On peut toujours faire confiance aux bargeots de Horror Pain Gore Death Productions pour dénicher les groupes les plus sales, les plus pervers, et les plus bruitistes de la création. J’ai largement abordé leur cas déviant dans bon nombre de mes chroniques, et le simple énoncé de bourrins comme MAGGOT CASKET, MOUNTAIN GRAVE, PLAGUEWIELDER, SACRIFICIAL SLAUGHTER, TERMINATION FORCE ou TRAITOR suffira à votre mémoire pour tressaillir d’horreur. Et comme je ne suis pas vraiment du genre à te ménager cher lecteur, sache que l’écurie de Philadelphie s’est encore surpassée pour ajouter à son cheptel un animal bâtard, à la jonction des genres les plus affolés de notre Metal préféré, en chinant du côté de Détroit pour en ramener un boute-en-train au joufflu solide, suffisamment pour supporter les coups de sabot d’une jument pas trop décidée à se faire déflorer. La jument, métaphore oblige, ce sont vos tympans, qui vont être mis à rude épreuve de l’expérience de ce premier LP, celui des allumés de SEKKUSU. Formé en 2015, ce trio de malades mentaux s’amuse donc à repousser les limites du mauvais/bon goût musical, en mixant des influences disparates au sein d’un creuset de folie instrumentale aussi dément que catchy. Ainsi, Leather Intruder (basse/chant), Hijinx Hammer (guitare) et Dismal Deathraid (batterie) s’acharnent depuis 2016 à prouver que la multiplication infamie par provocation peut produire une musique efficace et expurgée de toute prétention technique, collant les époques grâce à d’épais gaviots Punk, tout en gardant cette puissance totalement Metal sous le coude. Et après deux démos, la même année (6/6/16 Rehearsal Demo et Fukk on Loud Night), puis un EP deux ans plus tard (Slash the Pose), les trois allumés reviennent avec un premier LP, à la durée raisonnable, mais à l’intensité qui ne se dément pas pendant une petite demi-heure, réduite à moins de vingt-cinq minutes.

Leur label n’est d’ailleurs pas dupe, et tient à attirer dans ses filets le chaland psychopathe en nommant quelques influences qui mettent la bave à la bouche. Affiliant ses nouveaux poulains à des références traditionnelles comme THE ACCÜSED, ANTI-CIMEX, BOLT THROWER, CELTIC FROST, DEATH SIDE, DESTRUCTION, DEVIL MASTER, DISCHARGE, G.I.S.M., REPULSION ou les premiers SLAYER, Horror Pain Gore Death Productions ne fait pas dans la dentelle, mais se montre assez précis, quoiqu’après écoute attentive du produit en question, une association me titille l’imagination. Celle des AGNOSTIC FRONT des premières années avec l’IMPALED NAZARENE le plus paillard, ce que ce Crust à tendance Speed et Death ne fait que confirmer dès ses premières mesures. Inutile de jouer les finauds, la principale qualité d’un combo de graisseux comme SEKKUSU est cette capacité à aller jusqu’au bout des choses, à prôner l’exagération tout en assumant quelques prétentions techniques, tout du moins celles qui permettent de respecter le tempo, les quelques mélodies et les mesures. Et avec des morceaux qui la plupart du temps dépassent à peine les deux minutes et qui sont basés sur un ou deux riffs majeurs, inutile d’attendre de la prétention dans la perfection, mais plutôt une débauche sonique de premier ordre, sorte de lupanar géant pour oreilles souillées régulièrement et depuis très longtemps. En adaptant les théories furieuses du Speed à tendance Hardcore des mid eighties aux exigences du Death/Grind le plus traditionnel, et jouant le tout comme une bande de freaks sous allumage Crust, les SEKKUSU se travestissent en vilains gentils, ou en gentils méchants, et nous emballent de leur énergie qui ne se dément jamais.

Outre une guitare qui n’a pas oublié les enseignements rudimentaires de DISCHARGE et de HELHAMMER, le point fort de cette première réalisation est la voix dégueulée de Leather Intruder, qui parvient à réconcilier les régurgitations de CRONOS et le phrasé agressif de Roger MIRET, pour aboutir à une sorte de litanie Punk/Thrash/Hardcore de premier ordre, qui transcende des plans simples hérités de la scène Crust anglaise. Attendez-vous donc à une bonne calotte dispensée par de courtes tranches de violence, et prenez quand même le temps de savourer la douleur infligée par une horreur comme « Psywarfare », qui pousse les concepts de WARFARE dans leurs derniers retranchements, signant un pacte de confiance mutuelle entre les écoles Thrash, Speed, Black, et toute autre excroissance peu recommandable des eighties. Schématisant à outrance l’exubérance de l’extrême le plus crade et sans politesse, Satyromania est à l’image de son titre, et évoque un gros pervers planqué derrière un arbre de la cour de récréation Heavy Metal, exhibant son sexe Punk turgescent à tous ces élèves trop polis pour courber le solfège à leur propre perversion. Bruyant mais sympathique, cruel mais bon enfant, ce Metal aux forts relents Hardcore est donc une adaptation libre de tous les dogmes underground, et atteint parfois les sommets de l’intensité, lorsque déboule sans crier gare le brûlot « Overcharger ». Mais s’ils sont adeptes d’une vitesse déraisonnable, les SEKKUSU savent aussi aménager quelques intros bien lourdes à la CELTIC FROST, avant de reprendre leur course de dératés (« Possessed By Death », tout y passe, Thrash crado, Grind chaud, Crust de salauds et Hardcore de mythos), voire même accélérer le tempo s’ils vous sentent un peu pataud (« Night of 100 Candles »).

Saillies instantanées pour dégénérés en manque de stupre (« Rotting In Chains », mais comment fait-il pour vomir avec autant d’élégance ?), répétitions dans la plus grande tradition du Crust UK et suédois (« Chaoswielder », pourquoi changer une formule qui nous fait bander ?), et final un peu plus ambitieux que le reste, mais toujours symptomatique de cette envie de délocaliser VENOM sur un terrain plus Core (« True Northern Bastards »). Et finalement, Satyromania aussi concis, simpliste et linéaire soit-il, convainc de son énergie de tous les diables, et fait la nique aux formations actuelles se revendiquant d’un passé fameux, mais incapables de sublimer leurs influences formelles. Cette envie, cette rage, ce manque total de dignité et de finesse sont des arguments tout à fait recevables et délectables, et ce premier album est de ceux dont le rayonnement brutal marque les esprits, les moins sujets à une quelconque crise de moralité. Du cul pour les oreilles, du sexe pour l’âme, et une éjac surprise qui éclabousse le visage et laisse pourtant le faciès souriant. Et ils fournissent même le sopalin et le câlin sous la forme d’une outro acoustique romantique les sagouins !

        

Titres de l’album :

                         1. Unite The Tribes

                         2. Psywarfare

                         3. Overcharger

                         4. Possessed By Death

                         5. Night of 100 Candles

                         6. Rotting In Chains

                         7. Chaoswielder

                         8. Krüsher Libator

                         9. Street Valkyr

                         10. True Northern Bastards

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 05/10/2019 à 14:26
82 %    44

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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

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