World Peace

Architorture

01/09/2018

Bwk Records

J’aime quand ça frappe, quand ça cogne, quand ça marave, quand ça grogne. J’ai toujours été comme ça, depuis le jour où je suis tombé les tympans les premiers sur des trucs genre Bonded By Blood, Pleasure To Kill, Hell Awaits ou In The Sign Of Evil. Une sorte d’onanisme auditif, lorsqu’on laisse monter la pression jusqu’à ce qu’on ne puisse plus la contenir, lorsque le bon break à vitesse grand V vous laisse enfin tout gicler dans le papier. Pas forcément classe comme comparaison, ni très finaud pour planter le décor, mais après tout, personne n’a dit que la passion d’une vie devait rimer avec poésie. Et lorsque la dite passion concerne un style musical qui prône des concepts comme les accélérations, les coups de reins, les orgasmes de violence et autres soli de démence, inutile d’enrichir son champ lexical de mots choisis, il faut en parler avec le cœur, avec les tripes, et en tant que gosse issu du Thrash boom de 83/84, je ne vais certainement pas me moucher du coude pour vous confier mes états d’âme. Et depuis quelques années, ma libido artistique est flattée dans le sens des poils, les combos se revendiquant du même héritage que moi se multipliant eux aussi à vitesse grand V. Et partout dans le monde, ce qui donne des airs de fête bestiale cosmopolite à ce déferlement de sorties toutes plus euphorisantes les unes que les autres…Mais attention, une fois encore, le Thrash, c’est une affaire de foi et de foie, alors autant avoir l’estomac solide et le talent limpide, sous peine de nous refourguer une énième resucée d’un classique usé, ce qui finalement, n’a pas grand intérêt. Et ça, les finlandais d’ARCHITORTURE l’ont bien pigé. Ces bourrins venus du froid nous proposent donc une version très personnelle du Thrash US joué à l’Allemande, avec quelques touches sud-américaines histoire d’augmenter la pression, tout en gardant un contrôle total sur leur pulsions. Leur nouvel album en est d’ailleurs une brillante démonstration, ne négligeant pas l’inspiration pour la remplacer par l’intensité, mais associant les deux à parts égales pour mieux nous régaler.

Fondé en 2008 du côté de Vantaa, après avoir battu pavillon TREACHERY pendant trois ans (2005-2008), ce duo très pragmatique (Anssi - batterie/chant et Sami - guitare et basse) s’est déjà répandu musicalement au travers de différentes réalisations. Un EP en 2009, puis une démo pour asseoir la réputation, avant d’enfin se jeter dans le grand-bain via un premier long (Spare No One en 2012), puis patienter quatre ans savant de donner suite à leurs aventures. En 2016, ils reviennent plus affûtés que jamais avec Mythomania, un EP de très bonne qualité, mais c’est une fois encore en version LP qu’ils viennent nous chatouiller, avec ce World Peace aux allures d’ironie assez bien placée à en juger par cette pochette gentiment blasphématoire. Un sigle de la paix fort connu des babas du monde entier, sur lequel un Christ pas forcément à l’aise est crucifié, et une attaque en règle des religions organisées, dans la plus grande tradition du style. Et sans s’éloigner des dogmes de base d’un genre qui ne supporte plus tellement la médiocrité, les ARCHITORTURE nous servent sur un missel de sang l’un des disques les plus radicaux de la vague Thrash old-school, prenant un malin plaisir à accélérer la cadence pour nous faire entrer dans la danse, et nous rendre complètement barges de leurs breaks supersoniques et de leurs riffs atomiques. Osons le dire sans les dénigrer, leurs influences sont plus qu’évidentes. A l’écoute de ce Thrash franc et massif, ultrarapide mais décisif, il est impossible de ne pas penser aux séminaux ACCUSER, mais aussi aux PROTECTOR, en version plus polie et peaufinée, sans oublier les quelques références que le duo mentionne sur ses pages officielles…

Ainsi, Anssi et Sami balancent à la volée les noms de héros du présent et du passé, juxtaposant KREATOR, SLAYER, BATHORY, EXODUS, SODOM, BATHORY, OVERKILL, SEPULTURA, OBITUARY, DARK ANGEL, HYPNOSIA, WARBRINGER, EVILE, THE CROWN, PRESTIGE, IRON MAIDEN, CORONER, et DEATH dans un désir de baliser un terrain somme toute limité, mais pas tant qu’on aurait pu le croire. Si la trame de leurs morceaux respectent à la règle les enseignements des grands anciens, les deux finlandais prennent quand même quelques libertés, et apportent à leur inspiration ce petit côté progressif assez étonnant pour ce genre de réalisation. Et entre deux saillies épidermiques au tempo constellé de croches fugaces, ils placent des pièces beaucoup plus ambitieuses, mais pas forcément moins heureuses et immédiates, qu’ils enrichissent de montées en puissance diaboliques, sans rien perdre de leur pugnacité. Et faites-moi confiance, ils ont vraiment envie d’en découdre, comme le confirme le rythme parfois déraisonnable de certaines pistes qui flirtent avec un Thrashcore étudié, mais viscéral. Difficile de croire qu’ils ne sont que deux à dégager une telle puissance, mais dès l’intro instrumentale de « Dark Matter Annihilation », on reconnaît tout de suite ces riffs circulaires un tant soit peu mélodiques, nous ramenant à l’époque bénie des RIGOR MORTIS, alors que les arrangements d’arrière-plan offrent une grandiloquence assez surprenante. Mais le tout, non dénué d’ambitions sait rester dans le cadre d’une humilité Thrash radicale, et « Necromancy Amplifier » de déployer tout l’arsenal d’un cahier des charges honorant les sacro-saints passages Mosh, les soudaines fulgurances qui brisent le cou, le tout survolé d’un chant revanchard et pas dupe, qui de sa gravité modulée nous narre ses vues sur une société à la dérive.

