Avant de partir en vacances, je devais au moins m’en jeter une petite dernière. Et je ne me sentais pas d’humeur à batifoler en terrain joyeux et fleuri, alors j’ai pioché au hasard des tags sur mon vk favori pour vous quitter sur une note bien lourde et glauque. Grand bien m’en a pris, puisque j’ai ainsi déniché un groupe qui pratique un Hardcore vraiment dense et tendu, aussi sombre que puissant, mais indéniablement Noisy et créatif en même temps. Les THE TOOTH nous viennent de l’Oklahoma, s’y sont formé en 2011, et depuis ont proposé un certain nombre de sorties (Sheol en 2013, « Wrong » en single digital en 2014, et No Slave en 2015), qui ont posé les jalons d’un Core vraiment dirty et agressif, qui aujourd’hui trouve une sorte d’apogée dans cette tape débordant de vilénie et de haine par toutes les pistes. Mais heureusement (ou malheureusement) pour vous, elles ne sont qu’au nombre de quatre. Ce qui suffit amplement pour jauger le potentiel de ce quatuor aux intentions malsaines. Cette Promo Tape 2017 nous détruit les tympans pendant onze petites minutes, mais le groupe n’a rien laissé au hasard. Josh Lehew, Chris Jaeger, Austin Kelsay et Vincent Ciarlo ne nous ont toutefois pas pris en traître, puisqu’ils citent quelques références notables sur leur page Facebook, en énumérant les immanquables CONVERGE, CULT LEADER, GAZA et BOTCH, qu’ils agrémentent de pointillés YAUTJA, et même d’un surprenant point final GOJIRA, qui en dit long sur l’influence de nos chouchous à travers le monde. Mais il est certain que la puissance développée par cette cassette est impressionnante, et pourrait faire réfléchir les frères Duplantier en termes d’orgie sonore méthodiquement agencée.

« Musicalement », l’affaire est simple et complexe à la fois. En se basant sur une rudesse de ton si chère aux BOTCH, NAILS, et autres PRIMITIVE MAN, les THE TOOTH brodent des thèmes cauchemardesques, qui pourraient parfois s’apparenter à un genre de Mathcore très Noisy et cathartique, bien que la complexité instrumentale ne soit pas une obsession pour eux. Ils préfèrent l’efficacité de plans souvent aussi rageurs qu’une crise existentielle Powerviolence totalement assumée, et d’autres plus symptomatiques de l’esprit maladif d’un UNSANE qui semble revenir dans le giron d’horizons tout aussi plombés qu’à leurs débuts. C’est donc fatalement chaotique, éminemment bruitiste, avec force feedback, stridences, hurlements vocaux, à tel point qu’on frise l’overdose, et qu’on se frotte même en se piquant à un genre de Crust blackisé, sans toutefois tomber dans le piège de mouvements à la mode. Mais comme à la rigueur, l’optique générale est fort bien exposée dès l’entame « Eliminating Human Pretension », vous comprendrez assez vite le leitmotiv de ces américains qui ne conçoivent la musique que comme un moyen d’expression primal, qu’ils utilisent à pleines possibilités de haine et de colère.

Rythmique inépuisable et polyvalente qui explore toutes les combinaisons de fills et breaks épileptiques possibles (« Apocalyptic Salvation »), précédant des écrasements et tassements dignes d’un Hardcore abrasif au possible, son de guitare rugueux mais intelligible, basse qui grogne et vrombit en arrière-plan d’une distorsion excessive, et soudaines flambées de violence, pour une Tape Promo qui ne ménage pas ses efforts. Bien sûr, rien n’est inédit ici, et le tout ressemble à une valse sans hésitation entre l’instabilité d’un CONVERGE et l’assurance nihiliste d’un NAILS, mais l’implication des musiciens dans leur entreprise de déstabilisation est assez impressionnante, tout comme le son global qui recouvre entièrement vos tympans pour les malmener à outrance.

Le spectre de CONVERGE est d’ailleurs parfois très présent, mais vite enchaîné à son propre souvenir, spécialement lorsque « Apathy-Empathy » reprend peu ou prou la même technique d’entame traumatisante que celle utilisée sur Jane Doe via « Concubine/Fault And Fracture », mais les originaires de l’Oklahoma ne sont pas de vulgaires plagiaires pour autant, puisqu’ils brisent le moule pour en couler un beaucoup plus difforme et permettant de se déguiser en parfait petit malfaisant Noisy anonyme dans une foule toujours plus avide de violence et de dissonance. La fin de ce morceau est d’ailleurs d’une écrasante pesanteur, faisant passer les BOTCH pour de gentils faiseurs émotifs, avant que la conclusion « Flannelmouth »ne revienne dans le giron du chaos total. Parvenu à ce point, on se dit que les débuts HC urbains de NYC trouvent encore un écho aujourd’hui dans l’horreur palpable du Chaotic Core contemporain, qui ne se lasse pas de puiser à la source les raisons de sa colère la plus hideuse.

Quatre morceaux pour onze minutes de chaos, c’est court, mais on apprécie quand même l’effort, qu’on aurait souhaité un peu plus prolongé. Mais avec le succès généré par cette livraison 2017, gageons que les THE TOOTH n’auront pas à perdre les leurs pour que la petite fée des dents vienne leur déposer sous l’oreiller de quoi enregistrer un longue durée. En attendant ce jour, préparons quand même les cachets pour la migraine, nous allons en avoir salement besoin.


Titres de l'album:

  1. Eliminating Human Pretension
  2. Apocalyptic Salvation
  3. Apathy-Empathy
  4. Flannelmouth

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 06/09/2017 à 18:21
78 %    46

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Bocchi
membre enregistré
07/09/2017 à 13:10:39
Excellente chronique ! En tout cas ça donne salement envie, je vais m'écouter ça, parce que les influences du groupes me parle vachement et c'est un sacré euphémisme hehe

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