Tomorrow Never Comes

Touch

26/03/2021

Escape Music

Absolument TOUS les amateurs de Rock mélodique et d’AOR connaissent TOUCH. De nom pour certains, mais la plupart savent que le groupe a sorti l’un des albums les plus essentiels du genre à l’orée des années 80. Fondé sur les cendres d’AMERICAN TEARS, TOUCH se reposait alors sur trois individualités notables, Mark Mangold, Craig Brooks et Glenn Kithcart, les trois anciens compères du groupe susmentionné. Désirant élargir leur champ d’investigation musical, les trois hommes se sont alors orientés vers un AOR de grande classe avec leur premier éponyme paru en 1980 sur la major Ariola. Porté par les hits mineurs « Don’t You Know What Love Is? » et « When The Spirit Moves You », Touch, l’album, permit aux américains d’ouvrir pour la première édition du légendaire festival de Castle Donington, et de tirer le rideau pour des légendes comme SAXON, SCORPIONS, JUDAS PRIEST and RAINBOW. Tout semblait donc lancé sur les bons rails, mais même les contes de fée qui commencent bien ne finissent pas toujours pas une kyrielle de bambins et des sourires plein le visage. En effet, TOUCH finit par jeter l’éponge, pour que les musiciens se consacrent à d’autres projets…  

Mais en 2014, alors que Mark Mangold fut approché par les organisateurs du Firefest Festival pour interpréter quelques chansons de TOUCH en compagnie d’un backing-band purement suédois, l’idée de reformer le groupe dans sa configuration d’origine commença à germer dans l’esprit du chanteur/claviériste. L’idée fut enfin concrétisée en 2020, lorsque les quatre anciens compères se penchèrent sur la composition d’un nouvel album, ce Tomorrow Never Comes que vous risquez déjà de tenir fermement entre vos mains, trop heureux de retrouver les héros de votre enfance.

Signé par Escape Music, ardent défenseur du Rock mélodique le plus traditionnel, le quatuor s’est certainement senti poussé des ailes au moment de plaquer sur bande ses nouvelles compositions. On le sait, le temps n’arrange rien à l’affaire, et les faiseurs de tubes des années 80 ne sont pas forcément les artisans 2K les plus crédibles. Souvent, les artistes essaient de répéter une formule qui avait fait ses preuves des décennies auparavant, ou au contraire de choquer leur public en divergeant de leur ligne de conduite. TOUCH n’a pas hésité au moment d’élaborer ce second album, et s’est contenté de composer les meilleures chansons possibles, dont certaines peuvent largement défier les hits d’hier. Toujours fidèles à cet AOR de grande classe épaissi d’une guitare hargneuse, Mark Mangold (claviers/chant), Craig Brooks (guitare/chœurs), Doug Howard (basse/chœurs) et Glenn Kithcart (batterie/chœurs) nous proposent donc en 2021 une magnifique digression sur leur art ancien, et offrent une suite tout à fait logique au hit Touch, qui leur avait permis de lancer leur carrière avec panache.

Le son, bien évidemment beaucoup plus consistant et épais permet d’apprécier les arrangements dans un maximum de confort, mais ce sont surtout les mélodies qui prennent à la gorge, notamment celle qui orne le superbe et dramatique « Swan Song », qui n’est pas sans rappeler de son évolution et de son emphase le légendaire Explorer Suite de NEW ENGLAND. On sent aussi en arrière-plan du EUROPE de palais, piste accentuée par la voix de Mangold qui adopte parfois les inflexions les plus graves et sensibles de Joey Tempest. Inutile de jouer la surprise plus longtemps, TOUCH est en forme, et a une sacrée revanche à prendre sur le passé, ce qu’indique sans ambages l’ouverture tonitruante de « Tomorrow Never Comes ». Hit-song comme on pouvait en trouver sur le premier album du groupe, ce morceau sent l’énergie, la joie de se retrouver, et le plaisir de composer à nouveau des morceaux simples d’apparence, mais complexes de fond. L’attitude est ferme, la guitare acérée, le chant lyrique mais posé, et l’atmosphère générale est celle d’une fête donnée en l’honneur des années 80, les dernières à pratiquer cet hédonisme musical si cher au Billboard.

