Complete Carnage of Coagulating Cacophonous Corpses

Puncture Wound

10/04/2020

1054 Records

Vous allez me dire qu’entamer un week-end pascal avec un album qui s’appelle Complete Carnage of Coagulating Cacophonous Corpses n’est pas la meilleure façon de célébrer cette fête, mais que voulez-vous, je n’ai jamais rien fait comme tout le monde. Et puis un bon album de Death classique n’empêche pas l’empathie et le partage, et c’est justement ce qui m’a poussé à vous faire découvrir ce jeune groupe australien. Ce qui m’a poussé à ce choix aussi, ce sont cette pochette et ce titre aux allitérations poussées, de quoi m’intriguer au moment de piocher une nouvelle œuvre. PUNCTURE WOUND dans les faits, ne s’embarrasse pas de principes. Une bio succincte (PUNCTURE WOUND est un quintet de Death Metal de Gold Coast, Australie), des références non avouées, un label qui lui aussi joue la discrétion mais ose quand même quelques comparaisons justifiées, l’essentiel donc, pour un album qui va lui aussi droit au but et ne tergiverse pas. Historiquement, le combo a vu le jour en 2016 à Gold Coast donc, a préparé son répertoire pendant un an avant de s’accorder une démo (Brutal Butchery of Bargain Basement Bodies, décidément, les allitérations c’est vraiment leur truc, on attend avec impatience leur troisième sortie pour apprécier la lettre D), puis a travaillé pendant trois ans pour enfin lâcher sur le marché de la barbaque saignante son premier long, ce fameux LP dont je m’apprête à vous parler. En étant honnête, quelques phrases lapidaires me suffiraient au moment de rédiger cette chronique, tant la musique des australiens est simple, honnête et claire. Avec les quelques références laissées par leur maison de disques 1054 Records, et les parallèles établis avec le Death historique de Floride, les précisions supplémentaires deviennent superfétatoires, et les analyses en profondeur tout aussi vaines. Alors abordons le cas de ce quintet sans prendre de gants ni tourner autour du pot.

Oui, les australiens de PUNCTURE WOUND jouent du Death Metal à l’ancienne, tel qu’on le pratiquait en Floride à la fin des années 80/début des années 90. En enregistrant une compile de tous vos groupes préférés de l’époque, et en secouant le tout, vous obtiendrez un résultat assez proche de ce premier LP. Prenez par exemple tous les cadors cités par la maison de disques (MALEVOLENT CREATION, OBITUARY, CANNIBAL CORPSE, DEICIDE, MASSACRE, MORBID ANGEL & MONSTROSITY), choisissez l’une de leurs chansons les plus emblématiques, et le résultat se rapprochera de très près de l’attaque sonique de Complete Carnage of Coagulating Cacophonous Corpses. Tout est là, les vocaux graves et grognons, les riffs d’outre-tombe, les cassures rythmiques, les aplatissements soudains, les reprises pleines d’entrain, l’allant général et l’ambiance confinée et suintante, et même le son si floridien qu’on retrouvait sur les premiers efforts des groupes susnommés. Mais entre un nom, une pochette et un titre ne laissant planer aucune équivoque, pas de doute possible, et les cinq australiens de démontrer toute leur foi en un Death nostalgique toujours d’actualité, et humant bon la mort, la destruction, la torture, valeurs que prônaient les meilleurs représentants du genre il y a trente ans. Sans jouer la copie carbone, il est certain que ce premier tome se pose en synthèse parfaite, évoquant parfois un compromis entre le radicalisme brutal de DEICIDE et le radicalisme bestial de SUFFOCATION, sans vraiment chercher à imprimer sa patte à l’équation. Enregistré et mixé par Rian Cavaye au Rock City Studios, masterisé au Against the Grain Studio, flanqué d’un artwork délicieusement morbide peaufiné par Daemorph Art, Complete Carnage of Coagulating Cacophonous Corpses est donc une fête des oreilles qui se voient préparées au carnage par l’entame « Necroinsemination », qui prouve que les thématiques un peu glauques de CANNIBAL CORPSE sont loin d’être tombées aux oubliettes. Du bon goût donc, mais aussi du savoir-faire, une alternance entre gras et lourd et épais et rapide, une section rythmique tout à fait capable, pour un exercice de mimétisme assez troublant parfois.

