Reign Supreme, sortie en 2012, a remis les pendules à l’heure. Ceux qui doutaient encore de la réputation iconique du groupe dans le milieu du Metal Extrème ont unanimement salué le LP digne de Killing On Adrenaline et Destroy The Opposition. Durant les années 2000, le groupe s’est fait éclipser par la concurrence, NILE et CANNIBAL CORPSE en tête mais aussi BENIGHTED qui ont su aussi imposer une personnalité bien marquée, tâche forte hardie dans ce style qu’est le Brutal Death Metal / Deathgrind. Mais passons, car aujourd’hui on parle de DYING FETUS, le roi du genre, celui qui n'a jamais failli à sa réputation de fournisseurs de riffs sauvages et de breaks débilitants. 5 ans après son déjà culte dernier album, le trio montre les dents et brandi une machette, pour faire passer un nouveau message, quiconque souhaite jouer à « qui a la plus grasse » va devoir se frotter à l’un des groupes les plus brutal et technique du genre, en atteste l’artwork.

Nous voilà donc en 2017 avec une nouvelle fournée de la formation légendaire, à nous dépatouiller comme on peut avec l’album qui semble d’ores et déjà suinter le gras, contemplant cet artwork explicite au possible, prêt à reprendre une louche d’huile de vidange made in Maryland. C’est donc les mains poisseuses que nous enfournons le CD et que nous nous lançons dans l’écoute du 8ème album de DYING FETUS, sympathiquement intitulé Wrong One To Fuck With.

40 secondes suffiront à vous faire comprendre qu’il n’y a pas de tromperie sur la marchandise : tapping effréné et batterie martelée en guise d’intro, suivi d’un break abrutissant et d’une lourdeur telle qu’il ferait s’effondrer n’importe quel bâtiment sur ses fondations, "Fixated On Devastation" ouvre le bal, nous choppe à la gorge pour ne nous lâcher, mort ou vif, qu’une fois la bonus track terminée. Prenez d’ores et déjà quelques médicaments pour l’épilepsie, car dans cet album, les changements de plans brusques et autre accélérations de rythmes sont légions, à un point tel que la première écoute peut se résumer en un livide « WTF ? ».

Vous serez tenté de me dire que c’est souvent le cas avec DYING FETUS, et vous aurez raison, mais dans cet album, le trio semble vouloir nous perdre totalement, enchaînant les ponts ultra-techniques à rallonge, les « refrains » type marteau-piqueur qui se logent dans votre tête par la force des choses comme dans "Die With Integrity", ou encore les breaks qui se font plus rares mais plus traînant comme dans "Panic Amongst The Herd". Toutes ces différentes structures, et d’autres plus chaotiques, sont présentes dans cet album, mais elles se font plus vicieuses et plus surprenantes, pouvant frapper au moment où nous y sommes le moins préparés.

Tout l’album s’enchaîne à une vitesse ahurissante malgré les 53 minutes du disque, et malgré l’apparente complexité de tous ces morceaux, sans qu’à aucun moment nous n’ayons envie d’arrêter l’écoute. Les musiques plus "classiques" sont là bien évidemment, comme par exemple "Fixated On Devastation" dont j’ai parlé tout à l’heure, mais aussi "Ideological Subjugation" qui nous rappelle que DYING FETUS reste DYING FETUS et ne cherche pas forcément à toujours tout compliquer, ou presque, surtout au vu de l’incroyable pont de milieu de piste.

Toutefois, le morceau le plus efficace de l’album reste l’éponyme "Wrong One To Fuck With" qui avec ses 2-step de Hardcore de Tough Guy et ses breaks lourds au possible s’immisce dans notre subconscient, jusqu’à répéter le morceau 5 fois d’affilé s’il le faut, juste pour pouvoir scander le titre avec Sean Beasley et se délecter du break le plus belliqueux de tout le LP. Les breaks d’ailleurs, sont légèrement moins présents dans cet album, et donnent lieu à des passages quelque peu frustrants ; le break de fin de "Revealing The Abyss" qui aurait gagné à traîner un peu plus en longueur, ou bien le break de milieu de "Seething With Desdain" qui s’accélère, s’accélère, s’accélère… Pour finalement s’arrêter net. Mais ces frustrations sont bien vite pardonnées étant donné la qualité de la composition, et la technique impressionnante et étonnement digeste des musiciens. Mention spéciale au batteur qui a dû prendre des cachets en trop pour nous infliger une correction pareille, passant de ponts chaotiques à blast beats saccadés sans aucun problème.

