En gros, les mecs nous expliquent qu’après avoir ressenti une sacrée gaule (sans viagra), ils ont pris leurs instruments pour exhorter le mal hors de leur corps. Alors, c’est parti, no limit, et pochette blasphématoire pour une musique qui ne n’est pas moins. Et une expiation qui n’en est pas une, sous la forme d’un Noisecore vraiment pas si bas du front que ça, purement analogique, qui n’exagère pas Gore quand il peut rester Grind, et qui finalement, est bien plus efficace que les diarrhées verbales de bon nombre de ses congénères.

Moi le Grind, j’aime bien ça. C’est puissant, fun, assez libre pour faire n’importe quoi, et partir en vrille le long de dissonances qui font mal à la tête et de rythmiques en blasts qui ne se donnent même pas la peine. Donc, lorsque l’Australie nous exporte un nouveau numéro de funambules de l’hystérie, moi je regarde le spectacle, et j’écoute surtout.

Dès fois qu’un des tarés glisse de la corde et se tacle la gueule sur le béton, puisqu’en plus ils travaillent sans filet Hardcore.

Pas mal. Pour un bien évidemment.

Les HOLY BONER sont donc une nouvelle attraction australe, et pas des moindres. Formé en 2006 par le tandem bruitiste Brad Smith & Nik Kennedy, le line-up s’est petit à petit étoffé des participations/implications coupables de Rod Cooper (guitare faite main, bruits), et d’Omad (chant Noisecore/bruits II), tandis que Brad garde la mainmise sur la batterie apocalyptique, et que Nik bricole une basse modifiée, encore plus grasse et distordue que celle du gros Shane Embury.

Ok pour la constitution, mais qu’en est-il du son ?

Si au départ, le seul but avoué des deux olibrius fasciné par le boucan était d’expérimenter le Noise pour en faire quelque chose d’encore plus discordant et insupportable (adjonction de chanteurs et instrumentistes externes, application de sous-couches légères de didgeridoo, piano, ou sax), ils sont finalement revenus aux fondamentaux en adoptant la structure en quatuor, histoire de rester collés à leurs influences les plus avouées.

Lesquelles ? Ils les nomment, GORE BEYOND NECROPSY, ARSE DESTROYER, FINAL EXIT, ou LAST DAYS OF HUMANITY, soit la crème du Goregrind et du Noise internationaux.

Mais mis à part ces références amadouées et revendiquées, les HOLY BONER ne se sont jamais démarqués d’un sens de l’humour et de l’excès très personnels, qui transforment leur barouf en bruit blanc unique, qui dézingue vos oreilles et abîment votre système nerveux de façon irréversible.

Et s’ils font vraiment beaucoup de boucan, ils ont l’honnêteté de le faire analogiquement, sans trop traiter le chant et trigger la batterie, ce qui rend leurs efforts vraiment sympathiques et excessifs.

Emphase donc, pour moins d’une demi-heure de Grind à tendance Noise complètement fou et débridé, qui renvoie les pires marioles du créneau dans les cordes de Tokyo ou de Birmingham. Leur optique, ou « style », puisqu’il faut bien en parler ?

Jouer un Total Devastation Noisecore, qui croyez-le ou non, mérite bien son nom. Capables de faire la nique aux ANAL CUNT sans tomber dans les blagues potaches, les Australiens n’évitent pas (délibérément) la démesure et la grandiloquence narcissique, et optent pour un Grind radicalisé, qui n’a jamais peur d’en faire trop niveau n’importe quoi qui sort du chapeau.

On pense à une version survitaminée au Red Bull des S.O.B ou de SORE THROAT, ou aux FULL OF HELL après une partie de Jenga qui aurait méchamment dégénéré sous l’effet conjoint d’un sac à puces et d’un alcool bon marché.  

Capables de faire preuve de plus d’intensité et d’investissement que GNAW THEIR TONGUES en pleine descente de Banania, les Australiens ne cherchent surtout pas à structurer leur Armageddon sonore, préférant le laisser exploser aux quatre coins de la pièce comme un gros pétard mammouth allumé un peu trop tôt.

Alors, ça pète, et plutôt bien et fort.

Et ça pue. Mais la bonne odeur qui colle aux naseaux, déjà ramonés façon tonneau de foutre digne d’un nettoyage Bukkake bien strident et collant.

Inutile de chercher le hit de l’impossible dans ce foutoir mal rangé, il n’y en a pas. Extreme Noise Terrific est l’image anti-musicale de son intitulé, et refuse les logiques de composition pour partir dans un ad-lib en vrille qui vous irrite l’anus d’une grosse noix de Vicks appliquée sans tendresse.

La batterie fait à peu près ce qu’elle veut, les guitares tentent le coup de l’accordage approximatif en pleine séance de désenregistrement, et l’envoutement vocal en dualité fait cohabiter l’esprit d’un démon médiéval et le corps d’une jeune pucelle effrayée de tant de véhémence désarticulée.

Résultat, une horreur évidemment indispensable qui redonne enfin ses lettres de noblesse à un Noisegrind qui gicle comme un comédon éclaté sans coton tige.

Concrètement dans les faits ? Des morceaux qui ne dépassent qu’en de rares occasions la minute, à l’exception de l’effrayant « Boner », hydre dissonante et aveuglante, « Smashed To Shreds » qui filera des complexes à GORE BEYOND NECROPSY, qui s’en voudront de ne pas l’avoir chié avant, ou le final cauchemardesque « Satan’s Fluffer », ultra-Grind déchiré de cris infects et de groove unisexe.

Sinon, quelques blagues histoire de faire un clin d’œil aux WEHRMACHT et leur trilogie « Everb »/ « E » / « Micro-E » (« Close »/ « Closer »/ « Almost », huit secondes à chaque fois, cocasse), des éclairs de non génie (« A Sword In The Mud », ou comment signer un titre plus long en mots qu’en musique), des déclarations d’amour presque Rock dans le fond, mais ignobles dans la forme (« Rock’n’Roll Rectory »), et une infrabasse qui frise et défrise le non-sens absolu (« Bible Basher Thrasher », pire c’est possible, mais y’a des taxes en sus).

On se la joue parfois accords n’imp’ genre Danny Johnston en goguette avec les FLIPPER sous la supervision de l’infirmier John Zorn (« Perverts Penance »), et puis…

Et puis, c’est du Total Devastation Noisecore alors je ne vais certainement pas me moucher du coude encore cinq minutes, je pense que j’en ai largement trop dit.

Disons simplement que ce nouvel album des HOLY BONER produit le même genre de réaction sur l’auditeur que la vision d’une énorme araignée sur un touriste égaré dans un hôtel paumé de Perth (blanche, évidemment). Vilaine bébête, vilain groupe.

Mais je les adore, cela va sans dire.



par mortne2001 le 04/06/2017 à 17:27
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