Thrash évidemment, et des plus corsés, un peu comme si l’école de pensée des VIO-LENCE se frottait à l’absence de préjugés de l’académie allemande des élèves les moins disciplinés, pour un mélange alliant professionnalisme et folie adolescente, presque Hardcore dans les faits, mais terriblement Metal dans le fond. Pas vraiment question d’un Crossover ici, mais plutôt de l’utilisation de tous les ingrédients violents possibles, histoire de pousser le bouchon au maximum pour satisfaire nos obsessions. Son honnête qui n’en fait pas trop mais qui place tous les instruments au même niveau, et qui laisse même à une basse brillante la place suffisante pour raconter ses exploits, New-york style, et le tout claque comme une doc reçue en pleine gueule dans un pit pas bégueule. Avec une telle efficacité dans la musette, les ARCHITORTURE et leur patronyme en jeu de mot finaud auraient pu se contenter d’accumuler les morceaux de bravoure courts, mais leur faim de violence ne connaît donc pas de latence, et les huit minutes de l’impitoyable « Blood God » sont là pour le prouver. Dans une veine que les DARK ANGEL auraient pu prôner du temps de Darkness Descends et Leave Scars, Anssi et Sami troussent une atmosphère gentiment déliquescente, et nous entraînent dans les affres d’un Thrash intelligent et patient, faisant étalage de tout leur talent, et portant leur art à un degré supérieur de conscience sans rien perdre de leur impact initial. On reste assez admiratif face à cette volonté de ne pas rester au ras des pâquerettes vintage, alors même que le final « World Peace » nous prend une fois de plus en pleine face. Rythmique au marteau-piqueur, blasts soudains, riffs qui vont toujours chercher plus loin qu’une simple saccade en sous-main, et un album de première bourre qui court, court encore, pour ne pas se laisser rattraper. Belle réussite que ce second longue-durée, et World Peace de s’imposer non comme l’album de l’année, mais comme la surprise du mois, provoquant des crises de priapisme auditif comme à la grande époque des…Mais je crois que je vous ai déjà parlé de tout ça plus tôt, inutile de revenir dessus. Je risquerais d’être trop salace.         


Titres de l'album :

                          1.Dark Matter Annihilation

                          2.Necromancy Amplifier

                          3.Addiction

                          4.Gone with the Blastwave

                          5.Weapon with Consciousness

                          6.Immaculate Darkness

                          7.Massacre 912

                          8.Blood God

                          9.World Peace

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par mortne2001 le 21/10/2018 à 15:11
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Merci Gargan, c'est corrigé.

18/01/2022, 14:32

Gargan

C'est leedET. Suis curieux d'écouter les autres titres, en espérant qu'ils gardent l'urgence de l'extrait mis en avant. Aucune info sur le line-up, mis à part le type de mare cognitum au chant.

18/01/2022, 10:32

Simony

Idem pour moi Eyziel, pas convaincu du tout de ce second extrait. A voir dans la globalité de l'album comme tu dis.

18/01/2022, 08:02

Simony

Ben moi je prends cette idée. Ils l'avaient fait pour A Matter Of Life And Death et c'était vraiment bon. Et comme ce dernier album me plait beaucoup... why not ? Reste à savoir si la date de juin à Paris aura bien lieu...

18/01/2022, 08:01

eyziel

Je l’attends énormément mais je ne suis pas super convaincu des morceaux dévoilés, surtt dark horse. Après on verra un album de Messa ça s’écoute d’une traite. 

17/01/2022, 22:48

Jus de cadavre

Je l'ai trouvé efficace mais très impersonnel. La prod générique au possible y est pour beaucoup.

17/01/2022, 19:13

LeMoustre

Il est très bien ce titre.

17/01/2022, 17:37

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Oui tout à fait les titres présentés sur cet EP montrent la facette atmosphérique du groupe.

15/01/2022, 17:43

adaf

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15/01/2022, 15:04

Buck Dancer

Instrumental et atmosphérique, je crois. Rien de death. 

15/01/2022, 12:21

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Buck Dancer + 1.

15/01/2022, 10:40

Humungus

@Seb : Une formation qui reste depuis ses débuts sur un même niveau de qualité artistique.(sic)

15/01/2022, 10:39

Buck Dancer

De mon côté j'accroche pas trop. Comme plus impersonnelle que le premier album. Mais à réécouter m. 

14/01/2022, 22:04

RBD

Nul ne s'en étonnera. Par contre, vont-ils repousser à l'année qui suit comme tout le monde pour faire simple ?

14/01/2022, 18:26

Seb

Quelle daube ...

14/01/2022, 16:22

Oliv

Oui et il y aura 3 Hellfest l'année prochaine

14/01/2022, 09:44