Alchemy of Souls - Part I

Lords Of Black

06/11/2020

Frontiers Records

Ce quatrième album des madrilènes de LORDS OF BLACK n’aurait sans doute pas dû être ce qu’il est aujourd’hui. A la base, nous devions retrouver au micro un certain Diego Valdez, le légendaire vocaliste Ronnie Romero désirant se consacrer à d’autres projets, comme il l’a confirmé dans de récentes interviews. Mais allez savoir pourquoi, Ronnie est finalement revenu au sein de sa famille d’adoption, pour trouver Jo Nunez (DARKBLAZERS, FIREWIND, DRAGONLAND (live), GUS G. (live), ex-SUICIDE OF DEMONS, ex-NEGATE (live), ex-KAMELOT, ex-MERIDIAN DAWN, ex-NIGHTRAGE, ex-MARTY FRIEDMAN (live), ex-ABOUT: BLANK, ex-MYSTICA) assis sur le siège du batteur. C’est donc une formation qui ne ressemble pas vraiment au plan prévu que nous retrouvons pour ce quatrième album, qui annonce une seconde partie, comme les légendaires The House of Atreus ou Keeper of the Seven Keys. De l’ambition donc pour les espagnols, qui au tournant d’une carrière déjà riche et révérée, se sentent pousser des ailes, ailes qui les ont emmenés loin dans le ciel à l’occasion du décollage d’Icons of the New Days, leur troisième et très réussi album. Il faut dire qu’avec un line-up pareil, toujours soutenu par le leader Tony Hernando, et rejoint en 2017 par le bassiste Dani Criado, il y a de quoi avancer les moyens de ses ambitions, et Alchemy of Souls - Part I ne donne donc pas dans la demi-mesure ou l’hésitation. Il est toutefois aussi difficile de situer la musique du quatuor, sans faire appel au terme un peu vulgarisateur de « Progressif ». Mais en ces nouveaux sillons, LORDS OF BLACK démontre une fois encore qu’il n’est pas qu’un groupe démonstratif sûr de ses moyens, et qu’il est largement capable de composer des hymnes à la frontière du Hard Rock mélodique et de l’AOR, sans perdre en puissance dans les tours. Et sans savoir pour le moment si ce quatrième tome de la saga incarne la quintessence d’une démarche entamée il y a six ans, autant dire qu’il respecte à la lettre les standards de qualité mis en place par l’ensemble.

Retrouver une fois encore la voix de Ronnie Romero est toujours un plaisir en soi, lui qui a collaboré tout au long de sa carrière avec les plus grands (RAINBOW, THE FERRYMEN, VANDENBERG, WALTER GIARDINO TEMPLE, ERIDAN (live), MICHAEL SCHENKER FEST (live), CORELEONI, ex-JOSE RUBIO'S NOVA ERA, ex-SANTELMO, ex-ARIA INFERNO, ex-VOCES DEL ROCK). Un CV qui a de quoi laisser admiratif, et pourtant, on le sent comme à la maison dans le contexte de LORDS OF BLACK. Le groupe ne propose pourtant rien de fondamentalement nouveau depuis ses débuts, et profite de la disparition de combos comme SYMPHONY X pour imposer sa patte, qui mélange avec flair la complexité du Metal progressif moderne et l’efficacité du Heavy mélodique le plus puissant. Et dès « Dying To Live Again », on comprend immédiatement que les espagnols n’ont pas l’intention de changer leur recette d’un seul ingrédient, ce morceau d’entame propulsant immédiatement l’album au firmament des succès Frontiers de ces dernières années. Guitare rageuse et volubile, production contemporaine qui fait briller les chromes, phrasé Thrash dans les licks, rythmique hargneuse et millimétrée, et évidemment, la voix unique de Ronnie, capable de transcender n’importe quel classique de son vibrato magique. Le refrain hautement fédérateur affilie immédiatement les madrilènes aux classiques les plus intemporels du Power Metal maîtrisé, et le résultat laisse encore une fois bouche bée. Au fait de leur professionnalisme, et acceptant leur parcours non comme un fardeau à porter, mais comme une valise remplie d’astuces, les LORDS OF BLACK ne nous épatent pas de quelques coups d’esbroufe, mais bien d’un sens de la composition et de l’interprétation hors-normes. Et aussi classique sa musique puisse être, elle n’en reste pas moins l’une des plus efficaces du marché.

