Dreams To Life

Fireblast

15/06/2018

Z Records

Download, coupe du monde, Hellfest, Russie, Clisson, Paris, l’actualité de ces jours-ci ne concerne que les mouvements d’un ballon rond, les selfies pris d’un espace VIP, et autres témoignages d’activité estivale qui remplit les cœurs de joie. Mais si d’aventure vous vous moquiez du score du prochain France-Danemark ou de la tête d’affiche de la mainstage, je vous propose un petit voyage Melodic Rock en immersion totale qui fait un bien fou, et qui rafraichit le cou. Gérant beaucoup mieux leur collectif que leurs homologues sportifs menés par Lionel Messi, et marquant des points à chaque intervention, les argentins de FIREBLAST ne cherchent pas le passement de jambe fatal, ou le but phénoménal (ce qui visiblement, n’est pas le cas de leur équipe non plus…), évitent l’esbroufe, mais se font méchamment remarquer avec leur album Dreams To Life, qui sans faire vraiment rêver, donne envie de chanter la vie, de l’honorer, de secouer les tifs et de prendre son salon pour une salle de concert maison. En choisissant la voie assez ardue du Hard Rock classique et harmonique, les originaires de Santa Fe n’ont pas opté pour la facilité, le genre étant assez encombré, et dominé par les américains et les suédois qui en restent les maîtres du genre. Mais n’étant pas du style à rendre les armes sans avoir combattu, ce quintette glorieux aux harmonies puissantes nous offre donc sa propre version de la délicatesse ambiante, en troussant une bonne dizaine de morceaux simples, mais hautement mémorisables et accrocheurs en diable. S’avouant sans honte fans de WHITESNAKE, ECLIPSE, H.E.A.T, NORDIC UNION, AVANTASIA ou SCORPIONS, ces cinq musiciens (Tato Pastor: chant, Hernán Nori & Lucas Conforti: guitares, José Alaluf: basse et Ulises Koch: batterie) ont bien retenu les leçons de l’écurie Frontiers, et récitent la leur avec passion, sans prôner la révolution, mais en incrustant leur nom sur la coupe des champions.

Assez empreint de philosophie américaine, Dreams To Life est aussi humble qu’ambitieux. Si les structures globales ne remettent jamais en cause les principes séminaux, ces dix chansons aussi enflammées que nuancées nous font voyager au travers du spectre temporel AOR, avec de réguliers arrêts sur la case Hard Rock racé, ce que tous les esthètes sauront apprécier. Pas question de mièvrerie ici, mais bien d’agressivité maîtrisée, et surtout de complicité, puisque les instrumentistes se connaissent depuis des années. Né de la volonté d’Hernán Nori d’enregistrer quelques morceaux pour les offrir à d’autres en cadeau, FIREBLAST s’est vite retrouvé duo, une fois Lucas Conforti, guitariste et propriétaire d’un studio inclus dans l’aventure. En recrutant le reste de leur line-up dans les rangs de connaissances/pointures, le pivot central a donc fait le choix de la cohésion, trait de caractère que l’on remarque dès la première audition. Pas vraiment AOR, résolument Hard Rock de grande classe, les argentins se rapprochent donc d’une version très personnelle d’un mélange solennel entre IMPERIUM et CRYING STEEL, pour ne citer que deux exemples récents, tout en admettant que l’héritage des 220 VOLT, DOKKEN, BONFIRE et autres H.E.A.T n’est pas tombé dans les coffres d’ingrats sourds. Couplets solides et envolées lyriques, soli ciselés mais méchamment électrifiés et baroquement amplifiés, nappes vocales cristallines, et refrains radiophoniques, pour un bel équilibre entre virulence et romance, et une démonstration de passion, qui transpire des sillons, et nous inonde le front. Doté d’une excellente production, Dreams To Life se permet même quelques autres allusions, moins typiques et plus intimes, comme cette splendide ballade lacrymale « Survivor », gorgée de cordes classiques et magnifiée par un chant superbe de Tato Pastor. Pour une fois qu’un moment de tendresse est géré avec intelligence et pudeur, autant en profiter, mais cet instant de sentimentalisme charmant est assez symptomatique de l’optique des argentins, qui perdent leur son dans le temps, et ne permettent pas à l’auditeur de les dater ni de les rattacher à une époque en particulier. On y sent des réminiscences 80’s, quelques clins d’œil 70’s, mais le tout sonne contemporain, sans réelle assise. Un joli tour de force dans une époque dominée par le cachet vintage et les sceaux old-school, pour un LP qui finalement, se contente de laisser parler sa musique au détriment d’une quelconque caution artistique.

Mais cette caution est à chercher du côté de la qualité, constante tout du long. Quelques redites évidemment, mais quarante minutes qui passent très vite, et dix morceaux qui jouent la variation dans la logique. Le fil rouge est évidemment tendu par ces mélodies toutes marquantes, par ces riffs appuyés mais qui laissent respirer des chœurs engagés, et par cette rythmique qui n’empiète jamais sur le reste de la bande, sans pour autant renoncer à son importance. Car on peut jouer relâché tout en serrant les rangs, ce que s’évertuent à prouver ces argentins décidément très doués, et qui ne se limitent pas à un simple succédané des JOURNEY et autres W.E.T., mais qui profitent de leur expérience pour envoyer valser les tendances. Et dès l’entame « Daydreaming », et son somnambulisme diurne, les pions sont placés, les guitares sont lâchées, et l’expérience peut commencer. On se prend à penser à la scène Italienne actuelle, mais aussi à son homologue suédoise, moins les tics les plus reconnaissables, même si la patte anglaise des SHY est aussi marquée. « Frozen Tears », au contraire, se plaît à retrouver le fun et la légèreté du Glam US de la fin des années 80, appui que l’éponyme « Dreams To Life » entérine de son intro en chœurs scandés et son refrain en énergie décuplée. Un peu Sleaze sur les bords, mais pas vraiment assumé, cet album fait donc la part belle aux harmonies doublées, et laisse même la double grosse caisse se faire un peu de place pour laisser la mollesse au placard (« Eye Of The Storm », qui fait même penser à une version expurgée des PRETTY MAIDS).

