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01. Salut et merci de bien vouloir nous accorder cette interview. SPHAERA étant un jeune groupe, pourriez-vous nous parler de la création de celui-ci ?

Yan : Salut Youpimatin et merci à toi de faire découvrir notre groupe sur Metalnews.fr ! Pour commencer, SPHAERA a été crée par Dimitri et moi en novembre 2016 suite à l’arrêt de notre précédent groupe (SLATSHER). Nous avions déjà quelques compositions de côté, une certaine idée de l’univers que nous voulions créer et à cela, ils nous restait plus qu’à trouver les autres membres. A la batterie, notre choix s’est vite tourné vers Clément qui est un ami de longue date et qui avait déjà joué avec Dimitri dans une ancienne formation. Sa technique et son groove nous a tout de suite permis d‘être à l’aise en répétition et de plancher rapidement sur les compositions.  

Dimitri : Kévin nous a été recommandé par un ami car nous cherchions un guitariste capable de jouer avec une certaine technicité et qui avait des influences tournées vers le prog. Après avoir visionné certaines de ses vidéos, il ne nous a pas fallu longtemps pour lui proposer la place ! On a eu pas mal de chance de trouver un guitariste aussi doué que lui dans notre entourage. Concernant Vled, il avait déjà travaillé indirectement avec nous. En effet avec notre précédent groupe, nous avions demandé à Flavien Morel (notre ingénieur du son studio) d’enregistrer des chœurs sur un titre acoustique et celui-ci avait contacté Vled pour faire les voix basses. C’est tout naturellement qu’il nous a dirigé vers lui lorsqu’on a commencé à chercher un chanteur pour notre projet. Le courant est tout de suite bien passé et on a été conquis par ses capacités vocales et sa merveilleuse personnalité.


02. Vous avez tous joué dans d'autres groupes avant la création de celui-ci. En quoi vos expériences communes ont-elle façonné le son de SPHAERA ?

Dimitri : A mes débuts, j’avais un groupe de Death/Black sympho, puis je me suis tourné vers des compositions plus Rock pour ensuite revenir dans du Death technique avec Yan. Quand j’ai commencé à composer avec Yan, il m’a fallu un moment avant de trouver cette alchimie et ce son qui nous correspondait à tous les deux. Après avoir travaillé et retravaillé les compositions que j’amenais, on a enfin réussi à trouver cette sonorité qui est propre à SPHAERA.

Yan : En effet je pense que c’est la persévérance et l’échange qui nous ont permis d’obtenir ce son. J’ai appris en guitare classique et en harmonie une autre manière de concevoir la composition d’un titre. Par exemple, la plupart des parties guitares sont différentes afin d’enrichir les sonorités plutôt que de jouer à l’unisson.



03. Au vu des divers arrangements, comment se passent la composition et la mise en place d'un titre ?

Yan : Dans mon cas, je compose des enchaînements de riffs puis Dimitri et moi, brodons autour d’une idée en essayant de garder un fil conducteur. Parfois il m’arrive de faire appel à la théorie de la musique pour trouver d’autres idées et effacer les réflexes de composition que chaque musicien se construit. Concernant le chant, nous laissons en premier lieu à Vled une totale liberté. Très souvent, il nous surprend en amenant ses idées car il aime varier son chant et part dans des directions où on ne l'attendait pas. Il accepte également nos critiques et ne se brusque pas quand on lui propose une idée ou alors de trouver autre chose.

Dim : Quand je propose une composition à Yan, celle-ci est souvent bien aboutie et on revoit seulement certains arrangements ensemble. C’est ma manière de faire, quand je trouve une idée exploitable, tout le reste jaillit dans ma tête et j’arrive rapidement à un résultat final. Par contre je préfère quand Yan me propose 2-3 riffs car c’est souvent plus inspirant et ça me permet d’aller dans des directions différentes. Une simple rythmique ou une grille d’accord qui est atypique à ce que je joue habituellement peut d’avantage m’insuffler d’idées.


