Hell of Fame

Hell In The Club

04/09/2020

Frontiers Records

Un peu de changement dans la politique de Frontiers, avec un groupe célébrant ses onze ans d’existence et son cinquième album, et qui n’est ni l’association de gloires internationales ni n’est produit par le gourou maison Alessandro Del Vecchio. Voilà qui nous éloigne un peu de la norme et qui apporte un peu de vent frais dans la production de l’infatigable Serafino, et il assez rassurant de constater que cette sortie fait justement partie du haut du panier de son cheptel. A l’écoute de ce cinquième LP, on serait tenté de croire que le groupe en question nous en vient de Californie ou de Suède, mais il n’en est rien, puisque les HELL IN THE CLUB sont des nationaux, nés à Alexandrie. Mais le son, les compositions sont tellement symptomatiques de l’appropriation suédoise des standards américains que l’erreur est pardonnable. Et depuis plus d’une décennie ce quatuor essaie de retrouver l’énergie et la fantaisie de la scène Sleaze US, et force est d’admettre que ce cinquième album y parvient avec un panache incroyable. Formé en 2009 par Davide Moras le chanteur d’ELVENKING et Andrea Buratto, bassiste de SECRET SPHERE, HELL IN THE CLUB est passé du stade de concept à celui de machine fort bien huilée, et Hell of Fame confirme que les italiens ont atteint leur vitesse de croisière en termes de composition. Ce LP fait suite à quatre autres efforts tout aussi recommandables, Let The Games Begin, Devil On My Shoulder, Shadow of the Monster et See You on the Dark Side, le dernier en date, qui permit au groupe de se faire méchamment remarquer sur la scène internationale. Le but avoué ? Mélanger dans un shaker d’inspiration géant l’énergie du Hard, l’épaisseur du Heavy et la légèreté du Glam pour proposer la musique la plus solide mais festive possible, et avec ces onze nouveaux morceaux, les musiciens nous offrent une sacrée party dans le club le plus dément d’Alexandrie : le leur !   

Composé de Davide "Dave" Moras au chant, d’Andrea "Andy" Buratto à la basse, d’Andrea "Picco" Piccardi aux guitares et de Marco "Mark" Lazzarini à la batterie, HELL IN THE CLUB est aujourd’hui un quatuor bien rodé à l’exercice, et il n’est pas incongru de voir en eux l’équivalent de nos BLACKRAIN nationaux. Même voix un peu gouailleuse, mêmes riffs typiquement US, même envie de provoquer chez l’auditeur une pluie de souvenirs 80’s, avec cette science de la production moderne. On dodeline donc du chef, on trépigne du pied, on headbangue à l’occasion, et on regarde son spandex avec nostalgie, en se demandant si on rentre toujours dedans. Enregistré, mixé et masterisé par Simone Mularoni (DGM) au Domination Studio de San Marin, Hell of Fame est une véritable pluie de confettis qui vous tombe sur la tête alors que vous savourez votre sixième Margarita de la soirée. Un album qui épouse les courbes d’une superbe blonde qui vous brûle du regard depuis vingt minutes, une stéréo qui crache tous les hits du Strip des années 88/91, et surtout, un condensé extraordinaire de DANGER DANGER, WINGER, TIGERTAILZ, FIREHOUSE, DEF LEPPARD, MÖTLEY CRÜE, SLAUGHTER ou POISON, accentué de cette touche de Heavy typiquement européen. De là, inutile de jouer les blasés par snobisme ou parce qu’on estime avoir écouté les originaux en temps et en heure, ce cinquième album est une réussite totale, de celles qui ne quittent pas les playlists personnelles pendant des mois, jusqu’à ce qu’on en ait usé le moindre sillon numérique jusqu’à la lie.

