Pour se faire remarquer, il faut se démarquer. Après, rien ne vous oblige à vous déguiser en clown-zombie-cannibale pour aller bosser, ni à peindre avec les orteils des reproductions du Colysée avec des menstruations. En musique, c’est un peu la même chose, et je serais tenté de dire par pure ironie distanciatrice que le facteur le plus important pour voir la lumière se braquer sur vous sera toujours le talent. Mais il n’est pas interdit de vouloir afficher haut et fort ses couleurs, ou son monochrome selon ses inclinaisons, et c’est semble-t-il la politique appliquée par ce groupe cosmopolite sorti de nulle part, mais surtout des trois ou quatre coins d’Europe. Avec des musiciens venant d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, les ASCEND THE HOLLOW se réclament d’une ouverture des frontières, effectives dans les faits, mais aussi concrète dans le style. Selon les avis, et leur bio, ces quatre nouveaux venus se réclameraient d’une combinaison entre plusieurs facteurs et genres, dont le Metal progressif, le Cyber Metal, le Tech-Metal, le Post-Apocalyptic Metal et surtout le Metal industriel, ce qui sur le papier nous donne une bonne combinaison. Sur le papier oui, mais musicalement, l’aventure est-elle viable ? Oui, d’une certaine façon, puisque le résultat de cette hybridation est plus simple qu’il n’y parait. S’il est clair qu’on retrouve des éléments des sous-genres précités dans la musique de groupe, les morceaux présentés ont plus l’allure d’une sorte de Proto-Death progressif, très moderne et surtout, très peaufiné au niveau des arrangements. Et ce qui tiendra pour certain du culot le plus absolu et payant restera confiné pour les autres à l’accumulation de gimmicks plus ou moins séduisants.

Premier album donc, et présentations officielles pour cet Echoes Of Existence qui se veut justement écho d’un modernisme outrancier, et d’une adaptation d’anciens standards à une époque qui réclame de la nouveauté. Mais aussi étonnant puisse être ce LP au prime abord, il n’est rien de plus qu’un lifting apporté à d’anciennes techniques de composition qui trouvent encore un écho palpable de nos jours. En citant quelques références, le quatuor (Raven - guitares, programmation, Gef - guitares, programmation, M-Noise - chant/textes et Davec - basse) balise le terrain et n’hésite pas à convier SCAR SYMMETRY, SYBREED, MNEMIC, THE AGONIST, PERIPHERY, DEVIN TOWNSEND, SEPTIC FLESH, PARADISE LOST, BLOODBATH ou DEPECHE MODE aux agapes d’un Metal hautement puissant, à la croisée des chemins entre l’Industriel abordable des STRAPPING YOUNG LAD et FEAR FACTORY, saupoudrant le tout d’une pincée de mélodies héritées du Metalcore le plus radiophonique. En choisissant de travestir les instruments en les parant d’un costume synthétique très prononcé, les musiciens ont fait le choix de se mettre à dos tous les puristes de la création, pour qui une guitare doit sonner comme telle. Mais loin de handicaper le projet, ce parti-pris lui confère justement une aura presque mystique, un peu comme si d’anciennes bandes enregistrées conjointement par THE BERZERKER et Devin TOWNSEND refaisaient surface trente ans après leur captation. L’ensemble, à défaut d’être réellement novateur (on sent que les références indiquées sont les bonnes et qu’elles ont été patiemment décortiquées) est efficace au possible, spécialement lorsque l’équilibre entre puissance cybernétique et séduction mélodique est juste (« Sea of Crises », l’un des hits du LP, et de loin).

De là à affirmer que les ASCEND THE HOLLOW ont créé un nouveau genre, il y a un énorme pas que je ne pourrai pas franchir. Disons qu’ils ont eu le flair suffisant pour accommoder des restes et les faire paraître frais, et que l’énergie déployée leur permet de masquer les poncifs les plus évidents. Le mélange des voix, très classique par exemple, se contente de confronter des growls masculins classiques à un chant féminin en volutes sobres tout aussi formel, tandis que les constructions en alternance de compressions et d’aération doit beaucoup au Metalcore le plus moderne voire au Deathcore le moins rebutant. Ainsi, l’ouverture « Polaris Calling » fait jeu clair, et met sur la table tous les arguments, profitant d’une longue intro qui met dans l’ambiance avant de naviguer à vue entre montées en puissance et accalmies passagères. Les soli, assez compétitifs et dans un esprit Death des années 90 sont le petit plus que les esthètes apprécieront, et même si la voix féminine est assez limitée dans son registre, elle offre un contrepoint assez agréable aux turpitudes masculines toutefois assez volubiles. Sans avoir l’imagination de leurs idoles les plus avouées, ces quatre européens savent composer avec leurs propres qualités, et s’en sortent plutôt bien dans un registre de Death progressif ambitieux dans le fond, mais assez humble dans le rendu. Les effets électroniques, très fréquents mais utilisés à bon escient sont ludiques et n’empiètent pas sur les riffs (mais les dénaturent assez régulièrement), et les sons utilisés en arrière-plan permettent de créer un climat prenant, sinon envoutant. Et en plaçant de çà et là quelques intermèdes moins figés (« Into the Black Eye », une transition qui aère), Echoes Of Existence passe aisément la rampe du premier album encore perfectible, mais témoin de possibilités réelles.

Ce qui évidemment n’empêche pas le groupe de se diluer parfois, laissant traîner des idées qui auraient gagné à être plus concentrées. On pense même parfois à une version moins prévisible d’un CRADLE OF FILTH converti aux joies de l’électronique et de l’Indus (« This Dark Rage »), ou à un SYBREED se souvenant de sa jeunesse et réclamant son dû de violence (« Swarms Within »). Partiellement produit par Kris Norris (DARKEST HOUR, SCAR THE MARTYR, SHADOW DOMAIN), mixé et masterisé par Thomas ‘Drop’ Betrisey (SAMAEL, THE ERKONAUTS, SYBREED), ce premier jet laisse donc potentiellement augurer d’une suite intéressante, certaines pistes s’éloignant un peu du schéma trop bien établi (« Repent, Rewind, Reset ») pour tenter des choses plus excentrées. Sans vraiment placer tous nos espoirs en ce nouveau combo fort en gueule, en look et en astuces de production, ASCEND THE HOLLOW mérite un minimum d’attention, ne serait-ce que pour savoir s’il aura les capacités de transcender ses influences pour affirmer son identité propre. 

   

Titres de l’album :

                        1.Polaris Calling

                        2.Vessels

                        3.Mother of Morality

                        4.Sea of Crises

                        5.Into the Black Eye

                        6.This Dark Rage

                        7.Swarms Within

                        8.Prisoners of The Storm

                        9.Repent, Rewind, Reset

                       10.C3lls

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par mortne2001 le 21/08/2019 à 17:55
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