Total Thrash, fucking Death, et tutti quanti. Pourquoi s’embarrasser de principes lorsqu’on peut jouer une musique viscéralement brutale et tout envoyer bouler au nom de la sacro-sainte violence ? Aucune raison, je suis entièrement d’accord, et vous pouvez toujours compter sur nos amis brésiliens pour nous rappeler cet état de fait. Entièrement dévoués à la cause brutale depuis les années 80, les musiciens lusophones ont toujours prôné une efficacité de fond et une violence de ton, et ce premier longue-durée des frappés d’EXORCISMO ne fera aucunement exception à la règle. Fondé en 2007 sur les cendres de MORGUE, ce quatuor (Denis Violence Andrade - batterie/chant, Anderson Razor Leonardo - guitare/chœurs, Carlos Ragner - guitare/chœurs et Risaldo Silva- basse/chœurs) a dû patiemment attendre son grand soir pour nous envoyer bouler dans le noir, et après une première démo publiée en 2008 (Última Batalha), s’est terré dans un silence étrange pendant près d’une décennie. Mais c’était certainement pour prendre le recul nécessaire et préparer l’un des LP les plus furieux de cette année, renvoyant dans les cordes tous les imitateurs de bestialité bon marché. Si leurs influences avouées couvrent tout le spectre Thrash des 80’s dévastées (VIO-LENCE, DEVASTATION, GAMMACIDE, RAZOR, SADUS, DARK ANGEL, SEPULTURA OLD, ATTOMICA, POSSESSED, ANTHRAX, SACRED REICH, ASSASSIN, HEATHEN, TESTAMENT, EXODUS, VENDETTA, DESTRUCTION, EXUMER, ANGEL DUST, SACRILEGE B.C), il convient de voir en leur musique une extension des travaux précoces des SEPULTURA, de DORSAL ATLANTICA, des SARFOCAGO, D’ATTOMICA et de tous les chantres d’un bordel de héros, et les dix pistes de ce premier effort n’en sont que plus puissantes dans leur désir de recréer un climat délétère que personne n’a pu oublier.

S’asseyant sur la sobriété de la Bay Area pour pousser le bouchon encore plus loin, ces originaires de Recife n’en sont pas pour autant de gentils bourrins crétins. Ils savent manier le riff et le refrain, et composent comme ils hurlent leur rejet d’une société qui ne fait que conchier ses représentants les plus décalés. Maniant le Heavy fatal comme le Thrash légèrement animal, les EXORCISMO signent un manifeste de violence qui renvoie la concurrence dans les cordes, et nous bousculent, avancent, jamais ne reculent pour avancer à la vitesse de la lumière sans cracher sur une temporisation momentanée. Si la finesse est souvent aux abonnés absents, le quatuor se montre diablement convaincant dans le recyclage de plans, et nous entraîne dans sa folie contagieuse, plus ambitieuse qu’il n’y parait à la première écoute. Si le parrainage des figures de proue nationales est évidemment indéniable, on sent quand même que Exorcise and Steal souhaite s’en dégager par intermittence, lorsque le groove prend le pas sur la tendance, et que les mélodies font preuve d’ingérence (« Disgrace And Terror », sorte de version atomique d’un HEATHEN épileptique). Mais pas d’inquiétude à avoir, car l’hystérie est toujours dominante sur la nuance, et si les morceaux s’enchaînent sans faiblir, faisant monter la pression jusqu’au paroxysme, ils font montre de suffisamment d’idées conséquentes pour ne jamais lasser. L’ombre des frangins Cavalera est évidemment patente, et c’est avec joie que nous retrouvons des traces conséquentes de Schizophrenia en chemin, accouplées à des volutes de chœurs endiablés (« Surrounded By Fakes (Kill The Falses) »). Jouant avec les limitations de vitesse pour accentuer la liesse, les EXORCISMO gardent toutefois le contrôle, et cette mainmise s’articule sur un calibrage des breaks qui nous permettent de souffler, avant que la machine ne continue d’avancer sans freiner.

Avec tous ces arguments en main, le fan de Thrash le plus efficace et fatal saura d’avance qu’il a affaire à un groupe sans compromis. Et de fait, Exorcise and Steal deviendra rapidement l’album de chevet de tout maniaque de la démence instrumentale qui se respecte, mais qui ne crache pas sur un brin de finesse. Certes, celle-ci reste discrète, et se concrétise souvent autour d’idées fugaces qui permettent de temporiser, ou plus concrètement, lorsque les brésiliens décident de confier leur destin aux mains d’un groove un peu plus malin. Dans ces cas très épars et précis, la rythmique se cale volontiers sur un up tempo toujours aussi martelé, mas plus posé, qui permet de partir en vrille à la moindre occasion. C’est ce qu’on note sur un morceau aussi essentiel que « Epidemic Lobotomy », qui retrouve le souffle putride de groupes comme PSYCHIC POSSESSOR, le sens du beat en plus, et la science de l’exactitude en exergue. Là est le point fort d’un ensemble qui ne verse jamais dans la facilité du chaos gratuit et enfumé, et qui multiplie les cassures, les fills, les embardées sans jamais se perdre en route ou sonner trop prétentieux. Cette volonté de ne pas se satisfaire d’une cruauté trop délibérée trouve son acmé sur un morceau diablement bien agencé, ce terrassant « Apocalipse Nuclear - Visions Of Eternity » qui accumule les moments de bravoure et autres soli en détour, pour finalement hisser les EXORCISMO au rang d’héritiers plus que légitimes d’une bestialité domestiquée, mais pas aseptisée. Tout l’historique de la violence brésilienne se voit donc résumée en un seul album méchamment troussé, qui tout en acceptant son histoire essaie de l’adapter, pour ne pas se poser en simple calque ou succédané. Si le chant explosif du batteur Denis Violence Andrade rappelle évidemment celui du Max des premières années de SEPULTURA, tout comme la soufflante nucléaire de Dan Beehler d’EXCITER, l’apport de chœurs plus volontiers Hardcore permet au groupe de se démarquer, et de revendiquer sa propre légitimité. Mais ne nous leurrons pas, ce premier LP n’est rien de plus ni de moins qu’une logique de continuité, et l’acceptation sud-américaine d’un destin que l’histoire saura assumer.              

D’ailleurs, pour bien camper sur ses positions, le groupe termine sa cavalcade par un clin d’œil en forme de reprise, celle des ATTOMICA, « Deathraiser », qui de sa folie en BPM démultipliés met un point d’honneur à friser l’horreur d’un Thrash qui incarnait sans le faire exprès les prémices d’un Black qui n’allait pas tarder à tout dévaster. Et cet épilogue en démence de flagrance achève de transformer ce premier essai en démonstration de style, et Exorcise and Steal de devenir un classique du genre à peine né. Total Thrash qu’on vous a dit. Et fucking Death aussi. Parce que parfois, se défouler fait plus de bien que de penser.

       

Titres de l'album:

                           1.Intro / T.T.A / Masters Of Reason

                           2.Dump Of Death

                           3.God Is Dead

                           4.Disgrace And Terror

                           5.Surrounded By Fakes (Kill The Falses)

                           6.Ready To Violence

                           7.Epidemic Lobotomy

                           8.Exorcise And Steal

                           9.Apocalipse Nuclear / Visions Of Eternity

                          10.Deathraiser (Attomica cover)

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par mortne2001 le 29/06/2018 à 17:14
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commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


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Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.