Loin dans les terres de Portland Oregon, vivait un sorcier maléfique. Son seul but dans la vie était de répandre le chaos et de mettre le monde à feu et à sang. Invoquant des démons, des esprits et des créatures impies des entrailles de l’enfer, aucun espoir ne semblait permis pour l’humanité. Alors que la fin se rapprochait, les ciels s’assombrirent et l’air devint irrespirable et pollué de fumée. Mais à travers la fumée, quatre guerriers prirent les armes pour se défendre de cette menace ennemie. Sir Rusty, brandissant sa hache de destruction, forgée dans les os de ses ennemis, Sir Eric et son lourd marteau de justice, se frayant un chemin d’un seul coup porté, Sir Scott, utilisant le pouvoir de sa double lame et de sa batterie guerrière, faite de la peau des bêtes les plus immondes, et Sir Lucas avec ses cris de guerre impitoyables et sa faux de mort tranchante étaient connus comme les héros répondant au nom de VALIANT BASTARDS, unis à jamais pour combattre les démons de cette terre.

Si avec ça vous n’êtes pas plus renseigné qu’avec une biographie basique, je ne peux plus rien faire pour vous. Il semblerait donc que Portland se soit trouvé des héros à la hauteur de son chaos, et c’est peu dire que ces nouveaux chevaliers du Metal savent se présenter avec les formes. Développant un univers d’Heroic-Fantasy ludique et empreint de second degré, les américains de VALIANT BASTARD ne jouent pas vraiment la carte de la discrétion, et autant dire que cette présentation fantasmagorique se veut à la hauteur d’une musique qui elle non plus, ne compte pas jouer les seconds rôles. Nous en venant donc de l’Oregon, cette horde de défenseurs des justes causes nous offre donc son premier longue-durée, disponible sur toutes les bonnes plateformes de téléchargement, sans se prendre au sérieux, mais sans non plus tomber dans les travers d’un Comedy Metal plus légèrement concasse qu’artistiquement convaincant. Déjà auteurs de deux livraisons selon les sites abordant leur cas, ce quatuor de passionnés (Lucas Salazar - chant, Rusty Graham - guitare, Scott DeRosia - batterie et Chris Pierce - basse) s’est déjà livré via un EP introductif publié en 2016 (Goin’ Deep, à la pochette qui vaut le détour), avant de nous offrir un Live Dudes en 2017, le tout n’excédant pas les quarante minutes en deux efforts. Mais c’est cette fois-ci avec un travail plus conséquent que ces soldats de l’honneur nous honorent, et Harbingers of Chaos de planter le décor d’un Metal sans compromis, mais nuancé d’aspirations plurielles le rendant terriblement attachant.

Si cette bio tout à fait loufoque pourrait vous faire croire que ces musiciens ne sont rien d’autre que de joyeux drilles prêts à tout pour se faire remarquer (ils se targuent même avec beaucoup d’humour d’avoir été élu groupe le plus sexy d’Amérique du Nord en 2014), les dix morceaux de cette première réalisation d‘envergure vous aideront à comprendre que sous des costumes chamarrés de personnages de BD improbables se cachent d’excellents instrumentistes et des compositeurs plein de flair. Symptomatique de cette nouvelle vague de musiciens de Portland, les VALIANT BASTARD sont des érudits de la cause Metal, et surtout, des passionnés qui injectent à leur art une ironie distanciée qui leur permet de prendre du recul avec tous les clichés lourdingues que le Metal traditionnel trimballe, et surtout, de nous trousser une belle bordée d’hymnes en conjonction d’un Heavy vraiment carton et d’un Thrash plein de raison. Une caution comme une autre dans une époque qui préfère volontiers se tourner vers son passé que de regarder de l’avant, mais dans le cas de ces quatre fiers à bras, la tendance s’accompagne aussi d’une volonté de rester ancré dans un présent qui s’il accepte l’héritage passé sait aussi se montrer suffisamment lucide pour prospérer. Nous avons donc affaire à un groupe sûr de son fait, qui manie les armes comme les instruments, avec franchise, et qui a celle d’assumer ses influences pour proposer son propre cocktail ma foi très relevé. C’est ainsi que ces natifs de Portland nous offrent quelques noms pour situer leur mission, dont ceux très classiques et incontournables de BLACK SABBATH, JUDAS PRIEST ou VENOM, qu’ils enrichissent d’une culture plus volontaire, en citant MEGADETH, METALLICA, ANNIHILATOR ou DEATH ANGEL, tout en acceptant que le style a évolué depuis ses débuts pour adopter de nouveaux flibustiers, dont les ENFORCER, HAVOK ou même PANTERA, dont leur musique virile n’est pas si éloignée que ça.

