Ossuarium Silhouettes Unhallowed

Hooded Menace

26/01/2018

Season Of Mist

HOODED MENACE était jusque là le jouet de Lasse Pyykkö, guitariste, bassiste, chanteur en studio, celui là même qui se cache derrière le groupe de Death Metal, CLAWS. Avec Darkness Drips Forth, le Finlandais avait commencé à ouvrir la voie à une collaboration plus générale et non plus cantonnée au batteur avec le fidèle Pekka Koskelo et le résultat s'en trouvait foncièrement différent de ce que propose le groupe habituellement à savoir un Doom Death Metal assez rythmé, bien cradingue sur lequel se plaquent des leads imparables avec des lignes mélodiques entêtantes, le parallèle avec PARADISE LOST est tout trouvé. 

Alors pas que le précédent album sorti en 2015 était mauvais, il était juste différent, comme si Lasse se sentait prisonnier d'un style l'enfermant comme dans un carcan dont il voulait s'échapper et en ce sens Darkness Drips Forth est plutôt une réussite, de quoi remettre les bases saines et bien à plat pour mieux repartir de l'avant, regagner les abîmes faussement lumineuses comme HOODED MENANCE aime nous les dépeindre. Mais avec Ossuarium Silhouettes Unhallowed, cinquième et nouvel album du groupe, les Finlandais reviennent à ce côté mélodique qui matche de nouveau sans problème. L'introduction de "Sempiternal Grotesqueries" résonne comme un classique du Doom Death Metal, ligne mélodique pure avec une mélancolie propre à la musique Métal Finlandaise et que penser alors de cette figure sur la fin d'"In Eerie Deliverance", là aussi on pense à PARADISE LOST et cette touche légèrement New Wave / Dark Wave plutôt dansante, une danse macabre c'est certain ! 

On pense que "Cathedral Of Labyrinthine Darkness" va nous ramener vers l'album précédent, mais de nouveau un lead de guitare très éthéré se fait entendre alors que le mur gras continue de sonner derrière, comme une menace rampante, toujours vivace même lorsqu'elle se fait moins sentir au premier abord, ce morceau nous plonge alors dans une léthargie glaciale. Et ce n'est pas un hasard si cela sonne si froid, le traitement insufflé à la batterie est également froid, les cymbales sonnent sèchement, implacable, de même que cette caisse claire d'où ne se dégage qu'un sentiment moribond alors que les guitares et la basse vous font remonter cette noirceur des abîmes, comme si la Terre possédait un cœur gelé et que HOODED MENACE vous le remontait à travers les veines et lorsque la noirceur commence un peu trop à prendre le dessus, un sursaut faussement lumineux vous ramène à la vie, un électrochoc Doom Death Metal en quelque sorte. 

Et Lasse de s'amuser à vous plonger la tête dans la crasse poisseuse, vous la ressortir à l'air presque respirable pour vous replonger dans cette crasse encore plus poisseuse, ce jeu de changement d'ambiance incessant entre riffs Doom Death Metal et leads mélodiques à grand coups de cassure comme respiration salvatrice pour mieux replonger, ce petit jeu sadique s'avère totalement pertinent, on y retrouve ce sens de l'arrangement fin, de la composition à deux guitares. La véritable nouveauté est donc le chanteur, Harri Kuokkanen, batteur, chanteur, des géniaux HORSE LATITUDES, dont la voix Death ne surprendra pas les fans de la première heure d'HOODED MENACE et ce batteur, Otso Ukkonen qui là également, ne fera pas injure à ses prédécesseurs, son rôle principal étant de faire le moins vivant possible, ce qu'il arrive à faire sans problème, tout en étant percutant, comme des coups de pics à glace.

Une nouvelle fois, sans grande originalité mais avec un sens de la composition dans un style Doom Death Metal immédiat, HOODED MENACE réussit à faire de ces 40 minutes une décadence maitrisée, une production de plus en plus pertinente en évitant soigneusement de sonner trop lisse, un artwork une nouvelle fois réussi, signé Adam Burke (PILGRIM, PERDITION TEMPLE, MARE COGNITUM). Ceux qui ont découvert le groupe à leurs débuts regretteront peut-être cet abandon d'un style plus rentre dedans, des parties plus foncièrement Death que Doom en rythmique qui donnait une certaine originalité aux Finlandais et un goût de naïveté aux premiers opus. Les finlandais ont assombri leur propos et avec un Ossuarium Silhouettes Unhallowed comme plaidoirie, difficile de leur en tenir rigueur, mais surtout, Lasse a réussi à s'entourer de musiciens qui partagent sa vision du Doom Death car lorsque l'on voit le pedigré des gaillards, cela installe une légitimité intuitive. Enfin, pour les amateurs sachez que la version digipack contient la reprise du "Sorrows Of The Moon" de CELTIC FROST en bonus avec une production bien différente du reste de l'album, une cover qui leur va plutôt bien et qui nous ramène justement vers les débuts du groupe et qui n'est pas présente sur la version LP.