Pris à la gorge par un son sec et nerveux, et enthousiasmé par des compositions certes classiques, mais d’une efficacité énorme (« Anthems of Agony », un hit post-mortem que DEICIDE et MORBID ANGEL auraient pu cosigner dans le sang de porc), galvanisé par des chansons d’une vélocité incroyable, mais accrocheuses en diable (« Inflicting Horror » une entrée en matière supersonique bizarrement entêtante et astucieuse), et rassuré par la foi indéfectible de musiciens qui ne conçoivent pas leur Death autrement que formel et traditionnel, l’auditeur éventuel et fan d’extrême musical de cette époque charnière saura reconnaitre de vrais esthètes qui prennent leur pied en cassant ceux des autres (littéralement parlant évidemment), mais qui connaissent toutes les astuces pour composer un standard Death qui tient la route. D’ailleurs, les australiens ont voulu la leur assez courte, puisque leur premier effort n’atteint même pas la barre des quarante minutes, et stoppe sa course juste avant que la lassitude ne pointe le bout de son colon. Ce qui permet de déguster à leur juste valeur saignante des tranches de vie en carpaccio comme « Devoid Mausoleum », hachoir industriel qui débite à vitesse grand V, et même si les riffs sont tous interchangeables, même si les plans donnent le sentiment d’avoir été recyclés des dizaines de fois, même si l’atmosphère générale moite rappelle des souvenirs à chaque instant, quelques surprises bienvenues (le final acoustique et délicat « Darkened Ways » qui semble parachuté d’on ne sait où, ou d’un album de TESTAMENT), et une énergie globale ne se démentant jamais permettent à Complete Carnage of Coagulating Cacophonous Corpses de passer la rampe sans encombres et de se poser en première œuvre assez intéressante, sinon cruciale et indispensable. Une bonne entrée en matière pour les australiens, qui placent leurs pions sur l’échiquier de la violence old-school, mais qui gagneraient à accentuer leurs qualités les plus personnelles pour se faire remarquer à plus grande échelle.   

                                                                                                 

Titres de l’album :

                        01. Necroinsemination

                        02. Occasional Butchery

                        03. Perverse Sodomy Infatuation

                        04. Murderquette

                        05. Deceptive Mutilation

                        06. Inflicting Horror

                        07. Anthems of Agony

                        08. Postmortem Frenzy

                        09. Devoid Mausoleum

                        10. Darkened Ways

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par mortne2001 le 23/06/2022 à 18:39
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Totalement d'accord avec toi Jus de cadavre, c'est du tout bon avec cet esprit simple et efficace que j'aime beaucoup dans ce groupe.

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Jus de cadavre

Simple, basique, efficace. 

30/06/2022, 11:53

Jus de cadavre

Cette prod encore ! Un petit côté Thrash de bâtard ce titre, avec un son de tronçonneuse. Le pied.Super nouvelle en tout cas, ça sent un top de fin d'année cet album... 

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Le petit clin d'oeil sur la police de caractères

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Merci beaucoup pour le repartage, je mets le lien d'écoute sur toutes les plateformes digitales :

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Je préfère quand même les clips qui se passent dans un hangar, bien plus original.Sinon, je m'en lasse pas de ce morceau. Si le reste de l'album est du même niveau, ils vont enterrer la "concurrence". 

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On ne peut que saluer le travail de cette vidéo, qui à la mérite de raconter qqchose. A l'image de ce morceau, au moins il se passe un truc dans ce clip.

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musicalement ignoble, hyper formaté et ultra prévisible. 

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