Néanmoins, je pinaille, car DYING FETUS nous livre encore une fois un excellent album, plus complexe, plus alambiqué, mais à la fois plus brutal et frontal. Comme dit plus haut, les premières écoutes sont plutôt difficiles, mais cela est dû au fait que, sans changer de style, DYING FETUS veut être encore plus direct et impressionnant qu’il ne l’est déjà. Alors que les CANNIBAL CORPSE, SIX FEET UNDER et DEICIDE ne nous surprennent plus depuis un long moment, le trio du Maryland arrive avec leur 8ème fournée à faire passer toutes les légendes du dessus pour des Chihuahuas du Death Metal, tremblant face à plus imposant que soit. DYING FETUS garde son trône donc, mais le défend aussi très bien en maintenant assez son style pour nous livrer la recette que l’on connaît et qui nous plaît, mais en variant assez pour surprendre, et ce depuis 26 ans.

Tracklist :

1. Fixated on Devastation
2. Panic Amongst the Herd
3. Die With Integrity
4. Reveling in the Abyss
5. Seething With Disdain
6. Ideological Subjugation
7. Weaken the Structure
8. Fallacy
9. Unmitigated Detestation
10. Wrong One To Fuck With

Bandcamp

par Bocchi le 09/10/2017 à 14:28
85 %    130

Commentaires (4) | Ajouter un commentaire


Jus de cadavre
membre enregistré
09/10/2017 à 17:14:54
Bon alors ce Dying Fetus... Déjà c'est marrant mais chaque sortie de ce groupe c'est un évènement dans la sphère Metal extreme, c'est pas rien pour un groupe aussi bourrin. Tout le monde les respectent j'ai l'impression aussi, même ceux qui ne sont pas fans... Ça aussi c'est un signe. Bref, les patrons sont de retour. Contrairement à beaucoup de monde j'ai pas adoré Reign Supreme... Et oui, je lui ai largement préféré Descend Into Depravity, que je trouvais bien plus groovy. Avec ce Wrong one... voila, je retrouve cette patte DF, ce groove monstre que même ma chérie kiff (véridique, elle appel le groupe "le truc qui fait whopwhopwhop" en dansant... c'est dire...). Bref, je trouve que sur cet album ils sont même revenu aux bases de leur style... Si si, imaginez cette galette avec un son époque Killing... On y est !
En tout cas, la scène Brutal Death à littéralement explosée ces dernières années, avec des milliers de jeunes groupes aux dents longues... Mais voila les boss sont encore là et y'aura du boulot pour les faire oublier. Et je parle même pas sur scène ou Dying écrase implacablement toute concurrence...
Hail DF !

Vania pocket
@92.154.3.231
10/10/2017 à 11:56:48
J'ai pas encore eu le temps de bien écouter l'album mais ce que j'ai entendu c'est tout ce que j'aime de Dying Fetus. Avec en plus un petit côté old shool qui fait plaisir à entendre.

Indétronable les gars !

( Faut que j'écoute le dernier Original aussi)

RBD
@90.57.55.231
10/10/2017 à 17:52:04
Encore un cru monstrueux. Là où les uns ou les autres pensent mieux d'insister lourdement sur un secteur pour exister sur le marché ("j'ai plus de moulinets que les autres", "plus brutal que moi tu meurs", "y'a pas plus guttural que mon chanteur", "ma belle prod'" etc, etc.), DxFx préfère encore des titres équilibrant à un haut niveau tous les postes, donnant un produit fini très au-dessus du lot.

Et en plus ce nouvel album est long comme on n'en voit plus trop dans ce style, où on se contente de viser entre la demi-heure et la quarantaine, normalement.

Le retour du vieux logo et la crudité de l'illustration ne déçoivent pas. Il y a peut-être eu des albums moins marquants que les autres chez Dying Fetus, mais jamais de vraies déceptions à mon sens. Il a survécu à des changements de personnel qu'on aurait cru fatals. Ce groupe est un repère au milieu de la scène, depuis des lustres.

usiiopo
@78.192.38.132
12/10/2017 à 20:13:10
le seul truc c'est que les autres petits groupes font de la merde moderno deathcore, pas DF :)

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