Visions of the Onslaught

Volition

31/10/2017

Autoproduction

Un logo clinquant qui tranche bien, un nom qu’on retient, et une pochette magnifique au trait malin, trois atouts qui permettent aux américains de VOLITION de se démarquer, l’époque étant propice au revival en tous genres, on a souvent besoin de quelques astuces pour faire mieux que son voisin. Côté graphisme et authenticité visuelle, ces originaires de Tulsa, Oklahoma n’ont de leçon à recevoir de personne, côté musique, ce sont plutôt leurs influences qui sonnent. Cela dit, ils ne s’en cachent pas, et leur bio joue l’honnêteté d’un groupe qui sait qu’il n’a rien inventé, mais qui fait preuve d’un certain flair pour s’approprier, et agrémenter. Mais lorsqu’on cite des cadors comme MOTORHEAD, VENOM, TOXIK, VOIVOD, EXODUS, S.O.D., SLAYER, TOXIC HOLOCAUST, MORBID ANGEL, DEATH, SODOM, ou KREATOR (et plus encore, dont ATHEIST, et pas des moindres), on sait pertinemment ce qu’on fait, et surtout, qu’on va attirer dans ses filets une large pêche de fans d’un Thrash vintage, brutal, incisif, en gros, celui dont on se sevrait il y a trente ans, le tout agrémenté d’une petite touche de Death bien barbare à l’avenant. Formé en 2013, ce combo qui n’est pas aux fraises s’est déjà illustré via quelques produits bien troussés, dont un EP en 2016, Vengeful Satisfaction, qui précédait un retour à la case démo l’année suivante (et donc celle-ci, pour quelques semaines encore), via Crypts Of Flesh. Premier longue durée donc, en totale indépendance, et disponible pour sept petits dollars en numérique sur leur Bandcamp, c’est donc une actualité qui mérite d’être soulignée, d’autant que le LP en question vaut son pesant de son, de violence et d’antipathie mélodique de bon ton.

Pas de fausse surprise, une fois l’intro instrumentale « Morbid Devastation » diluée dans des airs pollués, l’avis se forge sans forcer, et nous tombons dans la routine d’un Thrash guerrier, de celui qu’on nous refile par palettes entières toute l’année, mais qui sait quand même se montrer suffisamment hargneux et geignard pour s’imposer. Rythmique atomique, chant un peu étouffé mais sadique à l’haleine chargée, et tourbillon de guitares qui s’incarne dès « Théories Of Punishment », évoquant de fait une jonction bien tangible entre la scène de la Bay Area et celle de Floride, tout en louchant du côté scandinave où le regard va s’égarer, en multipliant les allusions au DARKTHRONE le plus Soulside Journey, sans pourtant les plagier. Ça joue modérément vite, mais carré, ça s’investit, c’est gentiment méchant le lundi, et salement véhément le samedi, en tout cas, ça file à un train d’enfer sans laisser trop traîner d’idées par derrière. Difficile de juger de la pertinence et de la portée d’un LP qui risque de finir noyé dans l’océan de sorties en furie, mais admettons quand même que ces instrumentistes d’outre-Atlantique font ce qu’ils peuvent pour nous convaincre de leur potentiel. Celui-ci se manifeste dans des dédales de compositions qui les rapprochent d’un techno-Thrash à effluves Death assez efficace, même si la production maison à tendance à niveler les fréquences par le bas. Ce quatuor (Christian Potter- lead/chant, Gabe Henry – guitare rythmique, Treston Lamb – basse et Cody Creitz – batterie) ne se démarquera jamais par son originalité, mais peut s’imposer via son efficacité, spécialement lorsque le chrono se laisse tourner sur des morceaux qui dépassent les six minutes sans trop exagérer. Ainsi, « Justified Mortality », et « Crypts Of Flesh » détonnent de leurs breaks atones, et foncent bille en tête sur les couplets avant de prendre leur temps sur des breaks un peu téléphonés, mais rythmiquement bien amenés. On pense à une foultitude de références et d’influences, mais tout ça n’a pas d’importance tant ce style est figé depuis des dizaines d’années, et qu’il est très difficile de le faire évoluer tout en respectant ses commandements éprouvés.   

Alors les mecs ne jouent pas aux plus fins, et thrashent sans se montrer trop bourrins, tout en faisant grimper la température et la tension à l’occasion de saillies un peu plus Death que de raison. Ainsi, « Vengeful Satisfaction », le plus court de la livraison fait montre d’un sadisme mélodique qu’une cavalcade rythmique soutient de tous ses vices, et le résultat est plutôt probant, à défaut d’être transcendant. Mais c’est efficace et percutant, et parfois, des riffs à l’unisson parviennent à nous satisfaire plus que de raison, même si la batterie souffre d’un traitement sonore un peu anémié. Des intitulés qui ne cachent en rien leurs velléités brutales sous couvert de guitares létales (« Annihilation » mid tempo bien vilain qui laisse enfin la basse s’exprimer à plein, et qui suggère quelques amitiés BM à peine dissimulées), alors même que le Heavy-Thrash parvient à s’imposer sans laisser trop de traces (« Injection Vendetta », qui pourrait mettre les EXODUS en joie), alors que l’éponyme hymne fatal nous offre une conclusion atomique qui sans taper dans la repique, nous ramène aux heures de gloire d’un KREATOR qui éprouvait du Pleasure To Kill (« Volition »).

