cinquante ans, je me vautre encore dans le stupre du Hard de mon adolescence, je fais une fixette sur les poitrines volumineuses, je vénère Thompson et Bukowski, sans parler de Lester Bangs, collectionne les films de série B et C, pense que MÖTLEY CRÜE incarne à la perfection la décadence dont je respecte les dogmes excessifs, et j’ai tourné le dos à l’église depuis bien longtemps (non par blasphème, mais parce que je réfute sa pseudo légitimité). Problématique qui n’en est pas vraiment une lorsqu’on est chroniqueur de Metal, et questionnement auquel les suédois du jour répondront par un lapidaire : « Et alors ? »

C’est d’ailleurs le premier hit de leur nouvelle série de tubes, et plus qu’un album, c’est le coup du chapeau à onze pions plantés à la suite en guise de hat-trick que les originaires de Stockholm nous proposent en cette étrange année 2020, de chaos, de virus, de répression policière et autres magouilles politiques. Mais à vrai dire, avant même de ne pas poser mes fesses sur le banc des accusés, je connaissais déjà les CONFESS pour avoir accepté leur laïus même pas rédempteur il y a pile trois ans. Vous pensez bien, des suédois, attifés comme des californiens défroqués des années 80, arborant avec fierté l’étiquette Hard n’Sleaze, et dont la musique portait les stigmates du savoir-faire d’une nation référentielle. Depuis trois ans, je me demandais dans quel stupre se vautraient ces Sardanapale que je pensais vautrés sur leur couche et hébétés (merci Michel), alors même que les pauvres bougres permanentés travaillaient d’arrache-pied sur leur troisième LP, qu’on sait être l’un des plus importants d’une carrière.

Et c’est ainsi qu’après Jail et Haunters, que j’avais eu le plaisir de disséquer intervient donc ce Burn 'em All, qui propose en substance de tout cramer pour tout reconstruire sur des bases saines et surtout Glam. Je ne vais pas le cacher, nonobstant le fait que les zingues soient suédois, j’ai retrouvé avec plaisir les CONFESS qui une fois encore ont fait un pas en avant dans le Crossover, en se rapprochant du son Sleaze si cher au Los Angeles des années 80. Mais le son Sleaze travaillé à la scandinave, avec des mélodies rondes et des riffs agressifs à l’allemande, pour ne pas perdre en énergie ce qu’on gagne en séduction. Toujours aussi roublard, le quintet (John Elliot - chant, Blomman & Pontus - guitare, Ludwig  - basse et Sam Samael - batterie) n’a pas changé son approche en trois ans, mais l’a peaufinée, au point d’incarner aujourd’hui une sorte de sommité plurielle dont le son ose le Hard, le Glam, l’AOR, le Metal plus dru, et le Sleaze plus cru. J’avais déjà remarqué cette propension à ne pas se fixer sur les deux premiers longs, mais la recette a été perfectionnée, au point aujourd’hui de ne plus être perfectible. Rien de vraiment surprenant pour qui connait les méthodes suédoises rigoureuses et cajoleuses, mais une attitude qui fait plaisir à entendre, et qui mixe MÖTLEY CRÜE, ENFORCER, DOKKEN, BONFIRE, BLACKRAIN, H.E.A.T, pour une farandole de bonne humeur et de virilité légèrement féminisée, en à peine trente-huit minutes de plaisir intégral.

CONFESS fait partie de cette nouvelle génération de hard-rockeurs très versés dans la sauce Glam, mais qui n’hésitent pas à intégrer des éléments de Heavy lourd et rapide à leur musique pour la rendre plus digeste aux oreilles les plus dures. A l’instar de nos BLACKRAIN nationaux, ils n’hésitent jamais à avoir recours aux burners pour rendre leur sauce douce-amère, et c’est ainsi que le tempo grimpe souvent pour nous offrir des hymnes à l’hédonisme burné, à l’image du trépidant « 509 », qui en deux minutes à peine revisite le Metal Punk. Le Hard-Rock est donc le seul dénominateur commun à toutes ces chansons, et « So What ? » de se poser la bonne question, puisque aucune n’est vraiment importante. Ce qui l’est ici, c’est la seule liberté de s’affranchir des contraintes et de faire ce que l’on veut, que l’on ait envie de jouer en rangs serrés ou aérés. Ainsi, les inclinaisons mélodiques et AOR n’ont pas totalement disparu, loin de là, même si les ballades et intermèdes sentimentaux sont de plus en plus rares. Faisant office de tout petit quart d’heure américain, le soft mais pas tant que ça « Is It Love? » nous permet de respirer, mais plus à la manière d’un FASTER PUSSYCAT que d’un WHITESNAKE. Conscients de l’impératif de l’enjeu, les suédois n’hésitent pas à piquer à MOTORHEAD sont sens de l’intro explosive pour nous servir leur « Overkill » à eux, via le terrassant « Burn 'em All », hymne teen qui associe RAVEN, TANK, SWEET et MÖTLEY dans une valse sans hésitation aux chœurs en béton. C’est évidemment classique, mais euphorique au possible, et si tous les morceaux sont une fois de plus au-dessus de tout soupçon, il convient d’y voir le savoir-faire de suédois qui commencent à être méchamment rodés à l’exercice de la pluralité de caméléon.

Vous l’aurez pigé de vous-même,  Burn 'em All crame tout sur son passage et ne laisse aucune victime dans son coin. Sorte de synthèse absolue de tout ce que le Hard Rock ancien peut avoir d’inflexions modernes, ce troisième album confirme la suprématie des suédois sur la scène Rock mondiale. Doté d’une production âpre et sèche, aux échos confinés, ce LP ose les hits sans discontinuer, tentant le high-energy ballsy (« Malleus », au riff digne d’un Keith Richards rajeuni), le Hard-Rock classique mais peaufiné (« Welcome Insanity », sorte de proto tube des SCORPIONS repris par les SLAUGHTER), le médium Heavy typique qui pique (« Prominence », SHARK ISLAND, H.E.A.T, HANOÏ ROCKS, et beaucoup d’autres), et le final en boogie seventies relooké Suède 2020 (« One For The Road »). Sans vraiment réfléchir à demain et sans penser aux conséquences de leur insolence mélodique, les CONFESS entrent dans le confessionnal, montrent leurs fesses, mais s’excusent au curé d’avoir la raie si nette. Une façon de tendre son majeur au visage de la tristose ambiante, pour continuer une fête qui ne s’est jamais vraiment arrêtée, et qui illumine les longues nuits de Stockholm en laissant le sol maculé de cotillons et autres serpentins. Mais surtout, une façon de rendre le Sleaze et le Glam si Heavy et entêtant qu’on les danse dès le soleil levant.

                                     

Titres de l’album :

                          01. So What?

                          02. Malleus

                          03. Welcome Insanity

                          04. A Beautiful Mind

                          05. Heresy

                          06. Burn 'em All

                          07. Is It Love?

                          08. My Vicious Way

                          09. 509

                          10. Prominence

                          11. One For The Road

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par mortne2001 le 19/07/2020 à 18:00
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