Les héritiers du ZEP, on vous a déjà fait le coup plus d’une fois non ? Il me semble me souvenir de plusieurs exemples, dont KINGDOM COME ne fut pas le plus consensuel, mais un des plus controversés. Guitare à la Page, chant à la Plant qui baigne dans son jus, le trip était intégral et la pompe aussi. Mais qui peut se prétendre américain, fan de Rock et ne pas intégrer à sa culture le legs énorme de ce groupe qui finalement, aura influencé plus de musiciens que le VELVET et le SKYNYRD réunis ? Ou presque ? Le débat est ouvert, et j’attends vos suggestions. Et si la plupart des allusions restent souvent lettre morte pour cause de plagiat ou de hors-sujet de talent, parfois, un essai se transforme, enflamme le sacro-saint Billboard et la presse spécialisée, au point de les hisser au rang de next big thing, alors même qu’ils le sont déjà…Ceci étant posé, les groupes de frangins, on est à peu près aussi habitué. Des KINKS en passant par les ALLMAN BROTHERS, AC/DC, sans aller jusqu’à citer les JONAS BROTHERS (un peu dans la marge de la copie Rock quand même), mais sans pour autant occulter les BLACK CROWES (cités à charge, il faut l’avouer), la liste est un peu longue pour être reproduite ici in extenso, mais qui peut servir de base pour justifier de la complémentarité de musiciens qui finalement, se connaissent mieux que quiconque. Alors, imaginons, et laissons notre créativité s’exprimer. Imaginons un groupe de trois frères, fondus de seventies, s’étant mis en tête d’en reproduire les effluves les plus puristes, sans pour autant passer à côté de leur jeunesse hédoniste. Nul besoin d’imagination pour visualiser auditivement le cas de figure, puisqu’il existe depuis 2012. Son nom ? GRETA VAN FLEET (de Gretna VAN FLEET artiste locale et aînée respectée, qui a même approuvé cet emprunt mal orthographié), patronyme qui a secoué les puces de l’institution Rolling Stone et de la référence Loudwire, devenant de fait THE combo à découvrir sous prétexte de n’avoir rien compris au Rock de maintenant d’hier.

Josh Kiszka – chant, Sam Kiszka – basse, Danny Wagner – batterie et Jake Kiszka – guitare, ont entre 18 et 21 ans, et se souviennent très bien des soirées familiales passées autour d’un feu de camp à Yankee Springs. Des soirées à faire fondre des chamallows, mais surtout à se raconter des histoires et à faire de la musique, une école sauvage qui les a transformés en musiciens accomplis aujourd’hui, à la culture bien fournie. Sevrés de Bob SEGER, de LED ZEPPELIN, de LYNYRD, des CREEDENCE, du PURPLE et de CACTUS, les gamins ont tôt fait de comprendre que le plus précieux de la musique se cachait dans les malles de vinyles de cette époque, et ont bossé leur partition, au point de devenir le plus vieux des plus jeunes groupes n’roll. Tenez, l’illusion est parfaite. Enregistrez leur dernier EP sur tape, une vielle bande fatiguée qui sans filtrer le bruit de fond l’utilisera comme cachet, et faites écouter à vos amis médusés le résultat capté. Gageons qu’ils se gratteront le front en interrogation, se demandant quel quatuor ils ont pu manquer pendant leurs chères études de fond. Mais si cette caractéristique typique transforme From The Fires en incendie presque criminel, c’est surtout la qualité des compositions et de l’interprétation qui interpelle et appelle les pompiers en rappel. Parce que sincèrement, dans le trip « vintage et j’assume », ce nouveau double EP tient la dragée haute à bien des mecs ayant l’âge cumulé de ces quatre gamins effrontés. Rien de moins, et quand l’expérience ne parle pas, c’est le talent qui prend le relais. Et celui des GRETA VAN FLEET est énorme, au moins aussi flagrant qu’un bootleg du ZEP de 1972 perdu dans les rayons d’une FNAC bidon.