Solidité rythmique, inspiration traditionnelle au niveau des riffs qui percutent, le tout a de sérieuses allures de combat séculaire bien/mal, dont les VALIANT BASTARD risquent fort de sortir triomphants. Et une simple écoute à l’entame radicale mais nuancée de « Harbinger » permet de comprendre que le quatuor n’a pas l’intention de diluer sa violence dans un à-propos plus grand public, aiguisant ses lames sur la meule qui servit autrefois à Dave Mustaine et Jeff Waters pour affuter leurs guitares. On sent que le propos se situe en convergence d’un Heavy vraiment emphatique et d’un Thrash euphorique, le mélange des genres aboutissant à une puissance vraiment tangible, qui permet à une guitare solide et volubile de faire le grand écart entre distorsion affirmée et arpèges en son clair plus nuancés. On pense évidemment à TESTAMENT, mais aussi à DEATH ANGEL, et en tout cas à la quintessence du genre, tant la qualité est au rendez-vous. Le préambule promotionnel légèrement roublard n’aura donc servi que de couverture artistique ne dissimulant pas un sérieux de propos tout à fait crédible, d’autant que la tension est maintenue de titre en titre. Légèrement évolutif sur les bords, le Metal inoxydable d’Harbingers of Chaos est parfaitement crédible, d’autant que ces créatifs ont toujours le chic pour opposer la redondance à l’urgence, et « Cull the Weak » de nous ramener une fois encore du côté de la seconde vague Thrash US, celle des DEATH ANGEL mais aussi du MORDRED de Fool’s Game, et pas seulement à cause du timbre de voix de Lucas Salazar qui imite pourtant à la perfection les intonations de Mark Osegueda. Mis en valeur par une production qui ne tolère pas les manquements, et un mixage qui a su parfaitement gérer la place attribuée à chaque instrumentiste, ce premier album qui recycle des morceaux déjà anciens (dont les trois que l’on pouvait trouver sur Goin’ Deep) le fait avec conviction, et nous persuade de ses arguments Heavy/Thrash, souvent violents, mais toujours bon enfant, et place des licks hypnotiques, dont celui assez conséquent de « King of the Depths » qui ronfle comme un démon en attente d’être invité sur terre.

En version médium de trois ou quatre minutes, le groupe convainc sans peine, mais en version longue les efforts paient aussi, à l’image de ce « Warchief » qui emprunte à la NWOBHM quelques-uns de ses tics, ou de « Tomb of the Wicked », qui alterne les tierces, les poussées de vitesse et qui impose la hargne comme seule valeur de choix. Et bien que certains plans se répercutent parfois de morceau en morceau, le bilan qui se dégage de cette réalisation est en tout point positif, ce qui permet de conclure sur une notre pleine de sérieux. Comme quoi, on peut manier l’ironie de propos sans négliger l’application artistique. Une leçon qui en vaut une autre. 

  

Titres de l'album :

                           01. Harbinger

                           02. Cull the Weak

                           03. King of the Depths

                           04. Feast Upon Human Flesh

                           05. War on Peace

                           06. Martial Law

                           07. Warchief

                           08. Tomb for the Wicked

                           09. Renegade

                           10. Eyes of a Viper

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par mortne2001 le 19/02/2019 à 17:13
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