« Mais tout n’est pas pardonné, et je suis à genoux, implorant…Parce que j’ai grandi, tu penses que je n’ai pas besoin de plus que ce que tu m’as déjà donné… »

Qui implore qui finalement ? Le groupe s’adresse au destin, lui demandant d’être un peu plus clément cette fois-ci ? S’adresse-t-il à nous, fans qui avons pourtant donné tout ce que nous avons pu ?

Mais tout ça, c’est du passé, c’est loin, presque mort et enterré.

Pourquoi ?

Parce que ce groupe n’est plus celui que nous avons connu, et depuis longtemps, mais pas seulement parce que l’un d’entre eux est devenu l’une d’entre elles, ça, c’est anecdotique, sauf pour la principale intéressée…

Je le disais en fin d’année dernière lors d’un sondage interne, pour moi, A Place Where There's No More Pain était l’album le plus attendu de l’année 2017, et il semblerait que nous étions des milliers dans ce cas-là. Il faut dire que sans nouvelles d’eux depuis Broken Valley il y a douze ans, il y avait de quoi s’inquiéter. Et les réponses semblaient arriver au compte-gouttes, patiemment et savamment distillées pour ne pas gâcher l’effet de surprise.

Et quelle surprise finalement ? Une, certaine, mais pas plus grande qu’une somme de parties entre Soul Searching Sun, Ugly et Broken Valley justement. Surement pas l’épiphanie tant attendue, surement pas un retour aux racines de River Runs Red, puisqu’il n’y a plus aucune raison de vouloir se trancher les veines pour en voir le sang couler. Il n’y a plus de fin en vue, pas plus que de début, mais les LIFE OF AGONY, Mina en tête, semblent pourtant chercher un endroit où la douleur n’existe plus.

Cet endroit existe-t-il et surtout, aurait-il les contours de ce cinquième album studio finalement guère plus surprenant que ce que nous étions en droit d’exiger des originaires de Brooklyn ? La réponse est claire et nette.

C’est non. Définitivement non. Et les esprits chagrins regretteront une homogénéité de ton un peu trop envisageable en amont, et surtout, des compositions assez timorées, mais largement en phase avec le mode de pensée de Mina, Joey, Alan et Sal en 2017.

« Nous n’avons aucun plan de carrière. Nous agissons par impulsion et par spontanéité. Le moment semblait plus que parfait pour sortir une nouvelle collection de chansons de LOA. Je pense que cette société a besoin de plus de travail sur soi et de guérison. Plus de Hard-Rock. Des artistes plus authentiques, de la musique plus authentique. Je pense aussi que nous avions besoin de guérir en tant que groupe. C’est ce que nous avons fait avec A Place Where There's No More Pain »

 

Mina parle comme si elle parlait d’elle. Cette guérison, elle l’a en partie obtenue en devenant elle-même, il lui fallait maintenant redevenir cette frontwoman qui risquait de surprendre le public, mais même si sa voix à quelques peu changé depuis qu’elle n’est plus Keith, ses mots sont les mêmes, ses obsessions aussi, même si la catharsis n’est plus si loin que ça.

Les autres ?

Comme elle, fidèles à eux-mêmes, avec un Alan Robert qui une fois de plus a pris en charge la composition, sous la houlette d’un Ted Jensen qui a finalement apporté sa lourde pierre à l’édifice. D’ailleurs, les plus attentifs noteront que sans trahir le son du groupe, il les a rapprochés d’une union entre deux de ses poulains les plus connus, ALICE IN CHAINS et les DEFTONES, alliance sonore qu’on retrouve sur un morceau aussi probant que « A New Low », qui pourrait pourtant incarner un nouveau pic, revenant à la lourdeur et l’oppression des débuts, se permettant même un hommage au passage au BLACK SABBATH le plus compact et pesant.

L’album de la rédemption ? Mais à vrai dire, les LIFE OF AGONY n’ont rien à se faire pardonner, ni rien à regretter. Ils ont toujours vécu et joué comme bon leur semblait, s’arrêtant pour de longs silences laissant les fans sur leur faim, et décidant d’eux-mêmes de la direction à emprunter. Et si A Place Where There's No More Pain n’est ni la révolution, ni le retour aux sources attendu, il est peut-être le disque le plus fidèle et honnête du quatuor depuis le très décrié Soul Searching Sun, que peu avaient vraiment accepté.

D’ailleurs, « World Gone Mad » à de faux airs de « Weeds » avec sa pseudo légèreté et son riff abrasif au possible. Une sorte de jonction entre ces 90’s méchamment colorées et ces années 2010 réellement sombres. Accrocheur tout autant qu’il n’est ténébreux, Pop et Metal, Alternatif et Hardcore, un trompe l’œil qui fonctionne pourtant en évidences, un peu comme toutes les autres pistes de l’album.

