Voilà encore un groupe que je ne pourrai honorer d’une biographie digne de ce nom, puisque leurs pages officielles ne dispensent pas grand renseignement à leur sujet. Né en 2011, le projet SAMARIUM (ou SAMARIUM 62 selon les sources) nous en vient de Hawthorne, ville du comté de Los Angeles, Californie, et a sorti ce que je pense être son premier album début 2019. Pour info, le samarium est un métal rare, de numéro atomique 62, et peut donc sembler un choix de nom assez étrange pour un groupe, sauf que le dit métal se retrouve dans la composition des micros de guitares électriques, ceci expliquant sans doute cela, ainsi que dans les barres des réacteurs nucléaires. Le couplage des deux utilisations nous aiguille donc vers un Heavy Metal teinté de férocité, soit une forme très larvée de Speed/Thrash, ce qui est exactement le cas. D’une ossature en trio/quatuor selon les indices glanés (Alex Hurtado - batterie, Brian Fierros - chant, et David Deleon - basse, sur leur page Facebook et éventuellement Pablo Marquez - guitare, sur leur Reverbnation), les SAMARIUM jouent donc le jeu d’une certaine nostalgie, invoquant aux agapes d’un Metal US les spectres d’influences de SEPULTURA, SLAYER, EXODUS, MEGADETH, CANNIBAL CORPSE, BRUJERIA, ANTHRAX, DEATH, THE BEATLES, PINK FLOYD, PANTERA, NILE, MUNICIPAL WASTE, LED ZEPPELIN, BLACK SABBATH, IRON MAIDEN, METALLICA, KISS, OZZY OSBOURNE, PANTERA, ou D.R.I., même si cette énumération se doit d’être teintée d’un peu d’objectivité. Si les noms d’EXODUS, MEGADETH, SLAYER, MUNICPAL WASTE ou D.R.I sont employés avec justesse, le reste des références s’apparente plus à des goûts personnels qu’à de réelles sources d’inspiration, et en substance, le Metal des californiens, mordant, claquant, évoque aussi la clique des OVERKILL et EXCEL, avec ce je-ne-sais-quoi de Metal ibère et lusophone, le tout emballé dans une attitude légèrement Punk rappelant la période de transition du Hard Rock US de la charnière 85/86.

Encore une fois, aucune recherche d’originalité, puisque l’efficacité semble avoir été érigée en vertu majeure. On retrouve donc au menu de cet introductif Right to Get Violent pas mal de violence instrumentale, des poses radicales et des prises de position sociales, pour un ballet de l’outrance qui respecte les règles de la bienséance, tout en troussant des ambiances gentiment délétères. Pas de quoi fouetter un James Hetfield ou lacérer un Kerry King, mais largement de quoi enthousiasmer les fans d’un Speed/Thrash passéiste juste ce qu’il faut. Une certaine aisance pour passer des plans les plus rapides aux inserts Heavy presque lyriques, dans une tentative intéressante d’unir dans un même élan la théâtralité d’un LIEGE LORD et l’immédiateté d’un HALLOW’S EVE. Quelques idées mosh qui traînent de çà et là, mais aussi beaucoup de pertinence dans le déroulé, qui s’articule autour de compositions faussement simples mais concrètement progressives, aux thèmes accrocheurs et à l’implication totale. Il faut dire que le groupe s’y entend comme personne pour trousser des riffs qui tournoient comme des vautours, tout en soignant des soli parfaitement exécutés, sur fond de chaos instrumental qui pourtant répond à une logique implacable. Viscéral donc, bestial par moments lorsque la cadence s’accélère pour se rapprocher des exactions sud-américaine, et une belle lucidité de ton, le tout renforcé d’un chant qui module et couvre un spectre stylistique assez intéressant. Les qualités de vocaliste de Brian Fierros sont donc l’un des points d’orgue de ce premier LP, le chanteur pouvant tour à tour faire penser à David Wayne, à Bruce Dickinson, Paul Arakaki, mais aussi Zetro Souza, et pas mal d’autres signatures symptomatiques de ce crossover que le groupe souhaite proposer. Car il est bien question ici de mélange des genres, même si le Thrash modéré reste l’approche privilégiée, nous permettant d’apprécier des hymnes à la fougue sauvage (« Stand Up Fight Back »).

