The One

Arctic Rain

07/08/2020

Frontiers Records

Si les années 80 vous manquent une fois de plus, si vous n’êtes pas encore saturé par la vague des talentueux suédois qui chaque semaine prouvent leur suprématie sur la nostalgie musicale, alors empressez-vous de jeter deux oreilles sur le premier LP des ARCTIC RAIN, qui plus qu’une pluie arctique, vous proposent une aurore boréale de mélodies musclées. Une musique clairement ancrée dans les années de gloire du Hard-Rock mélodique, une interprétation hors-pair, et surtout, un sens de la composition affûté qui n’a rien à envier aux Vinnie Poncia, Richard Marx et autres Desmond Child, pour un melting-pot extraordinaire de tout ce que les eighties ont proposé de plus brillant et chatoyant, et un trip ultime dans les premières places du Billboard avant que le Rock n’en disparaisse presque à jamais. Fondé par trois musiciens aguerris (le claviériste et compositeur Pete Alpenborg, le guitariste Magnus Berglund et le chanteur Tobias Jonsson), ARCTIC RAIN est rapidement devenu quintet après l’adjonction du bassiste Gert Daun du batteur Jonas Jönsson, et nous propose aujourd’hui son premier longue-durée, parrainé par les italiens de Frontiers qui ont vite senti que le groupe se sentirait à l’aise dans leur écurie. Il faut dire que le groupe suédois à de sévères allures de pur-sang capable de gagner toutes les courses, et avec de sérieuses références, des influences marquantes mais revendiquées, et une aptitude à composer des tubes aussi facilement que de respirer, The One mérite amplement son titre, et s’avère sortie cruciale du mois d’août en termes de Hard Rock mélodique et d’AOR.

Principalement composé par Pete Alpenborg (qui a bossé entre autres avec REVOLUTION SAINTS, HOUSE OF LORDS, ISSA, ALL 41, TOBY HITCHCOCK, SUNSTORM, et KEE OF HEARTS), le répertoire de The One est impeccable et immaculé, et bénéficie d’une production qu’on croirait directement sortie de studios californiens d’il y a trente ans ou plus. Mais les compositions ne seraient rien sans une interprétation impeccable, et entre la dextérité de Magnus Berglund et la voix puissante et gorgée de feeling de Tobias Jonsson, le tableau est complet, et le groupe nous déroule le tapis rouge dès les premières minutes. Humble, le groupe n’hésite pas à affirmer qu’il se veut synthèse de ses influences, et nomme WHITESNAKE, MR. BIG, FOREIGNER, TALISMAN, DEF LEPPARD, TOTO, TREAT, DOKKEN, WHITE LION, JOURNEY pour baliser le terrain couvert. Avec de tels noms dans la liste des idoles, la compétition est rude, pourtant, les suédois remportent la bataille haut la main, notamment en maîtrisant à la perfection cet art national du refrain qui tue. On a même le sentiment d’assister à la fusion du BON JOVI le plus glorieux et du JOURNEY le plus somptueux, à l’occasion d’un « Free My Mind », qui n’aurait pas dépareillé sur la BO d’un épisode clé de Miami Vice. Tout ici semble éclairé au néon, avec une fille plantureuse au regard de cristal allongé sur le lit, pendant que le héros remet sa chemise blanche virginale avant de lui déposer un baiser sur le front. L’image est cliché, mais la musique les évite tout en détournant les codes et les poncifs du Hard mélodique, et signe un manifeste de qualité absolue, évoluant entre Hard Fm, Hard mordant, AOR musclé et Heavy mesuré, ce qui confère à ce premier jet des allures de best-of déguisé.

De là évidemment découlent des évidences qu’il est inutile de coucher sur papier, puisque The One représente en quelque sorte la quintessence de l’art scandinave pour trousser des hits à la pelle, et les amateurs de mélodies ciselées jouées avec précision mais sans sacrifier la naturel reconnaîtront l’un des groupes les plus talentueux de sa génération pourtant chargée en héros mélodiques. Et avec son titre à la QUEEN, « Love Of My Life » déboule sans crier gare et ne joue pas la tendresse mais bien l’agressivité d’un Hard Rock tout sauf édulcoré, car les nombreuses harmonies jonchant l’effort n’en atténuent pas pour autant la puissance. Pas de niaiserie radiophonique ici, ni de trahison putassière en forme de concessions à la Pop trop facile, mais bien une œuvre de haute volée qui balaye la concurrence devant son propre porche. Et entre les riffs saignants de Magnus Berglund et le chant lyrique et poignant de Tobias Jonsson, l’ambiance n’est pas à la somnolence, mais bien au headbanging qui s’accorde très bien de refrains chantés à l’unisson. Evidemment, certains morceaux témoignent d’une connaissance approfondie du bréviaire eighties, mais en posant vos oreilles sur « Lost », vous penserez avec tendresse aux années BON JOVI, DOKKEN, TYKETTO et autres représentants d’un Rock accessible et séduisant. Loin d’une vulgarisation pour les masses, ce premier album s’adresse plutôt aux esthètes old-school en manque de souvenirs d’époque, et le tracklisting défile sans commettre de faux pas, s’autorisant évidemment des accalmies sur fond de synthé (« Friends »), sans jamais sombrer dans la mélasse des balades lacrymales (« Madeleine » qui rappelle quand même méchamment WINGER évidemment).