Track-listing :

  1. Sempiternal Grotesqueries
  2. In Eerie Deliverance
  3. Cathedral Of Labyrinthine Darkness
  4. Cascade Of Ashes
  5. Charnel Reflections
  6. Black Moss

Facebook


par Simony le 02/02/2018 à 07:37
85 %    555

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Universe

mortne2001 29/07/2020

F.F.W.

mortne2001 27/07/2020

Tiamat 2010

RBD 26/07/2020

Créda Beaducwealm

mortne2001 24/07/2020

Les Enfants du Cimetière

mortne2001 20/07/2020

Chimaira 2008

RBD 16/07/2020

Xtreme Fest 2016

RBD 08/07/2020

38'48 Regeneration

mortne2001 07/07/2020

Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Buck Dancer

Par contre, quand même fort de voir que la sortie d'un morceau de Gojira est devenue un évènement mondial dans la scène metal.
Les mecs sont vraiment au sommet.

07/08/2020, 18:44

RBD

Ça fait rebut retravaillé des sessions de "Magma". Le clip cartoon à base de prêche écolo dans l'air du temps avec références ciné évidentes peut agacer ceux qui préfèrent un Metal plus obscur et rebelle, c'est sûr. Mais ces thèmes ne sont pas nouveaux du tout chez Gojira. La référenc(...)

07/08/2020, 12:24

Satan

A Kairos : Exactement. Il est l'homme de l'ombre, une sorte de fil-rouge. D'ailleurs souvenons-nous comment Abbath galérait à la guitare sur la tournée de "Blizzard Beasts" (si mes souvenirs sont bons).

07/08/2020, 12:20

David Martin

Mortuary mérite vraiment , pour leur 30 ans, de sortir leur meilleur album !! Les connaissant depuis 1989 (Leurs premiers gigs furent les premières parties d'Asshole à Nancy dont j'étais le chanteur) et les ayant suivis depuis tout ce temps, je me réjouis de voir qu'enfin, ils ont un label qui (...)

07/08/2020, 12:19

LeMoustre

C'est a cause de l'argent comme dirait Popeye

07/08/2020, 07:15

Kairos

Kerry king, demonaz a toujours été impliqué dans le groupe, au niveau compo et textes, mais il était dans l’incapacité de tenir la guitare pour raisons de santé.

07/08/2020, 06:59

adrtq

on s'en cogne, les 2 projets sont merdiques,

07/08/2020, 06:46

adrtq

rien de vraiment clack metal ici. Un black thrash bien boring

07/08/2020, 06:45

Satan

Immortal a réussi l'exploit d'être encore plus ridicule que les anciens démêlés de Gorgoroth. Chapeau bas!

06/08/2020, 22:24

Kerry King

Deja Horgh est arrivé tard dans le groupe je crois ?

Mais en soit seul Abbath était sur tout les albums et depuis le début, Demonaz a quitté le groupe pendant une dizaine d'année je crois...

Bref n'y queue n'y tête...

06/08/2020, 21:48

Buck Dancer

C'est vraiment triste et pathétique à lire ce genre de news.

06/08/2020, 21:25

Vincent

C’est PAS BATUSHKA bordel c’est le mec qui a volé le nom et qui a fait Hospodi. Vous le faites exprès c’est pas possible ? Vous voyez bien que la musique n’a rien à voir avec Litourgiya et Panihida.

06/08/2020, 17:53

Humungus

Il est loin le temps ou le Black se voulait aussi le garant d'une certaine spiritualité et intégrité... ... ...

06/08/2020, 17:14

JTDP

En attendant, il y en a un qui doit bien se marrer...

06/08/2020, 14:48

Tranbert

Le R'n'B metal à retenu mon attention donc j'ai ecouté...Ah oui quand même. Faut de tout pour faire un monde. Je dois être trop vieux. Les instrus passent encore, mais la façon de chanter... !NON!

06/08/2020, 12:43

Tranbert

Je l'aime bien aussi ce morceau, et le clip est vachement bien foutu. Rien de très original dans le son et le visuel mais ça le fait bien

06/08/2020, 12:39

Invité

Interstellar 666.6

06/08/2020, 09:32

Gargan

Comme le climat, mouarf.

05/08/2020, 21:55

Oliv

Réchauffé

05/08/2020, 18:54

JTDP

Oui d'accord avec toi Buck Dancer, c'est dans la droite ligne de "magma". Et je le trouve aussi plutôt bon, envoûtant ce morceau. Et le clip est franchement bien foutu !

05/08/2020, 17:29