Un combo fondé en 2000 du côté de Montpellier, un premier EP qui nous proposait de trinquer à la santé du Rock n’Roll le moins dilué (Have A Bear, EP introductif moussu qui offrait sa tournée), et depuis une carrière impeccable proposant deux LP (Goodbye Money, United States of Rock N’Roll), et un petit dernier histoire de prouver que l’alcool’n’roll ne s’est pas évaporé en route. Les HIGHWAY tracent donc la leur à cent à l’heure, mais prennent quand même le temps de s’arrêter pour nous donner de leurs nouvelles, histoire qu’on ne s’inquiète pas d’une éventuelle absence prolongée. Il faut dire qu’on s’est attaché à ce quatuor vraiment sympathique (Benjamin Folch (chant), Ben Chambert (guitare), Romain Chambert (batterie) et Sam Marshal (basse)), qui depuis plus de quinze années nous distille un Hard Rock à tendance groovy et boogie sans se relâcher, mais sans non plus tomber dans la facilité de poncifs un peu trop répétés. Le Rock, c’est toute leur vie, et leurs influences trahissent leurs accointances, des sempiternels AEROSMITH, AC/DC, KISS, ZZ TOP, WHITESNAKE, SCORPIONS, MOTLEY CRUE ou GREAT WHITE, dont ils empruntent certes quelques tics, sans pour autant tout leur devoir niveau esthétique. La leur est simple, mais chaleureuse, et leurs accords résonnent sur nos visages aux expressions heureuses de constater que le Hard Rock, le vrai, dispose de héros aussi humbles qu’efficaces et acharnés.

Que voulez-vous, ils ont le beat dans la peau, et la guitare sur le dos, et le long périple commencé à l’orée d’un nouveau siècle continue de plus belle via ce IV, peut-être référence à l’éponyme de LEP ZEP, mais surtout, quatrième chapitre d’un roman musical qu’on n’a de cesse de dévorer, les yeux et oreilles émerveillés.

Pourtant, rien de révolutionnaire là-dedans, les HIGHWAY ayant toujours privilégié la simplicité. Pour autant, ne les croyez pas simplistes ou même un peu rapiats, puisque ce nouvel LP est bourré ras la gueule de pépites qui font groover, et nous balance une heure de suée sur la tablée, sans aucune prétention, mais avec la satisfaction d’un travail bien fait. L’optique n’a pas vraiment changé, s’est peut-être allégée d’intonations funky ou jazzy, dans l’optique d’un EXTREME violemment fleuri (« Wake Up », avec une participation fameuse de la légende Jeff Scott Soto, qui taquine le micro aux côtés de Benjamin, n’ayant pas à rougir de la comparaison), mais on retombe toujours avec plaisir sur ces syncopes, et on découvre avec plaisir les reliefs d’une production ronde et gironde, signée Brett Caldas-Lima (qui a bossé avec AYREON, Devin TOWNSEND, MEGADETH, ADAGIO, HYPNO5E, en gros, tout sauf une bleusaille…), qui met diablement en valeur des chansons aux motifs ronds, aux refrains béton, et aux soli sans flonflons. L’osmose entre les musiciens est toujours aussi patente, et nous replonge dans les plaisirs Heavy Rock d’antan, ceux des 80’s qui célébraient la chaloupe de Tyler & co, du binaire d’Angus et du Blues saignant des GREAT WHITE, le tout joué avec bonheur par une troupe qui se concentre sur la chaleur, le partage, et qui signe donc un troisième LP aussi mature que frais. D’ailleurs, les mecs nous considèrent tous comme une famille globale, puisque « Brotherhood » commence la ripaille d’une union Rock’n’Boogie au refrain qui sent bon le gasoil et les kilomètres parcourus pour nous rencontrer, nous fans, dans le moindre trou perdu.