04. Votre son a une base Death sur laquelle vient se greffer une couleur Djent tout en tutoyant le progressif. Etait-ce une volonté de sonner ainsi dès le départ ou bien ce résultat est la somme de vos expériences et diverses influences ?

Yan : Nous avons nous même du mal à mettre une étiquette sur notre musique du coup je dirais que cela vient de la somme de nos diverses influences. Plus jeune, nous écoutions en majorité du Death puis avec le temps et l’essor du Djent, notre écoute s’est plus penché sur des groupes comme ANIMALS AS LEADERS, PERIPHERY ou encore les français d'UNEVEN STRUCTURE. Notre côté prog ne correspond pas à tous ses critères comme la durée des titres et ses longues parties instrumentales que l’on peut rencontrer quelques fois. Pour nous prog correspond à l’éclectisme de nos compositions, le sujet des paroles et les différentes techniques de chant qu’utilise Vled.    


05. Vos EP, tant dans la musique que dans les paroles et l'artwork sont des concepts. Vous pouvez nous en dire plus ?

Dimitri : Notre premier EP “C8H11NO2” (formule brut de la dopamine) traite de sujet scientifique comme la prosopagnosie, le caractère chimique de l’amour et le célèbre chat de Schrödinger. Les titres avaient été enregistrés avant la création de SPHAERA ce qui nous a permis de partager notre musique et nous faire découvrir assez rapidement. A la base prévu pour un chant Death, Vled a apporté une dimension nouvelle aux morceaux et ce qui a, par la même occasion, conforté sa place de chanteur. Notre second EP “Teratology” est plus conceptuel et basé sur les déformations anatomiques et les anomalies congénitales. Le but était de proposer une facette plus agressive et technique de notre musique. Il nous a permis d’expérimenter une autre facette du groupe et de déterminer comment celui-ci devrait sonner à l’avenir. Pour l’artwork des deux EP, nous avons travaillé avec Loki Jackal qui est un incroyable illustrateur. Chaque pochette réunit les thèmes évoqués tout en gardant une cohérence et un esthétisme propre. Si l’avenir nous le permet, nous continuerons de travailler avec lui car son travail arrive toujours à nous conquérir dès les premiers jets.    



06. Un EP en 2017, un EP en 2018. Et un album est en préparation, à quoi peut-on s'attendre ?

Dimitri : “Teratology” nous a permis de présenter une facette plus violente du groupe mais a également servi d’exutoire. En effet nous avions assez de matière pour sortir un album après “C8H11NO2” mais après réflexion, on s’est rendu compte que les morceaux présents dans “Teratology” ne coïncidaient pas avec les autres dû à leur brutalité. Vu qu’on adoraient ces titres, nous avons voulu sortir un deuxième EP pour les raisons expliquées ci-dessus et proposer rapidement du nouveau contenu.  

Yan : Nous continuons de composer de nouveaux titres afin de les maquetter et de pouvoir choisir ceux qui figureront sur l’album. Avant de rentrer en studio, nous aimerions avoir une vision plus globale afin de peaufiner et corriger les faiblesses car pour l’instant le chant de Vled s'ajoute aux instruments. Maintenant nous voudrions que le chant et l’instrumental se combinent davantage pour sortir des titres plus efficaces. Nous nous amusons à dire qu’il sera plus “rock” que les EP précédents.  



07. Au niveau du live, comment arrivez vous à garder cette cohérence dans le son et la richesse des différents arrangements ?

Yan : Kévin et moi enregistrons nos guitares en direct ce qui donne plus de liberté sur le choix du son dans no CD. En concert nous jouons avec des amplis numériques qui nous permettent de se rapprocher au plus près de ce son là.

Dimitri : Actuellement nous jouons sur une batterie programmée depuis que notre batteur Clément s’est blessé au bras, l’empêchant de jouer les parties de SPHAERA. Il faut également savoir que ce sont des batteries programmées qui figurent sur nos CD, du coup nous pouvons obtenir un son en concert aussi propre que sur le CD quand le système de sonorisation nous le permet et si nous jouons correctement nos parties !

