On se perd parfois en conjectures…alors que j’effectuais quelques recherches préalables sur le groupe dont je souhaitais vous entretenir, je suis tombé sur des renseignements non contradictoires, mais légèrement flous sur les bords…Selon les pages consultées, les DISTILLED SPIRITS existeraient depuis 1984, auraient sorti au choix un longue durée en 2004 et un EP plus récemment, mais les line-up ne correspondant absolument pas à la réalité des faits énoncés sur la page Facebook officielle, je ne savais plus que et qui croire…Tout ce que je peux affirmer avec un minimum de véracité est donc contenu dans la courte bio dénichée sur le réseau social du groupe, à savoir qu’ils s’adonnent aux joies du Thrash, et qu’ils évoluent sous la forme d’un quintette (Chris Skary - chant, Johan & Jason Noriega - guitares, Cyco - basse et Lonny Simpkins - batterie). La légende inscrite voudrait que leur nom découle d’une habitude prise en local de répétition, qui obligeait les fans souhaitant assister à leur prestation à fournir l’alcool nécessaire aux musiciens pour accepter leur intrusion. Mais au-delà de ce folklore, rien de solide et factuel à se mettre sous la dent, ce qui oblige donc à prendre ce LP pour un cas isolé, et le traiter en fonction de la musique qu’il propose…qui n’est d’ailleurs pas plus claire que leur parcours. S’affirmant comme fans des références éternelles TESTAMENT, SLAYER, MEGADETH, ou METALLICA, les originaires de Whittier, Californie pratiquent au demeurant un genre de Metal extrême situé aux antipodes de ces influences, tirant certes parfois sur le Thrash, mais ressemblant souvent à un fourre-tout incluant des éléments de Hardcore, de NOLA, et usant de textures aux mailles serrées, empêchant toute affiliation trop formalisée. Difficile donc de se faire une opinion précise sur ce quintette qui échappe à toute étiquette, et qui ose parfois des structures assez troublantes…

Il faut aussi préciser que la production de l’œuvre en question ne permet pas d’en distinguer toutes les finesses, à tel point qu’on a parfois le sentiment d’avoir affaire à un combo de Black Metal perdu dans les méandres d’un Metal underground clairement estampillé 90’s, et tirant ses tics d’un ACID BATH pas vraiment encore convaincu du chemin à suivre, et surtout, beaucoup moins inventif. Pas plus Thrash qu’il n’est Hardcore, mais entre les deux à la fois, Distribution à des airs d’alambic de bayou, distillant un alcool très chargé qui laisse la gorge enflammée, mais aussi les oreilles dubitatives. Impossible de se raccrocher à un motif marqué, puisque les instrumentistes prennent un malin plaisir à brouiller la vue auditive et les pistes, préférant se laisser guider par leur inspiration erratique, à l’haleine chargée et à la colère avouée. C’est à ce point inextricable, qu’on ne sait même pas ce qu’on découvre, lorsque la charge frontale de « 6 Feet Under », brouillée par un son à la limite de l’incompréhension mélange les sons, les arrangements, pour se rapprocher d’un Ambient soudainement interrompu par un break mélodique incongru. Truffé d’effets sonores et autres samples étranges, cette réalisation ne joue pas franc jeu, même si la puissance parle quand même parfois avec plus d’aisance, rapprochant le combo d’une mouvance Thrashcore assez véhémente (« The Anthem »). Et on ressort de cette expérience un peu désorienté, et la moue dubitative, pas forcément certain d’avoir assisté à quelque chose de cohérent, mais intrigué par des ambiances délétères brouillonnes et peut-être dignes d’intérêt (« 6 », malsain et grave à souhait).

Monobloc sans l’être, aussi monolithique que mouvant, cet album fait partie de cette caste rare de travaux ingérables, qui naviguent à vue, et qui laissent un sentiment d’imprévu, pas forcément agréable. Il faut dire qu’en choisissant de noyer sa brutalité dans un son compacté, les américains ont pris un risque énorme, qui ne va pas forcément payer. Entre improvisations sombres et délires de tombe (« The Deceiver », est-ce du Death mécanique ou du Thrash concentrique ?), accès de rage à faire passer les exactions en solo de Phil Anselmo pour de simples jam bluesy et tendres (« Mile Stoned », au tempo presque indiscernable), et charges brouillonnes tuant les harmonies dans l’œuf (« Morality »), on se gratte le crâne à deux mains, et le tout est à la limite de déclencher des céphalées carabinées, ou de susciter une indifférence amusée…L’ombre qui plane au-dessus de nos têtes tient tout autant d’un tutorat mal assumé d’un MINISTRY à l’ironie déplacée que du parrainage d’un MORBID ANGEL hautement perturbé, mais amusé (« New World Order »), mais finit par épouser la forme d’une énigme sans réponse, que seuls les musiciens pourraient nous prodiguer si l’envie les en prenait. Mais pas certain que ces trublions de l’extrême fassent preuve de connivence, tant leur album s’englue dans le marigot le plus impénétrable de l’expérimental, à moins que cette production parfaitement ignoble ne cache l’un des efforts Thrash les plus biscornus qui soit. La question reste en suspens, et face au manque de points de repère, on reste dans l’expectative, ne sachant pas très bien quoi dire pour rendre les choses plus claires. De fait, Distribution ressemble parfois à une démo, de celles dont les Sentient Ruin nous inondent fort à propos, qui fédèrera un fort petit nombre d’amateurs de sensations fortes, tout en s’aliénant la plus grande frange du public qui exigera quand même un minimum d’indications fiables. Mais dans les faits, et puisqu’il faut bien conclure avant de gloser dans le vide, ce disque restera pour moi un casse-tête absolu, qui pourrait me faire crier au génie ou à l’escroquerie, si toutefois j’étais dans la capacité d’en deviner les intentions mal dessinées. A vous de vous faire un avis, que je serais curieux de vous voir partager.


Titres de l'album:

  1. Demolition
  2. 6 Feet Under
  3. Kill the Monster
  4. Death Sentence
  5. The Anthem
  6. 6
  7. The Deceiver
  8. Mile Stoned
  9. Morality
  10. New World Order

Facebook officiel


par mortne2001 le 31/03/2018 à 14:53
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