En 1984, Tom Warrior posait déjà cette question existentielle :

« Are you morbid ? »

Depuis, des millions de fans et des centaines de musiciens lui ont indirectement répondu, en fondant une myriade de groupes influencés par ses enseignements, ou en passant des heures à écouter et disséquer des œuvres qu’on a classé par facilité dans de petites cases nommées Death, ou Black Metal. Sans vraiment connaître le musicien du jour, gageons qu’il n’a pas lui non plus oublié l’importance du legs de Thomas, puisqu’il a dédié sa carrière à la pratique du Metal le plus franc et le plus noir possible, sans tenir compte des évolutions entreprises depuis trente ans.

Trente ans, le chiffre n’est pas anodin, puisque c’est plus ou moins la durée à ce jour de la carrière de l’américain délocalisé en Transylvanie Uriel Aguillon, qui avec VORUS nous présente une nouvelle facette de son talent pour l’orchestration morbide. Après avoir exercé ses talents dans différents ensembles (MORBICUS, CANNABIS SATIVA, PYROPHORIC, GUTWRENCH, ROTTING AWAY, NECRORITE, CRYPTIC REALMS, et beaucoup d’autres visiblement), Uriel s’est donc décidé à nous exposer ses vues sur un Death Metal vraiment barbare, et emprunt des influences d’origine, puisqu’il cite volontiers POISON, OBSCURITY, NECROVORE, PENTAGRAM, SARCOFAGO, ou MORTUARY comme références absolues. Et de ce point de vue, l’homme/musicien est assez honnête, puisque la musique exposée sur cette première démo est en effet assez proche des racines sud-américaines de la brutalité, le professionnalisme et la bouteille en plus.

Trois morceaux pour à peine dix minutes de musique, c’est court, mais largement assez suffisant pour se faire une idée du potentiel néfaste de ce nouveau projet qu’Uriel signe de son seul nom. Il a joué de tous les instruments sur cette bande, se présente subtilement affable et en noir et blanc sur la jaquette (dans une optique graphique qui rappelle les premières photos promo d’OBITUARY), et chante bien sûr, d’une voix légèrement geignarde, et plus symptomatique des efforts les moins complaisants d’un BM nuancé de gravité Death. Du Death, il est question sur les trois pistes de ce Chamber Of Laments, qui ne se plaint pas beaucoup, mais qui râle en conséquence. Si les noms utilisés par l’auteur se définissent comme des contours assez clairs, il est aussi évident que l’ombre de HELLHAMMER et de MORBID ANGEL (version expurgée et modeste s’entend, comme sur leurs premières démos) plane sur les accords de « Chamber of Laments », « Paradise is Burning » et « Where Misery Crawls ». La complexité n’est pas forcément de mise, mais Uriel donne quand même à sa caverneuse musique des inflexions évitant la simplicité la plus formelle, sans tomber dans la débauche démonstrative. Il sait jouer, de tous les instruments, au moins suffisamment pour s’exprimer sans balbutier son solfège, mais n’en rajoute point, puisque le but de cet enregistrement est de renouer avec les effluves nauséabondes des premières déjections Death de la création. Sous cet angle, l’opération est une franche réussite, puisqu’on se croirait presque revenu à la fin des 80’s ou au début des 90’s, même si la production est fort heureusement de meilleure qualité.

Mais dès lors que le créateur a voulu les choses suffisamment claires au départ, inutile de s’appesantir. Tout au plus pouvons-nous affirmer que la tonitruante entrée en matière « Chamber of Laments » rappelle salement le MAYHEM de De Mysteriis, et que son riff d’intro méchamment circulaire nous séduit dès ses premières voltiges. Que la voix voilée et opaque joue son rôle de conteur d’horreurs à merveille, que la rythmique est suffisamment polyvalente pour aérer des morceaux très concentrés, et que les soli, à peine perceptibles, décorent plus en arrière-plan qu’autre chose. Pas vraiment de grosse variation entre les options à espérer, l’ensemble est violemment homogène, un peu trop diront certains, qui ne verront en « Paradise is Burning » qu’une redite insufflant un léger souffle chargé CANCER, et en « Where Misery Crawls » une tentative d’accélérer un peu les débats sans trop les bousculer.

Mais c’est efficace à défaut d’être original, ce qui n’était pas le propos d’ailleurs à la conception. Mais si les trois morceaux de cette démo sont parfaitement acceptables, ils ne donneront pas forcément envie d’en entendre plus, et lasseront sans doute les plus exigeants, qui ne se rueront pas sur un LP éventuel. Mais au jugé de la prolixité du bonhomme, il serait étonnant qu’il s’arrête là, à moins qu’il ne se concentre sur un autre de ses projets, avant de donner naissance à une autre entité pour rassasier sa soif de vilénie assumée. VORUS en attendant propose un sympathique voyage dans le temps, qui permet de le prendre, mais pas trop longtemps. Et c’est largement suffisant.


Titres de l'album:

  1. Chamber Of Laments
  2. Paradise Is Burning
  3. Where Misery Crawls

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 13/09/2017 à 18:25
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Pis le "Based on truth and lies" est tellement bien trouvé bon dieu de dieu !


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