Et en restant dans des balises temporelles raisonnables, le trio/quatuor joue donc la concision avec beaucoup de précision, mais aussi avec un naturel assez séduisant. Ainsi, le hurlement d’intro de Brian sur l’ouverture Heavy de « Special Kind of Devil » suggère une admiration pour le JUDAS PRIEST des années Painkiller, alors même que la rythmique claquante en arrière-plan s’ancre plus dans une tradition new-yorkaise de Hardcore que d’un héritage métallique typiquement californien. La production, un peu bordélique dose quand même assez bien les proportions, et permet à la basse de taper le duel avec les guitares, pour asseoir un peu plus cette emprise Punk à laquelle le groupe semble tant tenir. Si certains auditeurs auront peut-être du mal avec les velléités lyriques de Brian qui aurait tout à fait eu sa place au sein d’AGENT STEEL ou ABATTOIR, tout le monde se réconciliera autour de cette énergie venant des tripes qui permet de catapulter le projet dans une dimension naturelle formellement prenante. Et comme les musiciens ont pris leur temps pour élaborer un répertoire varié mais cohérent, Right to Get Violent déroule sur du velours, et nous entraîne d’un Speed létal à un Thrash fatal, tenant la corde quel que soit le domaine, et parvenant toujours à trouver des plans percutant, et des idées fédératrices. Ainsi, l’alternance de violence de « Blood Countess » et la lourdeur pachydermique de « Friend or Foe » représentent une dualité intéressante, et surtout, la preuve que les SAMARIUM sont bien plus qu’un combo Thrash old-school de plus.

Hargneux comme une scène californienne passant sans opportunisme de la radiophonie et du make-up à une réalité Metal très concrète, solide comme une NWOBHM adaptée aux standards américains et déviant vers les extrêmes avec beaucoup de franchise (« At War With Myself », et son accélération purement VIO-LENCE, sur fond de mid tempo à la PANIC), ce premier jet fait montre d’une diversité intéressante, et sait aussi développer des climats sombres et aimablement théâtraux (« Frantic Schizophrenic »). Un batteur qui connaît la musique et qui joue comme le proverbial lapin Duracell avec l’inventivité des percussionnistes qui refusent de souligner le tempo comme des corniauds, un bassiste qui fait vrombir ses cordes comme un new-yorkais pur souche, un guitariste qui n’a pas le médiator dans sa poche et qui brille en groupe pour mieux étinceler en solo, et un chanteur aux mille visages qui s’adapte à l’approche, pour un groupe qui finalement, mérite mieux que l’anonymat mondial dans lequel il est plongé malgré une carrière émaillée de rencontres fameuses. D’autant que ces quatre-là s’y entendent comme personne pour suggérer une folie collective contagieuse (« United We Thrash », le genre d’hymne que les MUNICIPAL WASTE composent à longueur de temps), et nous laisser la mine radieuse et le verbe haut, pour chanter leurs louanges et propager leur nom au-delà de leurs frontières. Un album recommandable pour un groupe ne l’étant pas moins, et une certaine façon de réconcilier la Californie et New-York sans jouer les agents doubles.     

  

Titres de l'album :

                         1.Special Kind of Devil

                         2.Blood Countess

                         3.Friend or Foe

                         4.At War With Myself

                         5.Frantic Schizophrenic

                         6.Sangre Por Sangre (Blood for Blood)

                         7.Bomb 62

                         8.Stand Up Fight Back

                         9.Violence

                         10.United We Thrash

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par mortne2001 le 18/02/2019 à 16:11
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"IronBonehead est vraiment un bon label qui déniche des fvcking pépites"

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