D’ailleurs, leur label italien n’hésite pas à les comparer une fois encore aux idoles immuables de MASTERPLAN et SYMPHONY X, osant même le parallèle avec IRON MAIDEN. Mais je trouve que dresser un parallèle avec de telles références est insultant pour les LORDS OF BLACK, qui n’ont pas besoin d’être mis en valeur par comparaison externe. Il suffit de parler de leurs propres dispositions pour faire éclater la vérité, et offrir au groupe le piédestal qu’il mérite. Nul besoin donc d’invoquer des gloires passées pour comprendre que ce quatrième LP est une nouvelle étape cruciale en soi, et il suffit de tendre les deux oreilles sur le tubesque  « Into The Black » pour réaliser à quel point le quatuor est devenu une nouvelle pierre angulaire du style depuis ses débuts. La progression entre le premier chapitre éponyme et cet Alchemy of Souls - Part I n’est d’ailleurs pas si flagrante, ce qui indique que tout était déjà inscrit dans l’ADN du groupe depuis sa création. Si la voix de Romero est toujours le point d’attraction central, la guitare prolixe de Tony Hernando sait aussi se faire une place importante dans le cœur des fans, à tel point qu’en extrapolant un peu et en faisant preuve d’un soupçon de subjectivité, il serait presque possible de voir en LORDS OF BLACK une version moderne du RAINBOW de légende.

C’est en tout cas ce qu’on croit réaliser lorsque les quatre musiciens se laissent aller à une inspiration plus développée, à l’occasion du superbe « Shadows Kill Twice » qui n’est pas non plus sans évoquer le SAVATAGE le plus inspiré. Intro délicate au piano, guitare qui distille des interventions émouvantes, pour un crescendo bâti comme une légende qu’on raconte à ses petits-enfants. Du côté des longues suites évolutives, tout va bien, et cette première partie lâche au passage un long segment qui laisse des traces dans la mémoire, avec un impeccable et tragique « Alchemy Of Souls ». Dix minutes de feeling de premier choix avec au menu acoustique hispanique, violence couvée qui joue toujours à cache-cache entre le Power et le Thrash, chant lyrique qui vit ses textes et ne se contente pas de les interpréter, mélodie emphatique, tout est en place pour le déroulé théâtral, et ce morceau se pose d’ailleurs en fameux cliffhanger en attendant la suite des évènements. Mais n’anticipons pas trop sur cet Alchemy of Souls - Part II qui interviendra en temps voulu, et apprécions pour le moment ce que nous offre ce premier tome. A savoir des titres plus directs mais pas moins sophistiqués (« Closer To Your Fall »), des démonstrations de puissance à la DIO/Jorn LANDE (« Tides Of Blood »), et de petites choses plus coulées et digestes comme ce hit en puissance « Sacrifice ».

De quoi satisfaire tout le monde, rassurer les fans, et laisser présager une fois encore d’un futur des plus brillants pour les quatre espagnols. Un premier tome solide et varié, qui donne envie de connaître la suite sans trop attendre.

                                                                                                                          

Titres de l’album:

01. Dying To Live Again

02. Into The Black

03. Deliverance Lost

04. Sacrifice

05. Brightest Star

06. Closer To Your Fall

07. Shadows Kill Twice

08. Disease In Disguise

09. Tides Of Blood

10. Alchemy Of Souls

11. You Came To Me (Piano Version)


Site officiel

Facebook officiel


par mortne2001 le 19/11/2020 à 15:58
80 %    293

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Open Bar Vol2 : Antoine Perron

Baxter 20/04/2021

Interview

Dirge + Spinning Heads 2005

RBD 05/04/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : Frank Arnaud

Jus de cadavre 21/03/2021

Vidéos

Nile + Krisiun + Grave + Ulcerate 2009

RBD 03/03/2021

Live Report

Killing For Culture - Tome 2

mortne2001 23/02/2021

Livres

Voyage au centre de la scène : MASSACRA

Jus de cadavre 21/02/2021

Vidéos

Killing For Culture - Tome 1

mortne2001 15/02/2021

Livres
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Humungus

"Pire que GUNS N' ROSES" ?!?!Tu pousses là Hoover hé hé hé...

