A regarder cette sémillante pochette avec cette magnifique guerrière au visage superbe, semblant prête à affronter les pires dangers cachés derrière cette porte gardée par un sorcier du futur, n’importe quel chaland serait en droit de se dire sans en savoir plus que SOLEIL MOON propose un Power Metal de bon aloi, à tendance symphonico-gothique, et pourtant, rien ne pourrait être plus faux. S’il est certain que cet artwork réussi entraîne sur une mauvaise piste, difficile toutefois d’extrapoler sur les chances de tomber sur un groupe de pur Melodic Rock tirant vers l’AOR, mais les connaisseurs savent très bien que SOLEIL MOON, créé il y a déjà quelques années en est l’un des plus ardents défenseurs et des plus nobles représentants. Pas grand-chose à voir donc avec la frimousse de Soleil Moon Frye, puisque le souhait de Larry King (chant, claviers) et de John Blasucci (claviers) était dès le départ d’enregistrer une musique personnelle, hautement émotive, qui avec les années s’est transformée en véhicule pour histoires intimes et mélodies toutes plus pures les unes que les autres. Seul reproche que l’on puisse adresser au tandem, son manque cruel de régularité, puisque depuis la création du groupe, seuls deux longue-durée sont venus nous réchauffer, World Apart en 1999 et On The Way To Everything en 2011. Pas vraiment constant donc ce tandem, qui huit ans après sa dernière trace en studio signe un deal avec les infatigables italiens de Frontiers, distribuant donc ce troisième LP que plus personne n’attendait, et qui va pourtant réjouir tous les amateurs d’harmonies ciselées et de riffs contrôlés. On constate que le glissement opéré vers un AOR de plus en plus prononcé s’est encore accentué, certains morceaux franchissant même le Rubicon de la Pop musclée, ce qui ne doit surtout pas vous inhiber. Car le talent des musiciens et des composteurs est tellement flagrant, que ces quelques instants de douceur assumée sont parfaitement délicieux et admirablement bien tournés.

D’autant plus que ce versant romantique est abordé avec la plus grande intelligence. Malgré la présence de deux claviers, inutile de craindre des débordements sirupeux à la REO SPEEWAGON ou ASIA, puisque la guitare, maniée par les mains expertes de Chris Siebold n’est jamais laissée pour compte ou considérée comme un parent pauvre. C’est une chose que l’on comprend d’ailleurs dès « ’72 Camaro », qui célèbre la mécanique galbée de la Chevrolet de la même façon que Bryan Adams nous racontait son été 69, et qui à l’origine fut conçue comme un single du MICHAEL THOMPSON BAND (le groupe de Larry) en préparation du Frontiers Rock Festival de Milan l’année dernière. Petit brulot ciselé comme un joyau, ce premier morceau met dans le bain et permet de comprendre la philosophie d’un groupe mené par un leader qui n’a toujours fait que ce qu’il voulait, « sans menottes » comme il se plaît à le dire. L’album lui aussi est empreint de liberté, et cette guerrière séduisante mais menaçante n’est rien de moins qu’une métaphore sur la jungle du business, qui oblige les musiciens à se comporter plus en combattants qu’en artistes la plupart du temps, histoire de garder leur libre arbitre et de continuer à composer la musique qu’ils aiment. Et cette musique ici est absolument sublime, recherchée, fouillée dans les moindres détails, au point de sonner parfois comme l’acmé d’un style né à la fin des années 70 et perfectionné par des légendes comme JOURNEY. Ainsi, le terriblement dansant et sautillant « You And I » pourra bien évidemment faire frémir d’horreur les fans de distorsion extrême, mais les plus sensibles y reconnaîtront une démarcation des thèmes de HAYWIRE, lorsque le groupe squattait les charts avec « Black and Blue ».

