A l’heure du politiquement correct et du questionnement de genre, je dois vous avouer que parfois, je m’en bats les couilles. Et pour cause, avec un exemple concret. Car il n’y a rien qui me stimule plus qu’une chanteuse dans un groupe extrême, le meilleur exemple en étant non ARCH ENEMY (beurk) mais bien les CLOSET WITCH. On a beau dire qu’homme ou femme au chant, si les cris sont probants, le résultat est le même, je dois avouer que les female fronted bands chaotiques (quelle expression laide…) me font jubiler, particulièrement quand la madame au chant beugle comme une truie qui allaite ses petits après une congestion. Après tout chacun son truc, et j’ai le droit d’avoir le mien, en plumes ou pas, et c’est ainsi que j’ai accueilli l’album des VILEST BREED avec la plus grande complaisance. Et ce, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’on trouve l’hystérique et visiblement colérique Alice Oliva au chant, et qu’elle donne de sa personne dans les graves comme dans les aigus. La seconde, c’est que ce groupe originaire de South Venice en Floride est d’un calibre différent du tout-venant qui nous abime les tympans. Car ces quatre olibrius (en sus d’Alice au chant, on retrouve Jay Hamilton à la guitare et aux chœurs, Brian Sanderson à la basse et aux chœurs aussi et Greg Oliva à la batterie, le frangin sans doute) se réclament d’un sous-genre assez intrigant, décrit comme du Grind progressif avec quelques accointances Punk et Hardcore, et que le rendu est fidèle à cette description. Alors, les nouveaux TOTAL FUCKING DESTRUCTION, les futurs FULL OF HELL ? Peut-être, et en tout cas un croisement entre les combos les plus expérimentaux du créneau, avec cette touche de folie qui rappelle justement les délires extatiques des CLOSET WITCH. Prêts pour une dose de sévère, mais intelligent ? Alors c’est parti.

Fondé en 2014, et sans autre indication discographique, les VILEST BREED sont un genre d’assemblée d’esthètes, qui manipulent le bruit avec beaucoup d’intelligence pour lui conférer une aura presque avant-gardiste. Non, ne fuyez pas, il n’est nullement question d’expérimentation hasardeuse ici, mais bien de culot et d’audace, et surtout, de choix pertinents dans la violence. Se situant sous le parrainage de groupes comme PHOBIA, MAGRUDERGRIND, CARBOMB, BAD BRAINS, TOMAHAWK, V.O.D., THE DWARVES, CANDIRIA, THE RED CHORD, HUNAB KU et une poignée d’autres, ces américains amateurs de foutoir organisé ont donc utilisé toutes les possibilités à leur disposition pour propulser leur Grind dans une autre dimension, plus riche qu’une simple constellation de blasts et de grognements ininterrompus. C’est évidemment très méchant, à peu près autant qu’un DILLINGER ESCAPE PLAN ou qu’un CONVERGE se convertissant aux joies de l’ultraviolence Hardcore (sommets qu’ils ont parfois d’ailleurs atteints), mais c’est surtout puissant, efficace et créatif, et bien loin donc d’un produit lambda qu’on retrouve sur des splits anonymes ou des démos insipides. Pour avoir un aperçu de la chose sans trop endommager votre audition, je ne saurai que trop vous conseiller de commencer l’expérience par le long « Despair » qui passe en revue les capacités artistiques de ces marsouins. Entre des riffs qui jouent la dissonance en guise de séduction biaisée, une basse qui se croit issue de la lignée noble du Free-Jazz, une batterie qui sait moduler pour mieux déstabiliser, et une chanteuse qui tergiverse entre deux registres corsés, le tableau est chamarré, vivant, vivifiant, à cheval entre monochrome étrange et couleurs criardes, et on finit par tomber en pamoison devant cette capacité à rester aussi singulier qu’accrocheur.

Loin de jouer la brutalité gratuite pour choquer, les floridiens cherchent justement à construire des morceaux efficaces et cohérents, certes parfois d’une logique qui échappe à la compréhension, mais en utilisant des plans qui marquent les mémoires. On a même parfois la sensation d’un BRUTAL TRUTH en goguette avec les NOMEANSNO, lorsque l’axe basse/batterie devient plus élastique, et que le groove parvient miraculeusement à se faire une place entre deux explosions de double grosse caisse (« Pain », et oui, ça fait mal). Inutile donc d’attendre votre lot habituel de glaviots crachés à une vitesse supersonique pendant une poignée de secondes, puisqu’à l’instar des artistes les plus ambitieux du créneau, les VILEST BREED pensent leurs agressions, et sont capables de condenser un maximum d’idées en un minimum de minutes (« L.F.D. »). Bien sûr, parfois, les nerfs lâchent et la haine gratuite se substitue au self-control (« Pig Fuck Her », tiens voilà du boudin bourrin), mais l’envie globale reste de proposer autre chose qu’un énième pamphlet Grind prédigéré dont tout le monde connaît le goût faisandé à l’avance. Il est même envisageable de voir le tout sous des auspices de Math Grind, tant la technique affutée des zigues est impressionnante, mais je crois qu’au bout du compte, une absence d’étiquette trop restrictive est préférable. Disons simplement que Live Fuck Die incarne le versant le plus intelligent et roublard de l’extrême, et l’affaire est dans le sac.

Lourdeur, vitesse excessive, cassure, stridences, tout y passe, et plutôt trois fois qu’une. La folie est palpable dès l’entame possédée de « Suffering », qui tente le coup des guitares No-Wave pour faire passer un subtil message de Grind technique largement au-dessus de la moyenne. Post-Grind ? Ça pourrait se concevoir si on avait vraiment besoin de labelliser, mais j’y vois plutôt une forme de Hardcore très poussée, qui élargit son champ d’inspiration pour oser des structures évolutives tout sauf prétentieuses. Un genre de FULL OF HELL après un stage en Europe de l’est, revenu avec quelques certitudes en moins, mais avec le chaos ultime en étendard. Et entre les lignes vocales complètement barrées d’Alice et le contrepoint grognon de ses deux choristes, on se prend mandale sur mandale, terminant le parcours comme un junkie après sa dose fatale (« This Is the Song About Heroin », qui illustre très bien la dualité montée/descente), mais en redemandant encore pour ne pas ressentir les terribles effets du manque. Je ne dis pas qu’avec un monsieur au chant, tout aurait été différent, mais j’ose affirmer que le gosier féminin d’Alice apporte une plus-value à tout ce bordel, et que j’aimerais bien constater les dégâts de ce Live Fuck Die en live. Vivre, baiser, mourir. Le genre de crédo que GG Allin a fait sien, et qui entre les mains de gens plus intelligents et doués, devient un leitmotiv plus effrayant que rassurant.         

             

Titres de l'album:

                           1. Suffering

                           2. Secreations

                           3. Despair

                           4. Pain

                           5. L.F.D

                           6. A.D

                           7. Pig Fuck Her

                           8. No Bows

                           9. This Is the Song About Heroin

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par mortne2001 le 08/07/2019 à 17:08
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