21/04/2021, 10:10

Humungus

Oh mais je ne sais que trop bien que les premiers DIMMU sont typés "vrai"...(Une fois de plus, mon intervention précédente n'était en réalité que boutade chers amis)Mais même à l'époque de leurs sortie(...)

21/04/2021, 10:07

Humungus

Putain...Après la box "Paranoid" et "Vol 4", encore une qu'il va me falloir acheter...Font chier à en sortir autant bordel ! J'suis pas Crésus moi merde !PS : Par contre, j'comprends pas trop leur façon(...)

21/04/2021, 10:02

Hoover

Je ne comprendrai jamais l'intérêt pour ce groupe. Pour moi tout l'apport de Fear Factory tient en deux ou trois morceaux sur Demanufacture plutôt sympathiques en dépit d'une durée de vie très faible (vraiment le genre dont je me désin(...)

21/04/2021, 08:29

Arioch91

Bien plus convainquant sur album que sur l'EP partagé avec Vektor.Ca donne envie de s'y pencher !Merci pour la chro :)

21/04/2021, 08:25

Hoover

Le black n'est certainement pas mort car il y a énormément de gens qui y sont extrêmement attachés et continuent à le faire vivre, et j'ai énormément de respect pour eux. Par contre pour quelqu'un comme moi dont les goûts dans l(...)

21/04/2021, 08:23

Hoover

L'album que j'aime le moins des 7 premiers Sabbath: c'est vraiment pas fait pour moi!

21/04/2021, 08:15

Rotten Tooth

Y sont sacrément bons ces gars là ! Et ils ont le don de faire dans la surprise ! Nu Black sous le papier cadeau cette fois ! Je passe mon tour sur ce coup mais je serai là au prochain tirage !

20/04/2021, 20:06

Saddam Mustaine

Les premiers albums de Dimmu sont du "true black".Comme Behemoth si l'on veut, j'aurais du aller plus loin.Le Black type année 80 mi-90 quoi (meme si Dimmu est arrivé plus tard mais les premiers sonnes dans le genre).

20/04/2021, 19:47

Seb

C'est vraiment mauvais ...

20/04/2021, 15:05

JTDP

En tout point d'accord avec cette (belle) chronique ! Cet album fut une vraie belle surprise de l'année passée. 

19/04/2021, 21:28

Buck Dancer

J'ai jamais vraiment accroché a Pestilence, mais ce morceau est loin d'être degueu. Comme dit Simony, bien meilleur que les précédentes sorties récentes du groupe. 

19/04/2021, 10:49

Arioch91

+1Je n'ai pas aimé Resurrection Macabre, à tel point que je n'ai pas posé une oreille sur Doctrine et Obsideo.Hadeon, je l'ai écouté uniquement parce qu'une interview de Mamelick disait qu'il revenait sur le passé d(...)

19/04/2021, 10:24

Simony

Ca me semble quand même bien plus intéressant que ce qu'ils ont produit depuis leur retour aux affaires.

19/04/2021, 09:59

Arioch91

Oups ! J'étais totalement passé à côté de cette chronique ! Merci @mortne2001 pour l'avoir rédigée !

19/04/2021, 08:48

Arioch91

OK, on reprend les bonnes vieilles recettes visibles sur Hadeon : on prend Testimony, on mélange avec Spheres et ça donne Hadeon et semble-t-il Exitivm.A voir.

19/04/2021, 08:44

metalrunner

Une sacrée bonne surprise de l énergie de l innovation le futur quoi ..Dommage que la tournée de juin soit annulée

18/04/2021, 19:48

RBD

Je réagis plutôt comme Buck Dancer. Mes attentes envers FF sont basses depuis longtemps. Je n'espère plus de grands titres comparables à ceux qui remontent aux années 90 (formulé comme ça, c'est encore plus dur). Si tout est à l&apo(...)

18/04/2021, 12:39

yul

Rien de bien intéressant ici.

18/04/2021, 11:57

Gargan

Tu n’es donc pas optimiste.

18/04/2021, 08:15