On a beau chercher, fouiller, traquer le moindre travers, on finit par s’avouer vaincu, puisque les musiciens en profitent même pour glisser des plans à la DREAM THEATER/HAREM SCAREM et montrer leur niveau sans trop pérorer (« Breakout »), et on en arrive vite au constat de perfection dans un domaine qui supporte très mal les approximations. Mais la perfection dans le créneau du Hard Rock mélodique est toujours très difficile à atteindre, ce qui ne fait que rendre la performance des suédois encore plus impressionnante, et il est possible et même certain que dans les années à venir, le nom d’ARCTIC RAIN soit cité en exemple. Difficile de faire son marché sur cet étal de tubes en puissance, desquels se dégagent une euphorie contagieuse, et une joie de jouer évidente. Les beats simples sont souvent jumpy (« Lift Me Up »), les soli incendiaires, et on ressort de l’écoute de ce petit miracle le sourire aux lèvres, et prêt à repartir du début pour replonger dans cette euphorie globale. Un disque à l’image de la production suédoise de ces dix dernières années, situé en haut du panier, et qui risque de demander des efforts considérables pour être surpassé.           

         

Titres de l’album:

01. Love Of My Life

02. Lost

03. Friends

04. Night After Night

05. Free My Mind

06. Give Me All Of Your Love

07. Lift Me Up

08. The One

09. Breakout

10. Madeleine

11. Take Me To Your Hear


Facebook officiel


par mortne2001 le 28/08/2020 à 17:57
90 %    466

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

SWAMP TERROR : La bête des marais !

Simony 16/07/2021

Interview

Palavas Surfers

RBD 16/07/2021

Live Report

Monarch ! 2009 + 2015

RBD 06/07/2021

Live Report

Electric Wizard + Verdun 2011

RBD 04/06/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : ENDLESS DIATRIBE

Jus de cadavre 30/05/2021

Vidéos

Open Bar Vol2 : Antoine Perron

Baxter 20/04/2021

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Gargan

Le clip, it was a good idea at the time, comme y disent les englishes.

02/08/2021, 15:18

Simony

oui pardon, problème de dyslexie sur le clavier... c'est corrigé !

02/08/2021, 15:14

Fabior destructor

Il s'agit bien de Thyrfing   , espérons qu'il soit bon

02/08/2021, 14:24

Simony

Groupe hautement sous-estimé et un titre qui les replace sur de bons rails, j'attends l'album avec délectation maintenant... 

02/08/2021, 11:19

KKMetal

Merci pour vos retours !On en tiendra compte pour la suite !Juste pour clarifier : Le podcast tente d'être "fun" comme une discussion de comptoir dans un bar et en format assez court !Vous pouvez nous replayer sur

02/08/2021, 10:04

Buck Dancer

De mon côté, de Grave, je retiens surtout "Soulless" que je prends encore plaisir à écouter à l'occasion. 

01/08/2021, 22:13

Humungus

Ah y m'semblait bien !Etonnant, il n'apparait nulle part sur METAL ARCHIVES...

01/08/2021, 12:55

RBD

Oui, j'ai écouté un certain nombre d'épisodes de DLSDD, c'est sans doute celui qui me botte le mieux dans ce que j'ai essayé au long du confinement. L'approche plus austère dans la forme et limite intello sur le fond me va pa(...)

01/08/2021, 00:43

Kerry King

Sinon HS mais pour aller dans le sens d'un commentaire plus haut, je fais aussi parti des fans de X Factor, perso Sign of the Cross est l'un de mes titres favoris de la vierge de fer, et Man on the Edge un des titres qui me donne une pèche d'enfer. 

01/08/2021, 00:26

Kerry King

C'est Duff des Guns qui tient la basse. 

01/08/2021, 00:22

Buck Dancer

J'ai pas écouté tous les épisodes mais c'est vrai que "Dans le secret des dieux" est plutôt agréable à écouter.Pour l'instant le meilleur reste, pour moi, "Métal Bunker " qui était toujours(...)

01/08/2021, 00:14

Bones

J'écouterai ce podcast sur le chemin des vacances.RBD : as-tu suivi "Dans le secret des Dieux" (par Sylvain Bégot, membre de Monolith) ? Je trouve ce podcast vraiment bien troussé, intéressant, posé, les arguments sont creusés, il y (...)

31/07/2021, 23:33

Humungus

C'est qui à la basse là ?

31/07/2021, 22:01

Humungus

Hé hé hé...Je trouvais bizarre aussi que tu mettes autant de temps à commenter ta propre news mec...

31/07/2021, 21:54

Kerry King

Ce mec est juste un génie et restera un monstre du genre.

31/07/2021, 19:24

Joni

Pour ma part après un seventh son qui confirmait la tendance mou du genou amorcée sur le précédent, les merdiques no prayer et fear of m'ont achevé... Le reste je n'en parle même pas. 

31/07/2021, 19:10

poair

Calmez-vous les chialeuses made in "up the irons".

31/07/2021, 18:31

RBD

Mentionner des sorties de groupes importants pour donner un avis négatif ne me choque pas - même si pour ma part ce FF est une petite bonne surprise par contre. C'est plutôt qu'effectivement ça balance beaucoup sans trop argumenter, avec une musique de fond par(...)

31/07/2021, 18:17

metalrunner

Pas finauds les mecs .

31/07/2021, 17:18

Simony

Moi ce qui me choque le plus c'est dire adorer le grand Maiden des années 90, donc les années où ils ont été les moins bons artistiquement et en plus balancer "Run To The Hills" pour illustrer ces années 90. Mais bon.... à la limite (...)

31/07/2021, 13:29