Certes, les quatre américains ne laisseront pas un souvenir impérissable dans les mémoires, mais en tant qu’achèvement personnel, cet introductif Visions of the Onslaught fait le job, sans se hisser à la hauteur d’un ONSLAUGHT qu’il évoque parfois de ses tonalités noircies, ni taquiner le savoir-faire brutal d’un MORBID ANGEL de début de carrière. Mais pour cette propension à regarder plus loin que le Thrash au bout de leur nez, les VOLITION nous offrent quand même trois-quarts d’heure de violence bien gérée, moins épileptique que les exactions bordéliques des VIKING, mais plus agencée que la plupart des maniaques le cul entre deux chaises. Un truc plaisant, qui s’écoute hier, ou maintenant, et qui doit trouver son amplitude maximale en live, lorsque le son se montre moins capricieux et plus volumineux.


Titres de l'album:

  1. Morbid Devastation
  2. Theories of Punishment
  3. Enforce with Violence
  4. Injection Vendetta
  5. Annihilation
  6. Vengeful Satisfaction
  7. Justified Mortality
  8. Crypts of Flesh
  9. Volition

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 21/12/2017 à 14:02
72 %    508

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Brutal Records
@98.164.123.134
02/01/2018, 02:43:58
Brutal Records is proud to announce its newest signing ! VOLITION of Tulsa- Oklahoma, and their Worldwide debut entitled "Visions of the Onslaught" due March 2018.
http://www.brutalrecords.us/

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Hey voilà un truc intéressant. Un peu court pour juger, mais ça m'a évoqué un peu comme si Primordial faisait du thrash. M'en vais suivre ca se près. Merci

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La même. Sauf que je préfère le 1er album au second. M'enfin, celui-ci est dans le panier. Bon groupe assez personnel en plus.

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Commande faite en LP et CD. Super label en plus. Hâte...

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Gargan

Arkona, ça restera toujours pour ma pomme le groupe d'un premier album, "imperium". De la seconde vague bien foutue qui grésille, avec le petit truc, le charme, l'ambiance, enfin on se comprend...

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Mais oui c'est juste excellent ça ! Bien vu pour le coté Dissection, juste terrible !

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Boss HM-2 worship ! Excellent !

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Je prefere Vader comme porte drapeau de la Pologne.

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Hoover

Je n'aime vraiment pas ce qu'est devenu ce groupe. Perdition city était une évolution osée mais avec un résultat brillant, depuis ça oscille entre le chiant et le sans grand intérêt.

13/07/2020, 19:34

sart

Pas mal du tout.

13/07/2020, 19:28

sart

Meilleur et moins mélodique que le précédent, ce dernier Pocahontas n'en reste pas moins trop polissé, sans âme et s'oublie très vite.

13/07/2020, 19:27

sart

Du metal pompeux dit "'epique" bien raccoleur et de fort mauvais goût auquel sont juxtaposées quelques parties dites folk. A oublier au plus vite...

13/07/2020, 19:23

sart

Ca sonne comme du death suédois sans les fréquences basses.

13/07/2020, 19:21

Saddam Mustaine

Pas si mauvaise la suite, bien que très varié.

13/07/2020, 19:06

Humungus

Bien d'accord avec vous les gars.
... Même si j'ai tout de même une nette préférence pour leur premier album.
Quand au reste de leur discographie, elle m'en touche une sans faire bouger l'autre.

13/07/2020, 13:22

Gargan

Idem, dans mon top 10. Totalement dérouté à l'époque mais je ne m'en suis jamais lassé depuis, riffs et mélodies imparables. T'en écoute un morceau, puis deux puis l'ensemble sans t'en rendre compte. Enfin ce sont surtout les autres qui s'en rendent compte, because air guitar et air drums heh(...)

13/07/2020, 11:51

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Amorphis cet album est sensationnel.

12/07/2020, 14:20

Pomah

Y'a clairement un côté synthwave pas dégeu, à creuser.

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Voilà un groupe et un homme qui m'ont marqué à une époque où je commençais à être blasé. Ce n'est pas toujours facile à suivre d'un album sur l'autre, c'est un vrai fêlé. Mais comme dit le proverbe, ce sont des esprits comme ça qui font entrer la lumière.

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