Impossible en effet de résister à cette débauche d’exubérance, qui a totalement les moyens de ses ambitions. Impossible non plus de ne pas penser au MÖTELY CRÜE historique en écoutant « Here Today, Gone Tomorrow », qui sonne comme une fausse reprise magique du « Kickstart my Heart » de la bande à Nikki, et qui utilise cette même rythmique tonitruante des grandes heures de Bob Rock. D’ailleurs, le canadien aurait pu prendre les rênes de la réalisation, tant son emprunte « gros son » domine toutes les compositions, qui en sus font preuve de diversité dans la cohérence. Si le propos est évidemment Hard n’Heavy, le groupe se permet parfois des incursions sur la chasse gardée des suédois, avec le poppy « Worst Case Scenario », que la génération des NIGHT FLIGHT ORCHESTRA n’aurait pas renié. Refrains qui s’incrustent dans les neurones, chœurs collégiaux, guitares déchainées, pour un résultat qui dépasse les espérances les plus folles, et si l’album est habilement et sournoisement introduit par un velouté de guitares acoustiques, il ne tarde pas à révéler ses vrais desseins, en les teintant toutefois d’une couche d’AOR assez maligne (« We’ll Never Leave The Castle »). Alors après, à vous de faire votre marché sur cet étal de hits de grande classe, qui ne ménagent ni les intros spatiales ni les soli maniaques (« Nostalgia »), et qui acceptent toujours de moduler leur rage d’une séduction typiquement Rock. On nage en plein revival du Sunset, et on accepte ce legs transformé en carrosse d’une année 2020 qui ressemble plus à une vilaine citrouille pleine de pépins. Heureusement, les HELL IN THE CLUB ont créé ce petit cocon de joie et de bonne humeur avec Hell of Fame, club secret où se retrouvent tous les nostalgiques d’une époque où l’espoir était encore permis, et où BON JOVI nous enivrait de ses harmonies Billboard (« Lullaby For An Angel »).

Avec un peu d’imagination, il n’est pas difficile de concevoir cet album comme une petite touche de magie dans une période tristement réaliste et déprimante. Une montée d’adrénaline qui fait kicker les pédales et ronfler les cylindrées (« Mr. Grouch »), et redonne le sourire au moindre tristos atteint de sinistrose aigüe. Pendant quarante-quatre minutes, les HELL IN THE CLUB n’appuient pas sur les freins, et dévalent la pente old-school avec une confiance incroyable, utilisant encore les astuces CRÜE de Dr Feelgood (« No Room In Hell »), mais avec un tel flair qu’on leur pardonne facilement ces emprunts. Tout l’hédonisme des années californiennes est enfermé dans un superbe package brillant de mille feux, et les chansons sont toutes des tubes incontournables, parfois d’une simplicité Hard-Rock notable (« Tokyo Lights »), mais souvent en crossover superbe et dégoulinant de stupre sain (« Lucifer’s Magic »). Je l’avoue, il sera compliqué de trouver un disque aussi exubérant dans les mois qui vienne, un disque qui multiplie les accolades amicales envers les passionnés Hard Rock des eighties avec autant de conviction et de sincérité. Et s’il est toujours compliqué de voir en un disque le sommet de la carrière du groupe, j’ose à peine imaginer ce qui pourrait se produire si les HELL IN THE CLUB parvenaient à faire encore mieux que ce Hell of Fame, qui leur vaudra plus d’une étoile sur le boulevard de nos cœurs brisés par une époque qui range les souvenirs comme de vieilles photos que plus personne ne regarde.                            

                                                                                                                                                                                  

Titres de l’album:

01. We’ll Never Leave The Castle

02. Worst Case Scenario

03. Here Today, Gone Tomorrow

04. Joker

05. Last Of An Undying Kind

06. Nostalgia

07. Lullaby For An Angel

08. Mr. Grouch

09. No Room In Hell

10. Tokyo Lights

11. Lucifer’s Magic


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par mortne2001 le 08/09/2020 à 17:50
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En voilà qui ont mangé du Slayer quand ils étaient petits. On dirait du The Haunted.

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