08. Il semblerait qu'une mini tournée soit en projet ?

Dimitri : Le groupe allemand ART AGAINST AGONY nous a contacté pour partager des dates avec eux en France et en Allemagne. Celles-ci auront lieu entre octobre et mi-décembre, elles permettront de présenter une nouvelle mise en scène et un jeu de lumière assez différents de ce que l’on peut trouver dans le milieu. Le fait d’avoir plusieurs dates rapprochées va nous permettre d’acquérir une meilleure cohésion entre nous sur scène et de présenter une ambiance scénique qui sera un pas supplémentaire pour le groupe.  

09. Quels sont les groupes qui vous influencent dans la scène ? Si vous avez un coup de coeur à partager ?

Yan : MESHUGGAH m’influence beaucoup, leur musique me transmet énormément d’émotions et la précision avec laquelle ils exécutent leurs morceaux en live ainsi que leurs show lumière m’impressionne ! THE FACELESS m’a vraiment influencé lors de mon adolescence d’un point de vue guitaristique. J’ai aimé étudier le jeu de Michael Keene et découvrir les différentes manières dont il fait sonner certains traits, son discours musical m’a beaucoup touché.

Dimitri : Il y a tellement de styles qui m’influencent qu’il serait impossible pour moi de te donner une liste exhaustive mais je sais que certains m’inspirent plus comme le Mathcore ou le Prog plutôt que le Heavy ou le Thrash. Je pense plutôt être inspiré par la prestation scénique de groupe comme THE DILLINGER ESCAPE PLAN ou THE CHARIOT, ce genre de groupe qui littéralement défonce tout sur scène. Niveau coup de cœur, j’écoute souvent en ce moment l‘album “Remarkably Human” de Nick Johnson que je trouve incroyable et je conseille aux gens de se pencher sur LEPROUS qui possède une discographie irréprochable.


10. Christian Münzner (NECROPHAGIST, OBSCURA, ALKALOID) joue le solo sur "Freaktion". Comment s'est passée la collaboration et pourquoi votre choix s'est-il porté sur lui ?

Yan : Il y a quelques années, mon ancien groupe et moi avions participé au crowdfunding de son album et contre une certaine somme d’argent, celui-ci proposait d’enregistrer un solo. Nous avons utilisé cette carte pour “Freaktion” dont la sonorité ressemblait au travail de Christian Münzner dans ses groupes et album solo. Il était très occupé au moment où nous lui avions demandé d’enregistrer, ce qui a aussi retardé la sortie de “Teratology” mais nous sommes très satisfait du résultat mais peu surpris vu le CV du monsieur.  

Dimitri : Nous sommes aussi très fier d’avoir ce guest vu que Yan et moi sommes fan des groupes dans lesquelles il a joué.

11. L'interview arrivant à sa fin, je vous laisse les derniers mots...

Dimitri : On tient à remercier les personnes qui nous soutiennent et qui nous encouragent à poursuivre ! Nous avons quelques projets sous le coude que nous pensons sortir à la rentrée et je voulais rappeler aux gens qu’ils peuvent écouter librement nos deux EP sur Soundcloud et très prochainement sur d’autres plateformes comme Deezer, Spotify, etc...

Yan : Nous avons hâte de nous produire en concert et présenter la mise en scène que nous sommes en train de travailler. J’en profite aussi pour annoncer qu’une place derrière les fûts est à pourvoir donc si un batteur lit cette interview, qu’il aime notre musique et qu’il se sens les capacités de la jouer, n’hésite pas à te montrer !




par youpimatin le 28/06/2018 à 10:45
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Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Humungus
membre enregistré
05/07/2018 à 04:33:18
"Il y a quelques années, mon ancien groupe et moi avions participé au crowdfunding de son album et contre une certaine somme d’argent, celui-ci proposait d’enregistrer un solo"
Mais dans quel monde vivons nous ?

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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

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