L’argument majeur opposé par les réfractaires sera évidemment placé sur le terrain de l’originalité, qui si elle reste prudemment cachée, se montre de temps à autres, au détour d’un up tempo plus soutenu et catapulté par de sobres notes de clavier (« Queen Of The Night », qui pourrait aller comme un gant à nos BLACKRAIN nationaux). Mais entre Heavy (« Russian Roulette ») et Hard Rock calibré (« Winds »), FIREBLAST prend ses marques et les trouve. Un bel exemple de Melodic Rock moderne mais pas seulement, qui dégouline de bonnes intentions, mais qui sait aussi garder sous pression. Un groupe que vous ne verrez pas au Hellfest, enfin, pas tout de suite, mais que vous pourrez savourez at home, en regardant les Albicelestes tenter de survivre dans une compétition qui a l’air de les dépasser.                     

       

Titres de l'album:

                        1. Daydreaming

                        2. Frozen Tears

                        3. Dreams Of Life

                        4. Eye Of The Storm

                        5. Gone Baby Gone

                        6. Survivor

                        7. Falling

                        8. Queen Of The Night

                        9. Russian Roulette

                       10. Winds

Facebook officiel


par mortne2001 le 07/07/2018 à 18:08
80 %    807

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Fear Factory + Misery Index 2006

RBD 28/10/2020

Live Report

Antibody

mortne2001 19/10/2020

From the past

Les archives de la Mort 1984 - 1994

grinder92 14/10/2020

Livres

Livre TAPE DEALER / Chronique par David Martin

Jus de cadavre 11/10/2020

Vidéos

W.A.S.P, Bataclan 2012

grinder92 09/10/2020

Live Report

Demanufacture

Baxter 06/10/2020

From the past

Hanger Abortion

RBD 30/09/2020

Live Report

Night Of The Masks

Simony 26/09/2020

Live Report
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
mortne2001

Écouté et chroniqué pour Metalnews, la suite logique de leur premier EP, et un énorme album de Heavy. 

30/10/2020, 17:22

Hipparion33

Album écouté pour ma part , un bon album de Heavy comme je les aime . J'aime aussi la pochette.

30/10/2020, 17:10

Hipparion33

Du coup je me suis fait la discographie dans la foulée et j'adore aussi ce "Metal Revolution". C'est une belle découverte après tant d'années

30/10/2020, 17:08

hrm

.

30/10/2020, 14:12

LeMoustre

Hâte d'écouter l'album en entier

30/10/2020, 12:37

metalrunner

Du pur heavy avec des magnifiques solos..

30/10/2020, 12:06

Harry Klein

Quelle caisse claire incroyable - les 2 singles sont très bons, ça augure un chouette album encore - MACABRE <3  

30/10/2020, 10:44

Reg

Je suis complètement passé à côté, mais il n'est jamais trop tard ! Très bon titre en tout cas ;)

30/10/2020, 09:34

Kerry King

Ouais surtout que Asphyx il n'y a plus que Van Drunen de l'époque old school (et encore il restera a peine deux ans), et Soulburn plus que Eric Daniels, on a deux versions du groupe vu part les deux en fait. (et depuis Bagchus a lui lâché les deux).(...)

29/10/2020, 23:47

Satan

Skald... le Wardruna version "Lidl".

29/10/2020, 23:15

Kerry King

Légendaire !

29/10/2020, 18:53

Kerry King

Légendaire !

29/10/2020, 18:53

RBD

Moulburn (je ne résiste jamais au calembour, surtout quand il est nul) c'est même devenu de plus en plus sombre avec la reformation d'Asphyx, alors que cela avait commencé comme un produit de substitution après que le groupe principal venait de se sépar(...)

29/10/2020, 14:44

metalrunner

C est clair que the Legacy devait être leur album de chevet marrant pour une génération qui n a pas connu cette époque.

29/10/2020, 11:38

metalrunner

D ici la il peut se passer tellement de chose.

29/10/2020, 09:17

Baxter

Janvier étrangement ça encore le flop hélas. Tant que ce virus persiste dans la civilisation et sans un moyen miracle, hélas concert et autres ça sera encore pas avant quelques temps. 

28/10/2020, 22:30

Kerry King

En meme temps que le nouveau Soulburn, ah ah.Et Soulburn c'est comme Asphyx mais penchant vers le Black, double ration ! 

28/10/2020, 19:06

Humungus

AAAAAAHHH !!! !!! !!!En voilà une bonne news !!!

28/10/2020, 15:34

NecroKosmos

Oui, là aussi, groupe sous-estimé à l'époque. Trop violent pour les fans d'HELLOWEEN et trop soft pour les fans de KREATOR (comme RAGE, par exemple). Dommage car LIVING DEATH avait une empreinte qui lui était propre. Personnellement, j'adore surto(...)

28/10/2020, 09:50

NecroKosmos

Groupe original, totalement sous-estimé. Achat indispensable.

28/10/2020, 09:43