Sont fous ces italiens. Non contents d’avoir foutu le bordel dans les années 80 via les incantations paillardes de BULLDOZER, les dérives occultes des DEATH SS et les assauts soniques des NECRODEATH, les voilà capitalisant désormais sur cet héritage en l’accommodant de recettes sombres de l’Amérique du sud de la même décennie, histoire d’amplifier encore un peu plus le barouf émanant de leurs caves moisies. Et quoi de plus pratique que celle d’un Black Death aux forts relents Thrash histoire d’affirmer son allégeance au malin et à ses hordes cornues qui nous font plonger dans l’inconnu ? Rien je le concède, et c’est avec une joie teintée de sadisme que nous retrouvons sur notre chemin les pas des DEMONOMANCY, qui depuis leur création n’ont eu de cesse de trouver le bon son, celui qui ramone les oreilles en préparant des ripailles de stupre éternelles. Hébergés par les tarés irlandais d’Invictus Productions, ces trois musiciens au look et pseudos parfaitement en adéquation avec leur musique (Witches Whipping - guitare/chant, Herald of the Outer Realm - batterie et A. Cutthroat - basse) semblent se faire un malin déplaisir d’unir dans un même élan blasphématoire les premières déjections de VENOM et les froides exactions d’IMMORTAL, histoire de combiner ce que le Thrash, le Death et le Black ont de plus malsain à offrir. Alors, l’heure est venue de planquer vos vierges sans retenue, dans une chambre fermée à clef, l’arme à la main pour éviter des larmes perlant sur les jours rosies de jeunes filles éplorées. Parce que dites-vous que ce trio-là n’a pas son vice dans sa poche, et qu’il ne vit que pour l’ignominie, l’agonie, le mal et tout ce qui s’ensuit, histoire de finir sa vie dans des Enfers de promiscuité bruitiste.

Avec une carrière entamée en 2008, DEMONOMANCY a largement eu le temps de faire ses épreuves, et de nous en faire subir via un certain nombre de messes noires, petit, moyen, et long format, la dague dans la main et la main dans la braguette. Après deux démos initiales entrecoupées en sandwich d’un EP (Bearers Of Black Arts en 2010, Rites Of Barbaric Demons en 2011 et The Premonition en 2012), les romains ont donc pris le temps pour nous préparer un premier longue-durée qui en disait long sur leurs aptitudes à choquer (Throne of Demonic Proselytism pas finaud, mais plutôt chaud), avant de se répandre en coffrets et compilations, histoire de combler ceux qui commençaient à trouver le temps long ( Burnt Vitriol - A Relics Compendium). Mais en février de cette prochaine année, les fans assoiffés sauront étancher cette soif d’impureté, grâce à la mise sur le marché d’un Poisoned Atonement toujours aussi fielleux et malmené, qui une fois encore, brouille les pistes entre les genres pour imposer le sien, toujours brutal, souvent fatal et légèrement létal. Pas de véritable surprise à attendre d’une telle réalisation qui confirme tout le bien du mal qu’on pensait des italiens, mais une étonnante maturité qui vient nous fouetter le visage, rapprochant même le trio de deux autre fameux, qui dès 1983 s’essayaient à l’exercice périlleux de l’extrême nauséeux (« Poisoned Atonement (Purged in Molten Gold) », joli croisement entre HELLHAMMER et BATHORY). Dotés d’une production parfaitement honnête, les trois vestales poilues du malin cornu nous enchantent donc une fois encore de leurs hymnes repus, et balancent rythmique sauvage sur riffs en naufrage, privilégiant toujours cette gravité de ton qui leur va si bien dans le fond. Une pelletée de titres qui jouent la simplicité, mais qui ne manquent pas d’ambition, et qui font resurgir les plus mauvais côtés cachés en nous, nous obligeant à faire face à notre nature fondamentale de bêtes en rut.

Difficile de gloser sur une musique prônant la dualité d’une extrême simplicité transcendée d’aspirations progressives plus ou moins avouées, tant le ressenti est plus important que l’analyse. Mais il est quand même utile de noter que lorsque les instrumentistes s’en remettent plus à la débauche qu’à l’ébauche, le résultat est méchamment probant, spécialement lorsque les influences des SARCOFAGO et autres dignes représentants de l’école sud-américaine se placent en avant-plan (« The Last Hymn to Eschaton »). On note de ci de là quelques arrangements enrichissants, mais la crudité est toujours la valeur la plus prisée, transformant ce deuxième longue-durée en orgie tout sauf bâclée, avec pénétrations bien huilées et cris de jouissance incontrôlés («Fiery Herald Unbound (The Victorious Predator)» et son riff bien malmené par des blasts éjaculatoires en saccades épongées). Bref, en substance, et puisqu’il faut bien leur trouver quelques qualités civilisées, les DEMONOMANCY poursuivent avec brio leur entreprise de décadence de la civilisation, s’en remettant parfois à des ambiances dignes d’un Black Doom en présence (« Fathomless Region of Total Eclipse », belle atmosphère occulte qui privilégie des vocaux murmurés et des notes en son clair étouffées), et sans brider une inspiration qui les pousse à s’incruster plus que de raison (les sept minutes du final « Nefarious Spawn of Methodical Chaos » qui passent en revue tout ce que le Thrash et le Death blackisés ont de plus mauvais à nous enseigner). De ce magma putride de noirceur chérie, émerge donc une œuvre tout à fait aboutie, moins primaire qu’elle n’en a l’air, mais aussi barbare qu’une partie de jambes en l’air dans une forêt nocturne qui dégénère en messe noire diurne.

Toujours aussi respectueux des codes en vigueur dans les Hadès enfouis d’une humanité encombrée de pleutres et autres mijaurées du riff planqué, Witches Whipping et les siens s’en sont allé puiser au plus profond des tréfonds de l’âme inhumaine de quoi nous pervertir et nous malmener, tout en abordant leur tâche avec le sérieux exigé. Ils composent, et ne se contentent pas de décomposer, troussent les vierges et des hymnes à l’hédonisme débridé, mais parviennent à nous convaincre que si l’apocalypse est bien pour demain, notre nouveau maître saura nous montrer le chemin («The Day of the Lord », sorte d’adaptation musicale d’un The Omen au Damien vraiment remonté contre les chrétiens, et louant sa propre cause de chœurs martiaux lointains), et nous, en braves brebis noires les suivons sur le chemin qui mène de la pénitence au sacrifice humain. Ceux concédés par les italiens sont quand même largement pardonnables, d’autant plus que leur musique à cheval de trois entre un Black modéré et un Thrash/Death bousculé est salement bien interprété, les olibrius n’étant pas que de simples provocateurs à deux sous. Les hordes italiennes s’apprêtent donc à déferler sur un monde éberlué, et à conquérir une nouvelle portion d’adeptes, prêts à les croire sur parole au nom d’un méchant Black n’Roll. De l’épaisseur, de la ferveur, une conviction de malheur, pour un second LP qui confirme qu’ils sont bien les enfants illégitimes d’un diable incarné.


Titres de l'album:

  1. Intro - Revelation 21.8
  2. Archaic Remnants of the Numinous
  3. The Day of the Lord
  4. Poisoned Atonement (Purged in Molten Gold)
  5. The Last Hymn to Eschaton
  6. Fathomless Region of Total Eclipse
  7. Nefarious Spawn of Methodical Chaos

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par mortne2001 le 23/02/2018 à 14:59
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