Techniquement, From The Fires n’est pas un album à proprement parler, mais bien un double EP, qui ne propose pas que de l’inédit, loin de là. Sa moitié est constituée du premier effort du groupe, Black Smoke Rising, qui leur avait permis de trouver un sacré deal, et d’être finalement distribués par la major Universal Canada. Et si vous aviez manqué le lancement de la fusée en temps et en heure, vous comprendrez vite pourquoi ces jeunots ont stimulé les stylos tant leurs embruns fleurent bon la marée du passé, joués comme si aujourd’hui n’allait pas durer. On retrouve donc ces quatre morceaux déjà publiés, accompagnés de quatre inédits, qui se hissent sans peine à la même hauteur d’exigence d’imperfectibilité. Les guitares des deux frangins rugissent toujours comme deux lions morts de faim, et la rythmique Danny/Sam tourne à plein, en cognant, frappant, chaloupant comme un navire brisant les vagues de flots seventies en pleine perdition temporelle. Rien à dire, le boulot et parfait, tout comme le packaging soigné par Josh lui-même, qui nous suggère un petit tour dans les bois voire si l’inspiration n’y est pas. Elle y est justement, et le loup Rock aussi, mais pas celui qui confond amplis à fond et profondeur de ton, plutôt celui qui loin de la meute feule Plant comme il hurle Jimmy, et qui connaît ses classiques par cœur. Alors bien sûr, impossible de ne pas se rappeler du dirigeable, celui de IV et Physical Graffiti, tant le chant de Josh emprunte les même sinuosités sensuelles et autres inflexions Soul et Blues, ce qui est plus que frappant sur le terminal « Black Smoke Rising », que l’on aurait aisément pu trouver sur II, III ou même Houses of The Holy.   

Les plus rabat-joie des anciens combattants parleront évidemment d’un plagiat organisé en stratégie marketing aux ficelles usées, en arguant du fait que ces sonorités parlent d’elles-mêmes et qu’elles sonnent plus qu’empruntées, et pourtant, je ne peux m’empêcher d’accueillir avec joie et plaisir la sortie de ce double EP, qui me réconcilie enfin avec cette satanée mode vintage avec laquelle les canards n’ont de cesse de nous saouler. Certes, il n’y a rien de neuf là-dedans, mais au-delà du gimmick de la jeunesse qui finalement a largement de quoi déclencher la liesse, c’est plutôt l’incroyable maîtrise dont font preuve ces gamins qui me laisse sur le carreau, dès le matin. Techniquement, les lycéens sont affutés, rodés, à tel point qu’on pense ce résultat logique limpide d’années passées sur la route à roder un répertoire de vieux bluesman routinier. « Safari Song », en tant qu’intro est d’une jubilation juvénile sans pareille, alors même qu’on penserait la giclée provenant d’un vieux combo aux ressorts rouillés. Mais les huit titres distillés sont tous d’importance, ce que confirme sans ambivalence le terriblement groovy de stupre acnéique « Edge of Darkness », qui au lieu de nous plonger dans l’ombre, nous colle dans la lumière de spots dignes du Royal Albert Hall de sa grandiloquence que les frères Robinson devraient convoiter en toute indulgence. Accents sifflants, larynx qui geint son excès d’énergie en extase de mue, et frappe à la Bonham pour faire bonne figure, et renvoyer tous les autres admirateurs refaire leurs coutures. 

« A Change Is Gonna Come » ? Mais le changement est déjà là, lorsque la nouvelle génération s’approprie un classique aussi impérissable de Sam Cooke dans une copie insurpassable, transcendant la sobriété du chanteur adulé en épiphanie de gospel Rock extasié. Voix qui met à genoux, orgue qui dénoue, chœurs d’église qui s’unisse dans un même calice, pour quelques minutes de plaisir divin qui remercie implicitement la nature d’avoir été aussi généreuse avec ces bambins…

Mon Dieu, que le temps passe vite…Quarante ans et quelques ? Mais madame, le Rock lui, sera éternellement jeune tant que personne n’oubliera de l’honorer, comme une épouse adorée au creux duquel on se love lorsque la réalité est trop cheap et dénaturée. From The Fires brûle du feu incandescent de l’éternité, d’un pacte signé avec le diable par les arrières petits-enfants de Robert Johnson qui embrassent leur père spirituel Robert Plant au coin de l’oreille. Et sans vouloir en rajouter, s’il n’y avait qu’un seul truc à écouter en ce mois gelé…Enfin, vous connaissez la rengaine, je ne vais pas vous la chanter.


Titres de l'album:

  1. Safari Song
  2. Edge of Darkness
  3. Flower Power
  4. A Change Is Gonna Come (Sam Cooke cover)
  5. Highway Tune
  6. Meet On The Ledge
  7. Talk On The Street
  8. Black Smoke Rising

Site officiel


par mortne2001 le 29/11/2017 à 14:38
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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