En continuant d’explorer les couloirs de distribution de l’aérodrome Satanath Records, je suis tombé sur un truc sous licence via les bons soins de Symbol Of Domination Prod, label Biélorusse spécialisé dans l’extrême de tout poil. Un truc plutôt velu et agressif nous venant une fois encore d’Ukraine, sacré réservoir de groupes déviants du BM, du Death et de toute excroissance bâtarde du HM, cette fois-ci émettrice d’une nouvelle fréquence Death Old-school du meilleur tonneau, relayant les ondes des plus grandes légendes du genre.

C’est ainsi que je vous introduis en tout bien tout honneur au quatuor bruyant et tonnant HELLCRAFT, qui semble en effet se faire une joie de dessiner son enfer personnel depuis quelques années, histoire de nous y perdre et de nous y abandonner.

HELLCRAFT est donc un quartette (Fill – chant, Rommel – guitare, Deniel – guitare et Ailing – batterie), né à l’été 2007, à Berdyansk, qui a donné son premier concert en 2008, publié son premier album Horror Anthology en 2010, avant de lui donner une suite en 2012 avec le confirmant Tyranny Of Middle Ages.

Quelques menus ajustements de line-up, pour une carrière solide qui les place maintenant en chefs de file de la scène Death locale, avide de sensations passées que ces barbares se complaisent à retranscrire dans un langage musical présent.

Sensations passées disions-nous, assez précises dans les faits. Le groupe a toujours été clair en assumant comme modèles les valeurs sûres de CANNIBAL CORPSE, DEICIDE, SLAYER, SIX FEET UNDER et bien évidemment MORBID ANGEL, ce qui ne manquera pas de vous sauter aux oreilles dès la première écoute de ce terrassant Apotheosis Of War.

Apothéose de la guerre, celle menée contre la dilution du Death dans le Hardcore, mais aussi celle qui s’oppose à la standardisation du son primal, à grand renfort de batteries triggées et de Technical Death compressé. Ici, l’analogisme est roi, et les instruments sonnent comme tels, retrouvant le tranchant originel et le son putride des offrandes charnelles de la période charnière 89/95. Inutile d’attendre une cavalcade incessante de plans qui s’emmêlent les pinceaux, ou de vulgaires démonstrations de puissance stériles en tonneau, le Death des Ukrainiens n’a pas oublié l’importance d’albums comme Covenant, Vile, Legion ou Haunted, qu’ils récitent de leur propre vocable.

Tout ça nous donne donc huit pistes de durées uniformes, et de thématiques franches et similaires, pour une grosse demi-heure de Death de tradition qui n’a pas non plus négligé l’importance de l’apport scandinave en la matière.

En gros comme en détail, Apotheosis Of War est un album qui s’écoute et dont on parle avec difficulté, tant les arguments pour le mettre en avant tiennent du recyclage verbal pour combler le vide d’une page à remplir. Si le Death Old-school surboosté d’un chouïa de technique est votre tasse de thé, alors il ravira votre goûter en vous offrant la part de gâteau brutal qui va avec. Pas assez démonstratif pour suggérer un héritage de SUFFOCATION, mais largement assez appliqué pour évoquer IMMOLATION, et évidemment MORBID ANGEL, dont les quatre Ukrainiens connaissent visiblement la discographie par cœur.

Pour autant, ils ne sombrent pas dans le plagiat, même si quelques interventions de guitare peuvent remercier directement Trey Azagthoth. Les structures sont élaborées et reposent sur une poignée d’idées efficaces, tandis que la variété n’est pas de mise, puisque chaque intervention est directement liée à la précédente par sa tonalité et sa brutalité.

Mais les chœurs sont efficaces et bien en place, la rythmique tabasse, et les guitares laminent en laissant des traces, alors saluons le travail bien fait.

La production est propre, avec ce petit côté abrasif qui renvoie aux standards en vogue dans les nineties, mais bien équilibrée pour ne léser personne, même si la basse maniée par Rommel se retrouve légèrement sous-mixée, mais parvient tout de même à s’imposer en lâchant quelques graves bien pesés.

Un groupe somme toute en pleine osmose, dont certains réflexes paient quand même leur tribut à celle de David Vincent (« Процесс Вырождения » au duo riff/rythmique assez symptomatique du début de carrière des Floridiens), mais qui parvient à tirer son épingle personnelle du jeu en mélangeant les inspirations d’outrance. Et finalement, le mélange DEICIDE/MORBID ANGEL est sans doute la piste la plus fiable à suivre, même si quelques thèmes semblent puiser à la source SLAYER sans en avoir trop l’air.

Pas encore assez bourrin et malsain pour se frotter au modèle CANNIBAL CORPSE, ou alors celui des deux premiers albums dans les pics de fièvre (« Apotheosis Of War (feat. A. Kloosterwaard - Sinister) » qui rappelle aussi la véhémence de DEICIDE et la froideur d’UNLEASHED et GRAVE), mais suffisamment violent pour satisfaire tous les amateurs de charcuterie post-mortem.

Un troisième LP qui confirme donc que les HELLCRAFT sont en passe de devenir eux aussi une référence, et pas seulement dans leur pays, mais bien hors de leurs frontières, pour peu que vous leur ouvriez les vôtres.

Un Death de l’est qui ne refuse pas les enseignements de l’ouest, bien au contraire, et qui assume ses influences pour les adapter à la convergence de plusieurs références, histoire d’en dégager un courant plus personnel, à défaut d’être original.

Mais comment leur en vouloir puisque l’efficacité est reine sur Apotheosis Of War ? Prenez donc cet album pour ce qu’il est, sans trop chercher la petite bête.

Qui de toute façon a été écrasée il y a longtemps.


Titres de l'album:

  1. Покаяние Сквозь Боль
  2. Apotheosis Of War (feat. A. Kloosterwaard - Sinister)
  3. Массовое Захоронение
  4. Вечная Вражда
  5. Под Благословением Смерти
  6. Изоляция
  7. Процесс Вырождения
  8. Когда Погаснет Солнце

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par mortne2001 le 19/03/2017 à 19:05
70 %    120

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