Entre quelques belles affiches, un petit concert fait toujours du bien pour ne pas perdre pied avec la base de notre passion, et prendre des risques à prix modiques. Dans la cave du Black Sheep, il y avait une belle affluence au demeurant à la veille du jour férié par excellence. Sans doute l'astuce de caser une première partie locale a-t-elle à nouveau fait ses preuves.

En l'occurrence c'était le quartet VEGAN FOX qui jouait ce rôle. Ce groupe rassemble des membres de Quasar et Weaksaw pour une musique plus extrême. Dans la lumière rouge, leur mélange de Grindcore et de HardCore avec une pointe d'accent rappelle nos Morse ou 400 the Cat, ou venant d'ailleurs Nostromo ou un Converge métallisé… La bassiste, si elle se contenta de suivre la ligne, n'en apportait pas moins une rondeur appréciable à cette énergique explosion de fureur. Une fosse se forma rapidement, la complicité avec les amis présents étant évidente au cours des quelques annonces. Avec un répertoire encore court, le set ne fut pas très long non plus, mais j'en reprendrai volontiers les prochaines fois.


C'était le grand écart avec DÉPARTE. J'avais déjà vu les quatre Tasmaniens en ouverture d'Ulcerate il y a quelques années (ce n'était donc pas leur premier passage en Europe comme l'affirmait la promo…). Depuis lors, la machine n'a pas dérivé de son style originel mélangeant Sludge, Black et Death dans une esthétique post-apocalyptique. L'accordage et le chant sont trop hauts pour singer justement Ulcerate, le mixage trop clair pour rejoindre la secte des Aevangelists, Portal et compagnie. Les tempos, enfin, étaient bien trop lents pour n'y voir qu'un clone antipode de nos Deathspell Omega. Au fond, les compositions me paraissaient très franchement inspirées de Neurosis ou Amen-Râ. La même lumière bleue abyssale en contre-jour que la fois précédente, avec la fumée à plein régime, accompagnaient à point le ton glacial de l'ambiance. Il était étonnant que le massif chanteur-guitariste ait si peu de coffre au chant en live, ce qui ne l'a pas empêché de partir dans quelques envolées claires. Ce n'était pas le mixage, là encore c'était pareil jadis au Korigan. Pas de pogo évidemment, ni de grands discours, l'ambiance bien rafraîchie était à l'introspection. Assez friand de ce style, j'ai apprécié le set.


Avec leurs dégaines lambdas aux cheveux mi-longs, les Danois d'HEXIS n'annonçaient pas la couleur. C'est la scène actuelle, me direz-vous : on croise le Black avec le HC new school, comme Regarde les hommes tomber ou Celeste chez nous. Et puis avec un nouveau contre-jour (blanc) et fumée dans la face, le jean-chemise n'a plus d'importance. On pouvait donc se concentrer sur un son relativement original, avec la grosse basse qui fuzzait au point de se mêler à la guitare, pour dominer ensemble le reste. Le blast était irréprochable mais noyé en dessous. Quant au chanteur, mixé également un peu trop en arrière à mon sens, il a un charisme certain. Il s'appuyait sur les têtes du premier rang ou se penchait volontiers complètement en arrière pour dégager pleinement sa gorge.

Au fil du temps de parole une certaine redondance se laissait pourtant sentir dans le riffing. Le corps suivait ce son assez personnel, mais l'oreille attentive tiquait sur cette faiblesse. Ceci dit le riff en boucle, sa monotonie insistante est un trait typique du black norvégien, et le même effet dérangeant en découlait. Pendant ce temps le chanteur se jeta dans un slam qui aurait pu mal finir, le mur du fond n'étant qu'une porte de secours… N'empêche, beaucoup de gens partirent sans attendre un rappel hésitant et long à venir, qui ne gâcha ni n'ajouta rien. Parfois je me méfie de mes impressions en matière de Black, n'étant pas un vrai amateur de ce style, mais je n'étais peut-être pas seul à voir les choses ainsi et la discussion de sortie l'a quelque peu confirmé.


La tiède pluie nocturne qui accompagna le retour à pied à travers la colline de la cité était assez en harmonie avec l'esprit d'une soirée sans prétention, mais sympathique. Le prochain rendez-vous peut faire très mal, préparez-vous.


par RBD le 05/05/2018 à 11:16
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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


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