Plus qu’un simple revival pour augmenter les points retraite, Tomorrow Never Comes est un lendemain joyeux qui a fini par arriver, et ce titre en aveu en dit long sur la soif de revanche du quatuor. Leur lendemain, dans les années 80, n’est jamais vraiment venu, et cette année 2021 risque d’être celle de leur revanche, qu’ils méritent depuis longtemps. Cohésion redoutable, refrains fédérateurs, tout glisse sur la vague nostalgique, mais sans se noyer dans les rouleaux du vintage forcé. D’ailleurs, en s’appuyant parfois sur des riffs à la SURVIVOR/FOREIGNER, le groupe accepte l’évolution de son style, et se permet même de défier les rois suédois sur leur propre terrain avec l’imparable « Let It Come ».

Pas de réelle surprise donc, mais plutôt un panaché de capacités remises au goût d‘un jour plus exigeant qu’à l’époque. Entre ambiances tamisées et crises d’énergie, le groupe passe en revue toutes les composantes de son art, et nous livre une partition immaculée. Nous passons donc du cool radiophonique à la BON JOVI Classic Rock de ces dernières années (« Trippin’ Over Shadows »), aux longues suites héritées du Progressif des seventies, scène que les musiciens ont bien connue (« Frozen Ground »). Avec son heure de jeu, Tomorrow Never Comes aurait pu se montrer méchamment roboratif, mas la variété des compositions, et l’entrain des musiciens permettent d’évacuer les quelques doutes sur la constance de la qualité, qui se permet parfois quelques légèretés boogie du plus bel effet (« Lil Bit Of Rock ‘N’ Roll »).

Vous l’aurez donc compris, ça n’est pas la nostalgie d’une époque révolue qui nous fera apprécier ce retour en force, mais bien sa crédibilité. Les musiciens ne se sont pas contentés de relire leurs souvenirs avec plus ou moins de sincérité, mais ont relancé la machine pour lui faire atteindre une vitesse de croisière tout à fait respectable. Et si parfois, certains intermèdes sentent un peu la facilité, d’autres au contraire nous rappellent quel groupe magique fut TOUCH lorsqu’il sortit son éponyme début, et « Scream At The Sky » de ramener l’émotion à fleur de peau. Et comme les quatre potes ont la gentillesse de terminer leur sprint par un solide hommage au Hard Rock d’antan (« Run For Your Life »), on se sent pousser des ailes, et on s’envole au son de chansons qui acceptent le présent sans renier le passé. Un comeback qui fait vraiment plaisir, et une suite  tout à fait à la hauteur du premier chapitre historique.      

  

                                                                                                                                                                                                        

Titres de l’album:

01. Tomorrow Never Comes

02. Let It Come

03. Swan Song

04. Try To Let Go

05. Fire And Ice

06. Trippin’ Over Shadows

07. Frozen Ground

08. Lil Bit Of Rock ‘N’ Roll

09. Glass

10. Scream At The Sky

11. Wanna Hear You Say

12. Run For Your Life


Facebook officiel


par mortne2001 le 15/05/2021 à 15:23
90 %    136

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : les K7

Jus de cadavre 23/01/2022

Vidéos

Sélection rédaction Metalnews 2021 !

Jus de cadavre 01/01/2022

Interview

Devildriver

Baxter 26/12/2021

From the past

Voyage au centre de la scène : PENETRATOR

Jus de cadavre 19/12/2021

Vidéos

Unspkble + Rank

RBD 16/12/2021

Live Report

Anna von Hausswolff

RBD 08/12/2021

Live Report

Igorrr + Horskh

RBD 07/12/2021

Live Report

Fuzz in Champagne - épisode 2

Simony 27/11/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : Archives MORTUARY

Jus de cadavre 14/11/2021

Vidéos
Concerts à 7 jours
Existance + Rhapsody Of Fire + Manigance 25/01 : Le Ferrailleur, Nantes (44)
Nightmare + Rhapsody Of Fire + Manigance 26/01 : Rock School Barbey, Bordeaux (33)
Nightmare + Rhapsody Of Fire 28/01 : Le Metronum, Toulouse (31)
Nightmare + Rhapsody Of Fire + Manigance 29/01 : Jas'rod, Pennes Mirabeau (13)
Rhapsody Of Fire 30/01 : L'ilyade , Seyssinet-pariset (38)
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
RBD

Oui, cela doit avoir un lien avec ce retour de Dark Angel qui semble, cette fois, plus concret que la première tentative... Prions, dans l'attente de la Résurrection...Je n'avais pas réalisé qu'il était resté si longtemps dans Testam(...)

