Lorsque les membres d’un groupe ne s’entendent plus, ils splittent. Lorsque deux groupes s’entendent bien, ils splittent.

Les premiers le font pour des questions d’argent ou de divergences musicales, les seconds pour une question d’argent et de convergence musicale.

C’est marrant la sémantique en fait…

Qui dit split, dit union entre plusieurs combos pour partager des vues différentes et/ou similaires sur un même/plusieurs styles musical(aux). C’est de plus en plus répandu, spécialement au sein d’un courant plus ou moins extrême ou underground, et ça satisfait à peu près tout le monde. Encore faut-il que l’auditeur potentiel s’y retrouve, et aime autant l’un que l’autre.

Mais si l’un des deux joue une musique qui ne vous satisfait pas, il vous reste quand même une bonne moitié à apprécier.

Et dans le cas de ce split Franco-Japonais, vous n’avez pas d’inquiétude à avoir, les deux vont certainement vous combler de joie.

La France d’un côté avec les HANGMAN’S CHAIR, des Parisiens pur jus qui agitent la scène depuis 2009, et qui semblent avoir une existence féline, marqué par plusieurs renaissances. Plusieurs sorties à leur actif, Leaving Paris en 2009, Hope/Dope/Rope en 2012, et le très acclamé This Is Not Supposed To Be Positive il y a deux ans.

Le Japon de l’autre, avec les GREENMACHINE, et leur nom tiré d’un morceau de KYUSS, qu’ils semblent vénérer. Une carrière un poil plus longue et dominée par des tonalités plus obscures, entamé en 1995 avec un premier LP, D.A.M.N, suivi de The Earth Beater en 1997. Puis…split, et résurgence en 2003 avec un nouveau line-up et un The Archives Of Rotten Blues, qui une fois de plus, les mena à l’impasse.

Depuis, des réunions, des concerts, un nouvel EP, et un morceau unique que l’on retrouve ici. En gros, deux trajectoires différentes, deux univers qui ne le sont pas moins, et deux conceptions d’une musique relativement sombre, plutôt mélancolique dans le cas des Parisiens, et résolument hermétique dans celui des originaires de Kanazawa.

Ce split est une œuvre d’art à part entière. Musicalement bien sûr, puisque son contenu est d’importance, mais aussi artistiquement, dans une splendide version vinyle que je vous conseille de vus procurer le plus rapidement possible avant qu’elle ne devienne un collector très prisé et hors de prix.

Deux versions sont proposées, l’une en Europe via le label des HANGMAN’S CHAIR, Music Fear Satan, l’autre CD en Asie, par l’intermédiaire de Daymare Recordings. En gros, deux moyens de se procurer le nouveau témoignage de deux groupes d’importance, chacun isolé dans son créneau, mais réunis dans un même élan de créativité qui permet à cette sortie de se différencier de la kyrielle de publications qui inondent l’underground un peu plus chaque jour.

Pochette sublime, packaging soigné, et surtout, des compositions qui valent la peine d’être écoutées et disséqués, et qui révèlent deux caractères farouchement opposés qui se rejoignent pourtant sur certaines inflexions.

Lesquelles ?

Celles d’un Metal vintage, assez Stoner et harmonieux pour les HANGMAN’S CHAIR, et Sludge/Stoner poisseux et Doom capiteux pour les GREENMACHINE.

Il y en a donc pour tous les goûts, alors servez-vous, une face, l’autre, ou les deux, c’est selon.

D’abord, nous traînons avec Cedric Toufouti (chant), Mehdi Birouk Thépegnier (batterie), Clément Hanvic (basse) et Julien Chanut (guitare) pour qu’ils nous racontent leurs deux histoires, « Give & Take » et « Can’t Talk » en face A, et un sacré voyage en terre 90’s, avec des références inévitables aux influences CROWBAR, ACID BATH et autres décalés d’un Rock pas vraiment fermé, mais pas totalement ouvert non plus.

Un gros son, des compositions qui mélangent lourdeur emphatique et harmonies lymphatiques, truffées de clins d’œil à ALICE IN CHAINS, à la scène Stoner des nineties, mais aussi à leurs confrères de 7 WEEKS, dans une version plus pesante et éprouvante, sans se départir d’une légèreté d’interprétation indéniable.

Ces deux morceaux sont assez symptomatiques de leur démarche depuis leurs débuts, mais se veulent séduisants dans la résignation, un peu comme si une forme de Stoner introspectif affrontait les traumas d’un Post Grunge encore plus larvé que pendant ses heures de gloire furtives.

Sept minutes et quelques pour le premier, qui offre une très jolie progression marquée par de nombreuses évolutions rythmiques, et une avancée qui se termine dans un écoulement harmonique subtil et fragile, poétiquement admirable et presque Post Metal, et musicalement apaisé. Chant en volutes de falsetto, dédoublement vocal et grondement en arrière-plan qui s’accroche à un Sludge compact et grondant.

Plus concis, « Can’t Talk » ne parle effectivement pas, mais joue, un peu NEUROSIS dans la bande son, mais toujours très contemplatif et éthéré dans le ton. Bonne opération pour les Parisiens qui tirent leur épingle du jeu et confirment tout le bien qu’on pense d’eux.

B-side, et nous retrouvons Datsu (batterie), Monzawa (chant, guitare), Yoshikawa (basse) et Max (guitare), pour une seule entrée qui ne fera pas exception à la règle de leur carrière.

« Red Eye », et ses onze minutes et onze secondes de litanie Sludge/Doom/Stoner s’inscrit dans la plus droite lignée de leurs publications antérieures, même si l’emphase est mise sur la puissance énorme d’un moteur de riffs qui perforent le silence.

Complémentaires de nos frenchies, mais beaucoup plus absolus, les Japonais de GREENMACHINE ne font pas dans la demi-mesure et provoquent le spectre d’une lourdeur extrême, traînant ses chaînes dans les corridors d’un château hanté par les esprits des SOILENT GREEN, de SLABDRAGGER et autres EYEHATEGOD.

C’est évidemment pesant mais pas inamovible, et d’une musicalité certaine, malgré la moiteur ambiante assez éprouvante qui n’épargne pas les coups de colère en coups de boutoir qui malmènent nos cervicales. Epais, lourd mais conséquent, et surtout, suffisamment mouvant et hurlé pour ne jamais lasser, malgré le timing desserré. Cassure acoustique et final dantesque, dans une dernière poussée de nihilisme Doomcore. Une belle carte jouée par les Japonais qui ont capitalisé sur leur créativité pour s’imposer.

Mais le match est nul. Non qu’il n’ait eu aucun intérêt, mais aucun gagnant ne s’est imposé. Et finalement, le vainqueur c’est toi cher auditeur qui te repaît d’une bonne dose d’underground bien tassé, te permettant de te faire une idée sur une scène si vaste qu’elle peut relier Paris à Kanazawa en un seul disque pas si pressé que ça..

Qui ne provoquera aucun split entre toi et ta passion pour un genre de Stoner/Sludge en fusion.


Titres de l'album:

  1. Hangman's Chair - Give & Take
  2. Hangman's Chair - Can't Talk
  3. Greenmachine - Red Eye

Hangman's Chair Facebook

Greenmachine Facebook


par mortne2001 le 31/03/2017 à 17:23
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Excellent report, passionnant à lire !


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