Rock, Boogie, Funky, des thèmes qui fleurent bon le cambouis et la surchauffe d’amplis, pour autant, notre quatuor favori ne rechigne pas à baisser d’un cran l’intensité pour se frotter à un Rock plus tendre et mélodique. « Boogie Wave », de ses chœurs évaporés et de ses harmonies délicatement ciselées nous rappelle autant au bon souvenir d’un Glam un poil plus viril et moins fardé, tout autant qu’un d’un Pop-Rock vraiment bien balancé, qui nous dessine les contours d’une belle qu’on prendra plaisir à séduire…Musicalement, HIGHWAY n’est jamais apparu aussi affuté et inspiré, et surtout, aussi varié. L’optique n’a pas vraiment changé, mais le répertoire s’est étoffé, et leur permet aujourd’hui de passer pour une véritable référence à la réputation tout sauf usurpée. Et lorsque les décibels montent d’un cran en s’appuyant sur un mid tempo vraiment solide, on tombe sous le charme de ce Hard-Rock respectueux des codes, qui débride des guitares tout en gardant la radiophonie sous le coude (« Damned Me », on ne se refait pas, mais des hymnes de cette trempe ne trompent pas…). Si les morceaux n’hésitent pas à franchir le pas, celui qui sépare un single d’une suite progressive et envoutante, l’inspiration démange, et les motifs s’assemblent, en volutes acoustiques intimistes qui finissent par dégénérer en power-ballad amère (« Concession Time », pas sûr qu’ils aient besoin d’en faire avec un tel hit digne du meilleur TESLA). Mais malgré des aveux en demi-teinte, ces jeunes et fringants garçons ne sont pas les derniers à montrer leurs émotions, le temps d’un bluesy « Psycho-Lover », qui n’a rien de psychotique, mais qui enthousiasme de ses tics Glam’n’Heavy typiques.

Impossible de ne pas être admiratif face à une telle débauche d’énergie et d’inventivité en furie, et lorsque résonne le riff épique de « The Danger Zone », le Heavy se lève de bonne heure pour nous bousculer de ses heurts. Sept minutes de savoir-faire implacable, avec toujours ce chant si prenant et ces arrangements vocaux convaincants, ces guitares frappant tous azimuts, et ces breaks futés qui tombent toujours juste. Ils nous conseillent d’ailleurs très judicieusement de faire nos prières, et nous imposent la leur, « Say Your Prayers », qui assombrit nos nuits d’une intro grondante, avant de sombrer dans les bras d’un Morphée Heavy, plus porté sur les excitants que sur les calmants ou la tisane de mamie. Le K.O total est alors à leur portée, et les coups pleuvent, qu’ils soient festifs et en pluie de cotillons (« Knock It Off »), presque burlesques et pas avares de chatouilles acoustiques groovy (« Chemical Trip), ou complètement bluesy’n’groovy, avec toujours cette science du refrain Pop qu’on chantonne à outrance pour rester dans la danse (« Separate Ways »). IV, un nom simple et presque anonyme pour un LP qui se révèle sans faille et sans fard, et qui refuse les astuces faciles pour se concentrer sur de véritables chansons aux mélodies mémorisables et à l’énergie de tous les diables. Décidément, la déception n’est pas pour demain, mais une question se pose enfin. Comment vont-ils faire pour aller plus loin, monter plus haut, sans risquer de s’exposer et d’être pris en défaut ? En publiant leur meilleur disque à ce jour, les HIGHWAY ont réussi leur pari, mais ont aussi pris d’énormes risques…Pas un seul morceau à jeter, une interprétation au-dessus de tout soupçon, et toujours ce même plaisir d’offrir, qui les rend encore plus indispensables et attachants.

Un disque faussement simple, mais réellement riche, qui se veut à l’image d’une passion et d’une vie dédiée au Rock N’Roll. Bravo les mecs, et un conseil, passez près de chez moi. Je me ferai un plaisir de vous accueillir sous mon toit pour une session perso qui me mettra en émoi.


Titres de l'album:

  1. Brotherhood
  2. Pole Dancing Song
  3. Wake Up
  4. Boogie Wave
  5. Damned Me
  6. Concession Time
  7. Psycho-Lover
  8. The Danger Zone
  9. Say Your Prayers
  10. Knock It Off
  11. Chemical Trip
  12. Separate Ways

Site officiel



par mortne2001 le 03/11/2017 à 14:11
89 %    500

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Octopus
@90.113.130.156
05/11/2017 à 23:00:23
Ce nouveau disque d’Highway est juste magnifique et super bien produit. Tout est dit dans la chronique...il y a tout dans ce nouvel opus.
On devient très vite addict à cet album tant les mélodies sont belles. Ce groupe mérite vraiment de décoller. A écouter sans modération !!!

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Et bien messieurs, merci pour cette explication qui me permettra d'aller me coucher moins con ce soir...


@Humungus : une résidence (residency en anglais) désigne le fait pour un musicien ou un artiste de se produire pendant une certaine période au même endroit. On parle alors d'artiste en résidence.


La résidence c'est lorsqu'un artiste loue une salle pour y répéter son concert en vue d'une tournée. C'est une répétition en grandeur nature en quelques sortes