25/01/2022, 00:41

Arioch91

Il était surtout sous exploité dans Testament, lui et Steve DiGiorgio.Normalement, Dark Angel avait des dates en 2021 qui ont été repoussées cette année. Sans doute est-ce la raison qui l'a poussé à quitter Testament ?Et n(...)

24/01/2022, 19:26

Jus de cadavre

Un des meilleurs batteur Metal au monde selon moi. Sans vouloir être méchant, et même si j'aime bien le groupe, il devait un peu se faire chier dans Testament... Enfin je dis ça, je dis rien.En tout cas il a sacrément perdu du poids ces dernière(...)

24/01/2022, 19:18

Jus de cadavre

N'ayant pas connu la période cassette, même si j'en ai utilisé pour copier des cd (mes débuts avec un walkman encore à cassette...), je n'ai aucune attache à ce format que je trouvais ni pratique, ni de bonne qualité sonore. Je pense (...)

24/01/2022, 19:11

Kerry King

10 ans dans un groupe, c'était du jamais vu avec le pere Hoglan. 

24/01/2022, 18:35

Gargan

Il a l'air d'être tout gentil, pour du Deicide. Fronce les sourcils ! 

24/01/2022, 17:12

Gargan

Je rejoins le commentaire précédent. J’ajoute que, l’artwork ayant une place particulière dans le métal, plus la surface est importante… une partie pour moi de la raison de l’affection du vinyl.

24/01/2022, 15:01

Gargan

Je croyais que c’était une réformation d’un autre Sarcasm suédois (qui faisait du thrash), tant pis

24/01/2022, 14:53

Simony

Selon moi, cela tient plus de la hype. Par contre, à titre perso, j'aime bien ce format, la nouvelle démo de DIONYSIAQUE, par exemple, au format K7 c'est nickel, j'ai certains albums de Black Metal aussi comme ça, cela permet effectivement de distribuer pou(...)

24/01/2022, 08:29

Simony

L'épisode N° 3 est disponible ici :Sommaire

23/01/2022, 18:24

Simony

Chronique totalement partagée, j'avais écouté l'album par curiosité en trainant sur le Bandcamp de Iron Bonehead et il possible qu'il fasse parti d'un futur achat chez ce label que j'apprécie particulièrement pour l'authentic(...)

22/01/2022, 16:19

Humungus

"Faut dire que Ghost ont pas mal pompé sur BÖC"Sans oublié KING DIAMOND et DEATH SS.En ce qui me concerne : Le premier album (KÜÜÜLT !!!) pis c'est tout.

22/01/2022, 13:47

Invité

"Ixaltirud" est la première émanation du projet, une chanson évocatrice, avec un son méditerranéen et ésotérique.

22/01/2022, 10:19

Simony

Je suis également très client de leur musique, de leur univers très soigné, mais là j'avoue que ça me laisse de marbre. Ca ne m'empêchera pas de me pencher sur cet album une nouvelle fois mais avec beaucoup de réticences... 

22/01/2022, 10:06

Nekro Sapiens

@Hoover, faut dire que Ghost ont pas mal pompé sur BÖC. D'où la comparaison. Contrairement à tout le monde ici, je suis assez client de leur musique

22/01/2022, 09:55

Hoover

J'ai jamais compris le succès de ce groupe. Quand je pense qu'il a été comparé à Blue Öyster Cult...

22/01/2022, 07:40

dafg

Marketing metal

21/01/2022, 19:04

Tétard Véloce

21/01/2022, 12:06

Vinnie Logan Paul

La blague continue et ça ne s'arrange pas.

21/01/2022, 11:53

Gargan

Clip moche et ça manque cruellement de riffs.

21/01/2022, 11:01