Weltschmerz

Fubar

24/03/2017

Fda Records

Quelle que soit l’étymologie, l’acronyme F.U.B.A.R reste une notion fort peu sympathique. D’un côté, elle synthétise l’invective « Fucked up beyond all recognition », que vous comprendrez je le pense sans que j’ai besoin de vous la traduire, ou une mésentente et fausse adaptation de la locution allemande « furchtbar », qui une fois transposée dans notre langage maternel donne un truc du genre « horrible », ou « effrayant ».

Et dans un cas comme un autre, elle correspond tout à fait à la musique pratiquée par ces Hollandais affolés qui depuis 2001 se vautrent dans le Crust, le Grind, le Hardcore sale et véreux, sous tous les formats possibles.

Quinze ans de carrière et plus, et une discographie qui ressemble à un foutoir sans nom.

Des 7’’, des splits (beaucoup), des longue durée (deux, Justification of Criminal Behaviour en 2004, et Lead Us To War en 2012), puis trois avec ce Weltschmerz (« Mal du Siècle » en VF), en gros, tout ce qu’il est possible de sortir sur des formats divers, quitte à partager les faces avec les LYCANTHROPY, EMBALMING THEATRE, BLOOD I BLEED, TOTAL FUCKING DESTRUCTION et autres SYLVESTER STALINE.

Et pour quoi faire au juste ?

Rester véhément, cruel et dément, et se répandre en déflagrations de blasts et autres ambiances malsaines de dimanche matin pluvieux.

F.U.B.A.R, c’est un peu la caution Grind européenne, un genre de label de qualité qui ne trahit jamais personne mais qui se veut garant d’une certaine tradition bruitiste héritée des exactions anglaises de la fin des années 80. Une utilisation de la violence au-delà de toute raison, mais aussi des nuances en variations, tout en restant fermement campé sur ses positions.

En gros, une synthèse des boucheries les plus performantes, d’INFEST à PIG DESTROYER, en passant par les NASUM, WEEKEND NACHOS et autres TRAGEDY.

Mais surtout, en restant F.U.B.A.R et furibond, sans avoir peur de choquer les bonnes âmes en floraison d’un printemps qu’ils conchient à grands coups de Hardcore fort peu de saison.

Leurs deux premiers LP avaient révélé un potentiel de destruction assez conséquent, mais il faut reconnaître que ce Weltschmerz appuie encore plus sur le champignon pour atteindre une densité fort remarquable. Les rythmiques en chien de fusil sont toujours à l’affût, et la gravité des guitares empêche toute mise en fût, mais les Néerlandais savent composer, et c’est justement ce qui rend leur musique si performante et cruelle. Se partageant entre des vues modérées de vitesse et des embardées qui t’écartent les fesses pour un lavement Grind à confesse, le quintette (Luc: chant, Bas: guitare et chant, Mark: guitare et chant, Joris: basse et Paul: batterie) ose quatorze brulots qui tiennent chaud, et qui maintiennent les trente-quatre minutes de ce troisième effort à température d’ébullition tant que la casserole ne danse trop sur la gazinière.

Mais les mecs excellent dans l’art d’accommoder des restes brutaux sans que le tout ne sente le réchauffé, et parviennent toujours à nous enchanter à défaut de nous surprendre, comme une version épidermique d’un THE KILL trempant ses pieds dans un panier de crabes beuglant du TRAGEDY à la gueule des mouettes.

Dotés d’une production massive, les originaires de Limburg excellent toujours dans de multiples formats et partagent leur attaque en assauts brefs et marteaux, et sièges plus longs qui distillent un tempo plus posé et des dissonances moins larvées.

C’est du joli travail de bourrins, mais qui savent se montrer malins ce que démontre à merveille cette intro maousse « Weltschmerz » qui joue avec nos nerfs et quelques percussions tribales inondées de riffs taillés dans le NAPALM DEATH le plus ouvertement malmené.

En somme, et en addition ce qui est tout comme, du Grind, du Darkcore, du Crust qui avance et avance encore, mais qui sait marquer les pauses idoines au bon moment pour repartir de plus belle.

Cette dualité s’exprime parfois de façon marquée, comme à l’occasion de l’enchaînement « Storm »/« Light »/« Forsaken », qui allonge les minutes petit à petit pour nous prendre à revers comme des maudits.

D’abord une entrée en matière à cheval entre un Mathcore à tendance Grind qui dégénère en Hardcore, puis une énorme poussée Induscore dans la droite lignée du ND de transition des 90’s, avant de se stabiliser sur un melting-pot de l’outrance, cumulant les blasts, les accélérations Crust et les cris de démons, le tout en amalgamant trente ans d’extrême en une poignée de minutes.

Les plans s’entrechoquent, le paroxysme choque, mais le flair indéniable des F.U.B.A.R les retient constamment au bord de la cacophonie, et sur la berge de la répétition honnie, ce qui permet à leur Weltschmerz de se montrer aussi insistant que varié, sans jamais répéter les mêmes astuces de trop près.

C’est éminemment bruyant, mais aussi malséant, et entre les fulgurances impitoyables de BMP de « Tombs » qui d’ailleurs ressemble légèrement au groupe homonyme, et les digressions qui mettent mal à l’aise de « Demons » (pour un peu on se croirait en pleine déviance Post BM suffisamment mélodique pour être alléchante), qui alterne les arpèges acides et les brutales embardées décisives, le tableau de l’horreur est complet, et le groupe se montre sous son visage le plus imparfait dans la perfection.

Un reflet de violence dans un monde d’outrance, là est bien le leitmotiv de ces barbares, qui manipulent suffisamment bien leurs instruments pour passer pour de fins lettrés de l’extrême travaillé.