L’écueil majeur de ce genre de réalisation étant toujours une trop grande homogénéité le confinant à la reproduction un peu trop fidèle, les amateurs seront ravis d’apprendre que la variété a été privilégiée, et que chaque morceau possède son identité propre. « Chaque chanson vous emmène dans son propre morceau d’espace-temps, créant une sorte de petit film pour les oreilles ». C’est ce que déclare King, et personne n’ira le contredire, spécialement lorsque les dites chansons vous font effectivement voyager aux confins d’un Melodic Rock de grande classe (« Just So You Know »). Depuis le début de sa carrière, Larry a toujours su s’entourer, et il n’est pas étonnant de constater que la liste de ses parrains/collaborateurs/amis comprend des noms aussi prestigieux que John Blasucci, Khari Parker, Alan Berliant, Chris Siebold, Lee Sklar, Vinnie Colaiuta, Joie Scott, Opal Staples, Mike Harvey, Kelly Keagy (NIGHT RANGER), Jeff Morrow, Cheryl Wilson, Craig Bauer, Jeff Breakey, et bien sûr, Michael Thompson, qui peuvent être fiers du soutien qu’ils ont apporté à ce vocaliste/compositeur aussi sincère qu’il n’est talentueux. Constamment sur la brèche d’un Hard Rock adouci de Pop et de mélodies Folk, Warrior est le genre de disque qu’on écoute avec attention et le cœur ouvert, et qui se révèle par touches fugaces après nous avoir éclairés de sa lumière dès la première écoute. Disposant d’un son très vintage, très proche des standards des années 80 (c’est très frappant au regard de la batterie, sur des titres nuancés mais appuyés comme « Can’t Go On » ou « Here For You »), ce troisième LP est donc aussi proche de la perfection qu’un ascète l’est de ses convictions, et les chansons s’enchaînent, imperfectibles, sincères, parfois syncopées et souples (« How Long », difficile de résister à ces harmonies vocales), et parfois dramatiques comme un blockbuster des eighties décidant de tirer quelques larmes des paupières (« Halfway To Nowhere »).

Rarement album d’AOR/Melodic Rock n’aura sonné aussi sincère, et il n’est pas surprenant de constater pourquoi Larry et les siens (on retrouve au tandem rythmique Khari Parker au kit et Alan Berliant à la basse, discrets, mais en soutien total) préfèrent attendre le bon moment pour écrire un nouveau chapitre à leur histoire. Quelques rapprochements peuvent se faire, éventuellement, en pensant au LITTLE RIVER BAND, mais la beauté formelle et gracile de la ballade « Before The Rainbow » démontre que SOLEIL MOON ne peut être comparé qu’à lui-même, son talent n’ayant d’égal que le pragmatisme dont il fait preuve au moment de composer de véritables morceaux, et non pas des hymnes prétextes pour affoler les foules. Du début à la fin, on attend en vain le moindre faux-pas, nous réjouissant lorsque « Warrior » débute comme un faux inédit de BON JOVI période Keep The Faith, mais ces quelques astuces de citation ne sont que des anecdotes au regard de l’incroyable somme de travail personnel dégagé. Beaucoup de claviers donc, mais qui sonnent vrai et pas pomp, des finesses rythmiques et mélodiques, et un résultat qui vient combler une absence de huit ans, liant la puissance à l’émotion avec un équilibre fascinant. La vie est en effet une lutte constante, chacun se devant de rester sur ses gardes, mais il est bon parfois de s’abandonner au bonheur d’un instant volé, quiétude passagère qui s’accompagne d’une bande son de rêve, celle de ce troisième album qui risque fort de souligner les instants les plus heureux de votre existence.

   

Titres de l’album :

                      1. ’72 Camaro

                      2. Here For You

                      3. You And I

                      4. Just So You Know

                      5. Can’t Go On

                      6. Halfway To Nowhere

                      7. How Long

                      8. Nothing Matters

                      9. When I’m With You

                      10. Before The Rainbow

                      11. Warrior

                      12. 420 (Hidden Track)

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par mortne2001 le 09/08/2019 à 18:03
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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