Ce LP d’ailleurs joue la modération, et deux morceaux seulement osent les cinq minutes et le groove un peu dark. En premier lieu « Bag Of Bones » qui rappellera certainement aux plus nostalgiques les effluves New-yorkaises de River Runs Red avec sa guitare sans illusions et son chant plaintif. Mais Mina chante justement comme Keith l’aurait fait avec quelques années de plus, et quelle surprise à ça, puisque Mina et Keith ne font qu’un…

D’ailleurs, si les quatre admettent être prêts à rencontrer leur créateur sur le morceau d’intro « Meet My Maker », ils le font avec un léger feeling passéiste, un peu DEFTONES sur les bords, sans chercher l’effet choc, mais en lâchant quand même un sale riff un peu Néo, qui rebondit sur un refrain psychédélique. On pense JANE’S ADDICTION, on pense Alternatif, mais on écoute LOA. Rien de plus ni de moins.

Le title-track in itself, garde cette patine si chère à Perry Farrell et à Billy Corgan, avec ce chant traité et ces changements de tempo assez brutaux, tout en ne lâchant jamais cette élasticité Pop sur des refrains qui se veulent presque joyeux, but miserable somewhere….

« Song For The Abused », en dépit de ses lyrics pas forcément des plus heureux, est peut-être le hit caché de cet album. On pense à un genre de Stoner Pop abordé Alternatif, avec une réelle volonté de tenter le progressif par le bout des évolutions. Chœurs qui s’évaporent comme des volutes de l’AIRPLAINE, et puis des harmonies qui nous ramènent directement vingt ans en arrière.

Mais Mina le dit, sans ambages, « Wold Gone Mad », et une fois de plus, Joey Z, après avoir brièvement retrouvé le regretté Peter Steele sort ses riffs les plus affinés et tranchants, histoire de nous faire virevolter sur un truc que les WHITE ZOMBIE auraient pu entonner si Rob n’était pas si obsédé par l’horreur bon marché.

Et puis…Et puis quoi ?

« Nous sommes plus forts, plus confiants, nous stimulons plus la réflexion et nous sommes plus colorés et touchants. Cet album est traversé par des éléments et des fantômes qui ne peuvent ni être imités, ni copiés. Mais de nouveaux fantômes nous ont aussi rendu visite sur cet album »

J’en attendais peut-être trop, et finalement, j’en ai eu beaucoup, vraiment beaucoup. J’ai retrouvé par touches fugaces le LIFE OF AGONY de River Runs Red, celui de Soul Searching Sun, et évidemment, le LOA d’aujourd’hui, plus apaisé, cherchant de nouvelles dimensions à explorer. Cherchant son propre havre de paix pour être en cohérence avec sa philosophie.

Le son est là, les chansons aussi, et l’incarnation. Pas de regard en arrière, puisque lorsqu’on sait déjà qui on est, il est inutile de piocher dans les souvenirs pour préparer son avenir. Et le présent de Mina, Joey, Alan et Sal est clair, et net. Il est le même que le nôtre. Essayer d’être en phase avec ses convictions et d’avancer, coûte que coûte.

Et peut-être qu’en restant fidèles à une éthique, nous finirons nous aussi par trouver cet endroit où la douleur n’existe pas.

A Place Where There's No More Pain est la plus grosse surprise de l’année qui n’en soit pas une. Juste une étape de plus. Un fardeau de moins.

Ou autre chose. Mais n’oubliez jamais de ressentir. Parfois, c’est tout ce qu’il vous reste.


Titres de l'album:

  1. Meet My Maker
  2. Right This Wrong
  3. A Place Where There's No More Pain
  4. Dead Speak Kindly
  5. A New Low
  6. World Gone Mad
  7. Bag Of Bones
  8. Walking Catastrophe
  9. Song For The Abused
  10. Litle Spots Of You

Site officiel



par mortne2001 le 06/05/2017 à 14:25
80 %    510

Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


Humungus
membre enregistré
07/05/2017 à 15:32:22
Album pour moi dans la lignée de leurs dernières réalisations...
Du Metal alternatif quoi... Etqui m'a effectivement foutrement fait penser à du ALICE IN CHAINS.
C'était d'ailleurs un peu couru d'avance même si un fol espoir me laissait souhaiter une galette au relent des deux premiers chefs-d'œuvre pondu à l'époque par le groupe.
Tant pis pour moi donc...
Par contre, en live, c'est toujours aussi jouissif. Pour les titres anciens comme les plus jeunes.

RBD
membre enregistré
08/05/2017 à 01:09:23
C'est un groupe que l'on m'avait conseillé dans mes premières découvertes Metal HardCore, qui brassait tellement d'influences éloignées (reprendre SOD et Bob Marley...) qu'il valait mieux se raccrocher au feeling, aux sentiments que ces New-Yorkers cherchaient à exprimer par des titres ressemblant presque plus à des chansons (à part River Runs Red, mélange unique).

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Toujours un plaisir de revoir ces vieux briscards en live.


Et grève est un mot à la mode par les temps qui courent ^^


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Aaaaah aaaaah, bien vu poybe, c'est effectivement Grèce ! Même si fût un temps Grève et Grèce étaient deux mots intimement liés...


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6 ans, les salauds...
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