Nous sommes donc loin d’une explosion tuée dans l’œuf car mal dosée, et ce troisième LP des F.U.B.A.R vous laisse en effet dans un sale état décomposé, le faciès grimaçant et les muscles tétanisés.

Mais alignez pour tester votre résistance des bousculades intenses comme « Consumed » et son Néo Crust qui honore autant DISCHARGE que les INFEST, ou « Dead », qui instaure un climat étouffant de gravité, tout en restant accrocheur et saturé. Vous aurez un bon résumé de la philosophie de ces acharnés qui ne confondent toutefois pas immonde bordel et leitmotiv extrême qu’on martèle.

Alors horrible et effrayant certes, mais quand même séduisant. Et dangereux donc, par extension vous diront vos parents.


Titres de l'album:

  1. Weltschmerz
  2. Exhaustion
  3. Consumed
  4. Paranoia
  5. Dead
  6. Storm
  7. Light
  8. Forsaken
  9. Shadows
  10. Repent
  11. Hell
  12. Tombs
  13. Demons
  14. Void

Facebook officiel


par mortne2001 le 22/04/2017 à 17:54
78 %    469

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Universe

mortne2001 29/07/2020

F.F.W.

mortne2001 27/07/2020

Tiamat 2010

RBD 26/07/2020

Créda Beaducwealm

mortne2001 24/07/2020

Les Enfants du Cimetière

mortne2001 20/07/2020

Chimaira 2008

RBD 16/07/2020

Xtreme Fest 2016

RBD 08/07/2020

38'48 Regeneration

mortne2001 07/07/2020

Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Vincent

C’est PAS BATUSHKA bordel c’est le mec qui a volé le nom et qui a fait Hospodi. Vous le faites exprès c’est pas possible ? Vous voyez bien que la musique n’a rien à voir avec Litourgiya et Panihida.

06/08/2020, 17:53

Humungus

Il est loin le temps ou le Black se voulait aussi le garant d'une certaine spiritualité et intégrité... ... ...

06/08/2020, 17:14

JTDP

En attendant, il y en a un qui doit bien se marrer...

06/08/2020, 14:48

Tranbert

Le R'n'B metal à retenu mon attention donc j'ai ecouté...Ah oui quand même. Faut de tout pour faire un monde. Je dois être trop vieux. Les instrus passent encore, mais la façon de chanter... !NON!

06/08/2020, 12:43

Tranbert

Je l'aime bien aussi ce morceau, et le clip est vachement bien foutu. Rien de très original dans le son et le visuel mais ça le fait bien

06/08/2020, 12:39

Invité

Interstellar 666.6

06/08/2020, 09:32

Gargan

Comme le climat, mouarf.

05/08/2020, 21:55

Oliv

Réchauffé

05/08/2020, 18:54

JTDP

Oui d'accord avec toi Buck Dancer, c'est dans la droite ligne de "magma". Et je le trouve aussi plutôt bon, envoûtant ce morceau. Et le clip est franchement bien foutu !

05/08/2020, 17:29

Buck Dancer

Et moi je dois être de bonne humeur, parce que je le trouve plutôt bon ce morceau. Sans surprise et dans la continuité, logique, de Magma, mais bien foutu.

05/08/2020, 17:26

RBD

Il ne faut jamais oublier qu'il y a d'autres régions dans le monde où jouer, écouter du Metal est dangereux. On peut lire le livre publié chez Camion Blanc sur le Metal dans les pays musulmans, qui déborde parfois le sujet mais est intéressant, bien que le contexte aie bien changé depuis les (...)

05/08/2020, 17:03

Pomah

Vraiment déçu, le titre est assez mou, facilité de composition, vraiment pas pêchu, cela sent la relâche. Que dire de la direction artistique du clip, qui est franchement cartoonesque... Vieillir me rends aigri visiblement.

05/08/2020, 15:20

Kerry King

RIP a ce cogneur.

05/08/2020, 10:54

Humungus

Jus de cadavre & MorbidOM + 1.

05/08/2020, 07:42

MorbidOM

En même temps ce côté "spontané" fait partie de son charme.
Comme tu dis ce mec est une rock star et il a toujours plus l'air d'être là pour voir ses potes et écouter la musique qu'il aime que pour gérer sa carrière. Le genre de gars que tu vois headbanger entre les coulisses et la sc(...)

05/08/2020, 03:39

Jus de cadavre

Franchement Anselmo a agit comme un abruti. Je pense sincèrement qu'il n'est pas raciste, mais il agit toujours comme si il était au camping dans un fest avec ses potes sauf que bah non mec t'es une 'rock star' et t'as en permanence des caméras braquées sur toi... Fin bref, depuis cette histoire(...)

05/08/2020, 00:39

Oliv

Si on veut jouer le jeu des médias et réseaux sociaux de caniveaux bien sur j’entends

04/08/2020, 22:47

Oliv

Il y a bien eu le black power a une époque avec un certain groupe us... et personne n’a bronché

04/08/2020, 22:45

Raumsog

J'avais oublié cette affaire de White Wine Power! Après la divulgation de la video ça avait été la course aux indices par media interposés pour savoir si oui ou non il y avait bien du pinard en backstage ce soir là... Un bon escape game sur le thème du PMU, ça volait très haut

04/08/2020, 18:09

Humungus

Comment ça "White power" ?!?!?!
Mais non allons bougres d'ânes ! Vous êtes encore de ces complotistes qui croient en ce que nous matraquent les médias judéo-maçonniques !
C'était "Wine power" la vérité vraie !
(sic)

04/08/2020, 09:20